Chapitre 19

Verset 9a

Au 5e siècle avant Jésus-Christ, le poète tragique grec Sophocle (496-406) devient célèbre pour son style de vie qui est un modèle de tranquillité et d’équilibre. Parmi ses nombreuses maximes, il a dit : « Ne proclamons heureux nul homme avant sa mort ». Ça ferait un super sujet de bac philo parce que ce n’est pas très clair. Est-on heureux parce qu’on a une belle mort ou une belle vie, et qu’est-ce que ça veut dire ? Selon les Écritures, quelqu’un est dit « heureux » pour diverses raisons. Cependant, il y en a une qui surpasse toutes les autres et c’est aussi la quatrième des sept béatitudes que contient le livre de l’Apocalypse. Je continue de lire dans le chapitre 19 du livre de l’Apocalypse.

L’ange me dit alors : – Écris : Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau (Apocalypse 19.9 a).

Ici, comme pour chaque message adressé aux sept églises, Jean reçoit l’ordre solennel de mettre par écrit ce qui va lui être révélé.

Cette quatrième béatitude est parallèle à la seconde qui est :

Heureux, dès à présent, ceux qui meurent unis au Seigneur (Apocalypse 14.13).

Ces bienheureux font partie des « invités au festin de noces de l’Agneau » qui débute sur terre au moment où Jésus établit son royaume. Mais parmi les convives sont également présents les rescapés de la Tribulation et tous les croyants ressuscités de l’Ancien Testament (Matthieu 8.11 ; Ésaïe 26.19).

« Les noces de l’Agneau » ne sont qu’une image de la réalité mais elles reflètent bien l’union intime de Dieu avec ceux qui lui appartiennent. D’une certaine manière, ces noces sont le coup d’envoi du millénium, le royaume de Dieu sur terre. Le prophète Ésaïe écrit :

Le Seigneur des armées célestes préparera lui-même pour tous les peuples là, sur cette montagne, un festin de vins vieux, et de mets succulents, des mets tout pleins de moelle arrosés de vins vieux et dûment clarifiés. Et il déchirera là, sur cette montagne, le voile de tristesse qui couvre tous les peuples, la couverture recouvrant toutes les nations. Il fera disparaître la mort à tout jamais. Et de tous les visages le Seigneur, l’Éternel, effacera les larmes, et sur toute la terre, il fera disparaître l’opprobre pesant sur son peuple. L’Éternel a parlé (Ésaïe 25.6-8).

Dans ce paradis retrouvé, il n’y a pas de citoyen de seconde classe et tout le monde est content de son sort. Quel contraste avec la situation de la fin du premier siècle quand l’apôtre Jean reçoit ces révélations. Il est alors banni sur l’île de Patmos, l’Église est stressée, sous pression, persécutée de l’extérieur et truffée d’hérésies à l’intérieur.

Verset 9 b

On peut facilement imaginer que les vérités extraordinaires que le vieil apôtre vient d’entendre lui font tourner la tête, ce qui explique pourquoi l’ange ajoute :

(Et il ajouta 🙂 – Ce sont là les paroles authentiques de Dieu (Apocalypse 19.9 b).

Il apparaît clairement que Dieu a un plan pour l’humanité et rien ne peut déjouer ce qu’il a décidé d’avance, et l’Église triomphera de tous ses ennemis. Jean est soulagé et interloqué à la fois ; il est si impressionné qu’il en tombe à la renverse ou plutôt à l’avant et fait n’importe quoi.

Verset 10 a

Je continue le texte.

Alors je me prosternai à ses pieds pour l’adorer (l’ange) (Apocalypse 19.10 a).

La révélation que Jean reçoit est tellement extraordinaire qu’il tombe aux pieds de l’ange comme il était tombé aux pieds de Jésus au tout début de la révélation. A ce moment là il a dit :

Quand je le vis, je tombai à ses pieds, comme mort. Alors il posa sa main droite sur moi en disant : – N’aie pas peur. Moi, je suis le premier et le dernier, le vivant. J’ai été mort, et voici : je suis vivant pour l’éternité ! Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts (Apocalypse 1.17-18).

Alors qu’il est tout à fait approprié d’adorer le Seigneur, l’homme ne doit en aucun cas faire un tel geste devant une quelconque créature, car c’est de l’idolâtrie.

Assez curieusement, un peu plus tard, Jean récidive, commet la même bévue et s’incline devant un ange (Apocalypse 22.8). Décidément, le bon vieil apôtre perd les pédales à moins qu’il croie être face à une apparition du Christ, mais c’est difficile de réconcilier avec le contexte.

Verset 10 b, c, d

Quoiqu’il en soit, l’ange en question reprend Jean vertement et lui dit :

Ne fais pas cela ! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères qui sont attachés à la vérité dont Jésus est le témoin. Adore Dieu ! (Apocalypse 19.10 b, c, d).

Que l’ange soit brillant comme le soleil et aussi puissant qu’une locomotive lancée à toute allure ne change rien au fait qu’il n’est qu’un serviteur, d’abord de Dieu et ensuite des hommes (Hébreux 1.14), un point c’est tout. Les seuls êtres qui doivent être adorés sont l’Éternel et Jésus-Christ. Dans les livres de l’Exode et du Deutéronome, est donnée la charte monothéiste de la loi de Moïse qui ordonne :

Tu n’auras pas d’autre dieu que moi (Exode 20.3). C’est l’Éternel ton Dieu que tu dois révérer, c’est à lui que tu rendras un culte (Deutéronome 6.13).

Et quand Jésus est mené dans le désert par le Saint Esprit pour être tenté par Satan, Matthieu rapporte que :

Le diable le transporta (Jésus) encore sur une très haute montagne. Là, il lui montra tous les royaumes du monde et leur magnificence. Puis il lui dit : – Tout cela, je te le donnerai si tu te prosternes devant moi pour m’adorer. Alors Jésus lui dit : – Va-t’en, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte (Matthieu 4.8-10).

Verset 10 e

Je continue le texte.

Car le témoignage rendu par Jésus est ce qui inspire la prophétie de ce livre (Apocalypse 19.10 e).

Aujourd’hui, l’une des fonctions particulières du Saint-Esprit est de faire connaître Jésus-Christ dans le monde et de convaincre les hommes que tout l’enseignement de la Parole de Dieu est la vérité, ce qui inclut les prophéties concernant la fin des temps.

Dans l’Apocalypse, le témoignage de Jésus est communiqué à Jean qui le couche sur le parchemin afin que tous les croyants en prennent connaissance, soient associés à cette fonction prophétique et témoignent pour Jésus. Mais comme cela fait presque deux mille ans qu’il a promis d’instaurer son royaume sur terre, les fidèles du Seigneur aspirent à voir cette espérance se réaliser. En effet, depuis que Adam et Ève ont désobéi à leur Créateur, nous attendons avec impatience que Dieu remette le compteur à zéro, c’est-à-dire qu’il efface les conséquences catastrophiques de leur rébellion et du péché.

À la fin des sept années de Tribulation, ce moment arrive enfin. Jésus est prêt à revenir sur terre pour vaincre tous ses adversaires et pour établir son règne, ce qui est le point d’orgue de l’histoire de la rédemption.

Verset 11 a

Je continue de lire dans le chapitre 19.

Là-dessus, je vis le ciel ouvert et voici, il y avait un cheval blanc (Apocalypse 19.11 a).

Une nouvelle fois, le ciel s’ouvre devant les yeux écarquillés de Jean. Au début du chapitre 4 et de la révélation de l’avenir, Jean dit :

Je vis une porte ouverte dans le ciel. Et la voix […] qui résonnait comme une trompette me dit : – Monte ici, et je te montrerai ce qui doit arriver après cela (Apocalypse 4.1).

Ici, cependant, le ciel ne s’ouvre pas pour que Jean y pénètre, mais pour que Jésus en sorte et sa venue sur terre sera remarquée car il a dit à ses disciples :

Quand le Fils de l’homme viendra, ce sera comme l’éclair qui jaillit du levant et illumine tout jusqu’au couchant (Matthieu 24.27).

Jésus n’est plus cet Agneau inoffensif « humilié, monté sur […] le petit d’une ânesse » que prophétise Zacharie (9.9), quand il est alors entré dans Jérusalem sur la monture royale du souverain qui vient dans la paix. Mais ici et maintenant, le Seigneur est décrit comme un puissant conquérant qui monte le traditionnel « cheval blanc » de la victoire. C’est en tout cas ainsi que le général romain qui a vaincu ses ennemis, parade le long de la Via Sacra, l’une des rues principales de Rome, et il est suivi des preuves de sa victoire : le butin et les captifs.

Comme le triomphe de Jésus-Christ comme roi conquérant est d’ores et déjà acquis, la terminologie du texte est très guerrière. En effet, « l’Agneau » est désormais « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs dont les yeux flamboient comme une flamme ardente. Il est vêtu d’un manteau trempé de sang et armé d’une épée aiguisée pour frapper les nations ».

Verset 11 b

Je continue le texte.

Son cavalier (du cheval blanc) s’appelle “ Fidèle et Véritable ” (Apocalypse 19.11 b).

En grec, ce titre est exactement le même que celui que Jésus s’est lui-même donné quand il a dit à Jean :

Au messager de l’église de Laodicée, écris : “ Voici ce que dit celui qui s’appelle Amen, le témoin digne de foi et véridique ” (Apocalypse 3.14 ; auteur).

Verset 11 c

Étant donné que le Seigneur est « Fidèle et Véritable, Jean ajoute :

Il juge avec équité (Apocalypse 19.11 c).

C’est à dire que tous ses jugements sont justes et droits. La première fois que Jésus s’est révélé au monde, c’était en tant que Sauveur, mais à son retour il sera le Juge suprême du ciel et de la terre. Dans le livre des Actes, on lit que l’apôtre Paul dit aux Athéniens :

(Dieu) a fixé un jour où il jugera le monde entier en toute justice, par un homme qu’il a désigné pour cela, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant d’entre les morts (Actes 17.31).

À la fin de son ministère terrestre, Jésus est arrêté, jugé et condamné comme un vulgaire criminel par des impies : Judas, Ponce Pilate, le roi Hérode et les grands-prêtres Anne et Caïphe. Mais à son retour, c’est lui qui jugera et condamnera tous les malfaisants de la terre, assumant même le rôle de bourreau (Apocalypse 19.15, 21).

Jésus, roi guerrier et bourreau, ça peut surprendre, mais dans l’Ancien Testament, le nom le plus courant de Dieu est « l’Éternel des armées ». Dans le livre de l’Exode, on lit qu’une fois délivrés de l’armée du pharaon, les Israélites ont chanté :

L’Éternel est un grand guerrier, l’Éternel est son nom (Exode 15.3).

Et parlant de Dieu, le roi David écrit :

Qui est ce Roi de gloire ? C’est l’Éternel, le Fort et le Vaillant, oui, l’Éternel, vaillant dans les combats (Psaumes 24.8).

Et dans le psaume 45 qui prophétise la venue du Messie, le psalmiste dit :

Guerrier plein de vaillance, porte ton épée au côté ! Oui, revêts-toi de ta magnificence, de l’éclat de ta gloire. Et dans ta gloire, remporte des victoires ! Conduis ton char de guerre, défends la vérité, la douceur, la justice ! Que ta main se signale par des actions d’éclat ! (Psaumes 45.4-5).

Les Écritures foisonnent de guerres. Josué, David et la plupart des rois israélites sont engagés dans diverses guerres ou doivent défendre leur territoire. La majeure partie de l’Apocalypse, le dernier livre et la couronne de la révélation biblique, parle surtout de jugements, de conflits et de destructions.

En tant que Dieu, le Seigneur Jésus lui-même est un guerrier. Il juge la terre inlassablement jusqu’à ce que les sept sceaux soient ouverts, jusqu’à ce que les sept trompettes aient retenti et les sept coupes aient été déversées. Après être haï et méprisé des hommes, Jésus se laisse clouer sur la croix. Puis, depuis deux mille ans déjà, il subit patiemment les moqueries, les insultes, et les mauvais traitements des êtres humains.

Mais maintenant c’est fini, lui qui a scellé la paix au moyen de son sang, il fait la guerre et verse le sang. Cependant, le livre de l’Apocalypse s’achève par la paix universelle sur terre, ce à quoi les hommes aspirent depuis toujours et que Jésus va enfin établir.

Verset 11 d

Je continue le texte du chapitre 19.

Il combat pour la justice (Apocalypse 19.11 d).

Jésus est l’opposé de tous les conquérants que le monde a connus car il n’est pas motivé par une ambition personnelle, par la soif du pouvoir, la cupidité ou une ubris démesurée. Il vient pour régner en tant que roi bienveillant. Cependant il imposera la paix et la justice absolue au fil de l’épée car Dieu ne peut pas tolérer indéfiniment l’injustice, la tromperie et la rébellion à son autorité. Sa patience est à toute épreuve mais elle a des limites, sinon ce serait le laisser-faire de l’indifférence.

Verset 12 a

Je continue.

Ses yeux (du cavalier) flamboient comme une flamme ardente (Apocalypse 19.12 a).

C’est la seconde fois que les yeux de Jésus sont décrits ainsi. En effet, dans le chapitre 2 le Seigneur dit :

Au messager de l’église de Thyatire […] “ Voici ce que dit le Fils de Dieu, dont les yeux sont comme une flamme ardente ” (Apocalypse 2.18 ; auteur).

Cette description signifie que rien n’échappe au regard pénétrant de Jésus et à sa vue perçante. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Nulle créature n’échappe au regard de Dieu, tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte (Hébreux 4.13).

On trouve aussi ces yeux qui lancent une flamme ardente quand Jésus croise le fer avec les pharisiens ou qu’il chasse les marchands du temple. Mais le plus souvent, on peut lire dans ces yeux la tristesse et la compassion devant l’affliction des masses qui errent sans but ; on peut y lire le pardon pour celui qui a péché, ou encore la tendresse et la joie quand des petits enfants viennent spontanément à lui.

Les mêmes yeux qui ont versé des larmes sur le sort de Jérusalem, qui ont pleuré devant l’affliction de ceux qui enterrent un proche parent, ici, Jean les voit briller du feu du jugement.

Verset 12 b

Je continue.

Sa tête est couronnée de nombreux diadèmes (Apocalypse 19.12 b).

Dans l’Antiquité, il est de bonne guerre pour le vainqueur de s’emparer de la couronne d’un roi vaincu et de la porter. C’est exactement ce qu’a fait David après sa victoire sur les Ammonites (2Samuel 12.30). Les multiples diadèmes royaux que Jésus porte signifient qu’il règne seul sur toute la terre.

Verset 12 c

Je continue.

Il porte un nom gravé qu’il est seul à connaître (Apocalypse 19.12 c).

Quand il aura vaincu ses ennemis, il partagera son autorité avec ses fidèles et donc également son nom. Ce nom ineffable exprime la gloire du Christ au moment de son retour et de son règne. Il en a déjà été question dans la lettre à l’église de Philadelphie quand Jésus dit :

Je graverai sur lui (le vainqueur) le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu […] ainsi que mon nom nouveau (Apocalypse 3.12).

Verset 13

Je continue le texte.

Il est vêtu d’un manteau trempé de sang. Il s’appelle La Parole de Dieu (Apocalypse 19.13).

Chaque fois que le Christ part en guerre pour défendre son peuple, le sang des ennemis tache sa tenue de combat. Mais c’est aussi une prophétie du sang que le vendangeur céleste va verser pendant la campagne d’Harmaguédon (Apocalypse 14.19-20 ; Ésaïe 63.1-6).

Ce « cavalier guerrier » s’appelle « La Parole de Dieu » et c’est aussi le titre que Jean donne à Jésus dans son évangile (Jean 1.1, 14). En tant que seconde personne de la Trinité et Fils incarné du Père, Jésus est l’expression de la pensée, de la volonté et des desseins de Dieu et il personnifie la révélation divine. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit ;

Le Fils est le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression parfaite de son être (Hébreux 1.3).

Verset 14

Je continue le texte.

Les armées célestes, vêtues de lin blanc et pur, le suivent sur des chevaux blancs (Apocalypse 19.14).

Il va de soi que ces « chevaux blancs » ne sont pas réels mais ils ne sont pas imaginaires non plus. Étant donné les limites de notre compréhension des réalités célestes, ce tableau nous donne quand même une idée précise de l’événement décrit. Cette multitude montée sur des « chevaux blancs » et qui porte des vêtements éclatants, rehausse l’aspect spectaculaire de la scène qui se déroule devant les yeux de Jean.

Ces cavaliers sont à la fois des anges et « l’épouse de l’Agneau », c’est-à-dire l’Église (Apocalypse 19.7-8). Comme les croyants de la Tribulation et ceux de l’Ancien Testament ressusciteront un peu plus tard (Apocalypse 20.4 ; Daniel 12.1-2), ils ne font pas partie de « ces armées célestes ». Par contre, ils régneront également avec le Christ (Apocalypse 20.4-6 ; 1Corinthiens 6.2).

Verset 15 a, b

Je continue.

De sa bouche (du Cavalier) sort une épée aiguisée pour frapper les nations. C’est lui qui sera leur berger car il les dirigera avec un sceptre de fer (Apocalypse 19.15 a, b).

Jean a déjà vu cette « épée aiguisée » du jugement sortir de la bouche de Jésus au tout début de sa vision (Apocalypse 1.16). Elle était alors « à double tranchant » et elle est tellement longue qu’elle peut aussi servir de lance. Cette épée représente la Parole de Dieu (Hébreux 4.12) mais ici c’est la sentence de mort que le Seigneur prononce sur ses ennemis rassemblés pour la bataille d’Harmaguédon. Ils seront tous massacrés.

Une fois que toutes les armées venues combattre sont éliminées, commencera le règne du Seigneur Jésus. Alors, les lois devront être observées à la lettre sous peine de sanction immédiate et toute rébellion sera réprimée sur-le-champ. Ce sont les croyants qui administreront la justice car à l’église de Thyatire, Jésus dit :

Au vainqueur… Je donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père (Apocalypse 2.26-27 ; comparez Apocalypse 12.5 ; Psaumes 2.8-9).

Verset 15 c

Je continue.

Il va aussi écraser lui-même le raisin dans le pressoir à vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant (Apocalypse 19.15 c).

On a déjà eu droit à cette image quand : « L’ange lança sa faucille sur la terre et vendangea la vigne de la terre » (Apocalypse 14.19-20). Cette scène sanguinaire souligne l’horreur des massacres qui ont lieu à la bataille d’Harmaguédon.

Verset 16

Je continue.

Sur son manteau et sur sa cuisse est inscrit un titre : “ Roi des rois et Seigneur des seigneurs ” (Apocalypse 19.16).

Un commentateur (Charles) écrit : « Dans sa vision, le prophète voit le divin guerrier et ses cavaliers célestes se précipitant du ciel à bride abattue vers les armées rangées de la bête et des rois de la terre ; dans leur course foudroyante, leurs vêtements flottent laissant à découvert la cuisse du chef où l’on peut lire ce nom : Roi des rois et Seigneur des seigneurs. »

C’est le troisième nom qui est donné au Seigneur dans ce passage ; le premier est « tenu secret », le second est « la Parole de Dieu » et celui-ci est un titre divin qui identifie le Cavalier-Juge au Dieu-Juge. Il a déjà été appliqué à l’Agneau un peu plus tôt au chapitre 17 (Apocalypse 17.14 ; comparez 1Timothée 6.15).

Dans l’Ancien Testament, l’Éternel est appelé « Dieu suprême et le Seigneur des seigneurs, le grand Dieu, puissant et redoutable », des attributs qui appartiennent aussi à Jésus.

Verset 17 a

Je continue le texte du chapitre 19.

Puis je vis un ange, debout dans le soleil, qui cria d’une voix forte à tous les oiseaux qui volent au zénith dans le ciel (Apocalypse 19.17 a).

De toute évidence, les ténèbres associées à la cinquième coupe se sont dissipées puisque cet ange se tient en plein soleil et l’éclipse même en partie. Comme en plus il hurle à pleins poumons, on ne peut pas l’ignorer.

Versets 17 b-18

Je continue.

Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu afin de dévorer la chair des rois, des chefs d’armées, des guerriers, la chair des chevaux et de leurs cavaliers, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands (Apocalypse 19.17 b-18).

Ce passage est tiré d’une prophétie d’Ézéchiel, où Gog et Magog sont détruits (39.17-20 ; comparez Ésaïe 18.6 ; Jérémie 7.33). Jésus y fait aussi allusion. En effet, Matthieu rapporte qu’il dit que son retour « sera comme l’éclair qui jaillit du levant et illumine tout jusqu’au couchant. Où que soit le cadavre, là s’assembleront les vautours » (Matthieu 24.27-28). Cependant, il faut noter que le dernier assaut de Gog et Magog, qui personnifient le mal, à lieu à la fin du millénium (Apocalypse 20.7-9).

Au tout début du Millénium et avant la célébration des noces de l’Agneau (Apocalypse 19.9) a donc lieu un festin macabre à l’échelle planétaire. C’est l’ultime insulte faite aux armées mobilisées pour combattre le Seigneur, et surtout aux dirigeants arrogants et aux chefs militaires puissants, car au lieu d’être enterrées avec les honneurs dus à leur rang, leurs chairs sont dévorées dans un immense banquet offert par le Roi des rois aux charognards de toute la terre.