Chapitre 1

Introduction

Mes parents m’ont appelé Jacques et enfant j’ai dans ma chambre un petit tableau qui montre l’apôtre Jacques en train de tirer à lui un filet rempli de poissons. Sous la gravure sont écrites les nombreuses qualités de cet homme. Je suppose que par un phénomène d’osmose ces qualités auraient dû se transmettre à moi, mais ça n’a pas vraiment marché.

L’apôtre Jacques est le grand frère de Jean ; nous le savons parce que chaque fois que les deux noms apparaissent ensemble, c’est presque toujours Jacques qui est nommé en premier. Ces deux hommes sont les fils d’un certain Zébédée, pêcheur de son état sur le lac de Galilée. Ses affaires marchent plutôt bien puisqu’il possède sa propre barque et des ouvriers (Marc 1.20).

Jean a pour mère Salomé (Marc 15.40 ; Matthieu 27.56), une femme disciple qui d’après Matthieu, contribue financièrement au ministère de Jésus (Matthieu 27.55, 56).

Jean devient tout d’abord disciple de Jean-Baptiste mais lorsque ce dernier désigne Jésus comme le Messie, Jean et André l’abandonnent sur le champ et suivent Jésus (Jean 1.35-40). Mais après être resté avec le Seigneur quelque temps, Jean retourne à la pêcherie de son père. Ce n’est que plus tard qu’il devient disciple permanent de Jésus (Matthieu 4.18-22) et reçoit le titre d’apôtre (Matthieu 10.2).

Avec Jacques son frère, et Pierre, Jean fait partie du cercle intime de Jésus (Matthieu 17.1 ; Marc 5.37 ; 13.3 ; 14.33). Après l’ascension du Seigneur, Jean devient l’un des dirigeants de l’église de Jérusalem (Actes 1.13 ; 3.1-11 ; 4.13-21 ; 8.14 ; Galates 2.9).

En dépit de sa réputation d’apôtre de l’amour, Jean est de tempérament vif, ce que confirme Jésus qui lui donne ainsi qu’à Jacques son frère le nom « fils du tonnerre » (Marc 3.17), nom auquel les deux frères font honneur plusieurs fois. En effet, Luc rapporte que les deux frères indignés parce qu’un village de Samarie refuse de recevoir Jésus et les disciples, et surestimant leur pouvoir apostolique, ils demandent à Jésus :

Seigneur, veux-tu que nous commandions à la foudre de tomber du ciel sur ces gens-là, pour les réduire en cendres ? (Luc 9.54).

Et Luc rapporte aussi un incident où Jean manifeste cette même attitude de supériorité, voire même de l’arrogance, quand il dit au Seigneur :

Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom, et nous lui avons dit de ne plus le faire, parce qu’il ne te suit pas avec nous (Luc 9.49).

Bien qu’il se soit adouci avec le temps, Jean ne perd pas le feu de sa passion. Clément d’Alexandrie relate l’audace avec laquelle un jour il pénètre dans le camp d’une bande de voleurs et conduit leur chef à la repentance et à la foi en Jésus (cité par MacArthur ; 1Jean, Introduction).

Comme Jean ne s’est jamais engagé dans un concours de popularité et n’essaie pas d’être élu apôtre de l’année, dans sa première épître il n’hésite pas de traiter de « menteurs, d’imposteurs ou d’antichrists » certains groupes de personnes. Polycarpe, son disciple, rapporte que Jean, le disciple du Seigneur, étant allé aux bains à Éphèse, aperçut à l’intérieur Cérinthe, un hérétique précurseur du gnosticisme ; alors, sans s’être baigné, il bondit hors des thermes en s’écriant : « Sauvons-nous, de peur que les thermes ne s’écroulent, car à l’intérieur se trouve Cérinthe, l’ennemi de la vérité ! » (Irénée, Contre les hérésies, III.3.4).

Selon Polycarpe et Irénée, c’est à Éphèse, capitale de la province de l’Asie, que Jean se retire à l’époque de la guerre des Juifs contre Rome (66-70).

Vers la fin du premier siècle, sous le règne de l’empereur Domitien (81-96) qui persécute les chrétiens, Jean est déporté sur l’île de Patmos où il reçoit la révélation de l’Apocalypse. Après l’assassinat de Domitien qui est un véritable tyran, Jean retourne à Éphèse où il meurt aux alentours de l’an 100 (sous le règne de Trojan ; 98-117). Un peu plus de cinq siècles plus tard, l’empereur byzantin Justinien (482-565) fait construire la basilique Saint-Jean sur l’emplacement de sa tombe.

Éphèse devient romaine en 133 avant  Jésus-Christ. C’est la principale ville de l’ouest de l’Asie Mineure, la Turquie actuelle, ainsi qu’un centre commercial, culturel et religieux important. Seconde seulement à Rome, cette cité vaut qu’on s’y arrête pour son climat agréable et sa culture cosmopolite ; d’ailleurs c’est à Éphèse que les hauts dignitaires de l’empire aiment venir goûter quelques repos.

L’église d’Éphèse est fondée par l’apôtre Paul. Dès son arrivée il prêche pendant trois mois dans la synagogue. Après s’être fait virer à cause de son témoignage pour Jésus-Christ, il enseigne pendant deux ans dans une école qui appartient à un certain Tyrannus (Actes 19.9-12). Suite à un incident causé par des exorcistes juifs, un réveil spirituel éclate dans la ville, mais c’est aussi à ce moment-là que les artisans d’Éphèse prennent conscience de l’impact qu’ont les chrétiens sur leur ville et leur profession. Les fabricants de statuettes et d’idoles comprennent que la Bonne Nouvelle de Jésus constitue une menace pour le culte de la déesse Diane aussi appelée Artémis et surtout pour leur gagne-pain. Ils dressent les autorités contre Paul et toute la ville est en émoi. Mais une église est née dans la ville d’Éphèse et c’est ainsi que la Bonne Nouvelle se répand progressivement dans la province d’Asie et que sont fondées les assemblées de Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, et Laodicée, qui avec Éphèse sont mentionnées dans le livre de l’Apocalypse (chap. 2-3).

L’église d’Éphèse fut fidèle au Seigneur ; mais au fil des années, les premiers croyants partent pour rejoindre le Seigneur et ce sont leurs enfants et petits-enfants qui remplissent les pieux. À la fin du premier siècle, l’enthousiasme et la fraîcheur des premiers jours de la foi en Jésus-Christ s’est flétris au point où au travers de Jean, le Seigneur a dit à l’église d’Éphèse :

J’ai un reproche à te faire : Tu as abandonné l’amour que tu avais au début (Apocalypse 2.4).

On peut être sûr que l’apôtre est conscient de ce relâchement spirituel et en tient compte quand il rédige sa première épître.

Pour ce qui est de la date de rédaction des trois épîtres de Jean, la tradition la fixe entre les années 85 et 95 de notre ère. On sait que l’apôtre est alors un homme âgé, beaucoup plus que la majorité de ses lecteurs qu’il appelle au moins neuf fois « mes petits enfants » (1Jean 2.1 ; etc.).

Bien qu’on ne sache pas grand-chose des destinataires de ces lettres, on peut quand même dire que pour la plupart ce sont des non-Juifs parce que à l’exception de la mention de Caïn (1Jean 3.12), Jean ne fait pas référence à l’Ancien Testament si ce n’est peut-être la mise en garde donnée en conclusion contre l’idolâtrie (1Jean 5.21). Cependant, cette exhortation peut tout aussi bien s’appliquer à des non-Juifs, car dans les milieux païens d’où ils sont issus, les fausses divinités sont légion et aucun croyant n’est à l’abri de retomber dans de vieux travers.

La raison première de cette lettre pastorale écrite par Jean est le danger que pose alors l’apparition d’hérétiques dans les Églises chrétiennes. Les croyants sont troublés par ceux qui ont quitté leurs assemblées et qui enseignent une soi-disant nouvelle vérité. Alors, l’apôtre écrit pour leur rappeler que ce sont ceux qui placent leur confiance dans le Fils de Dieu qui possèdent la vie éternelle (1Jean 5.13). Mais comment être sûr de croire au vrai Fils de Dieu et comment savoir si l’on a vraiment la foi ? Jean donne trois tests fondamentaux qui répondent à ces questions, qui permettent à tout un chacun de se situer par rapport à Dieu, et donc de savoir qui a la vraie foi dans le vrai Fils de Dieu pour avoir la vraie vie.

Ces trois tests tournent autour de trois thèmes : premièrement, le péché et l’obéissance (1Jean1.5-2.2 ; 2.29-3.10 ; 5.16-20) ; deuxièmement, l’amour et la haine (1Jean 2.3-11 ; 3.11-24 ; 4.7-21) ; et enfin, l’erreur et la vérité (1Jean2.12-28 ; 4.1-6 ; 5.1-15). Selon qu’on les réussit ou pas, on est de Dieu ou pas, on le connaît ou pas, on est né de lui ou pas, on a la vie ou on est mort, on marche dans les ténèbres ou dans la lumière, on est enfant de Dieu ou enfant du diable. Ces trois thèmes apparaissent trois fois dans l’épître.

La première lettre de Jean a été appelée « le sanctum sanctorum », c’est-à-dire « le saint des saints du Nouveau Testament ». Il fait traverser au croyant le pas de la porte du royaume des cieux et l’emmène dans le sein du Père où il est en communion avec lui. Alors que les épîtres de Paul sont avant tout pastorales, la première épître de Jean nous introduit dans l’intimité du Père et parle de la famille de Dieu. Tous ses membres ont accès à une position où ils sont comblés des bénédictions de l’Esprit dans le monde céleste qui, toutes, sont en Christ, écrit l’apôtre Paul (Éphésiens 1.3). Ce privilège est accordé à tous ceux qui placent leur confiance en Jésus. Leur foi les introduit dans la famille de Dieu où ils ont un lien affectif avec le Père et les uns avec les autres. Cette relation peut être interrompue par le péché mais, écrit l’apôtre Jean :

Si nous reconnaissons nos péchés, Dieu est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis (1Jean 1.9).

Verset 1

Je commence de lire le chapitre premier de l’épître de Jean.

Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie (1Jean 1.1 ; JÉR).

Jean ne commence pas sa lettre par une introduction en bonne et due forme, mais démarre sur les chapeaux de roues. « Le Verbe » traduit le mot grec « logos » qui a donné « logique » en français. D’autres versions ont « message ou parole ». Quand Jean appelle Jésus « le logos de Dieu », il veut dire qu’il est l’expression pleine et entière de la divinité et il porte en lui le message de la vie (comparez Actes 5.20 ; Philippiens 2.16). Jésus est la personnification de la Vie dans son sens absolu et le plus fort.

Jean écrit « nous », ce qui est à la première personne du pluriel, et la bible du Semeur dit :

Nous vous annonçons le message de celui qui est la vie. Nous vous annonçons ce qui était dès le commencement : nous l’avons entendu, nous l’avons vu de nos propres yeux, nous l’avons contemplé et nos mains l’ont touché (1Jean 1.1).

Ce « nous » qui est sans cesse répété, englobe tous les apôtres qui ont personnellement connu Jésus et marché avec lui pendant trois ans ; Jean les associe à cette lettre.

L’expression « commencement » apparaît aussi dans la Genèse où la première phrase est :

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (Genèse 1.1).

C’est une référence aux six jours de la création. Au 19e siècle, la science situe les débuts du monde à moins de 100 millions d’années (Lord Kelvin en 1866). Au 20e siècle, les scientifiques décide que le taux de désintégration des matériaux radioactifs a toujours été le même et s’en servent pour estimer l’âge de la terre entre 4 et 5 milliards d’années ; c’est ce que j’ai appris à l’école. De toute façon, la Genèse n’a pas pour but de fixer la date de la création mais d’informer les êtres humains que Dieu a tout créé. Tant que quelqu’un n’accepte pas ce postulat, il n’est pas prêt de continuer la lecture des Écritures parce qu’elles s’appuient sur cette fondation. Quant à la création de l’homme, si on utilise la chronologie de la Genèse, elle remonte à moins de huit mille ans.

Le mot « commencement » apparaît aussi dans le premier verset de l’évangile selon Jean où il est dit :

Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu (Jean 1.1-2 ; JER).

Ensuite, Jean décrit la création du monde et parlant de Jésus, il dit :

Tout a été créé par lui ; rien de ce qui a été créé n’a été créé sans lui (Jean 1.3).

On peut remonter aussi loin avant que l’univers soit, Jésus est toujours présent car il est l’Ancien des jours (Daniel 7.9, 13 ; 32 ; LSG). De cet éternel infini, Jésus est venu pour devenir homme. Jean écrit :

Le Verbe s’est fait chair (Jean 1.14 ; JER).

Ici dans l’épître, quand Jean dit : « Nous vous annonçons ce qui était dès le commencement », il parle du moment où la Bonne Nouvelle de Jésus commence à être annoncée par les apôtres (1Jean 2.7, 24 ; 3.11). Ce message qui concerne la rédemption et le salut de l’homme n’a pas changé depuis la Pentecôte. La Bonne Nouvelle est la même aujourd’hui qu’elle était au « commencement ». Elle annonce la nécessité de se repentir, de placer sa foi en Jésus et assure le pécheur qu’il est pardonné par grâce et réconcilié avec Dieu.

La connaissance du Christ n’est pas secrète et réservée à une élite intellectuelle. Jean était un pêcheur sans instruction et il a connu l’homme Jésus qui arpentait les chemins de Palestine. Si dès la première phrase, Jean insiste sur le témoignage des sens : l’ouïe, la vue, l’observation attentive et le toucher, c’est d’une part, pour dire qu’il annonce la vérité, ce qu’il a vécu et il sait de quoi il parle, et d’autre part, Jean décoche ses premières flèches contre les hérésies qu’il veut combattre. « Les antichrists », comme il les appelle, apportent de nouvelles idées et non pas celles qui sont « dès le commencement », et qui datent du début de la prédication des apôtres.

Dès les premières lignes de l’épître, Jean se présente donc comme un témoin oculaire de la manifestation de celui qui est la vie et réfute d’entrée les arguments de ceux qui nient l’humanité de Jésus. Le message de l’apôtre est solidement établi sur une réalité historique : la personne du Christ que beaucoup de gens ont vue, entendue et touchée.

Jean dit qu’il a « entendu et vu » le Seigneur. Le temps de ces deux verbes (parfait) indique une action dans le passé qui a une incidence sur le présent. Jean « a vu » le Seigneur à l’œuvre ; il « a entendu » les paraboles de Jésus, ses sermons, les instructions qu’il donne aux apôtres en privé, et ce qu’il répond à ses ennemis et à ceux qui viennent à lui chercher de l’aide. Il n’a pas reçu la vision d’une image fantomatique et il ne parle pas d’opinions et de ouï-dire, car pendant trois ans il a vécu avec l’homme divin en chair et en os.

En tant que témoins oculaires intimes et constants du ministère terrestre de Jésus, les apôtre ont reçu la preuve formelle qu’il est Dieu fait homme (Jean 14.8-11). Dans son évangile, Jean écrit :

Celui qui est (le logos) la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité ! (Jean 1.14).

Ici dans l’épître, Jean dit qu’il « a contemplé » le Seigneur, le verbe utilisé décrit une observation attentive, un regard prolongé et scrutateur.

Au début de son évangile, Jean écrit :

Dans le désert, Moïse a élevé sur un poteau le serpent de bronze. De la même manière, le Fils de l’homme doit, lui aussi, être élevé pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui aient la vie éternelle (Jean 3.14-15).

Pendant la marche au désert et selon une habitude bien rodée, les Israélites se révoltent contre Dieu et Moïse (Nombres 21). Alors, l’Éternel fait venir des serpents venimeux qui mordent les rebelles et ils en meurent. Finalement, le peuple se repent et Moïse confectionne l’image d’un serpent en alliage de cuivre qu’il fixe au somment d’une perche et tous ceux qui ont été mordus et qui la regardent attentivement, sont miraculeusement guéris. Jean établit un lien entre ce serpent et le Christ, disant que dorénavant nous devons regarder à Jésus par la foi afin d’obtenir le salut. Ensuite il faut continuer à garder les yeux sur le Seigneur afin de croître dans la connaissance de Dieu. C’est le but des épîtres du Nouveau Testament.

Quand Jean dit à ses lecteurs que « nos mains ont touché » la Parole de vie, le mot grec traduit par « touché » (epsélaphésan ; infinitif : psêlaphaô) signifie « tâter, tâtonner » (comme un aveugle). Après sa résurrection, Jésus utilise ce mot. Un jour, il apparaît soudainement au milieu de ses disciples qui sont terrorisés. Alors, pour les rassurer, il leur dit :

Regardez mes mains et mes pieds, et reconnaissez que c’est bien moi. Touchez-moi et regardez ! Car un esprit n’a ni chair ni os. Or, vous voyez bien que j’en ai (Luc 24.39 ; comparez Jean 20.27).

Sur ces entrefaites arrive Thomas qui déclare :

Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous, et si je ne mets pas la main dans son côté, je ne croirai pas (Jean 20.25). Huit jours plus tard, […]Jésus […] dit à Thomas : –Place ton doigt ici, vois mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté. Ne sois donc pas incrédule, mais crois (Jean 20.26-27).

Les apôtres ont accompagné Jésus pendant trois ans, ils l’ont touché, ils l’ont vu, ils l’ont observé et entendu parler, un privilège que nous n’avons pas. Cependant, nous pouvons quand même voir le Seigneur avec les yeux de la foi. Jésus a dit :

Heureux ceux qui croient sans avoir vu (Jean 20.29).

Et l’apôtre Pierre écrit :

Jésus, vous ne l’avez pas vu, et pourtant vous l’aimez ; mais en plaçant votre confiance en lui sans le voir encore, […] vous obtenez votre salut qui est le but de votre foi (1Pierre 1.8-9).