Introduction

Alors qu’il n’y a guère plus d’un siècle, on parlait de « la Belle Époque » où tous les espoirs étaient permis, en ce 21e siècle déjà bien entamé, c’est exactement l’inverse. Nous vivons une période de grande incertitude au point où bon nombre de gens, qu’ils soient scientifiques ou écologistes, se demandent si notre bonne vieille terre et ses habitants vont survivre. Non seulement les crises économiques se succèdent, mais il faut maintenant y ajouter le réchauffement planétaire dû à l’effet de serre, la précarité pour un nombre toujours croissant d’êtres humains, les inégalités qui ne font qu’augmenter, les trafics d’êtres humains, les épurations ethniques ou religieuses etc.

Tout au long de l’histoire humaine, il y a eu des temps forts qui ont marqué la civilisation occidentale. À la fin du 1er siècle par exemple, le monde gréco-romain est en pleine effervescence culturelle et philosophique, et le syncrétisme religieux est la nouvelle vérité. Il y avait toujours en effet, de la place pour un nouveau courant religieux, un nouveau culte ou une nouvelle secte. C’était la belle époque des religions à mystères.

Ce phénomène est alors particulièrement marqué dans la province romaine qui s’appelle « l’Asie », et qui est située à l’ouest de l’Asie Mineure, la Turquie actuelle. Cette région forme un pont entre les continents européen et asiatique et on y trouve toutes sortes d’idéologies et de croyances. On y vénère l’empereur mais on rend également un culte à une quantité de faux dieux dont Artémis, qui dans la ville d’Éphèse, possède un temple magnifique classé, non pas monument historique, mais parmi les sept merveilles du monde antique.

Au milieu des ténèbres du paganisme et des superstitions les plus aberrantes, l’Église de Jésus-Christ est alors un flambeau qui projette la lumière de la vérité. Dans l’évangile selon Matthieu, on lit que Jésus a dit à ses disciples :

Vous êtes la lumière du monde. Une ville au sommet d’une colline n’échappe pas aux regards (Matthieu 5.14).

Et dans son épître aux Philippiens, l’apôtre Paul exhorte les croyants d’être « irréprochables et purs, des enfants de Dieu sans tache au sein d’une humanité corrompue et perverse. Dans cette humanité, vous brillez comme des flambeaux dans le monde » (Philippiens 2.15). Cependant tout n’est pas rose car les églises d’Asie subissent une pression de l’extérieur à cause de l’abondance d’idéologies qui leur font concurrence, et de l’intérieur par la faute des faux croyants qui se prétendent prophètes, docteurs ou frères, qui s’infiltrent dans les assemblées chrétiennes et qui enseignent des hérésies perverses. C’est à juste titre que ces faux jetons sont qualifiés de « antichrists » (1Jean 2.18-26 ; 4.3 ; 2Jean 7) ou de « prophètes de mensonge » (1Jean 4.1, 4) par l’apôtre Jean, et de « loups féroces, cruels et ravisseurs » par Jésus, et l’apôtre Paul. D’ailleurs ce dernier met en garde les responsables de l’église d’Éphèse en leur disant :

Je le sais : quand je ne serai plus là, des loups féroces se glisseront parmi vous, et ils seront sans pitié pour le troupeau. De vos propres rangs surgiront des hommes qui emploieront un langage mensonger pour se faire des disciples (Actes 20.29-30 ; comparez Matthieu 7.15 ; 2Corinthiens 11.26 ; Galates 2.4).

On constate les conséquences de cette situation menaçante quand on lit dans le livre de l’Apocalypse (chap. 2, 3) que sur les sept églises de la province d’Asie auxquelles le Seigneur écrit, seules deux d’entre elles, Smyrne et Philadelphie, sont approuvées sans réserve tandis que les cinq autres se font reprocher leur attirance pour les plaisirs de ce monde ou leur acceptation de fausses doctrines (Éphèse, Pergame, Thyatire, Sardes et Laodicée).

La première épître de Jean et celle adressée aux Hébreux sont les seules du Nouveau Testament qui ne donnent pas le nom de l’auteur. La seconde et la troisième épître de Jean ont été écrites par quelqu’un qui prend le titre de « Ancien ». Pourtant, selon la tradition, le Nouveau Testament compte trois lettres qui sont attribuées à l’apôtre Jean. De l’avis de la grande majorité des spécialistes, elles sont l’œuvre d’une seule plume. Par exemple, le thème de la vérité est développé de manière similaire dans 1Jean (9 fois) et dans 2 et 3Jean (11 fois) au moyen, en particulier, d’un lien que l’auteur fait entre la vérité et l’amour (1Jean 3.18 ; 2Jean 1 ; 3Jean 1). Ces trois lettres s’opposent à la même erreur (1Jean 4.2 ; 2Jean 7) et demandent aux destinataires de s’en tenir à l’enseignement qu’ils ont entendu « dès le commencement » (1Jean 2.7, 24 ; 2Jean 6).

C’est donc le même « Ancien » qui a écrit ces trois lettres. Comme il se présente d’une manière très sobre, c’est que son autorité est très importante et reconnue par tous les croyants de l’époque. Cet « Ancien » s’attend à ce que ses lecteurs obéissent à ses commandements sans poser de questions. Or, seul un apôtre, qui est connu et respecté par ceux à qui il s’adresse, peut avoir écrit une lettre avec une telle autorité sans dévoiler son identité réelle. On sait que Jean n’aime pas se mettre en avant et laissait toujours à Pierre le soin de mettre sa tête sur le billot ce que ce dernier ne manquait jamais de faire. Cette pudeur qui caractérise Jean pourrait expliquer aussi pourquoi il n’indique pas son nom. Mais il se peut aussi que l’apôtre ne veut pas que les autorités romaines puissent tracer la lettre jusqu’à lui au cas où elle tomberait entre leurs mains. On sait en effet que Jean a longtemps vécu sous le règne de l’empereur Domitien qui persécute les chrétiens.

Les témoignages en faveur de la paternité de Jean pour la seconde et la troisième lettre sont moins abondants que pour la première épître. Cependant, dans les dernières décennies du 2e siècle, Irénée (140-203), un Père de l’Église, ainsi que Clément d’Alexandrie citent 2Jean comme une œuvre de l’apôtre, le dernier resté vivant de ceux qui ont personnellement participé au ministère de Jésus sur terre.

Au début du 3e siècle, Origène (185-253) est le premier théologien à dire que les trois lettres sont l’œuvre de Jean, l’apôtre qui accompagna Jésus pendant tout le temps où il sillonnait les routes poussiéreuses de la Palestine, depuis le moment où un autre Jean l’a baptisé, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel (Actes 1.21-22). Il ne fait donc guère de doute que « l’Ancien » est Jean.

Dans 1Jean, l’auteur qui nomme souvent ses destinataires « mes enfants ou mes amis » (1Jean 2.1, 7, 12, 18, 28 ; 3.2, 7), s’associe à un groupe de personnes qu’il désigne par l’emploi du pronom « nous » (1Jean 1.1-4). Or, ces personnes sont celles qui furent les témoins de la vie de Jésus, celles qui l’ont vu, entendu et même touché. C’est par leur message que les croyants, qui eux n’ont pas personnellement connu Jésus, peuvent jouir de « la communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » comme l’écrit Jean (1Jean 1.3).

Au 2e siècle de notre ère, Irénée, que j’ai déjà mentionné, est l’un des premiers auteurs à citer directement 1 et 2Jean et à en attribuer la paternité à l’apôtre. Si je le mentionne à nouveau c’est parce que son témoignage est particulièrement important du fait qu’il était le disciple de Polycarpe (69-155 ?), lui-même disciple de l’apôtre Jean. Polycarpe est un croyant remarquable qui meurt martyr après avoir été pendant longtemps l’évêque de la ville de Smyrne, aujourd’hui Izmir en Turquie, mais ce qui nous importe est qu’Irénée tenait directement de son maître Polycarpe et donc indirectement de Jean lui-même, que c’est bien l’apôtre Jean qui a écrit ces trois lettres.

Clément d’Alexandrie (155-215) et Tertullien (150-222), deux contemporains d’Irénée, attribuent également la paternité de la première épître à l’apôtre Jean. Au 3e siècle, d’autres célèbres auteurs chrétiens [Origène (185-253), Denys d’Alexandrie et Cyprien de Carthage] font de même.

Au 4e siècle, Eusèbe (265-340), considéré comme le Père de l’Histoire de l’Église, résume toutes ces preuves en disant : « Pour ce qui est des écrits de Jean, en dehors de l’évangile, la première de ses épîtres est aussi reconnue par nos contemporains et par les anciens comme hors de toute contestation… ” (Histoire ecclésiastique, III.XXIV.17 ; cité par MacArthur, 1Jean 1.1) ».

Le témoignage de l’Église primitive en faveur de la paternité de Jean pour la première épître est étayé par des preuves internes qui comparent 1Jean à l’évangile selon Jean. Il semble que l’apôtre n’aimait pas tellement les nuances et préférait diviser le monde en blanc et en noir, ce qui apparaît dans ses écrits où il dresse une liste de contrastes marqués. Les plus saillants sont : « lumière et ténèbres » ; « vie et mort » ; « amour et haine » ; « vérité et mensonges » ; « amour du Père et amour du monde » ; « enfants de Dieu et enfants du diable » ; « être dans le monde, mais pas du monde » ; « connaître Dieu ou ne pas le connaître » ; « avoir ou pas la vie éternelle ».

L’évangile selon Jean et sa première épître ont également en commun beaucoup de mots et d’expressions qui ne se trouvent nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament. Le vocabulaire de ces deux livres présente davantage de similarités que l’évangile selon Luc et le livre des Actes, écrits par Luc, Éphésiens et Colossiens, ou 1Timothée et Tite, des épîtres écrites par l’apôtre Paul.

On retrouve le même enseignement théologique dans l’évangile selon Jean et dans sa première épître ; dans ses deux œuvres, il mentionne l’incarnation (1Jean 4.2 ; Jean 1.14) ; il dit que Jésus est le Fils de Dieu (1Jean 5.5 ; Jean 20.31), son Fils unique (1Jean 4.9 ; Jean 3.16), qu’il est éternel dès le commencement (1Jean 1.1 ; Jean 1.1), la source de la vie éternelle (1Jean 5.11 ; Jean 6.35) et la vie éternelle elle-même (1Jean 5.20 ; Jean 11.25). Les non-croyants appartiennent au diable (1Jean 3.8 ; Jean 8.44), font partie du monde en tant que système (1Jean 4.5 ; Jean 15.19), et marchent dans les ténèbres (1Jean 1.6 ; Jean 12.35). Il dit que le Christ a expié nos péchés (1Jean 3.5 ; Jean 1.29) afin que nous puissions naître de nouveau (1Jean 5.1 ; Jean 3.5-7) et recevoir la vie éternelle (1Jean 5.11 ; Jean 3.15, 16) par la foi en Jésus (1Jean 5.13 ; Jean 3.16) et qu’ainsi nous connaissions le Dieu véritable (1Jean 5.20 ; Jean 17.3) et la vérité (1Jean 2.21 ; Jean 8.32). Les croyants appartiennent donc à la vérité (1Jean 3.19 ; Jean 18.37) et savent qu’ils sont enfants de Dieu (1Jean 3.1, 2 ; Jean 1.12). Voilà donc toute une série de thèmes qui sont communs à l’évangile selon Jean et à sa première épître.

Étant donné le nombre important de parallèles entre 1Jean et l’évangile selon Jean, il ne fait guère de doute qu’il s’agit du même auteur, l’apôtre Jean.

Vers la fin du premier siècle, certaines hérésies commencent à se répandre dans les assemblées chrétiennes. Prenant conscience des graves dangers qui menacent les croyants d’Asie Mineure, la Turquie actuelle, l’apôtre Jean prend sa plume pour défendre ce que Jude appelle « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes à ceux qui appartiennent à Dieu » (Jude 3).

Comme l’apôtre Paul l’avait prédit (Actes 20.29, 30) et comme je l’ai déjà dit, des prophètes de mensonge (1Jean 4.1, 4), influencés par les courants religieux de l’époque, s’infiltrent dans les assemblées chrétiennes et pervertissent la vérité par leur fausse doctrine. Leur enseignement hérétique représente les prémices du système de croyances qui au 2e siècle se répandra comme une traînée de poudre et qui prendra le nom de « gnosticisme » (du grec gnôsis : connaissance).

Au premier siècle, ces croyances forment encore un amalgame désorganisé de plusieurs systèmes de pensées juifs et païens comme celui de Platon et sa quête du bien, du vrai et du beau, le stoïcisme ou encore l’épicurisme.

Les épicuriens doivent leur nom à leur maître Épicure (342-270 av. J-C), un philosophe athénien. Il prône le contentement en tout et le partage d’une vie simple avec des amis. Ses quatre remèdes aux maux des hommes sont : « il ne faut pas avoir peur des dieux ni de la mort » ; « le bien est facile à atteindre et on peut supprimer la douleur ». Tout ça rappelle étrangement la civilisation occidentale du 21e siècle. La compétition entre les philosophes antiques est âpre. Ils répandent des fausses rumeurs les uns sur les autres car chacun tire la couverture à lui voulant le plus grand nombre de disciples. Ce sont des mauvaises langues qui sont à l’origine de cette idée que les épicuriens passent leur temps en partouzes.

Les stoïciens, quant à eux, sont disciples de Zénon (335-262 av. J-C), originaire de la ville de Citium à Chypre. Panthéiste, il enseigne dans la ville d’Athènes où il prône une discipline de fer et une doctrine qui consiste à vivre en accord avec la nature et la raison, afin d’atteindre la sagesse et le bonheur. Pour lui, la paix intérieure s’obtient par l’absence de toutes passions, ce qui minimise les déceptions, l’envie, la jalousie, le désir de posséder et donc les souffrances. Cette philosophie de vie rappelle le bouddhisme zen très en vogue en Occident depuis pas mal d’années.

L’apôtre Paul s’est trouvé confronté aux philosophes de son temps sur l’Agora, la grande place d’Athènes où se tient un marché animé et odorant, et qui est aussi le centre de la vie politique et sociale de la cité, le carrefour d’informations et de discussions. Dans le livre des Actes, on lit :

Quelques philosophes, des épicuriens et des stoïciens, engageaient aussi des débats avec lui. Les uns disaient : –Qu’est-ce que cette pie bavarde peut bien vouloir dire ? D’autres disaient : –On dirait qu’il prêche des divinités étrangères. En effet, Paul annonçait la Bonne Nouvelle de “ Jésus ” et de la “ résurrection ” (Actes 17.18).

Que ce soient les stoïciens ou les épicuriens, à l’origine, leur quête est purement intellectuelle mais a toujours pour but la maîtrise du corps par l’esprit. Justement, le gnosticisme et ses précurseurs hérétiques du premier siècle enseignent que la matière est mauvaise et l’esprit est bon. Il s’ensuit que les adeptes de ce courant de pensée s’opposent au christianisme. Ils ne refusent pas l’aspect divin du Christ, parce qu’ils ne le comprennent pas vraiment. Par contre, ils rejettent son humanité ; ils nient que Jésus soit le Christ (1Jean 2.22), c’est-à-dire que l’homme qu’on appelle Jésus est le Fils de Dieu (1Jean 2.23 ; 4.3, 15 ; 2Jean 7).

Le refus de l’incarnation de Dieu en homme prend deux formes : un certain Cérinthe, contemporain de l’apôtre Jean et qui comme ce dernier vit aussi à Éphèse, enseigne que Jésus n’est qu’un homme et que le Christ divin descendit sur lui à son baptême et le quitta avant la crucifixion. Jean semble s’adresser directement à lui quand il écrit :

Celui qui est venu par l’eau et par le sang, c’est bien Jésus-Christ : il n’est pas passé seulement par l’eau du baptême, mais outre le baptême, il est passé par la mort en versant son sang. Et c’est l’Esprit qui lui rend témoignage, car l’Esprit est la vérité. Ainsi il y a trois témoins : l’Esprit, l’eau et le sang ; et les trois sont d’accord (1Jean 5.6-8).

Une autre hérésie de la fin du premier siècle est répandue par ceux qu’on appelle « Docétistes » (grec dokeô : sembler, apparaître), ils enseignent que le corps de Jésus n’était pas réel et physique, mais en avait seulement l’apparence. Ce sera, au 2e siècle, la principale hérésie que l’Église aura à combattre. Pour bien contrecarrer la croyance des Docétistes et parlant de Jésus, Jean déclare fermement :

Nous l’avons entendu, nous l’avons vu de nos propres yeux, nous l’avons contemplé et nos mains l’ont touché (1Jean 1.1 ; comparez Jean 1.14).

Si Jésus n’est pas vraiment à la fois 100 % homme et 100 % Dieu, quand il est mort, il n’a pas pu être un sacrifice de substitution agréé par Dieu pour expier les péchés de l’humanité. Il fallait qu’il soit homme pour prendre ma place, et il fallait qu’il soit Dieu pour que son offrande ait une valeur infinie.

À cause des hérésies qu’il combat, dans sa première épître, l’apôtre Jean souligne le caractère central de la divinité de Jésus (1Jean 5.20) ainsi que sa pleine humanité (1Jean 2.22-23 ; 4.15). Qui ne confesse pas cette vérité appartient au monde de l’Antichrist. (1Jean 2.18 ; 4.3 ; 2Jean 7).

Comme les hérétiques divorcent le corps de l’esprit, ils enseignent que les actions commises par le corps n’ont aucun effet sur l’esprit et sont donc sans importance. Il s’en suit qu’ils ont une attitude très laxiste pour ce qui est de la morale et du péché, allant jusqu’à dénier ce dernier. Mais l’apôtre Jean s’insurge contre cette doctrine quand il déclare :

Si nous prétendons n’être coupables d’aucun péché, nous vivons dans l’illusion, et la vérité n’habite pas en nous. Si nous prétendons ne pas être pécheurs, nous faisons de Dieu un menteur et sa Parole n’est pas en nous (1Jean 1.8, 10 ; comparez 1Jean 2.4-6).

Nos croyances influent notre façon de vivre ainsi que nos relations avec les autres. Étant donné que les hérétiques se considèrent comme le dessus du panier, l’élite et les seuls détenteurs de la connaissance, ils sont arrogants et haineux, une attitude qui se rencontre chez ceux qui ne connaissent pas Dieu. Jean écrit à leur encontre quand il dit :

Celui qui prétend être dans la lumière tout en détestant son frère, est encore dans les ténèbres (1Jean 2.9 ; comparez 1Jean 3.10, 14-15 ; 4.8, 20-21).

Aujourd’hui, on entend plus parler de gnosticisme et pourtant cette croyance n’a jamais entièrement disparu ; elle passe de mode, change de nom puis revient au galop. On retrouve par exemple le concept de la maîtrise du corps par l’esprit dans la Science chrétienne fondée au 19e siècle par Mary Baker Eddy (1821-1910). Mais pour les croyants fidèles, le corps est important parce que ce sont les seules mains, jambes et langues que le Seigneur possède sur terre pour se faire connaître.