Chapitre 27

Introduction

Nous sommes de plus en plus occupés et préoccupés par des tas de choses diverses et variées. Alors, il est facile de différer, de remettre à plus tard ce qui ne devrait pas attendre et ainsi se conformer à l’adage : « Ne fais pas aujourd’hui ce que tu peux faire demain. » Les Sud-Américains ont un mot pour ce comportement laisser-faire : « Magnana — demain », mais par là, ils veulent justement dire l’inverse : « ce n’est pas urgent et pas pour demain ». En espagnol un proverbe dit : « La route “ plus tard ” mène à la maison “ jamais ”. » Ce n’est pas nécessairement la bonne volonté qui manque à celui qui remet sans arrêt au lendemain ce qu’il devrait faire le jour même, mais l’énergie, le temps, et puis il y a tant d’autres priorités. Alors parfois on se console, en disant : « Après tout, c’est l’intention qui compte. ».

C’est à voir, parce qu’un dicton populaire dit aussi que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Quant aux anglais, ils disent : « Repousser à plus tard est le voleur de temps », ce qui est du même ordre d’idée que cette parole de l’écrivain André Gide : « Je tergiverse et le temps fuit ».

Verset 1

Je commence maintenant à lire le chapitre 27 du livre des Proverbes.

Ne te vante pas de ce que tu feras demain, car tu ne sais pas même ce qui arrivera aujourd’hui (Proverbes 27.1; Comparez Luc 12.18-19).

Je suis le maître de ma vie et le capitaine de ma destinée ; je fais comme je veux quand je veux. Du moins, c’est ce que beaucoup de gens pensent. J’ai même entendu ma petite-fille de 9 ans dire à sa mère : « C’est ma vie et j’en ferai ce que je veux. »

La tendance humaine est de faire ce qui lui plaît et de repousser à plus tard les décisions sérieuses.

Quand, sur l’ordre de l’Éternel, Moïse a déclenché ce qu’on appelle : « les dix plaies d’Égypte », le pharaon, pour gagner du temps, lui a dit plusieurs fois : « Bon d’accord, les Hébreux peuvent partir », mais chaque fois il se ravisait aussitôt. Cependant, à force de temporiser et de tergiverser, il atteint le point de non-retour et son fils aîné assis sur le trône ainsi que tous les premiers-nés égyptiens sont emportés par l’Ange de la mort. On peut lire cette histoire dans le livre de l’Exode (chapitres 7-12).

Dans les pages du Nouveau Testament apparaît un certain Félix, gouverneur de la Judée. C’est un tyran, un vrai; il est cruel et assoiffé de sang mais comme il a aussi un certain intérêt pour la foi chrétienne, il interroge l’apôtre Paul à ce sujet. Je lis le passage :

Félix fit appeler Paul et il l’écouta parler de la foi en Jésus-Christ. Mais lorsque Paul en vint à ce qu’est la juste manière de vivre, à la maîtrise de soi et au jugement à venir, Félix prit peur et lui dit : — Pour aujourd’hui, cela suffit : tu peux te retirer. Quand j’en aurai l’occasion, je te ferai rappeler (Actes 24.24-25).

Ce ne sont pas les occasions de parler avec Paul qui manquent à Félix, mais il repousse sans cesse une prise de décision à l’égard de Jésus-Christ. Puis le bruit des massacres répétés de Félix arrive aux oreilles de l’empereur qui trouve que ça fait trop désordre; il le rappelle donc à Rome pour qu’il lui rende des comptes. Félix est alors remplacé et tombe dans les oubliettes de l’histoire. Il a manqué le coche. Le prophète Ésaïe écrit :

Venez maintenant et plaidons ensemble, dit l’Éternel (Ésaïe 1.18).

Dans le Nouveau Testament, l’auteur de l’épître aux Hébreux et l’apôtre Paul écrivent respectivement :

Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs (Hébreux 4.7). Voici maintenant le temps vraiment favorable, voici maintenant le jour du salut (2Corinthiens 6.2).

Aujourd’hui ou plus exactement cet instant m’appartient, mais demain ou tout à l’heure, je l’ignore, car on ne peut présager du futur. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué parce que nul ne sait ce que lui réserve l’avenir qui appartient à Dieu seul. Il est donc sage de suivre le conseil de Jacques qui dans son épître écrit :

Et maintenant, écoutez-moi, vous qui dites : “ Aujourd’hui ou demain, nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous y ferons des affaires et nous gagnerons de l’argent. ” Savez-vous ce que demain vous réserve ? Qu’est-ce que votre vie ? Une brume légère, visible quelques instants et qui se dissipe bien vite. Voici ce que vous devriez dire : “ Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela ! ” (Jacques 4.13-15).

Verset 2

Je continue de lire dans le chapitre 27 du livre des Proverbes.

Que ta bouche ne chante pas tes louanges, laisse aux autres le soin de le faire. Oui, que ce ne soit pas toi, mais quelqu’un d’autre, qui fasse ton éloge (Proverbes 27.2).

Nul ne doit se vanter de ce qu’il va faire, ni de ce qu’il a accompli. Se faire mousser est une démonstration d’orgueil à fuir. Goliath est un géant philistin qui se croit invincible. Jour après jour de bonne heure le matin, il gonfle la poitrine et parade devant les soldats Israélites en les traitant de poules mouillées parce qu’aucun d’entre eux n’ose venir l’affronter en combat singulier. Ce manège dure un certain temps jusqu’à ce qu’un jeune homme du nom de David relève le défi, le tue et lui coupe la tête.

Verset 3

Je continue.

La pierre est lourde et le sable pesant, mais l’irritation causée par l’insensé est plus lourde que ces deux ensemble (Proverbes 27.3).

Littéralement, le texte dit :

Lourdeur de la pierre, pesanteur du sable… mauvaise humeur de l’insensé plus lourde que tous deux !

Si une sombre brute vous cherche des noises, s’il en a après vous, vous avez un sérieux problème parce que comme il est stupide et entêté, il ne va pas lâcher prise. Il dira et fera n’importe quoi et il est impossible de le raisonner. Quand il est en crise, il faut absolument l’éviter (comparez Proverbes 26.4).

Verset 4

Je continue.

Cruelle est la colère et impétueuse la fureur, mais qui tiendra devant la jalousie ? (Proverbes 27.4; Comparez Proverbes 6.34-35).

« Les chiens aboient; la caravane passe. » Une explosion de colère est comme un lâché de barrage ; un flot impétueux dangereux c’est sûr, mais qui passe puis le calme revient. Par contre, la jalousie est sourde, sournoise et cachée. Elle ne désarme pas et trame sans pitié la ruine de celui qu’on a dans le nez. Dans le Cantique des cantiques, Salomon écrit :

L’amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le séjour des morts ; ses flammes sont des flammes ardentes : un coup de foudre sacré (Cantique des cantiques 8.6).

Verset 5

Je continue le texte.

Une réprimande franche vaut mieux qu’un amour caché (Proverbes 27.5).

Une amitié qui ne se manifeste pas en faisant des reproches qui seraient nécessaires; un amour qui se réfugie dans une réserve prudente, se dérobent de leurs engagements et deviennent de l’indifférence. Je me souviens que quand ma mère me punissait, elle ajoutait : « Ça t’apprendra à vivre. » À l’époque, je croyais que c’était une façon de parler pour ne rien dire, mais maintenant que j’ai mes propres enfants, je me rends compte que la correction a pour but de leur apprendre à bien se comporter afin qu’ils réussissent et prospèrent le jour où, adultes, ils se lancent dans la vie.

Verset 6

Je continue.

Un ami qui vous blesse vous prouve par là sa fidélité, mais un ennemi multiplie les embrassades (Proverbes 27.6; Comparez Matthieu 26.47-50).

« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute », c’est bien connu. Je dois me méfier des marques d’amitié trop expansives qui n’ont pas lieu d’être, car il est probable qu’il y a anguille sous roche. Celui qui a de mauvaises intentions à mon égard essaie d’endormir ma prudence, alors qu’un véritable ami me montre où je fais fausse route, autrement ce n’est pas un ami.

Quand Pierre qui déjeune avec des païens a vu arriver des Juifs, il s’est esquivé en douce. Voyant cela, Paul n’a pas hésité à le reprendre publiquement pour son comportement hypocrite (Galates 2.11-14). Malgré cet incident, il n’y a pas eu d’amertume entre ces deux géants de la foi et ils ont continué à œuvrer ensemble.

 

Verset 7

Je continue.

Celui qui est rassasié dédaigne le miel, mais, pour l’affamé, même ce qui est amer paraît doux (Proverbes 27.7; Comparez Proverbes 25.16).

Celui qui a trop à manger devient difficile dans ses goûts ; il lui faut sans cesse des nouveautés. Jadis en Europe, dans les cours royales, c’était l’opulence tous azimuts. Ses altesses et leurs courtisans demandent une cuisine toujours plus raffinée pour divertir leur palais fatigué tandis que le peuple crève de faim; un croûton de pain rassis et c’est la fête. Celui qui est nanti et repu n’apprécie pas ce qu’il a, que ce soit de la nourriture ou des possessions matérielles tandis qu’il faut peu pour satisfaire l’indigent.

Ceux qui vivent pour les plaisirs finissent par en être dégoûtés alors que la modération suscite un ravissement qui se renouvelle sans cesse. Le même principe s’applique aux enfants gâtés qui sont vite fatigués de leurs beaux jouets onéreux. Alors, les parents leur en achètent d’autres, plus flamboyants, et ils s’en lassent encore plus vite. Par contre dans les pays du tiers monde, un gosse trouve mille façons de s’amuser avec une boîte de conserve et un bâton.

Verset 8

Je continue le texte.

L’homme qui erre loin de son pays est comme un oiseau errant loin de son nid (Proverbes 27.8).

Concernant le mal du pays, nous avons l’adage : « Chaque oiseau trouve son nid beau ». À cette époque, en Orient, les voyages sont tellement périlleux qu’un proverbe arabe les appelle « un morceau des peines de l’enfer ».

Bien plus tôt dans le livre, au chapitre 2, le maître de sagesse a dit : « les hommes droits habiteront le pays » (Proverbes 2.21). L’être humain devrait demeurer dans sa patrie, où ses aïeux ont habité, ce qui est logique puisque c’est là que se trouve aussi son réseau social. Jésus a indirectement illustré cette vérité avec la parabole du fils prodigue. Ce jeune homme a quitté le domaine familial avec l’intention de ne jamais plus y remettre les pieds, mais ça s’est très mal passé. Alors après s’être repenti, il est revenu au bercail (Luc 15.11-32). Malheureusement, en ce qui nous concerne, les exigences du monde moderne et les guerres arrachent des tas de gens à leur sol natal et ils deviennent alors des réfugiés cherchant une nouvelle patrie qu’ils ne trouveront sans doute jamais.

Verset 9

Je continue.

L’huile odorante et les parfums mettent le cœur en joie, mais la douceur du conseil de son ami réconforte l’âme (Proverbes 27.9).

À cette époque, les riches s’enduisent d’huile odoriférante et quand ils donnent un festin, ils brûlent de l’encens parfumé pour embaumer l’air. Mais plus que ces raffinements de luxe orientaux, un véritable ami est bien plus précieux par ses bons conseils et sa présence dans les moments difficiles.

Verset 10

Je continue.

Ne délaisse pas ton ami, ni l’ami de ton père (comme ça), quand le malheur t’atteint, (tu ne seras pas forcé de t’adresser) à ta parenté : un voisin près de toi vaut mieux qu’un parent qui se trouve loin (Proverbes 27.10).

Il faut soigner les vieilles amitiés familiales parce qu’elles ont prouvé leur viabilité au travers du temps. Normalement, dans les coups durs on se tourne vers la famille, mais quand la parenté est indifférente ou ne peut pas aider, un véritable ami est alors une ressource précieuse. Deux maximes précédentes disent :

Un ami aime en tout temps et, quand survient l’adversité, il se révèle un frère. Celui qui a beaucoup de compagnons les a pour son malheur, mais un véritable ami est plus attaché qu’un frère (Proverbes 17.17 ; 18.24).

Verset 11

Je continue.

Acquiers la sagesse, mon fils, et mon cœur se réjouira ; je pourrai répondre à ceux qui me critiquent (Proverbes 27.11).

Les proverbes répètent plusieurs fois qu’un fils sage fait la joie de ses parents (Proverbes 10.1 ; 15.20 ; 23.15, 24 ; 29.3). Les progrès d’un enfant ou d’un élève sur le chemin de la sagesse sont la preuve qu’il a reçu une bonne éducation et c’est la meilleure réponse à toutes les attaques dont peut être l’objet le caractère d’un père ou l’enseignement d’un maître.

Verset 12

Je continue de lire dans le chapitre 27.

L’homme avisé voit venir le malheur et se met à l’abri ; le stupide poursuit son chemin et en subira les conséquences (Proverbes 27.12; Comparez Proverbes 22.3).

Toutes les prophéties des Écritures qui adressent l’avenir de ce monde se résument en deux mots au pluriel : « Malheurs et Jugements ». On peut choisir de les ignorer et croire que les choses vont sans cesse s’améliorer jusqu’à ce que finalement l’homme instaure le paradis sur terre. Mais si on accepte les prédictions des Textes Sacrés, on peut s’y préparer en se mettant d’abord en règle avec Dieu, et ensuite à son service. Dans sa second épître, l’apôtre Pierre écrit :

Puisque tout l’univers doit se désagréger, quelle vie sainte vous devez mener et combien vous devez être attachés à Dieu. Ce jour-là, le ciel en feu se désagrégera et les astres embrasés fondront (2Pierre 3.11-12).

En attendant la fin des temps, il faut bien continuer à vivre et donc se préserver des aléas de l’existence qui ne manquent pas d’arriver. L’homme avisé se fait des amis, s’assure contre les catastrophes naturelles et les accidents, et il met de l’argent de côté pour les mauvais jours (Éphésiens 6.13).

Verset 14

Je continue le texte un peu plus loin.

Si, de grand matin, quelqu’un vient bénir son ami à voix forte, ce sera pris comme une malédiction (Proverbes 27.14).

C’est à juste titre que les salutations, et les éloges intempestifs et empressés font soupçonner quelque arrière-pensée. Il y a un temps pour tout ; 6 heures du matin est trop tôt pour frapper à la porte du voisin et lui dire un grand bonjour. Faite au mauvais moment, même une bonne action est mal reçue. Absalom, fils du roi David, est fourbe de nature. Dans le second livre de Samuel, un texte raconte comment il s’y est pris pour ravir la couronne à son père. Je lis le passage :

Absalom se procura un char et des chevaux ainsi qu’une garde personnelle de cinquante hommes qui couraient devant son char. Il se levait de bon matin et se postait au bord de la route qui conduisait à l’entrée de la ville. Chaque fois que passait un homme qui se rendait auprès du roi pour demander justice à propos d’un litige, Absalom lui disait : — Ta cause est juste et tu es dans ton bon droit, mais vois-tu, personne ne t’écoutera chez le roi. Puis il ajoutait : — Ah ! si je rendais la justice dans ce pays ! Tous ceux qui seraient en litige ou en procès viendraient me trouver et je leur ferais justice ! Quand quelqu’un s’approchait pour s’incliner devant lui, il lui tendait la main, le saisissait et l’embrassait. Absalom agissait ainsi envers tous ceux d’Israël qui se rendaient auprès du roi pour demander justice. De cette manière, il conquit insidieusement les suffrages des gens d’Israël (2Samuel 15.1-6).

La flatterie est comme un parfum, c’est bien de le sentir, mais mal de l’avaler.

Versets 15-17

Je continue.

Une femme querelleuse est pareille à une gouttière percée qui ne cesse de couler un jour de pluie. Arrêter ses récriminations ? Autant vouloir arrêter le vent, ou retenir de l’huile dans sa main ! L’homme s’affine au contact de son prochain tout comme le fer se polit par le fer (Proverbes 27.15-17; Comparez Proverbes 19.13).

Il est impossible de ne pas exercer sur ses semblables une influence en bien ou en mal (Proverbes 13.20 ; 22.24.25). Tous les conflits ont le potentiel de dégénérer en colère, haine, amertume et violence, cependant, l’irritation et les frottements relationnels ont aussi du bon parce qu’ils peuvent arrondir et adoucir les angles et les aspérités du caractère.

Il est sans prix l’ami avec qui on peut partager ses luttes et ses difficultés et une bonne séance de « remue méninges » avec lui est également bienfaisante, car on en ressort ravigoté. Échanger ses idées et projets est un moyen d’avancer dans la vie au niveau intellectuel, pratique et aussi spirituel.

Verset 18

Je continue.

Qui soigne son figuier jouira de ses fruits, et qui prend soin de son maître sera honoré (Proverbes 27.18; Comparez Proverbes 12.11 ; 28.19; Matthieu 25.21).

En tout et partout, la fidélité dans ce qu’on fait est récompensée.

Verset 19

Je continue.

Regardez dans l’eau : vous verrez votre propre visage s’y réfléchir. Sondez le cœur d’un homme : vous verrez s’y réfléchir votre propre cœur (Proverbes 27.19).

Le cœur répond au cœur. Malgré nos diversités, on se retrouve dans son prochain. Nous avons tous les mêmes aspirations, les mêmes défauts, les mêmes joies et les mêmes peines. C’est cette ressemblance de fond qui rend possibles l’empathie, l’amitié et l’entraide.

Verset 20

Je continue.

Le séjour des morts et l’abîme sont insatiables, de même, les yeux de l’homme ne sont jamais rassasiés (Proverbes 27.20; Comparez Proverbes 30.16; Ecclésiaste 1.8).

Les enfers, Shéol et Abbadon en hébreu, ont un très gros appétit et veulent sans cesse dévorer une nouvelle âme. Cette pensée rejoint un proverbe arabe qui dit : « Rien ne peut remplir l’œil sinon la poudre du tombeau ». De par sa nature, l’homme est curieux et désire profiter de tout. C’est d’ailleurs ce qui contribue au succès des voyages exotiques, mais aussi de toute une palette de genres littéraires et cinématographiques qui satisfont la convoitise des yeux.

Verset 21

Je continue.

Le creuset épure l’argent, et le four l’or, mais on juge l’homme pour sa louange (Proverbes 27.21; Comparez Proverbes 17.3).

Nous avons le dicton : « Quand vient la gloire s’en va la mémoire ». Un homme en train de grimper l’échelle sociale oublie facilement ses anciens amis au profit de nouvelles relations qui lui seront plus utiles pour gravir de nouveaux échelons. Les applaudissements du public sont un test qui révèle le caractère de quelqu’un, ce qu’il a vraiment dans le ventre. Si ses chevilles enflent, c’est un vaniteux, mais s’il ne prend pas pour de l’argent comptant tout le bien qu’on dit de lui, sa modestie l’honore et il aura bonne réputation.

Verset 22

Je continue.

Même si tu broyais l’insensé dans un mortier avec un pilon comme on pile le grain, tu ne parviendrais pas à en détacher sa sottise (Proverbes 27.22).

Il ne s’agit pas de tortures dont on ne trouve aucune trace chez les Juifs, mais de punitions méritées et répétées qui restent sans effet sur l’insensé.

Versets 23-27

Je finis de lire le chapitre 27.

Tâche de bien connaître l’état de chacune de tes brebis, sois attentif à tes troupeaux, car la richesse n’est pas éternelle, et une couronne ne subsiste pas à toujours. Quand tu auras récolté le foin, pendant que pousse le regain, et que l’herbe des montagnes est recueillie, des moutons te fourniront de quoi te vêtir et des boucs serviront à te payer un champ, le lait des chèvres suffira à ta nourriture, à celle de ta famille, et à l’entretien de tes servantes (Proverbes 27.23-27).

Le maître de sagesse a déjà rédigé un petit traité sur les conséquences désastreuses de la paresse (Proverbes 24.30-34). Ici, il souligne au contraire les avantages d’une vie diligente et recommande de ne pas se reposer sur son bas de laine qu’un événement fâcheux peut facilement trouer (comparez Proverbes 23.5 ; Ecclésiaste 4.8 ; 5.12-13). Il faut au contraire persévérer dans son ardeur au travail et entreprendre une tâche après l’autre sans jamais se lasser.