Chapitre 1

Verset 6

Il existe bien des moyens de faire la une des journaux. Certains se rendent célèbres par un exploit qui peut être sportif, scientifique ou autre, une démonstration de courage, un sacrifice, ou un dévouement exceptionnel. Mais on peut aussi être en première page pour un acte criminel ou se trouver en petits caractères dans les faits divers pour mille et une raisons suite à un bon ou mauvais coup du sort.

Dans les Écritures aussi, certains personnages ont droit à une attention particulière parce qu’ils se sont fait remarquer en bien ou en mal. De ce nombre est la femme de Lot, le neveu d’Abraham. Je résume le texte :

Les anges se firent pressants. Ils dirent à Loth-Debout ! Emmène ta femme et tes deux filles qui sont ici. […] Sauve-toi ! Il y va de ta vie. Ne regarde pas derrière toi et ne t’arrête nulle part dans la plaine ! […] L’Éternel fit tomber sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre enflammé par un feu qui venait du ciel, de l’Éternel. […] La femme de Loth regarda derrière elle et fut changée en une statue de sel (Genèse 19.15, 17, 24, 26).

C’est avec ces dernières paroles quelque peu énigmatiques, j’en conviens, que se termine le passage du livre de la Genèse qui raconte la destruction de Sodome et Gomorrhe. On ne sait strictement rien de cette pauvre femme, pas même son nom, et pourtant elle est devenue célèbre parce que Dieu l’a punie pour avoir regardé derrière elle. De toute évidence elle quitte Sodome à contrecœur ; en fait, son cœur n’a jamais quitté cette ville maudite. Or, Dieu n’aime pas du tout les cœurs partagés. Luc écrit que Jésus dit :

Celui qui regarde derrière lui au moment où il se met à labourer avec sa charrue n’est pas prêt pour le règne de Dieu (Luc 9.62).

Et dans le livre de l’Apocalypse, le Seigneur dit à une église :

Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche (Apocalypse 3.15-16 ; LSG).

A l’époque du prophète Sophonie, dans le royaume de Juda, se trouve bon nombre d’Israélites qui courent deux lièvres à la fois, qui sont partagés, genre femme de Lot, qui tantôt vont au temple pour offrir un sacrifice à l’Éternel, et tantôt se courbent bien bas devant une statue de l’idole Baal. Ce sont des tièdes, des adeptes d’un syncrétisme religieux qui depuis la nuit des temps fait beaucoup d’émules.

Mais à côté de ceux qui zigzaguent en penchant à droite puis à gauche, il y a aussi en Juda, des idolâtres purs et durs qui ne s’embarrassent pas de préjugés, qui n’essaient pas de sauver la face ou de donner le change ; ils sont froids et même glaciaux envers l’Éternel ; ils adorent les astres, un point c’est tout.

En plus de ces deux catégories d’idolâtres, dans le royaume de Juda, il y en a encore une troisième qui ne tient aucun compte de l’Éternel. Ils ne sont pas véritablement athées au sens où on l’entend aujourd’hui, mais plutôt déistes avant même que ce mot existe. Ils croient que Dieu a démarré l’univers puis s’en est allé ailleurs sans se soucier de ce qui peut se passer sur terre. Sophonie les mentionne quand il déclare :

(Je ferai disparaître) ceux qui se détournent de l’Éternel, qui ne se soucient pas de lui et qui ne le consultent pas (Sophonie 1.6).

Ceux qui jadis étaient indifférents aux réalités spirituelles, aujourd’hui ne sont pas forcément athées mais vivent comme tels en prétendant n’avoir ni dieu ni diable. Ils ne pratiquent aucune religion parce qu’ils prétendent ne pas avoir besoin de béquille et donc se croient supérieurs à ceux qui vénèrent un dieu. Mais si on y regarde d’un peu plus près, on se rend vite compte qu’en réalité, ces gens sont esclaves d’une passion, l’argent par exemple, pour lequel ils sont prêts à faire n’importe quoi. Ce sont donc des idolâtres comme les autres mortels, mais ils ajoutent à ce travers l’orgueil et l’arrogance, et c’est ce qui va leur attirer le châtiment de Dieu.

Verset 7

Je continue le texte.

Que l’on fasse silence devant le Seigneur, l’Éternel ! Car il est proche, le jour de l’Éternel. L’Éternel a prévu un sacrifice et il a convoqué ceux qui sont invités (Sophonie 1.7).

Après avoir mentionné les trois catégories de personnes mûres pour le jugement : le païen, le syncrétiste et le déiste, le fil de la prophétie est brusquement interrompu par un impérieux appel au silence, motivé par l’arrivée prochaine du « jour de l’Éternel ».

Dans le livre des Psaumes et des Proverbes, on lit que « la clé de la sagesse, c’est de révérer l’Éternel », c’est à dire de lui vouer une crainte respectueuse (Psaumes 111.10 ; Proverbes 9.10), et il me semble que c’est la moindre des attitudes que la créature doit adopter envers son Créateur. En effet, quand on est dans la présence d’un grand de ce monde, la première chose intelligente à faire est de se taire. À combien plus forte raison devrais-je garder un silence respectueux devant Dieu.

Oui, mais dans notre culture décadente, on a complètement perdu de vue que le Créateur est le Dieu trois fois saint et le Juge suprême. Qu’il soit devenu homme et qu’il ait versé sons sang sur la croix ne change pas la distance qui sépare l’homme du Seigneur de l’univers. Quand on veut se recueillir et entrer dans la présence de Dieu, il est de bon ton de commencer par faire silence devant lui.

C’est ici la première fois que Sophonie mentionne « le jour de l’Éternel », une expression qu’il répète encore dix-huit fois et qui est plus fréquente dans sa prophétie que dans n’importe quel autre livre de l’Ancien Testament. Ce jour de ténèbres grand et terrible doit inspirer une grande crainte car Dieu se manifestera personnellement pour exercer ses jugements (comparez Habaquq 2.20). Les prophètes Ésaïe et Joël écrivent respectivement :

Poussez donc des cris de détresse, car il se rapproche à grands pas, le jour de l’Éternel, comme un fléau dévastateur déchaîné par le Tout-Puissant (Ésaïe 13.6). Hélas, quel jour ! Le jour de l’Éternel approche ! Comme un fléau dévastateur déchaîné par le Tout-Puissant, il va venir (Joël 1.15 ; comparez Amos 5.18 ; Abdias 15).

Sophonie compare ce jour de jugement à un déroulement liturgique avec « un sacrifice » offert par l’Éternel lui-même ; la victime est le royaume de Juda et le châtiment des méchants satisfera la justice divine.

Les prophètes de l’Éternel sont à la fois spécifiques et vagues parce que leurs prédictions ont un ou plusieurs accomplissements, souvent deux, l’un proche et l’autre éloigné. La vision prophétique ne répond pas aux normes cartésiennes de l’expression écrite mais ce n’est pas non plus un flou artistique. L’interprétation des prophéties oblige le croyant de sonder les Écritures et à beaucoup d’humilité surtout quand les passages à interpréter sont ardus. Quant aux personnes sceptiques à l’égard des Écritures, les textes difficiles leur donnent une excuse toute faite et même servie sur un plateau d’argent pour justifier leur incrédulité.

Quand Sophonie écrit que l’Éternel « a convoqué ceux qui sont invités », il ne précise pas le nom des convives, c’est-à-dire ceux appelés par Dieu pour exercer sa vengeance en dévorant Juda, mais nous savons par d’autres sources qu’il s’agit des nations conduites par les Chaldéens de Babylone. Dieu les consacre pour mettre fin au royaume de Juda comme si sa destruction était une cérémonie religieuse. C’est vrai, mais les Babyloniens auraient bien tort de se réjouir, car le bâton de la colère de l’Éternel se retournera contre eux. Plus tard, ceux qui seront appelés à détruire Babylone partiront aussi en guerre sainte ; le prophète Ésaïe écrit :

Moi, j’ai donné des ordres à mes saints guerriers, j’ai même appelé mes héros pour servir ma colère, mes fiers triomphateurs (Ésaïe 13.3 ; JER ; comparez Jérémie 22.7 ; 51.27-28).

Verset 8

Je continue le texte de Sophonie.

Au jour du sacrifice de l’Éternel, j’interviendrai moi-même contre les princes et les fils du roi et contre tous ceux qui s’habillent à la mode étrangère (Sophonie 1.8 ; auteur).

Après avoir fait une distinction entre les hommes selon leur position religieuse envers l’Éternel, Sophonie prononce maintenant un jugement contre ceux qui ont une position sociale élevée dans le royaume. Premièrement seront punis « les princes », c’est-à-dire les chefs de tribus et de familles, les nobles, les magistrats et les ministres, tous ceux qui sont au service du roi et trempent dans la politique du royaume (comparez Jérémie 36.12). Ensuite vient le tour de l’aristocratie dont font partie les fils du roi et les membres de la famille royale parce qu’ils « s’habillent à la mode étrangère », la dernière mode avec des vêtements importés de Ninive et de Babylone.

Le problème va au-delà du vêtement bien qu’ils se rendent déjà coupables à ce niveau-là. En effet, selon la Loi et le livre des Nombres, les Israélites sont censés s’habiller d’une façon à indiquer qu’ils sont consacrés au service de l’Éternel (Nombres 15.37-40). Mais le plus grave est qu’en choisissant la mode vestimentaire étrangère, ils adoptent en même temps les coutumes et les valeurs païennes, et en particulier l’adoration des faux dieux avec tous les vices qui l’accompagnent (Ézéchiel 20.32).

Le prophète Ésaïe qui exerce son ministère sous les rois Josias, Yotam, Ahaz et Ézéchias reproche aussi aux femmes de Jérusalem leur attitude, leur tenue et leurs bijoux. Je résume un passage :

Les filles de Sion se sont enorgueillies, regardez-les qui marchent en redressant la tête, le regard provocant ; elles s’avancent à petits pas, en faisant résonner les anneaux de leurs pieds. […] En ce jour-là, le Seigneur les dépouillera de leurs parures : les anneaux des chevilles, les bijoux luxueux, en formes de soleil et de croissant, les pendentifs, les bracelets, les voiles, les turbans, les chaînettes, les ceintures tressées, les flacons de parfum, les amulettes, les bagues, les anneaux du nez, les toilettes de fête et les amples tuniques, les manteaux, les sacoches, les miroirs, les mantilles, les fines mousselines, les bandeaux et les châles (Ésaïe 3.16, 18-23).

Dans cette liste très hétéroclite, plusieurs objets ont un lien direct avec l’idolâtrie.

Dans la prophétie de Sophonie, les fils du roi Josias reçoivent une attention toute particulière mais dans le mauvais sens du terme puisqu’ils vont être sévèrement jugés par Dieu. Et en effet, Yoahaz ne règne que trois mois avant d’être capturé par le pharaon Neko II est déporté en Égypte ou il meurt (2Rois 23.31-34). Elyaqim, un autre fils de Josias, est alors placé sur le trône par le pharaon Neko qui change son nom en Yehoyaqim. Il règne onze ans (2Rois 23.36) avant d’être vaincu par Nabuchodonosor (2Rois 24.1-2). Il meurt dans des circonstances mystérieuses et l’Éternel le déshonore en annonçant par le prophète Jérémie que « son cadavre sera jeté dehors et exposé à la chaleur du jour et au froid de la nuit » (Jérémie 36.30).

Yehoyakîn, remplace alors son père Yehoyakim mais ne règne que trois mois (en 597) avant d’être emmené captif à Babylone (2Rois 24.8-16). Onze ans plus tard, Sédécias, un autre fils de Josias et le dernier roi de Juda, est capturé par Nabuchodonosor qui fait égorger ses fils devant lui avant de lui faire crever les yeux et l’emmener captif à Babylone (2Rois 24.18-25.7). Le châtiment des fils de Josias fut véritablement sévère.

Verset 9

Je continue le texte.

En ce jour-là, j’interviendrai contre ceux qui sautent par-dessus le seuil, contre ceux qui remplissent de violence et de fraude la maison de leur maître (Sophonie 1.9 ; auteur).

Certains commentateurs font un rapprochement entre l’expression « sauter par-dessus le seuil » et la conduite des prêtres philistins au service de l’idole Dagon. Cette histoire saugrenue et drôle à la fois est racontée dans le premier livre de Samuel (1Samuel 5.1-5). Cependant, il est tout à fait inconcevable qu’une telle coutume, qui est très localisée et qui prouve l’impuissance des fausses divinités, ait pu être importée en Juda où l’idole Dagon n’a jamais été populaire.

En réalité, « sauter par-dessus le seuil » est une expression idiomatique qui signifie « dérober avec infraction et violence ». Ici, il s’agit donc des serviteurs qui obéissant aux ordres des grands du royaume, pénètrent de force dans les maisons et les pillent afin d’augmenter encore davantage les richesses de leurs maîtres. De toute évidence, de tels actes odieux ont cours avant que le roi Josias soit adulte et capable de prendre les affaires du pays en main. Cependant, dès qu’il commence ses réformes religieuses, il est fort probable qu’il met fin à de telles pratiques scandaleuses, ce qui ne veut pas dire qu’elles cessent complètement. Mais de monnaie courante, elles deviennent des cas isolés.

Verset 10

Je continue le texte.

On entendra, en ce jour-là, l’Éternel le déclare, près de la porte des Poissons, des cris retentissants, des hurlements dans le nouveau quartier et, venant des collines, un fracas formidable (Sophonie 1.10).

Pour bien montrer que le jugement de Dieu atteindra chaque segment de la société, Sophonie prophétise que quand les Chaldéens prendront la ville et exécuteront ses habitants, des lamentations s’élèveront de chaque quartier de Jérusalem.

« La porte des poissons » (aujourd’hui porte de Damas) se trouve au nord de l’ancienne ville de Jérusalem. Elle porte ce nom parce qu’elle est proche du marché aux poissons où se rendent les pêcheurs professionnels qui viennent vendre ce qu’ils ont attrapé pendant la nuit dans le lac de Galilée ou le fleuve Jourdain. C’est aussi par « la porte des poissons » que Nabuchodonosor a pénétré dans Jérusalem puisque Jérémie nous informe que le roi Sédécias s’est enfui par le sud (Jérémie 39.4) à l’opposé donc de « la porte des poissons ».

« Le nouveau quartier » est entouré de collines et situé au nord-ouest de l’ancienne ville. C’est sans doute le centre industriel et commerçant de Jérusalem si on considère que deux des portes situées à proximité s’appellent « la porte des poissons » et « la porte des brebis ».

Verset 11

Je continue le texte.

Habitants du Mortier, hurlez, lamentez-vous, parce qu’il est anéanti le peuple des Cananéens, tous ceux qui croulent sous l’argent vont être exterminés (Sophonie 1.11 ; auteur).

Qui sont les « habitants du Mortier » ? Ce mot signifie « cavité, excavation » (Juges 15.19 ; LSG) et peut être le nom d’un quartier d’affaires particulier situé dans la vallée (le Tyropéon) qui traverse Jérusalem allant de la porte des poissons jusqu’au réservoir de Siloé, réservoir dont il est question dans l’évangile selon Jean (9.7). Une seconde possibilité est que Sophonie choisit ce mot pour désigner le sort qui est réservé aux habitants du « nouveau quartier » ; il dit donc en substance que les marchands et autres hommes d’affaires cupides, qui ont des pièces d’argent à la place des yeux et une pièce d’or pour cœur, seront comme broyés dans un mortier par les Babyloniens.

La phrase, « il est anéanti le peuple des Cananéens », est une autre annonce de jugement. Par ces mots, Sophonie désigne les Israélites qui dans leurs transactions commerciales se comportent comme des païens, surtout comme les Phéniciens qui sont roublards et sans aucun scrupule dans les affaires. Durs et sans pitié envers leur prochain, ces commerçants ont exploité le peuple par l’usure et la fraude et sont devenus démesurément riches et indifférents vis-à-vis de Dieu. Mais ils seront réduits au silence éternel.

La corruption et l’idolâtrie sont les deux raisons principales qui ont conduit l’Éternel à effacer le royaume israélite des X tribus du Nord de la carte géopolitique du Moyen-Orient, mais Juda n’a pas su tirer la leçon qui s’impose de cette catastrophe. Comme le royaume du sud refuse d’apprendre par la méthode douce, le Seigneur va sortir le grand jeu et utiliser les Chaldéens comme bâton de sa colère pour enseigner à Juda ce qu’il en coûte de se révolter contre lui. Avis aux amateurs !

Verset 12

Je continue le texte.

En ce temps-là, je fouillerai Jérusalem avec des torches et je châtierai tous les hommes qui se reposent sur leurs réserves comme un vin sur la lie, se disant en eux-mêmes que l’Éternel ne fait ni du bien ni du mal (Sophonie 1.12 ; auteur ; comparez Ésaïe 41.23).

Penser une chose pareille de l’Éternel est particulièrement insultant. En conséquence, aucun de ceux qui entretiennent de telles pensées n’échappera au châtiment. Il faut bien comprendre que ces Israélites ne sont pas athées mais déistes ; ils ne se moquent pas ouvertement de la religion et ne nient pas l’existence de Dieu mais ils ne croient pas que Dieu agit en ce bas monde, et ils rejettent l’idée d’une moralité d’origine divine. « Comme un vin sur la lie », ces gens se reposent sur leur crasse spirituelle, sur leur propre sagesse et compréhension du monde. En fait, ils sont pires que les païens qui eux croient vraiment que leurs idoles légifèrent entre le bien et le mal.

Mais quand les Chaldéens envahiront Jérusalem, ces Israélites impies réaliseront à leurs dépens qu’ils se sont trompés, car l’ennemi que Dieu choisit comme bâton de sa colère va leur faire passer un très mauvais quart d’heure, voire bien davantage. Les Chaldéens fouilleront les moindres recoins de Jérusalem avec des torches afin de débusquer tous ceux qui se cachent dans les repaires les plus secrets (comparez Luc 15.8).

Jérôme, Père de l’Église, et plusieurs commentateurs après lui, citent l’historien juif Josèphe qui raconte que, lors de la prise de Jérusalem par les Romains, les princes, les grands et les prêtres s’étaient réfugiés un peu partout mais qu’ils furent découverts, tirés de leurs cachettes, traînés hors des égouts, des fossés, des cavernes et des sépulcres, puis sommairement exécutés. Sophonie prédit qu’une situation semblable se produira au moment de l’invasion de Juda et de la prise de Jérusalem par les Chaldéens. Tout le monde saura alors que ce que l’Éternel dit par ses prophètes, il l’exécute.