Chapitre 14

Introduction

D’une manière générale, quelqu’un de normalement constitué n’aime pas trop s’entendre dire comment il devrait agir et où il lui est permis de se rendre. Même un bébé veut en faire à sa tête, et à mesure qu’il grandit ce trait de volonté individuelle ne fait que s’accentuer. Pour ceux qui se disent chrétiens, il est un domaine où les choses sont bien claires parce que Dieu nous a donné ses lois morales et on ne peut pas se tromper ; c’est blanc ou noir. Mais parallèlement aux ordonnances divines, il y a tout un champ d’actions possibles qui ne sont pas abordées par les Écritures. C’est là que les situations envisagées sont floues et grises et que les divergences d’opinions entre croyants sont vives et les possibilités de conflits bien réelles. Comme l’apôtre Paul a le souci de préserver l’unité des croyants, il les exhorte à s’accepter mutuellement sans arrière-pensée et sans juger ou condamner le frère qui agit différemment de lui.

Versets 7-8

Je continue à lire dans le chapitre 14 de l’Épître aux Romains.

Aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur (Romains 14.7-8).

L’apôtre explique l’affirmation précédente selon laquelle les chrétiens observent certains jours, mangent ou s’abstiennent de manger certains aliments « pour le Seigneur ». Il faut en effet garder à l’esprit que pour un croyant ce qui est le plus important est d’assumer ses responsabilités devant le Seigneur dans tous les domaines de la vie. Mon être entier lui est consacré. Mes convictions et mon comportement doivent avant tout être à son service parce que je ne vis plus pour moi-même, mais pour lui. Par l’oeuvre de rédemption accomplie sur la croix, Jésus m’a acquis comme sa propriété.

Versets 9-12

Je continue.

En effet, le Christ est mort et il est revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants. Et toi, pourquoi condamnes-tu ton frère ? Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Ne devons-nous pas tous comparaître devant le tribunal de Dieu ? Car il est écrit : Aussi vrai que je vis, dit le Seigneur, tout genou ploiera devant moi et toute langue me reconnaîtra comme Dieu. Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même (Romains 14.9-12).

Maintenant, Paul énonce le fondement théologique de son exhortation de ne pas juger autrui. L’une des raisons de la mort et résurrection du Christ était afin de dominer en tant que l’Homme-Dieu à la fois sur les morts et sur les vivants. Lui seul est Le Juge. Tous les êtres humains comparaîtront devant le Seigneur du ciel et de la terre. Les non-croyants seront jugés selon leurs oeuvres et condamnés plus ou moins sévèrement; c’est ce qu’on appelle le « jugement du grand trône blanc (Apocalypse 20.11-15). » Quant au chrétien, celui qui espère en Jésus-Christ, pendant tout le temps de son passage sur terre, il demeure sous l’œil vigilant de Dieu à qui ils devra un jour rendre des comptes. A ce moment là, il ne sera pas question de sa destinée éternelle puisqu’elle a été réglée une fois pour toutes par Jésus sur la croix et par le croyant quand il a placé sa foi en lui. Paul confirme ici la certitude du jugement à l’aide d’un passage prophétique. En tant que Seigneur, Jésus, assis à son tribunal, passera un jour en revue et évaluera le service de chaque croyant, et il récompensera ceux qui le méritent. Dans la seconde épître aux Corinthiens, Paul écrit :

Aussi, que nous restions dans ce corps ou que nous le quittions, notre ambition est de plaire au Seigneur. Car nous aurons tous à comparaître devant le tribunal du Christ, et chacun recevra ce qui lui revient selon les actes, bons ou mauvais, qu’il aura accomplis par son corps (2Corinthiens 5.9-10).

Ce jugement des croyants est appelé indifféremment le tribunal de Dieu ou de Christ selon les passages. Paul ne fait pas de différence entre Jésus et le terme générique Dieu qui se réfère à la fois au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Ce jugement sera équitable et infaillible, parce qu’il sera prononcé par le Seigneur qui connaît toutes les circonstances et qui les appréciera selon sa justice et sa miséricorde parfaites. Soit dit en passant qu’en ce qui concerne le jugement individuel, l’Église catholique romaine impute aux uns les oeuvres surérogatoires des autres, et constitue avec les mérites de ceux qu’elle désigne comme « saints », un trésor d’indulgences qu’elle octroie aux pécheurs. Mais cette croyance contredit le principe énoncé par l’apôtre Paul, entre autres, aux Romains et aux Corinthiens.

Cela dit, ma vie chrétienne ne sera pas mesurée en fonction des aliments qui étaient sur ma table où à ma façon de voir les différents jours de l’année. L’étalon du Seigneur mesurera la qualité de ma fidélité à le servir dans l’accomplissement des oeuvres qu’il m’aura confiées, ainsi que la qualité de ma relation avec Dieu et avec mes semblables, surtout les croyants. Puisque je serai jugé par le Seigneur, je n’ai pas à porter un jugement sur mon frère dans la foi car je suis tout aussi coupable que lui. Lorsque les religieux juifs ont amené la femme pécheresse à Jésus pour qu’il la condamne, il les a vite remis à leur place. Je lis le passage :

Maître, lui dirent-ils, cette femme a commis un adultère ; elle a été prise sur le fait. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider les femmes de ce genre. Toi, quel est ton jugement sur ce cas ? Ils insistaient, répétant leur question. Alors il se releva et leur dit : — Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! Après avoir entendu ces paroles, ils s’esquivèrent l’un après l’autre (Jean 8.4, 5, 7, 9).

Moi non plus, je ne lui aurais pas jeté la pierre, car je suis très conscient qu’un jour ou l’autre, je comparaîtrai devant mon Créateur, et je dois avouer que je ne me réjouis pas d’avance, en pensant à cette entrevue solennelle. Pour dire vrai, je suis même un peu inquiet parce que je ne sais pas trop comment je vais justifier certaines de mes actions. Étant donné que me juger moi-même me suffit amplement, vous comprendrez facilement qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas tellement envie d’être votre juge.

Jusqu’à présent, dans le chapitre 14 de cette Épître, Paul a abordé les problèmes très concrets que connaissent les croyants de Rome. Certains sont faibles et mal affermis dans la foi car ils pensent devoir encore se soumettre aux exigences rituelles héritées du judaïsme, relatives aux aliments et aux jours de fête religieuse. Ces chrétiens portent un jugement négatif sur ceux qui ont une perspective différente de la leur, sur ceux qui sont plus assurés dans la foi parce qu’ils ont compris que depuis qu’ils ont accepté de suivre le Christ, ils n’ont plus à respecter les exigences cérémonielles de la Loi. Malheureusement, ces derniers, forts dans la foi, ne se soucient guère des scrupules des faibles, leur témoignant peu de sympathie, et allant même jusqu’à les mépriser. Paul leur a donc demandé d’accueillir sans réserve les faibles tout comme Dieu nous accepte tels que nous sommes. L’apôtre invite donc les « forts » à ne pas regarder de haut les « faibles » et ces derniers, à ne pas condamner « les forts », car c’est le Seigneur seul qui est le Maître et le juge de chacun. Dans le domaine gris et controversé des situations qui ne font l’objet d’aucune recommandation particulière de la part des Écritures, Paul a exhorté les chrétiens à se fier à leur conscience et à leurs convictions pour se faire une opinion personnelle et décider la meilleure course d’actions à prendre.

Versets 13-14

Je continue le texte.

Cessons donc de nous condamner les uns les autres. Prenez plutôt la décision de ne rien mettre en travers du chemin d’un frère qui puisse le faire trébucher ou tomber. Pour moi, je sais et je suis pleinement convaincu, en accord avec la pensée du Seigneur Jésus, que rien n’est impur en soi. Cependant, si quelqu’un considère que telle chose est impure, alors elle est vraiment impure pour lui (Romains 14.13-14).

Paul s’adresse encore aux deux partis, aux forts et aux faibles. Avant de poursuivre plus en avant le thème du respect des opinions des autres, Paul résume la conduite qu’il a prônée jusque-là par un jeu de mots. Littéralement, il dit : « ne nous jugeons plus les uns les autres, mais jugez plutôt ceci, de ne pas placer au frère une pierre d’achoppement ». Il poursuit ensuite son exhortation, mais sous un angle différent, faisant valoir que dans le domaine controversé des libertés individuelles, chacun doit adapter sa conduite aux opinions de ceux qu’il fréquente. En d’autres mots, c’est l’amour du prochain qui doit motiver mes comportements. L’apôtre exprime sa propre conviction au sujet de la nourriture quand il déclare : « rien n’est impur en soi ». C’est aussi ce que Jésus avait dit (Marc 7.15-19).

Cependant, telle n’est pas la conviction de tous les croyants de Rome d’origine juive. En effet, ils fonctionnent avec un système éthique différent de celui des chrétiens issus du paganisme qui ignorent tout de la Loi de Moïse. Celui qui est fort dans la foi représente involontairement un danger pour le faible, parce qu’il peut devenir pour lui un obstacle et une cause de chute. Paul enseigne que ce serait mal faire de la part de l’un de ces Juifs croyants, mais mal affermis dans la foi, d’aller contre ses convictions en imitant un chrétien fort qui n’a pas ses scrupules. En violant ainsi sa conscience, il offenserait Dieu. En effet, si un chrétien estime dans sa conscience tel aliment impur, cet aliment est impur pour lui. Plus loin, Paul écrit :

Ne va pas, pour un aliment, détruire l’oeuvre de Dieu. Tout est pur, c’est vrai. Mais il est mal de manger tel aliment si cela risque de faire tomber quelqu’un dans le péché (Romains 14:20).

Versets 15-16

Je continue le texte.

Si donc, à cause d’un aliment, tu fais du tort à ton frère, tu ne te conduis pas selon l’amour. Ne va pas, pour un aliment, causer la perte de celui pour qui le Christ est mort. Que ce qui est bien pour vous ne devienne pas pour d’autres une occasion de dire du mal de vous (Romains 14.15-16).

Paul appelle les forts en la foi à une autocritique afin qu’ils éliminent tout obstacle, toute attitude pouvant faire spirituellement tomber celui qui est faible, mal affermi dans sa foi à cause de son attachement à la loi de Moïse. Paul envisage des conséquences dramatiques pour celui qui viole ses convictions, car sa conscience blessée anéantira son utilité comme serviteur du Christ. L’exercice de la liberté chrétienne est comme le maniement de l’épée ; c’est un art qui s’apprend avec le temps; il faut commencer par se débarrasser des mauvaises habitudes, des bagages culturels et religieux qui nous encombrent. La liberté que je possède en Jésus-Christ engage ma responsabilité vis-à-vis de tous ceux que je fréquente et qui me voient vivre.

Il n’y a certes rien de mal à manger une tranche de jambon, mais si me trouve au restaurant à partager un repas avec quelqu’un qui pense le contraire, qu’il soit chrétien ou pas, ce jour-là je choisirai de déguster une bonne cuisse de poulet. Là au moins, je n’offenserais personne et ne serais pas critiqué. Et si c’est un végétarien, je me contenterais d’une salade. Beaucoup de chrétiens sont légalistes sur certains points et sont donc facilement choqués par certains comportements qui pourtant ne portent pas à conséquence. Certes, c’est une contrainte d’être en leur présence, mais par déférence, par égard à eux je ferais tout mon possible pour éviter de les brusquer. L’amour qui respecte l’autre est le grand principe en vertu duquel tout croyant évite de contrister son frère ou de le scandaliser dans sa conscience.

Verset 17

Je continue.

Car le royaume de Dieu ne consiste pas à réglementer le manger et le boire, mais, par l’Esprit Saint, à nous rendre justes et à nous donner la paix et la joie (Romains 14.17).

Tout ce qui concerne Dieu n’a rien à voir avec la nourriture qui est somme toute très secondaire. Que je mange de la pizza ou du porc, que je jeûne ou que je sois végétarien, que je boive du vin ou que je fasse partie de la Croix Bleue, ces préférences individuelles n’ont généralement pas d’incidence sur ma relation avec Dieu. Il y a toujours des cas particuliers bien sûr, par exemple un ancien ivrogne qui est devenu chrétien ne devrait pas toucher une goutte d’alcool, c’est évident. Ce qui caractérise le royaume céleste, nous dit Paul, n’est pas l’insistance à user de mes privilèges, mais de me comporter d’une façon juste et droite devant Dieu. Si je suis en compagnie d’un croyant qui parce qu’il était mormon dans le passé, pense encore qu’il est mal de prendre une tasse de café, je m’en abstiendrais, bien que j’aie toute liberté de boire ce qui me plaît. Ce que je veux, avant tout, est de ne pas l’offenser.

Selon l’enseignement du Nouveau Testament, un véritable chrétien est quelqu’un qui a été déclaré légalement juste devant Dieu après avoir accepté Jésus comme son sauveur. S’il est ferme dans la foi, il n’essaie pas d’imposer ses propres valeurs ni son style de vie aux plus faibles, ou à ceux qui n’ont pas la même perspective de la vie chrétienne que lui. Au contraire, il les accepte et les aime tels qu’ils sont et il manifeste sa déférence et sa bienveillance par une conduite exemplaire. Il mène une vie droite et cherche à vivre en harmonie avec les autres croyants, partageant avec eux la communion fraternelle et la joie que donne le Saint-Esprit.

Verset 18

Je continue.

Celui qui sert le Christ de cette manière est agréable à Dieu et estimé des hommes (Romains 14.18).

Autant que cela est possible, le chrétien spirituel que Paul appelle « fort » doit chercher l’approbation du Seigneur, des autres croyants, ainsi que l’estime de ceux qui sont encore en dehors de l’Église. Les non-croyants peuvent très bien dénigrer, maudire et persécuter les chrétiens, mais dans leur for intérieur ils finiront par les respecter, alors qu’ils n’ont que mépris pour les hypocrites. La conduite du fort consiste toujours à faire passer ses libertés individuelles après les intérêts du royaume de Dieu, que ce soit l’Église actuelle, c’est à dire l’ensemble des croyants éparpillés dans le monde, ou le royaume de mille ans qui sera établi sur terre par Jésus-Christ.

Les forts qui sont bien affermis dans leur foi doivent donc se soucier du faible et du pauvre. Ils recherchent en priorité la justice, la paix, l’harmonie et la joie de la communion fraternelle. En deux mots, Paul encourage tous les chrétiens à renoncer à eux-mêmes, à accomplir la volonté de Dieu en se préoccupant du bien-être des autres. Ce genre d’exhortation est fréquent dans les Écritures. Jésus a enseigné le reniement de soi avec beaucoup de vigueur, sans prendre de gants, et a donné l’exemple par sa vie et sa mort comme l’Agneau de Dieu. Dans son épître aux Philippiens, Paul écrit de Jésus qu’il « s’est dépouillé lui-même, et a pris la condition du serviteur. Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix » (Philippiens 2.7-8).

Verset 19

Je continue le texte.

Ainsi donc, continuons à rechercher ce qui contribue à favoriser la paix et à nous faire grandir les uns les autres dans la foi (Romains 14.19).

La conclusion de ce paragraphe est toujours selon la même ligne de pensée. L’apôtre donne ici une double exhortation. La première consiste à éviter autant que possible d’offenser l’autre; il veut que chacun fasse un réel effort au service de la paix entre croyants. En second lieu, il désire l’épanouissement de tous les membres de la communauté chrétienne, littéralement : son édification. Dans ce but, chacun doit manifester les valeurs spirituelles que sont la justice, la recherche de la paix entre tous et donc la communion fraternelle. Paul a en vue une édification mutuelle qui vise non seulement un développement personnel, mais aussi l’édification de toute l’Église en tant que corps du Christ, une oeuvre à laquelle tous les chrétiens doivent concourir.

Versets 20-21

Je continue.

Ne va pas, pour un aliment, détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur, c’est vrai. Mais il est mal de manger tel aliment si cela risque de faire tomber quelqu’un dans le péché. Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande, de vin, bref, de tout ce qui peut entraîner la chute de ton frère (Romains 14.20-21).

Paul revient sur les aliments. Le manger et le boire ne doivent jamais devenir une occasion de chute pour mon prochain. Rien de nouveau là-dessus, sinon que l’apôtre juge ce principe de la plus haute importance puisqu’il n’arrête pas de le répéter. Les aliments et mes convictions personnelles à leur sujet sont sans importance au regard de la santé spirituelle de ceux que je fréquente et qui me voient vivre. Par conséquent, je ne veux surtout pas renoncer à une valeur spirituelle et me vendre pour un morceau de pain comme Ésaü, le frère de Jacob qui a bradé son droit d’aînesse pour un potage aux lentilles. Soit dit en passant pour la petite histoire que dans la littérature ésotérique il est question de gens qui ont cédé leur âme au diable pour une satisfaction terrestre toute passagère. Je ne veux pas vous faire dresser les cheveux sur la tête, mais sachez que la plupart de ces histoires ont un fondement vrai. Un pasteur allemand du nom de Kurt Koch a été confronté à quelques 600 cas d’occultisme et spiritisme durant ses longues années de ministère. Il en analyse 120 dans l’un de ses ouvrages, dont 4 où il est justement question de pacte avec le diable ; l’une de ces histoires vécues, je vous le garantis, est à vous glacer le sang et vous empêcherait de dormir pendant toute une semaine.

Pour en revenir au texte de l’épître aux Romains, j’ai déjà dit que Paul insiste lourdement, mais il ajoute aussi : « Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de tout ce qui peut entraîner la chute de ton frère ». Il élargit donc sa pensée en incluant n’importe quelle activité autre que la nourriture qui pourrait devenir une source de tensions entre chrétiens. C’est ainsi qu’il me faut parfois, je dirais même souvent, renoncer à ma liberté, c’est à dire à mes droits et à mes convictions concernant des questions certes dérisoires, mais qui me tiennent quand même à cœur.

Quand quelqu’un commence à débiter avec autorité un point de vue politique ignare, je dois avouer qu’il me faut quelques fois me mordre les lèvres afin de ne rien dire de désobligeant. Si j’ai la présence d’esprit de tourner 7 fois ma langue dans ma bouche avant de parler, alors je me rends compte que le jeu n’en vaut vraiment pas la chandelle et que j’ai bien fait de me taire. Toutes les choses de ce monde passent, alors à quoi bon s’énerver ? Par contre, je n’apprécie pas qu’un lieu de culte soit utilisé comme plate-forme politique. À mon avis, les prêches devraient être réservées à la Parole de Dieu et non à celle des hommes. Tout ceci pour dire que je suis prêt à renoncer à ma liberté chrétienne afin de ne pas offenser mon frère. Je cherche à suivre les conseils que l’apôtre Paul a donnés à une autre Église et que je cite :

Oui, tout m’est permis, mais tout n’est pas bon pour nous. Tout est permis mais tout n’aide pas à grandir dans la foi. Ce n’est pas un aliment qui peut nous rapprocher de Dieu ; en manger ou pas ne nous rendra ni meilleurs, ni pires. Toutefois, faites bien attention à ce que votre liberté ne fasse pas tomber dans le péché ceux qui sont mal affermis dans la foi (1Corinthiens 10.23 ; 8.8-9).

La loi de l’amour consiste à ne jamais faire ou dire quoi que ce soit qui pourrait blesser mon frère ou ma sœur dans la foi. Nous ne sommes pas des copies carbone les uns des autres, et nous avons le droit d’avoir des convictions différentes. Mais ce qui compte avant tout est de demeurer en paix les uns avec les autres dans la mesure du possible. Les paroles que Paul a écrites dans sa première épître aux Corinthiens résument bien ce qui est essentiel. Je les cite :

En somme, trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour (1Corinthiens 13.13).