Chapitre 72

Introduction

On aime bien les films de Walt Disney et les contes de mille et une nuits parce qu’ils nous font rêver. Eh bien, certaines portions des Écritures nous transportent aussi dans un monde idéal. C’est le cas du Psaume 72 qui est une prière pour le roi, probablement composée au début du règne de Salomon, qui s’annonçait comme le ciel sur la terre. Ce psaume a peut-être été utilisé lors de son couronnement. L’allure tranquille et majestueuse de ce cantique fait d’ailleurs penser à la nature calme et réfléchie de Salomon.

Tandis que les grands psaumes de David parlent de lutte et de victoire sur ses ennemis, l’idéal de Salomon est un règne de paix. Il aspire à la justice qui protège l’innocent et relève l’opprimé. Cela dit, une très grande distance sépare Salomon du roi idéal qui est décrit dans ce psaume. C’est pour cela qu’il est considéré comme une prophétie relative à la venue d’un autre roi dans un avenir lointain, ce qui a contribué à développer en Israël l’attente messianique.

Le règne de Salomon fut une préfiguration de celui du Messie qui réalisera pleinement l’idéal du règne universel de justice et de paix exprimé dans ce psaume. Le roi est décrit juste ; il répand une bénédiction sans fin sur son peuple ; son empire est universel et son autorité se manifeste par la bienveillance et la miséricorde qu’il témoigne aux malheureux. Aussi les vœux de prospérité que son peuple lui adresse dépassent tout ce que l’on n’a jamais pu souhaiter au meilleur des souverains. Ce psaume devient donc, au travers et au-delà du roi Salomon descendant de David, « une vision du Christ ». Il entrevoit qu’en lui, le malheureux trouvera un puissant Sauveur, apportant la guérison à toute la création par la plénitude de justice royale, jusqu’à ce que plus personne ne blesse ni ne détruise dans tout le saint Royaume de Dieu, c’est à dire le Millénium.

Verset 1

Je commence à lire le Psaume 72.

De Salomon. Ô Dieu, accorde au roi de juger comme toi, et donne au fils du roi ton esprit de justice ! (Psaumes 72.1).

Le roi apparaît ici comme le représentant direct de Dieu dans ses jugements. Salomon se donne le titre de « fils du roi » parce que les monarques aimaient à se dire rois par droit de naissance et à rappeler qu’ils l’étaient déjà avant de naître.

Versets 2-7

Je continue.

Qu’il rende la justice à l’égard de ton peuple selon ce qui est juste, à l’égard de tes affligés selon ce qui est droit ; que la paix et la prospérité pour le peuple descende des montagnes et des coteaux par l’effet de la justice. Qu’il fasse droit aux opprimés et aux malheureux de son peuple ! Qu’il sauve les enfants des pauvres et qu’il écrase l’oppresseur ! Alors ils te vénéreront tant que durera le soleil, tant que la lune apparaîtra, à travers tous les âges. Le roi sera comme une pluie qui descend sur un pré fauché, et comme des ondées désaltérant la terre. Que tous les justes soient prospères tant que son règne durera, que ce soit la prospérité tant que la lune brillera ! (Psaumes 72.2-7).

Le psalmiste s’imagine des campagnes fertiles. La bénédiction qu’attire sur le pays un roi juste est comparée à la pluie qui fait repousser l’herbe après qu’on l’ait fauchée.

La fonction primitive d’un roi ou d’un dirigeant quelconque est de donner un exemple d’intégrité, mais c’est la planche qui manque à toutes les plateformes des candidats politiques. Heureusement, les principales caractéristiques du règne de Jésus-Christ, décrites dans ce psaume, seront la justice et la paix qui amèneront la prospérité universelle.

Versets 8-11

Je continue.

Qu’il règne d’une mer à l’autre, depuis le fleuve de l’Euphrate jusqu’aux confins du monde ! Devant lui se prosterneront ceux qui habitent le désert, et tous ses adversaires lécheront la poussière. Et les rois de Tarsis et des régions lointaines lui apporteront des présents. Et les rois de Saba et de Séba lui présenteront leurs offrandes. Tous les rois lui rendront hommage. Tous les pays le serviront (Psaumes 72.8-11).

Tarsis, l’Andalousie aujourd’hui, est au sud-ouest de l’Espagne ; c’était le bout du monde pour les Hébreux. Saba est une région riche en or en Arabie ; sa reine vint rendre visite à Salomon ; et Séba est en Afrique. Le territoire assujetti à Salomon allait de la Méditerranée au golfe d’Aqaba sur la mer Rouge et jusqu’au fleuve Euphrate qui était la limite orientale du pays promis par Dieu à Abraham.

Un roi aussi juste sera inévitablement reconnu au-delà de sa nation, et son pouvoir s’étendra jusqu’aux extrémités du monde. Ce n’est pas par ambition personnelle ni dans un désir de renommée impériale que ces vastes possessions lui seront acquises, mais à cause de la valeur intrinsèque de son administration juste et parfaite. Cette extension du règne de Salomon correspond à une promesse faite à la dynastie de David (Psaumes 2.8), et qui se réalisera pendant le Millénium de Jésus-Christ.

Versets 12-14

Je continue.

Car il délivrera le pauvre qui implorera son secours, et l’affligé qui n’a point d’aide. Il aura compassion des faibles et des pauvres, il sauvera la vie des pauvres. Il les arrachera à la violence, à l’oppression, ils seront précieux à ses yeux (Psaumes 72.12-14).

Le secret du développement extraordinaire de ce règne est un roi qui aura de la bonté et de la pitié envers les pauvres et les petits qui aujourd’hui ne comptent pas. Ce roi est comme Jésus qui dans les évangiles est souvent décrit : « ému de compassion ».

Verset 15

Je continue.

On vivra et on lui donnera de l’or de Saba ; Puisse cette prière lui être adressée ; on le bénira tout le jour (Psaumes 72.15 ; Auteur).

Grâce à la bonté et à la générosité du roi, les affligés vivront et bénéficieront des largesses royales. En retour, ils béniront et prieront pour lui.

Versets 16-17

Je continue.

Les champs de blé abonderont, ils couvriront tout le pays jusqu’à la crête des montagnes. Les épis lourds onduleront, les moissons seront florissantes autant que les monts du Liban. Les hommes fleuriront en ville autant que l’herbe dans les prés. Que son nom subsiste à jamais ! Que son renom se perpétue aussi longtemps que le soleil ! Quand ils se béniront l’un l’autre, les hommes citeront son nom. Que toutes les nations du monde proclament qu’il est bienheureux ! (Psaumes 72.16-17).

Une fertilité inaccoutumée est demandée : des champs cultivés et productifs même au sommet des montagnes et des épis de blé aussi robustes et riches que les cèdres du Liban.

Salomon a eu un rayonnement bienfaisant qui est une préfiguration de l’œuvre du roi idéal à venir. Le Messie sera ce que Dieu avait prévu quand il a promis à Abraham une postérité tellement bénie que toutes les nations désireront avoir part à son bonheur (Genèse 12.3).

Versets 18-19

Ce psaume se termine par une doxologie qui clôt le second livre du psautier. Je la lis :

Oui, loué soit l’Éternel Dieu, Dieu d’Israël qui seul accomplit des prodiges ! Loué soit, pour l’éternité, le Dieu glorieux, et que la terre soit toute remplie de sa gloire ! Amen, Amen ! Ici s’achève le recueil des prières de David, fils d’Isaï (Psaumes 72.18-20).

Ces paroles de louange, indépendantes du psaume, sont de la main des scribes qui ont divisé le psautier en cinq livres.

Dans la suite du psautier, 18 psaumes sont encore attribués à David. Cette annotation doit donc avoir formé la clôture d’un ancien recueil renfermant « les prières de David ». Des rédacteurs postérieurs y ont introduit d’autres cantiques, mais ont laissé subsister l’annotation primitive. Tout comme l’Exode, rédigé par Moïse, se termine en apothéose avec la gloire de Dieu qui remplit le Tabernacle, le deuxième livre du psautier s’achève avec une vision grandiose de la royauté idéale telle qu’elle sera mise en place par Jésus-Christ le Messie.

Chapitre 73

Introduction

Nous arrivons au Psaume 73 qui comme les Psaumes 37 et 49 aborde la difficile question de la présence du mal et de l’injustice dans le monde. Le psalmiste est très tourmenté et demande pourquoi les impies orgueilleux prospèrent alors que le juste souffre. Après avoir exprimé son trouble, il donne la réponse à laquelle sa méditation l’a conduit.

Verset 1

Je commence à lire.

Psaume d’Asaph. Oui, Dieu est bon pour Israël, pour tous ceux qui ont le cœur pur (Psaumes 73.1).

Ce psaume et les dix suivants sont attribués à Asaph lui-même ou à ses descendants. Rien n’est dit sur les circonstances qui ont motivé sa rédaction. Mais l’impiété arrogante qui est décrite et qui se complaît dans la prospérité matérielle a toujours existé. Avant de parler de la crise qu’il a traversée, le psalmiste commence par dire : « Dieu est bon pour ceux qui sont purs ». En donnant la conclusion de sa méditation, il rassure le lecteur qui va être choqué.

Versets 2-4

Je continue.

Pourtant, il s’en fallut de peu que mes pieds ne trébuchent, un rien de plus, et je tombais. J’ai brûlé d’indignation et de jalousie à l’égard des arrogants en voyant la prospérité des gens méchants. Pour eux point de tourments. Rien ne vient troubler leur riche prestance (Psaumes 73.2-4).

Le succès des impies a failli entraîner Asaph à perdre la foi.

Versets 5-7

Je continue.

Ils passent à côté des peines qui sont le lot commun des hommes. Ils ne subissent pas les maux qui frappent les humains. Aussi s’ornent-ils d’arrogance comme on porte un collier, et la violence est leur parure, leur regard brille du milieu de la graisse, les mauvais désirs de leur cœur débordent sans mesure (Psaumes 73.5-7).

La graisse c’est l’insensibilité morale. Asaph mélange volontairement l’aspect physiques et les dispositions morales. Il voit l’insolence dans les plis du cou des impies et leur méchanceté s’étaler en masses de chair. Les riches sont arrogants ; ils se conduisent avec insolence, sans scrupule, et avec autant d’aisance qu’ils portent leurs riches vêtements. Ils croient tout permis et considèrent les autres comme des laquais, ou pire, comme des choses à exploiter.

Versets 8-9

Je continue.

Ils sont moqueurs, ils parlent méchamment et, sur un ton hautain, menacent d’opprimer. Leur bouche s’en prend au ciel même, leur langue sévit sur la terre (Psaumes 73.8-9).

Ils ont ni Dieu ni diable ! Les impies utilisent leur position et leurs ressources pour obtenir ce qu’ils veulent par la force ou par la tromperie, et leur bouche révèle ce qu’ils ont dans le cœur.

Versets 10-12

Je continue.

Aussi le peuple les suit-il, buvant à longs traits leurs paroles ; et l’on dit : “ Dieu ? Que sait-il ? Le Très-haut comment connaîtrait-il ? ” Voilà comment sont les méchants : toujours tranquilles, ils accumulent les richesses (Psaumes 73.10-12).

Les impies ont une mauvaise influence autant sur le peuple qui les jalouse que sur les hommes pieux qui finissent par se demander si Dieu s’intéresse vraiment à ce qui se passe ici-bas.

Versets 13-14

Je continue.

Alors, c’est donc en vain que je suis resté pur, que j’ai lavé mes mains en signe d’innocence ! Tous les jours, je subis des coups, je suis châtié chaque matin ! (Psaumes 73.13-14).

L’amertume dans l’âme, Asaph parle comme un mercenaire de l’inutilité de son intégrité et de sa piété qui semblent ne lui conférer aucun avantage tangible.

Versets 15-16

Je continue.

Si j’avais dit : “ Je vais parler comme eux ”, j’aurais trahi la race de tes fils. Je me suis mis à réfléchir : j’ai cherché à comprendre, et cela m’a semblé fort difficile (Psaumes 73.15-16).

Si Asaph décide d’agir comme les impies, il se coupe des fils d’Israël fidèles, c’est-à-dire les croyants qui honorent l’Éternel par leur foi et leur conduite. Le croyant doit veiller à contrôler sa langue, réfléchir avant d’étaler son problème au grand jour et donner la priorité au bien-être spirituel des autres.

Verset 17

Je continue.

Jusqu’au jour où je suis entré dans la maison de Dieu et où j’ai réfléchi au sort qui les attend (Psaumes 73.17).

Jusque-là Asaph tourne le dos au sanctuaire de Dieu et regarde, voire même envie la prospérité des impies. En fait, ses efforts pour vivre une vie sainte ne lui ont apporté aucune preuve de l’approbation divine, au contraire, chaque jour a son lot de difficultés et de peine.

Mais finalement, il fait volte-face et se rend dans le Tabernacle pour y méditer dans la prière. Sa réflexion illuminée par la révélation divine débouche sur une juste compréhension d’une énigme jusque-là insoluble.

Les croyants qui ne gardent pas les yeux fixés sur Dieu et sur sa révélation risquent de sombrer dans l’amertume et le cynisme en voyant les injustices criantes de ce monde. Dieu dit : « J’ai les réponses ; fais-moi confiance ».

Versets 18-19

Je continue le psaume.

Car, en fait, tu les mets sur un terrain glissant, tu les entraînes vers la ruine. Et soudain, c’est la catastrophe : en un instant, ils sont perdus, ils sont détruits, et l’épouvante les saisit (Psaumes 73.18-19).

La prospérité des méchants et l’absence d’épreuves et de châtiments, est pour eux un terrain sur lequel ils glissent sans que rien ne les retienne jusqu’à la ruine soudaine telle qu’elle est décrite dans la parabole du riche et de Lazare dans l’évangile selon Luc (16.19-31).

Verset 20

Je continue.

Comme un songe au réveil, Seigneur, quand tu t’éveilles, tu repousses leur image (Psaumes 73.20).

Lorsque l’Éternel manifestera sa colère, il fera disparaître les méchants et leur prospérité comme quand, une fois réveillé, on oublie un mauvais rêve.

Versets 21-24

Je continue.

Oui, quand j’avais le cœur amer et tant que je me tourmentais, j’étais un sot, un ignorant, je me comportais avec toi comme une bête sans raison. Mais je suis toujours avec toi, et tu m’as saisi la main droite, selon ton plan, tu me conduis, puis tu me prendras dans la gloire (Psaumes 73.21-24).

Grâce à la lumière divine reçue dans le sanctuaire, Asaph a compris que Dieu lui-même est son bien suprême et inaliénable dans cette vie et dans l’au-delà. Sa conviction est telle qu’il s’accuse d’avoir raisonné comme un animal. Le psalmiste ponctue l’admirable programme du salut qui englobe le passé, le présent et l’avenir, disant : « Tu m’as saisi… tu me conduis… tu me prendras ». Ce dernier verbe est utilisé à propos d’Hénoch et de la délivrance du séjour des morts. Je lis deux passages :

Hénoc vécut en communion avec Dieu puis il disparut, car Dieu le prit auprès de lui. Dieu rachètera ma vie du séjour des morts, car il me prendra (Genèse 5.24 ; Psaumes 49.16).

Asaph exprime l’espérance de la vie dans l’au-delà. La fin de ceux qui ont fait confiance à Jésus-Christ est au ciel dans la gloire de la maison du Père.

Verset 25

Je continue.

Qui ai-je au ciel, si ce n’est toi ? Et ici-bas que désirer, car je suis avec toi ? (Psaumes 73.25).

Luther a exprimé cette même idée quand il a dit :

Pourvu que je te possède, je ne demande rien au ciel, ni à la terre.

Verset 26

Je continue le psaume.

Mon corps peut s’épuiser et mon cœur défaillir, Dieu reste mon rocher, et mon bien précieux pour toujours (Psaumes 73.26).

Asaph est conscient qu’avant d’accéder à la gloire céleste, il devra subir la défaillance de son corps. Mais il sait qu’avec Dieu, il aura toujours un appui et un bien indestructibles.

Versets 27-28

Je finis le psaume 73.

Qui t’abandonne se perdra, et tu anéantiras tous les idolâtres. Tandis que mon bonheur à moi, c’est d’être toujours près de Dieu. Oui, j’ai placé dans le Seigneur, dans l’Éternel, mon sûr refuge, et je raconterai ses œuvres (Psaumes 73.27-28).

Après un avertissement lancé à ceux qui sont infidèles à Dieu, Asaph termine ce psaume comme David le fait souvent, c’est à dire en apothéose sur une note de triomphe.

Chapitre 74

Introduction

Nous arrivons au psaume 74 qui est une complainte suite à la profanation (Psaumes 74.4) et aux dégradations subies à deux reprises par le Temple sous le règne du despote Antiochus Épiphane. C’est ce qui provoqua le soulèvement des Juifs dirigé par la famille des Maccabées. Le psalmiste exprime d’abord son désarroi, mais ensuite sa foi au Dieu souverain qui a délivré son peuple dans le passé, reprend le dessus.

Verset 1

Je commence à lire.

Maskil d’Asaph. Pourquoi, ô Dieu, nous délaisser sans cesse ? Pourquoi t’irrites-tu contre nous, le troupeau dont tu es le berger ? (Psaumes 74.1).

Le titre de Maskil (méditation) convient bien puisque le psalmiste médite sur les délivrances du passé afin d’y puiser la force de crier à Dieu pour obtenir du secours dans le présent.

Versets 2-7

Je continue.

Souviens-toi de ton peuple que tu t’es acquis autrefois : c’est la tribu qui t’appartient. Souviens-toi du mont de Sion où tu as fixé ton séjour ! Viens visiter ces lieux qui sont toujours en ruine : l’ennemi a tout saccagé au sanctuaire. Tes adversaires ont rugi au lieu où l’on te rencontrait, ils ont mis leurs insignes au fronton de l’entrée, des insignes qu’on ne connaissait pas. Ils ont cogné avec leurs haches dans les taillis de la forêt, mettant en pièces les sculptures avec la masse et la cognée. Ils ont mis le feu à ton Temple, ils ont rasé et profané le lieu où tu demeures (Psaumes 74.2-7).

Antiochus remplaça le mobilier et tout ce qui servait au culte de l’Éternel par des symboles de divinités païennes. Il pilla le Temple, enleva l’or qui en recouvrait les parois et y sacrifia des porcs. En 168 avant J-C, lors de sa seconde expédition, ce tyran brûla les portes du Temple et massacra la population de Jérusalem. Il installa une statue de Jupiter et offrit des sacrifices en son honneur sur l’autel des holocaustes consacré à l’Éternel. Le même genre de manifestation de cet esprit du mal est annoncé par les prophéties relatives à la fin des temps (2Thessaloniciens 2.4).

Versets 9-11

Je continue en compressant.

Plus de signes miraculeux ! Plus de prophètes ! Personne parmi nous qui sache combien de temps encore tout cela durera. Pourquoi te retiens-tu d’intervenir ? Ne reste donc pas inactif : viens les exterminer ! (Psaumes 74.9-11).

Le croyant confronté à la détresse se pose les mêmes questions. Le prophète Jérémie avait prédit la durée de l’exil babylonien, mais concernant Antiochus, une telle lumière fait défaut parce qu’il n’y a plus de prophètes.

Verset 12

Je continue.

Pourtant, ô Dieu, tu es mon Roi, tu l’es depuis les temps anciens ! Tu es l’auteur des délivrances en tous lieux sur la terre ! (Psaumes 74.12).

L’inaction de Dieu contredit sa position de Roi souverain et défenseur du peuple d’Israël.

Verset 19

Je continue plus loin.

Ne livre pas aux bêtes fauves ta tourterelle, n’oublie pas indéfiniment le sort des affligés qui t’appartiennent ! (Psaumes 74.19).

Ces deux images contrastent la fragilité du peuple de Dieu à la férocité des nations païennes acharnées à le détruire.

Versets 20-23

Je finis le psaume 74.

Mais considère ton alliance, car la mesure est comble ! Les lieux retirés du pays sont des repaires de violence. Ne laisse pas les opprimés repartir dans la honte ! Que le pauvre et le malheureux aient lieu de te louer ! Debout, ô Dieu ! Plaide ta cause ! Souviens-toi de l’insulte que, tout au long du jour, les insensés t’adressent (Psaumes 74.20-22).

La nuit qui précéda sa 2e comparution devant le tribunal ecclésiastique, Luther priait ainsi : « C’est ta cause, ce n’est pas la mienne… Qu’aurais-je à faire ici ? » Ce psaume nous instruit aussi par ce qu’il ne dit pas. Ainsi, il mentionne essentiellement le sanctuaire profané et la cause de Dieu gravement compromise mais il laisse à peine deviner les souffrances pourtant terribles qu’ont endurées les Israélites. C’est un admirable exemple d’ardente piété au milieu des plus atroces persécutions.