Chapitre 5

Versets 36-39

Quand quelqu’un me pose une question alors que de toute évidence, il est de mauvaise foi, ça me met en boule et je m’esquive par une plaisanterie quelconque. Mais Jésus n’agissait pas ainsi; assez curieusement, il ne prête pas attention à la mauvaise intention des Pharisiens qui viennent systématiquement lui chercher des poux et ne les envoie pas promener, mais il leur répond comme si leur question était sincère. Dans un premier temps, Jésus a utilisé la coutume juive du mariage pour expliquer aux Pharisiens que ses disciples ne se morfondent pas en jeûnant comme le font les chefs religieux et les disciples de Jean-Baptiste. Jésus s’est identifié à un époux et ses disciples sont comme les jeunes gens qui, tout joyeux, l’accompagnent quand il vient chercher sa fiancée pour l’emmener dans sa maison. Dans un second temps, Jésus étaie ce qu’il vient de dire à l’aide d’une parabole qui s’appuie sur la valeur des habits. En effet, alors qu’aujourd’hui, dans nos sociétés nanties, on ne répare guère un vêtement usé, il n’en a pas toujours été ainsi. Jeune fille, ma mère était couturière de profession et donc, quand j’étais enfant, elle me réparait les fonds de culotte. Mais la difficulté était de trouver un morceau de tissu qui puisse être rajouté. Il fallait qu’il soit déjà un peu usagé et que les couleurs s’accordent afin qu’on ait pas un ensemble trop disparate. Au premier siècle de notre ère, les vêtements étaient onéreux, et donc les gens en prenaient soin et les gardaient aussi longtemps que possible. Je continue à lire dans le chapitre 5 de l’évangile selon Luc.

Et il utilisa la comparaison suivante : — Personne ne songe à couper un morceau d’un habit neuf pour rapiécer un vieux vêtement. Sinon on abîme l’habit neuf, et la pièce d’étoffe qu’on y aura découpée jure avec le vieil habit. De même, personne ne met dans de vieilles outres du vin qui fermente encore, sinon le vin nouveau les fait éclater, il se répand, et les outres sont perdues. Non, il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Bien sûr, quand on a bu du vin vieux, on n’en désire pas du nouveau ; en effet, on se dit : le vieux est meilleur (Luc 5.36-39).

De la même manière qu’on ne doit pas mélanger le temps des réjouissances et le temps de la repentance, il ne faut pas non plus coudre un moreau de tissu neuf sur un vieil habit ni mettre du vin nouveau dans une vieille outre. Jésus enseigne ici qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre la loi de Moïse et la bonne nouvelle du royaume, symbolisée par l’habit neuf et le vin nouveau. L’outre neuve qui contient l’Évangile c’est la grâce de Dieu qui s’est manifestée quand le Créateur a lui-même réglé notre dette envers lui sans rien nous demander en retour si ce n’est d’accepter son offre de pardon. Mais les Pharisiens et les religieux de tout poil sont attachés au rituel, au vieux vêtement et aux veilles outres. Ils y ont pris goût car ils jouissent de privilèges immenses et de l’admiration du peuple. Voilà pourquoi ils considèrent leur vieille façon de faire comme la meilleure et rejettent en bloc l’enseignement de Jésus parce qu’il leur paraît nouveau, et surtout, il menace le statu quo et leur pouvoir sur le peuple.

Chapitre 6

Versets 1-5

Nous voici rendus au chapitre 6 de Luc dans lequel Jésus continue de croiser le fer avec les Pharisiens. Il va d’abord y être question de deux controverses concernant le Sabbat. Luc les met à la suite l’une de l’autre pour montrer que Jésus a même le droit de modifier la loi de Moïse. Ce récit est pratiquement le même que dans Matthieu et Marc. Je commence à le lire.

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé. Ses disciples cueillaient des épis et, après les avoir frottés dans leurs mains, en mangeaient les grains. Des pharisiens dirent : — Pourquoi faites-vous ce qui est interdit le jour du sabbat ? Jésus prit la parole et leur dit : — N’avez-vous pas lu ce qu’a fait David lorsque lui et ses compagnons eurent faim ? Il est entré dans le sanctuaire de Dieu, a pris les pains exposés devant Dieu et en a mangé, puis il en a donné à ses hommes, alors que seuls les prêtres ont le droit d’en manger. Et il ajouta : — Le Fils de l’homme est maître du sabbat (Luc 6.1-5).

Les disciples ne font qu’arracher des épis et les rouler entre leurs mains. Mais les religieux du parti des Pharisiens les accusent de battre le blé alors que c’est le sabbat. La loi de Moïse interdisait bien tout travail ce jour-là, mais pas de se nourrir en cueillant des épis. Quand on se rend compte à quel point ces faux jetons étaient hypocrites et arrogants, on comprend bien mieux la signification du mot « pharisaïsme ».

Jésus aurait pu argumenter que les disciples ne faisaient pas un travail, mais il choisit de prendre leur défense en utilisant un incident tiré de la vie de David. A cette occasion, le prêtre a autorisé le futur roi et sa suite à manger les pains consacrés, car il estimait que faire preuve de miséricorde envers une troupe en fuite et affamée était plus important qu’une adhésion stricte à la lettre de la Loi qui réservait ces pains aux prêtres seuls. Etant donné que la survie de David et de ses compagnons était en jeu, ils pouvaient outrepasser la Loi. Il en est de même des disciples qui ont faim. Cela dit, on voit un autre parallèle dans cette histoire. En effet, alors que David a été choisi par l’Éternel pour régner, il est poursuivi par Saül qui détient encore le pouvoir royal. De même, Jésus a été choisi par l’Eternel, mais les chefs religieux hypocrites de l’ancien régime s’acharnent contre lui pour l’empêcher de régner.

Versets 6-11

Je continue avec le second incident.

Un autre jour de sabbat, Jésus entra dans la synagogue et commença à enseigner. Or, il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. Les spécialistes de la Loi et les pharisiens surveillaient attentivement Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat : ils espéraient ainsi trouver un motif d’accusation contre lui. Mais Jésus, sachant ce qu’ils méditaient, dit à l’homme qui avait la main infirme : — Lève-toi et tiens-toi là, au milieu ! L’homme se leva et se tint debout. Alors Jésus s’adressa aux autres : — J’ai une question à vous poser : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien, ou de faire du mal ? Est-il permis de sauver une vie ou bien faut-il la laisser périr ? Il balaya alors l’assistance du regard, puis il dit à cet homme : — Étends la main ! Ce qu’il fit. Et sa main fut guérie. Les spécialistes de la Loi et les pharisiens furent remplis de fureur et se mirent à discuter entre eux sur ce qu’ils pourraient entreprendre contre Jésus (Luc 6.6-11).

Il ne fait guère de doute que ce pauvre homme à la main paralysée a été planté là exprès pour tenter de coincer Jésus. En essayant de le piéger, les religieux juifs reconnaissent implicitement que le Seigneur a le pouvoir de guérir et qu’il fait preuve de compassion sept jours sur sept. Jésus n’annule pas le principe du repos hebdomadaire mais il affirme qu’il est toujours permis de faire du bien, et que la Loi n’est jamais contre l’amour du prochain et la pratique de la miséricorde même un jour de sabbat. En demandant à l’homme d’étendre sa main, Jésus n’a pas fait d’œuvre, car c’est comme si la guérison s’était réalisée d’elle-même. Cet incident humilie les pharisiens et met le feu aux poudres. À partir d’ici, ils prennent la décision de supprimer le Christ.

Versets 12-16

Je continue.

Vers cette même époque, Jésus se retira sur une colline pour prier. Il passa toute la nuit à prier Dieu. À l’aube, il appela ses disciples auprès de lui et choisit douze d’entre eux, qu’il nomma apôtres : Simon, qu’il appela Pierre, André, son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Simon le Zélé, Jude, fils de Jacques, et Judas l’Iscariot qui finit par le trahir (Luc 6.12-16).

Comme je l’ai dit, Luc met souvent l’accent sur la vie de prière de Jésus, qui bien qu’il soit le Fils de Dieu éprouve un besoin d’intimité avec son Père céleste, au point où il passe une nuit entière à prier. Chaque fois que le Seigneur est à une croisée de chemins, il passe du temps dans la prière avant de prendre sa décision. Quel exemple pour nous ! Il désigne donc 12 hommes qui le seconderont mais ne se montreront pas dignes de lui, tant s’en faut. Judas le trahira et Pierre le reniera. Quant aux autres, ils s’enfuiront tous comme des lapins. Pourtant, à la veille de sa mort, Jésus réaffirmera son choix. Je cite le passage :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi. Non, c’est moi qui vous ai choisis ; je vous ai donné mission d’aller, de porter du fruit, du fruit qui soit durable (Jean 15.16).

Ce n’est qu’après la résurrection de Jésus que les onze seront transformées. Alors, de brebis apeurées ils deviennent des lions de l’Évangile.

Versets 17-19

Je continue.

En descendant avec eux de la colline, Jésus s’arrêta sur un plateau où se trouvaient un grand nombre de ses disciples, ainsi qu’une foule immense venue de toute la Judée, de Jérusalem et de la région littorale de Tyr et de Sidon. Tous étaient venus pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais étaient délivrés. Tout le monde cherchait à le toucher, parce qu’une puissance sortait de lui et guérissait tous les malades (Luc 6.17-19).

Les mots — grand nombre, foule immense, tous, tout le monde — montrent l’extension de la réputation de Jésus. Sont également présents des non-Juifs de Tyr et de Sidon, deux ports phéniciens sur la Méditerranée au nord de la Palestine. Jésus a dû guérir des milliers de gens pendant les 3 ans de son ministère sur terre. Cependant, tous ses prodiges ont d’abord pour but d’établir sa crédibilité en tant que Messie et Fils de Dieu, afin que cette foule prête attention à ses paroles. En effet, tous ceux qui ont été guéris de quelque maladie que ce soit, sont quand même morts un jour et ont alors comparu devant le Créateur. Voilà pourquoi ce que dit Jésus concernant l’au-delà, le jugement et la vie éternelle est plus important que ses guérisons.

Versets 20-23

Je continue le texte.

Alors Jésus, regardant ses disciples, dit : — Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu vous appartient. Heureux êtes-vous, vous qui maintenant avez faim, car vous serez rassasiés. Heureux vous qui maintenant pleurez, car vous rirez. Heureux serez-vous quand les hommes vous haïront, vous rejetteront, vous insulteront, vous chasseront en vous accusant de toutes sortes de maux à cause du Fils de l’homme. Quand cela arrivera, réjouissez-vous et sautez de joie, car une magnifique récompense vous attend dans le ciel. En effet, c’est bien de la même manière que leurs ancêtres ont traité les prophètes (Luc 6.20-23).

Ici commence ce qu’on a coutume d’appeler le Sermon sur la Montagne. Des courtes phrases avec des mots simples, ces béatitudes doivent leur force de frappe au contraste qu’elles établissent entre les fausses valeurs terrestres et les perspectives divines justes. Quatre béatitudes au contenu positif sont suivies de leur pendant négatif respectif.

La quatrième contient des informations supplémentaires qui forment comme l’intérieur d’un sandwich et qui est composé de six phrases : trois négatives suivies de trois positives. Au centre se trouve le point d’orgue qui est : « à cause du Fils de l’homme ». C’est la seule référence à J-C dans les béatitudes.

Le mot “Heureux” (makarios) n’appelle pas une bénédiction mais affirme un état spirituel qui est déjà présent. Les béatitudes ne sont pas des exhortations mais une liste des bénédictions pour ceux qui participent au salut et qui font déjà partie du royaume de Dieu. L’enseignement de ce passage évalue les circonstances présentes à la lumière du futur. Jésus renverse les valeurs humaines; il oppose les puissants, aux faibles et aux pauvres. Il promet que ceux qui ont misé leur vie sur sa parole parce qu’ils croient qu’il dit la vérité, auront part au royaume terrestre ou céleste. Voilà pourquoi il qualifie ces gens d’heureux. Ceux qui pleurent, qui ont faim, qui sont persécutés à cause de lui, trouveront satisfaction et justice. Mais attention, si la fidélité à Dieu est une attitude noble, elle est également périlleuse. Sous l’Ancienne Alliance, la moyenne de vie des hommes pieux est sensiblement plus courte que celle des autres gens, et en particulier des faux prophètes qui eux vivent très bien. Oui, mais le jugement les guette.

Versets 24-26

Je continue.

Mais malheur à vous qui possédez des richesses, car vous avez déjà reçu toute la consolation que vous pouvez attendre. Malheur à vous qui, maintenant, avez tout à satiété, car vous aurez faim ! Malheur à vous qui maintenant riez, car vous connaîtrez le deuil et les larmes. Malheur à vous quand tous les hommes diront du bien de vous, car c’est de la même manière que leurs ancêtres ont traité les faux prophètes (Luc 6.24-26).

On a ici les quatre béatitudes au contenu négatif. Elles commencent par une imprécation et forment le pendant des quatre précédentes au contenu positif. Les richesses sont associées à l’injustice, car l’expérience prouve qu’elles sont souvent le fruit de l’exploitation des faibles par les puissants. Les scandales des multinationales qui font faillite confirment le Sermon sur la Montagne. Les directeurs s’en tirent avec des dizaines de millions d’euros de prime et vivent dans une opulence grotesque, tandis que les ouvriers sont laissés sur le tapis, sans emploi, et sont lésés du pécule qu’ils avaient économisé pour leurs vieux jours. Sur tous ces despotes modernes, Jésus prononce une malédiction. Dans son épître, Jacques, le demi-frère de Jésus est particulièrement virulent contre les richesses mal acquises. Je le cite :

Et maintenant, écoutez-moi, vous qui êtes riches. Pleurez et lamentez-vous au sujet des malheurs qui vont fondre sur vous ! Votre richesse est pourrie et vos vêtements sont rongés par les mites. Votre or et votre argent sont corrodés et cette corrosion témoignera contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu (Jacques 5.1-3).

Ce n’est pas dire que tous les riches sont forcément des escrocs. Les Écritures enseignent que l’abondance des biens peut être mise au service de la justice. L’histoire du percepteur Zachée et la parabole du gérant habile en sont des illustrations.

Versets 27-36

Je continue le texte.

— Quant à vous tous qui m’écoutez, voici ce que je vous dis : Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent ; Appelez la bénédiction divine sur ceux qui vous maudissent ; priez pour ceux qui vous calomnient. Si quelqu’un te gifle sur une joue, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un te prend ton manteau, ne l’empêche pas de prendre aussi ta chemise. Donne à tous ceux qui te demandent, et si quelqu’un te prend ce qui t’appartient, n’exige pas qu’il te le rende. Faites pour les autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous. Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, pensez-vous avoir droit à une reconnaissance particulière ? Les pécheurs aiment aussi leurs amis. Et si vous faites du bien seulement à ceux qui vous en font, pourquoi vous attendriez-vous à de la reconnaissance ? Les pécheurs n’agissent-ils pas de même ? Si vous prêtez seulement à ceux dont vous espérez être remboursés, quelle reconnaissance vous doit-on ? Les pécheurs aussi se prêtent entre eux pour être remboursés. Vous, au contraire, aimez vos ennemis, faites-leur du bien et prêtez sans espoir de retour. Alors votre récompense sera grande, vous serez les fils du Très-Haut, parce qu’il est lui-même bon pour les ingrats et les méchants. Votre Père est plein de bonté. Soyez donc bons comme lui (Luc 6.27-36).

Ici, c’est le caractère même de Dieu qui est donné comme modèle. Jésus mentionne 7 aspects de l’amour inconditionnel qui demande une puissance surnaturelle pour  être mis en pratique : aimer mes ennemis ; faire du bien à ceux qui me haïssent ; bénir ceux qui me maudissent ; prier pour ceux qui me maltraitent ; ne pas résister au méchant ; donner sans compter ; et traiter les autres, comme je voudrais l’être moi-même.

Versets 37-38

Je continue.

— Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne serez pas vous-mêmes jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera, on versera dans le pan de votre vêtement une bonne mesure bien tassée, secouée et débordante ; car on emploiera, à votre égard, la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer (Luc 6.37-38).

Jésus enseigne un principe fondamental de la création : ce qu’une personne sème elle le récoltera (Galates 6.7). Il fait état de 5 domaines dans lesquels s’applique ce principe. Ce sont : la miséricorde, le jugement, la condamnation, le pardon, et cinquièmement la générosité. C’est la façon dont j’aurai traité mon prochain qui servira de mesure à Dieu pour me juger. A y réfléchir, j’ai mon col de chemise qui commence à me tenir chaud.

Versets 39-46

Je continue le texte.

Il ajouta cette comparaison : — Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tous les deux tomber dans le fossé ? Le disciple n’est pas plus grand que son maître ; mais tout disciple bien formé sera comme son maître. Pourquoi vois-tu les grains de sciure dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? Comment peux-tu dire à ton frère : “ Frère, laisse-moi enlever cette sciure que tu as dans l’œil ”, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Commence donc par retirer la poutre de ton œil ; alors tu y verras assez clair pour ôter la sciure de l’œil de ton frère. — Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits. En effet, chaque arbre se reconnaît à ses fruits. On ne cueille pas de figues sur des chardons, et on ne récolte pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme qui est bon tire le bien du bon trésor de son cœur ; celui qui est mauvais tire le mal de son mauvais fonds. Ce qu’on dit vient de ce qui remplit le cœur. — Pourquoi m’appelez-vous “ Seigneur ! Seigneur ! ” alors que vous n’accomplissez pas ce que je vous commande ? (Luc 6.39-46).

Ce long passage se résume au fait que je ne peux pas cacher mon jeu indéfiniment car tôt ou tard, ce qui est au fond de moi ressortira et produira des fruits, et j’agirai alors en fonction de ce que je suis vraiment. Les actes révèlent l’état du cœur. Les hypocrites souffrent de cécité car ils ne voient pas qu’ils trompent leur monde à commencer par eux-mêmes.

Versets 47-49

Le chapitre 6 se termine avec une parabole que je lis :

Savez-vous à qui ressemble celui qui vient à moi, qui écoute ce que je dis et l’applique ? C’est ce que je vais vous montrer. Il ressemble à un homme qui a bâti une maison : il a creusé, il est allé profond et il a assis les fondations sur le roc. Quand le fleuve a débordé, les eaux se sont jetées avec violence contre la maison, mais elles n’ont pas pu l’ébranler, parce qu’elle était construite selon les règles de l’art. Mais celui qui écoute mes paroles sans faire ce que je dis ressemble à un homme qui a construit sa maison directement sur la terre meuble, sans lui donner de fondations ; dès que les eaux du fleuve se sont jetées contre elle, la maison s’est effondrée, et il n’en est resté qu’un grand tas de ruines (Luc 6.47-49).

Littéralement, Jésus dit : Je vous montrerai à qui ressemble tout homme qui vient à moi et qui écoute mes paroles, et qui les met en pratique. Le comportement visible extérieur et légaliste est le « m’as-tu-vu » qui sert à rehausser sa petite personne et qui est sans valeur. Ce qui compte est l’obéissance de cœur aux commandements de Dieu. Celui qui met les paroles de Jésus en pratique, bâtit sa vie sur du solide et il est assis sur un fondement inébranlable.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.