Chapitre 2

Versets 10-11

Pendant la Seconde Guerre mondiale, quand au cours d’une bataille, une armée lance une offensive, il pleut des obus et des bombes qui explosent de tous côtés, ce qui fait trembler la terre tandis que la fumée obscurcit le ciel. Ce tableau typique fait partie de tous les films de guerre à grand spectacle qui retracent les conflits passés. Les Textes sacrés aussi racontent les conquêtes des empires qui se sont succédé au Moyen-Orient, ainsi que les guerres qui sont encore à venir et que seuls les prophètes de l’Éternel peuvent entrevoir.

Je continue de lire dans le second chapitre du livre de Joël.

(Les voilà qui se précipitent comme de vrais guerriers.) La terre tremble devant eux, le ciel est ébranlé, le soleil et la lune sont plongés dans l’obscurité. Les astres perdent leur éclat, tandis que l’Éternel fait retentir sa voix en tête de ses troupes, son camp est tellement nombreux et il est si puissant celui qui exécute sa parole ! Le jour de l’Éternel est grand et terrible à l’extrême ! Qui pourra l’endurer ? (Joël 2.10-11 ; comparez Malachie 3.2).

Ici encore, dans la plaie de sauterelles, Joël voit se dessiner « le jour de l’Éternel grand et terrible ». Ce passage décrit donc une calamité d’insectes et l’attaque de la Palestine par des armées à la fin des temps. C’est bien Dieu qui est à la tête de ces invasions parce que ce sont des jugements qu’il a ordonnés et qu’il exécute en personne, et son cri de guerre sème la panique.

Ces tonnes d’insectes qui avancent en un vaste mouvement coordonné font trembler la terre, et leur arrivée ainsi que leur départ en immenses nuages obscurcissent la lumière du soleil, mais en partie seulement. Par contre, au « jour de l’Éternel » à venir, à la fin des temps, les phénomènes cosmiques inhabituels que prophétise Joël s’accompliront littéralement. Notre planète et toutes celles du système solaire, et peut-être même de tout l’univers, seront alors violemment secouées. Plus loin dans sa prophétie, Joël dit une fois encore que « l’Éternel donne de la voix, et le ciel et la terre sont ébranlés » (Joël 4.16). Selon l’évangile de Matthieu, Jésus a utilisé le même langage que Joël quand, parlant de son retour en gloire, il a dit :

Immédiatement après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune perdra sa clarté, les étoiles tomberont du ciel, les puissances célestes seront ébranlées. C’est alors que le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel (Matthieu 24.29-30 ; comparez Apocalypse 6.12-14 ; 8.12).

Dans les Écritures, quand Dieu manifeste sa colère, toute la création se met au garde-à-vous en quelque sorte pour exprimer sa crainte et son profond respect.

Après sa victoire sur les Cananéens, la juge Débora chante un cantique dans lequel l’intervention miraculeuse de Dieu est exprimée sous forme poétique. Elle dit :

La terre se mit à trembler et le ciel se fondit en eau : les nuées déversèrent une pluie abondante. Devant toi, Éternel, les montagnes ont vacillé (Juges 5.4-5).

Et dans les psaumes 18 et 77, le psalmiste écrit :

La terre s’ébranle et chancelle, les fondements de ses montagnes se mettent à frémir, tout secoués par sa colère (Psaumes 18.8).

Tes flèches sillonnaient le ciel dans tous les sens. Au fracas de ta foudre, du sein de la tornade, l’éclat de tes éclairs illuminait le monde. La terre s’effraya et se mit à trembler (Psaumes 77.18-19).

Les ténèbres et l’obscurité sont un autre signe qui accompagne « le jour de l’Éternel » (Joël 3.4 ; 4.15 ; Ézéchiel 32.7). À la fin des temps, Dieu manifestera sa colère et secouera terre et ciel plus qu’à tout autre moment de l’histoire de l’humanité. Le prophète Ésaïe écrit :

Voici venir le jour de l’Éternel, ce jour impitoyable, jour de fureur et d’ardente colère qui réduira la terre en un désert, et en exterminera les pécheurs. Alors les étoiles du ciel et toutes leurs constellations cesseront de briller, le soleil sera obscurci dès son lever, il n’y aura plus de clarté répandue par la lune. J’interviendrai contre le monde pour le punir de sa méchanceté et contre ceux qui font le mal à cause de leurs injustices. Je mettrai fin à l’arrogance des insolents, je ferai tomber l’orgueil des tyrans. Je rendrai les humains plus rares que de l’or fin, plus rares que de l’or d’Ophir. J’ébranlerai le ciel, et cette terre sera secouée sur ses bases par la fureur de l’Éternel, le Seigneur des armées célestes, au jour où il déchaînera son ardente colère (Ésaïe 13.9-13).

Quand Joël demande : « Qui pourra endurer le jour de l’Éternel ? » C’est bien sûr une question de rhétorique qui demande pour réponse : « Personne ! » Matthieu rapporte que en parlant du jugement du « jour de l’Éternel grand et terrible » qui précédera son retour en gloire, Jésus a dit :

Vraiment, si le Seigneur n’avait pas décidé de réduire le nombre de ces jours, personne n’en réchapperait ; mais, à cause de ceux qu’il a choisis, il abrégera ce temps de calamité (Matthieu 24.22).

Verset 12

Je continue le texte du chapitre deux de Joël.

Mais maintenant encore, l’Éternel le déclare, revenez donc à moi, revenez de tout votre cœur, avec le jeûne, avec des larmes et des lamentations (Joël 2.12).

Joël change radicalement de ton car il passe des menaces de jugement à une exhortation à la repentance.  Dans les Écritures, le cœur n’est pas une référence aux émotions mais à la capacité de réflexion. Le retour à Dieu est donc un effort délibéré de la volonté et une attitude de l’esprit.

Par ailleurs, l’assignation faite par Dieu à comparaître en jugement n’est généralement pas la déclaration d’une condamnation irrévocable, mais bien plutôt l’offre d’une occasion de reconnaître ses fautes, de les délaisser et de se repentir. Les jugements du Seigneur sont donc également des manifestations de sa grâce, ayant pour but d’amener un changement du cœur (comparez Romains 2:1-4). Aux Hébreux qui sont sur le point de pénétrer en Terre promise, Moïse a dit :

Si (après avoir été châtiés) vous revenez à l’Éternel votre Dieu et si vous l’écoutez en obéissant de tout votre cœur et de tout votre être, vous et vos enfants, à tout ce que je vous ordonne aujourd’hui, alors l’Éternel votre Dieu aura compassion de vous : il vous restaurera et vous rassemblera pour vous faire revenir de chez tous les peuples parmi lesquels il vous aura dispersés (Deutéronome 30.2-3 ; comparez Deutéronome 4.30-31 ; Amos 4.6-11).

Joël appelle ses contemporains à revenir à l’Éternel en vérité, sans hypocrisie et du fond du cœur afin de renouer une relation avec lui. Mais il demande à ce que le retour à Dieu soit authentique, c’est-à-dire qu’il doit être individuel et se faire en chacun en son for intérieur. Il apparaît donc que d’une manière ou d’une autre le peuple s’est détourné de Dieu, ce qui confirme que les sauterelles sont bel et bien un jugement et pas simplement un mauvais coup du sort, façon de parler bien sûr, puisque le sort bon ou mauvais n’existe pas vraiment. Israël est souvent appelé à « retourner », à « rebrousser chemin » vers l’Éternel, parce que comme peuple de Dieu, il a connu avec lui une relation qu’il a perdue. Voilà aussi pourquoi, la parabole de l’enfant prodigue (Luc 15:11-32) présente un tel intérêt pour un auditoire juif.

Les rites et les gestes sacrés sont peut-être monnaie courante dans toutes les religions du monde, mais ils n’ont aucune valeur aux yeux de Dieu. Les gens s’imaginent qu’en faisant certaines choses, que ce soit allumer une bougie, brûler de l’encens, aller en pèlerinage, ou faire des courbettes, elles vont satisfaire le Dieu du ciel. C’est une grosse erreur de croire cela, car l’Éternel n’aime pas les simagrées (Ésaïe 58.5-7). Il désire au contraire, que ceux qui viennent à lui soient sincères et prêts à s’humilier devant lui. Cela dit, quand quelqu’un est convaincu de sa culpabilité devant Dieu et qu’il éprouve du remords, il est de bon ton de le manifester extérieurement d’une manière ou d’une autre. Pour cette raison, Joël mentionne le jeûne et les larmes comme signes d’une repentance authentique.

L’une des responsabilités de tout parent est d’enseigner à leurs enfants certains comportements qui sont essentiels ou indispensables, pour qu’ils puissent fonctionner d’une façon satisfaisante en société. Très tôt, les enfants se disputent et se battent comme des chiffonniers. Les parents doivent alors enseigner à chacun d’entre eux, individuellement, à reconnaître ses torts et à demander pardon. Dès que ma fille cadette a eu quatre dents, elle les a plantées dans le bras de sa sœur. Plusieurs fois, j’ai dû intervenir dans des empoignades entre mes enfants et leur apprendre les bonnes manières. À ces occasions, j’ai été surpris de constater combien il est difficile pour un enfant coupable de desserrer les dents. Il préfère aller bouder dans un coin plutôt que de dire pardon, même du bout des lèvres. Pourtant, cet apprentissage est indispensable dans l’éducation de tout bout de chou, car s’il ne se fait pas, tôt ou tard, il s’ensuivra des conséquences néfastes. Par contre, si l’enfant met en place ce comportement tôt dans sa vie, il s’en trouvera bien ; il sera apprécié des autres, adultes et enfants, et il lui sera aussi beaucoup plus facile de s’humilier devant Dieu.

Verset 13a

Je continue le texte.

Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, et revenez à l’Éternel, lui qui est votre Dieu (Joël 2.13a).

Joël met à nouveau l’accent sur la nécessité d’une repentance sincère car ce n’est qu’après avoir fait cette démarche intérieure qu’il est convenable de manifester sa douleur en se revêtant d’habits de deuil, d’un sac de toile et en se couvrant de cendre comme il est d’usage dans l’antiquité (Esther 4.1, 3 ; Job 2.8 ; 42.6 ; Daniel 9.3 ; Jonas 3.6 ; Luc 10.13). Joël ne défend ni ne condamne les manifestations extérieures de la piété ou de la douleur, mais il les met à leur juste place en tant que signes d’une réalité intérieure.

Il est écrit du roi Josias que « lorsqu’il entendit le contenu de la Loi, il déchira ses vêtements » (2Chroniques 34.19), parce que de toute évidence, il se rend alors compte que lui et son peuple ont transgressé la Loi et il en est profondément affligé ; sa contrition est sincère. Une fois son cœur ainsi déchiré, le roi déchire ses vêtements, et ensuite il consulte Dieu qui lui répond :

Voici ce que déclare l’Éternel, le Dieu d’Israël : Tu as entendu les paroles contenues dans ce livre. Ton cœur s’est laissé toucher, tu t’es humilié devant Dieu en entendant ce qu’il a décrété contre ce lieu et contre ses habitants. Tu t’es humilié devant moi, tu as déchiré tes vêtements et tu as pleuré devant moi. De mon côté, moi aussi, j’ai entendu ta prière, l’Éternel le déclare (2Chroniques 34.26-27).

« Déchirer ses vêtements » est une pratique qui remonte à la nuit des temps. Mais c’est une hyperbole parce qu’en réalité, cette coutume consiste à défaire sur une petite longueur la couture, probablement au-dessus d’une épaule. C’est un signe de deuil, l’expression d’une profonde détresse et d’un grand accablement suite à une tragédie ou à une calamité. Quand les fils de Jacob montrent à leur père la tunique splendide de Joseph, et qu’il voit qu’elle est toute tachée de sang, le texte dit :

[Il] la reconnut et s’écria : La tunique de mon fils ! Une bête féroce l’a dévoré ! Joseph a été mis en pièces ! Alors il déchira ses vêtements et mit un tissu de sac sur ses reins. Il porta longtemps le deuil de son fils. Tous ses fils et toutes ses filles vinrent pour le consoler ; mais il refusa toute consolation et dit : Non ! c’est dans le deuil que je rejoindrai mon fils au séjour des morts ! Et il continua à pleurer Joseph (Genèse 37.33-35 ; comparez Josué 7.6 ; Job 1.20).

La loi de Moïse interdit aux prêtres de modifier l’aspect extérieur de leurs vêtements sacerdotaux parce qu’ils sont considérés comme saints, consacrés à l’Éternel. Et les prêtres n’ont pas non plus le droit de porter le deuil tant qu’ils sont de service (Lévitique 10.6-7).

Verset 13b

Je continue le texte.

(Revenez à l’Éternel.) Car il est plein de grâce, il est compatissant et lent à la colère, il est riche en amour et il renonce volontiers au malheur dont il avait menacé (Joël 2.13b).

L’appel au peuple à se repentir se fonde sur le caractère de Dieu, sur sa miséricorde. L’expression, « il est plein de grâce, il est compatissant et lent à la colère », est une confession de foi fréquente dans l’Ancien Testament. Elle a pour fondement l’auto-proclamation par laquelle Dieu a déclaré à Moïse :

L’Éternel, l’Éternel, un Dieu plein de compassion et de grâce, lent à se mettre en colère, et riche en amour et en fidélité ! Je conserve mon amour jusqu’à la millième génération : je pardonne le crime, la faute et le péché, mais je ne tiens pas le coupable pour innocent, et je punis la faute des pères sur leurs descendants jusqu’à la troisième et même la quatrième génération (Exode 34.6-7 ; comparez Psaumes 86.5 ; 103.8 ; 145.8 ; Jonas 4.2 ; Néhémie 9.11).

Le mot traduit par « il renonce volontiers au malheur » signifie habituellement « se repentir », mais il prend un tout autre sens quand l’Éternel est le sujet. En effet, pour expliquer la manière d’agir de Dieu, ses sentiments, ses pensées et ses actes sont parfois présentés comme ceux d’un homme (anthropomorphisme). Ici, l’Éternel annule sa menace parce que son peuple a changé d’attitude. Il faut en effet savoir que Dieu punit uniquement parce que sa justice l’exige, mais il n’y trouve aucun plaisir ; ce qu’il veut c’est étendre sa bénédiction à ses créatures. Jérémie écrit :

Ce n’est pas de bon cœur qu’il humilie et qu’il afflige les humains (Lamentations 3.33).

Et par la bouche du prophète Ézéchiel, l’Éternel dit à son peuple :

Pensez-vous que je prenne le moindre plaisir à voir mourir le méchant ? demande le Seigneur, l’Éternel. Mon désir n’est-il pas plutôt qu’il abandonne sa mauvaise conduite et qu’il vive ? (Ézéchiel 18.23).

Il est donc possible de faire changer Dieu d’avis, de le faire fléchir, mais cela n’est vrai que pour ses promesses ou menaces conditionnelles. Par la bouche de Jérémie, l’Éternel dit :

Une fois, je décrète de déraciner une nation ou un royaume, de le renverser et d’amener sa ruine. Mais si cette nation que j’ai menacée cesse de mal agir, je renoncerai à lui envoyer le malheur que j’avais projeté contre elle. Et si, par contre, je parle de construire et de planter telle nation, ou tel royaume, mais que cette nation fait ce que je considère comme mal, et ne m’écoute pas, je renoncerai au bien que j’avais parlé de lui faire (Jérémie 18.7-10).

Par contre, dans sa souveraineté absolue, Dieu ne change pas d’un iota, et ce qu’il décrète ne peut pas être modifié. Dans le livre des Nombres, on lit :

Dieu n’est pas homme pour mentir, ni humain pour se repentir. A-t-il jamais parlé sans qu’il tienne parole ? Et n’accomplit-il pas ce qu’il a déclaré ? (Nombres 23.19).

Comme généralement je ne sais pas ce que Dieu a décidé d’avance concernant une affaire qui me concerne, j’ai parfaitement le droit et même le devoir de lui demander d’agir dans le sens qui me convient le mieux et même d’argumenter avec lui. C’est exactement ce qu’Abraham a fait au sujet de Sodome ; il a fait baisser les enchères en diminuant le nombre de justes nécessaires pour que Dieu renonce à détruire la ville et toute la vallée (Genèse 18.23-33). Plus tard, en plein désert, et alors que Moïse est sur le mont Sinaï avec Dieu, dans la plaine le peuple hébreu se fabrique un veau d’or en guise de divinité. Alors, l’Éternel dit à Moïse :

Je constate que ce peuple est un peuple rebelle. Et maintenant, laisse-moi faire : ma colère s’enflammera contre eux et je les exterminerai. Mais je ferai de toi une grande nation (Exode 32.9-10).

Mais Moïse monte au créneau et supplie Dieu sous la forme de trois arguments différents pour qu’il renonce à éliminer le peuple choisi. À la fin, le texte du livre de l’Exode dit :

Alors l’Éternel renonça à faire venir sur son peuple le malheur dont il l’avait menacé (Exode 32.14).

Cependant, il n’est pas toujours possible de négocier avec Dieu. Alors que Moïse conduit les Hébreux dans le désert, ils manquent d’eau. Alors l’Éternel lui dit de parler à un rocher pour qu’une source en jaillisse. Mais Moïse est tellement en colère contre le peuple qu’il perd son sang-froid pourtant légendaire, et alors, au lieu de parler au rocher il le frappe deux fois. Suite à cet incident, Dieu dit à Moïse :

Vous ne m’avez pas été fidèles et vous n’avez pas honoré ma sainteté aux yeux des Israélites. À cause de cela, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur destine (Nombres 20.12 ; comparez 20.24 ; 27.12-14 ; Deutéronome 1.37).

Plus tard, Moïse essaie de fléchir Dieu en lui disant :

Permets-moi, je te prie, de traverser le Jourdain pour voir ce bon pays qui se trouve de l’autre côté, cette belle contrée montagneuse et le Liban (Deutéronome 3.25).

Mais l’Éternel lui répond :

Assez ! ne me parle plus de cette affaire. Monte au sommet (du Pisga) et promène tes regards vers l’ouest, le nord, le sud et l’est, et contemple le pays de tes yeux, mais tu ne passeras pas le Jourdain (Deutéronome 3.27 ; RSM).

Verset 14

Je continue le texte de Joël.

Qui sait ? Peut-être l’Éternel se ravisera-t-il et changera-t-il lui aussi de ligne de conduite. Qui sait s’il ne laissera pas derrière lui une bénédiction pour que vous puissiez faire des offrandes, des libations à l’Éternel, lui qui est votre Dieu ? (Joël 2.14).

Ce qui importe le plus à Joël, n’est pas la disparition des sauterelles, mais le rétablissement du culte (comparez Joël 1.9, 13) parce que cela signifie la reprise d’une relation sans nuages entre Dieu et son peuple.

Les paroles, « Qui sait », attestent la souveraineté de Dieu.

Après que le prophète Jonas ait annoncé le jugement de Ninive, ses habitants se sont repentis et ont dit :

Qui sait ! Peut-être Dieu se ravisera-t-il et décidera-t-il de changer de ligne de conduite en abandonnant son ardente colère, de sorte que nous ne périrons pas (Jonas 3.9 ; comparez 2Samuel 12.22).

Quand Dieu pardonne, c’est par pure grâce et jamais un dû parce que la repentance n’est pas un acte méritoire. En d’autres mots, ce n’est pas parce que je change de comportement que j’ai droit à une médaille.

Versets 15-16

Je continue le texte.

Sonnez du cor dans les murs de Sion pour publier un jeûne, et annoncer une réunion cultuelle. Réunissez le peuple, convoquez l’assemblée, rassemblez les vieillards, regroupez les enfants, même les nourrissons ; que le jeune marié abandonne sa chambre, que la jeune mariée quitte aussi la chambre nuptiale (Joël 2.15-16).

Le mot pour « chambre nuptiale » désigne le dais, l’ouvrage qui surmonte le lit des jeunes mariés pendant leur lune de miel. En Israël, les hommes nouvellement mariés sont dispensés de service militaire l’année qui suit le mariage légal (Deutéronome 24.5), mais ici, l’heure est tellement grave qu’il n’existe aucune excuse valable pour ne pas aller au temple. Tout le monde doit s’y rendre, jeunes et vieux et même les nourrissons, car dès leur plus tendre enfance ils doivent apprendre à révérer l’Éternel et à s’humilier devant lui.

Alors que le premier son du cor (Joël 2.1) a donné l’alarme, ici il annonce une sainte convocation de tout le peuple qui doit participer à une manifestation cultuelle afin d’implorer la miséricorde divine.

Crier à Dieu ! Voilà une idée originale et nouvelle pour ceux qui nous gouvernent, surtout que c’est une vraie solution en temps de crise.