Chapitre 13

Introduction

Il n’y a pas très longtemps, un copain d’enfance a défini sa vie en disant : une carrière c’est vite passée. J’en suis resté pantois. Si c’est de cette façon que nos contemporains définissent leur vie, il y a vraiment de quoi pleurer. La carrière de Jésus, si on veut s’exprimer ainsi, a consisté à faire le bien et à révéler Dieu son Père. La quasi totalité de ses enseignements nous est rapportée par les 4 évangiles et se divisent en 4 grands discours. Les trois premiers sont surtout développés par Matthieu; il s’agit du Sermon sur la Montagne, des paraboles du royaume des cieux, et les prophéties sur la suite des temps dans le Jardin des Oliviers. Le quatrième et le plus long se trouve dans l’évangile selon Jean à partir du chapitre 13. Il s’agit du discours dans la Chambre Haute, l’endroit où Jésus célébra sa dernière Pâque avec les apôtres. C’est aussi la dernière grande section de l’évangile selon Jean.

Après le prologue du premier chapitre et une brève introduction, le corps du récit du 4ème évangile est constitué des chapitres 2 à 12. Jésus se présente comme le Fils de Dieu et la lumière du monde ce qu’il prouve par sa piété, sa vie sainte, l’autorité de son enseignement, sa compassion et ses miracles. Son ministère public est désormais terminé car il a été officiellement rejeté par les chefs de la nation théocratique.

Le Seigneur va donc passer ses dernières heures, avant qu’il ne soit arrêté, à instruire ses disciples, et plus particulièrement les 11 qui sont appelés à continuer son œuvre. Il va leur parler de la relation filiale et d’amour qui le lie à ceux qui lui ont fait confiance, de l’amour que le Père a pour lui et pour eux, de la place qu’il leur a réservée dans le royaume des cieux, et pour leur donner le nouveau commandement : «  Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » En effet, les vrais disciples doivent rayonner de cet amour et le manifester envers Jésus et entre eux. Cet enseignement est uniquement destiné à ceux qui se sont engagés à suivre Jésus, et c’est l’apôtre Jean qui de loin nous donne le plus de détails sur les instructions que Jésus a laissées à ses disciples. Le soir de son arrestation, il célèbre la Pâque avec eux dans la Chambre Haute, lave leurs pieds et fait son dernier et très long discours qui s’étend sur 5 chapitres. Ensuite, il se rend au Jardin des Oliviers où a lieu son arrestation par une troupe en armes conduite par Judas.

La venue de Jésus sur terre a été une démarche d’amour vis-à-vis de toute l’humanité comme l’affirme un passage au début de cet évangile que je rappelle :

Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui (Jean 3.16-17).

Toutefois, Jésus avait un amour particulier pour les siens, pour ses brebis, ses disciples.

Verset 1

Je commence maintenant à lire le chapitre 13 de l’évangile selon Jean.

C’était juste avant la fête de la Pâque. Jésus savait que l’heure était venue pour lui de quitter ce monde pour s’en aller auprès de son Père. C’est pourquoi il donna aux siens, qu’il aimait et qui étaient dans le monde, une marque suprême de son amour pour eux (Jean 13.1).

Jésus sait que son heure est venue, celle de ses souffrances et de sa mort imminente, mais il sait qu’il va passer de ce monde au Père. Cependant, cette pensée douce de quitter ce monde agité et hostile pour retourner dans le sein de l’amour éternel, est inséparable d’une autre pensée : il va quitter les siens, ses disciples qu’il a toujours aimés. Or, sachant qu’il les laisse dans le monde où ils seront exposés aux souffrances, il va leur donner le témoignage le plus émouvant de son amour.

Verset 2

Je continue le texte.

C’était au cours du repas de la Pâque. Déjà le diable avait semé dans le cœur de Judas, fils de Simon Iscariot, le projet de trahir son Maître et de le livrer (Jean 13.2).

La description de l’amour de Jésus, qui va laver les pieds de tous ses disciples, y compris Judas, contraste abruptement avec le mal suscité par Satan. Jésus a déjà prédit que l’un des 12 va se retourner contre lui ; et pourtant, Dieu contrôle tous les événements qui conduisent à la mort de son Fils. Cela dit, Judas a de lui-même résolu de trahir son Maître car il est furieux d’avoir passé 3 ans de sa vie à suivre quelqu’un qui ne correspond pas à ses attentes. Il a compris que Jésus n’est pas un Messie politique, un révolutionnaire qui libérera la nation juive du joug romain. De plus, il aime l’argent, alors 30 pièces d’argent, c’est toujours bon à prendre, bien que ce mobile ait été secondaire.

Versets 3-4

Je continue.

Jésus savait que le Père avait tout remis entre ses mains, qu’il était venu d’auprès de Dieu et allait retourner auprès de lui. Il se leva de table pendant le dîner, posa son vêtement et prit une serviette de lin qu’il se noua autour de la taille (Jean 13.3-4).

Jésus est tout à fait conscient de son identité : il a l’autorité et la puissance divines; il est depuis toujours, et il va reprendre possession de sa gloire. Pourtant, il va accomplir la tâche qui est celle des serviteurs ou des esclaves et donc, il s’habille comme eux; il quitte sa robe de rabbin juif pieux et se ceint d’un linge de service. À y réfléchir, c’est assez choquant quand on pense qui est Jésus-Christ : il a quitté la gloire qui lui revient de droit dans le royaume céleste ; il est descendu ici-bas, ayant commencé son pèlerinage terrestre comme un bébé, c’est-à-dire un petit être totalement dépendant des autres. Il s’est mis au service du peuple d’Israël, les a enseigné concernant l’Éternel leur Dieu, a nourri la foule miraculeusement au moins à deux reprises, a ressuscité plusieurs morts et a guéri les malades qui venaient à lui. En compensation, il n’a rencontré qu’ingratitude, scepticisme, et hésitation. Le pire est que l’un de ses intimes va le renier et un autre le trahir, et les chefs du peuple ont irrévocablement décidé de le mettre à mort. Il est vrai que les apôtres l’ont fidèlement suivi mais ils ne le comprennent toujours pas. Le seul acte gratuit et honorable des hommes envers leur créateur qu’ils vont mettre à mort, a été accompli par une femme disciple. Elle lui a rendu hommage en oignant ses pieds et sa tête de parfum en vue de son ensevelissement proche. Maintenant, devant ses disciples ébahis et confus, Jésus prend la place d’un esclave pour laver leurs pieds.

Verset 5

Je continue le texte.

Ensuite, il versa de l’eau dans une bassine et commença à laver les pieds de ses disciples, puis à les essuyer avec la serviette qu’il s’était nouée autour de la taille (Jean 13.5).

Les pieds des disciples étaient constamment sales parce qu’ils marchaient en sandales pieds nus sur des routes poussiéreuses. La coutume voulait que les épouses nettoient les pieds de leurs époux, et les enfants ceux de leurs parents. Mais la plupart des gens se lavaient tout seuls. Par politesse on se lavait les pieds quand entrait dans une maison, et surtout quand on allait y prendre un repas. Souvent, l’hôte honorait ses invités en mettant un serviteur ou un esclave à leur disposition pour laver les pieds; cela faisait partie des règles d’hospitalité en usage. Par son geste, Jésus montre que ses disciples étaient ses amis et qu’il les aimait et il ne pouvait pas s’abaisser plus bas qu’en accomplissant cette tâche à l’égard des apôtres.

Dans la Loi de Moïse, il est stipulé qu’un Hébreu ne peut se vendre comme esclave à un compatriote que pendant 6 ans, après quoi il est libre et sa dette épongée. Par contre, si par amour pour son maître il décide sans contrainte de rester à son service, on lui perce l’oreille avec un poinçon, et il devient alors esclave à vie. On peut se demander si cette coutume n’était pas prophétique, une image à rapprocher des marques des clous et de la lance qui ont fait 5 plaies dans le corps de Jésus. En effet, il s’est d’abord identifié à nous en prenant une forme humaine, puis il est devenu l’esclave des hommes en se mettant à leur service et surtout en portant toute leur saleté sur lui, leurs péchés. Et maintenant que Jésus est assis à la droite de la majesté divine, il porte sur lui en son corps ressuscité et glorifié et pour l’éternité les marques de son supplice, les cicatrices de la croix.

Verset 6

Je continue.

Quand vint le tour de Simon Pierre, celui-ci protesta : — Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ? (Jean 13.6).

Aucun des apôtres n’était préparé à ce renversement de situation qu’ils trouvent choquant et à juste titre. C’est Pierre, leur porte-parole, qui exprime la pensée de tous. Toujours bouillant et dévoué au Seigneur, il comprend la leçon et il a honte. Pierre aurait peut-être lavé les pieds de son Maître, et encore ce n’est pas sûr, tellement cette besogne était considérée comme dégradante, mais le contraire était impensable, parce qu’il est le Seigneur.

Versets 7-8

Je continue le texte.

Jésus lui répondit : — Ce que je fais, tu ne le comprends pas pour l’instant, tu le comprendras plus tard. Mais Pierre lui répliqua : — Non ! Tu ne me laveras pas les pieds ! Sûrement pas ! Jésus lui répondit : — Si je ne te lave pas, il n’y a plus rien de commun entre toi et moi (Jean 13.7-8).

Le refus absolu de Pierre est d’une véhémence qui est bien en harmonie avec son caractère. Il montre sa vénération pour le Maître mais il oublie que le premier devoir d’un disciple est l’obéissance. Il a encore manqué une bonne occasion de se taire. Le ton sévère de la menace de Jésus a dû produire un choc. Il faut donc voir dans le dévouement humble du Seigneur qui lave les pieds de ses disciples, le symbole de la régénération qui est la condition du salut. Comme avec son entretien avec la femme samaritaine, pour Jésus, l’eau est ici une image de l’Esprit. Être lavé par Jésus de ses péchés c’est être en communion avec lui et recevoir le pardon et la vie éternelle. Pierre comprendra le geste du Seigneur une fois que ce dernier se sera offert en sacrifice pour laver par son sang les fautes des hommes dont celles de Pierre.

Versets 9-10

Je continue le texte.

— Dans ce cas, lui dit Simon Pierre, ne me lave pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. Jésus lui dit : — Celui qui s’est baigné est entièrement pur, il lui suffit de se laver les pieds. Or vous, vous êtes purs, mais pas tous (Jean 13.9-10).

À cette époque, les gens se rendaient aux bains publics pour se laver. Mais sur le chemin du retour, les pieds devenaient à nouveau poussiéreux. Arrivés chez soi, on les nettoyait dans un bassin rempli d’eau qui servait à cet usage. Pierre ne comprend toujours pas pourquoi Jésus fait cela, mais il est sûr d’une chose, il veut restr en communion avec son Maître. Pour cette raison il demande à être lavé de la tête aux pieds. On retrouve encore là son caractère impulsif et entier. Jésus précise alors que le lavage de pieds est suffisant pour celui qui est déjà baigné, c’est à dire qui est passé par le bain de la régénération. Parlant de Jésus, l’apôtre Paul écrit :

Il nous a sauvés — non parce que nous aurions fait des œuvres de justice, mais en vertu de sa propre miséricorde — par le bain de la régénération (Tite 3.5).

C’est une référence à la nouvelle naissance qui transforme complètement l’état spirituel de celui qui accepte Jésus comme sauveur, car il passe alors de la mort à la vie. Ceux qui font confiance au Seigneur sont considérés par Dieu comme purs et parfaits. En effet, l’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Par une offrande unique, en effet, Jésus a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il purifie du péché (Hébreux 10.14).

Quand un être humain a été purifié en recevant le pardon de ses fautes et en ayant sa nature morale renouvelée, il n’a pas à remettre sans cesse en question son état de grâce et de salut car il est fondamentalement pur. Cependant, même les croyants plein de bonne volonté, les plus dévoués et les plus vertueux ne cessent jamais de commettre des fautes. Ils auront toujours les pieds qui puent parce qu’ils sont en contact constant avec le terre-à-terre et la pollution de ce monde. Ils auront donc besoin d’être lavés des inévitables souillures qu’il vont contracter en marchant dans ce monde corrompu. C’est ce que dans sa première épître, Jean appelle la confession ou la reconnaissance des péchés. Je lis le passage :

Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis (1Jean 1.9).

Versets 11-14

Je continue le texte.

Jésus, en effet, connaissait celui qui allait le trahir. Voilà pourquoi il avait ajouté : “ Vous n’êtes pas tous purs. ” Après leur avoir lavé les pieds, il remit son vêtement et se rassit à table. Alors il leur dit : — Avez-vous compris ce que je viens de vous faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez, vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres (Jean 13.11-14).

Tous les apôtres, à l’exception de Judas, avaient mis leur confiance en Jésus et comptaient sur lui pour leur destinée éternelle. C’est en cela qu’ils étaient considérés comme purs et saints. Après avoir donné cette leçon d’humilité, le Seigneur interroge les disciples sur la signification de son geste. Il utilise les termes « Maître et Seigneur », des titres qu’il revendique pour bien leur rappeler qui il est. Pourtant, il s’est abaissé au niveau d’un esclave, afin que les apôtres comprennent qu’ils sont aussi appelés à renoncer à eux-mêmes et à leurs petits intérêts personnels afin de répondre aux besoins d’autrui. Les disciples doivent avoir entre eux des relations caractérisées par l’humilité, le service, la consécration aux autres, les attitudes que Jésus vient d’adopter.

En lavant les pieds de ses disciples, Jésus a d’abord donné une leçon très pratique qui enseigne l’humilité et le dévouement aux autres. Ensuite, il a élevé son geste au niveau spirituel. Comme je l’ai dit, l’eau est l’action du Saint Esprit qui agit surtout au moyen des Écritures. Or, l’un de ses rôles, pour celui qui lit la Parole de Dieu en lui étant soumis, est de révéler en lui ses fautes, en quoi et comment il a pu errer dans son comportement, face aux exigences divines. L’apôtre Paul, s’adressant aux croyants, illustre l’aspect spirituel du lavage des pieds. Je lis le passage :

Frères, si quelqu’un s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui vous laissez conduire par l’Esprit, ramenez-le dans le droit chemin avec un esprit de douceur. Et toi qui interviens, fais attention de ne pas te laisser toi-même tenter. Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux. De cette manière, vous accomplirez la loi du Christ (Galates 6.1).

Cette leçon d’humilité et de soumission les uns aux autres que Jésus donne à ses disciples est révolutionnaire car à cette époque, la société juive est extrêmement macho et les hiérarchies fossilisées. Tout en bas de l’échelle, il y a les femmes et les enfants ; ensuite les parias, les bergers et tous ceux qui soignent les troupeaux. Au sommet de la pyramide, on a bien sûr les chefs du peuple, les religieux qui tiennent le haut du pavé.

En lavant les pieds de ses disciples, Jésus n’a pas voulu instituer un rite. L’apôtre Paul mentionne qu’il était pratiqué par les premiers chrétiens (1Timothée 5:10), mais accomplir ce devoir sans l’humilité et l’amour qu’il suppose, est une formalité et un acte d’hypocrisie.

Versets 15-17

Je continue le texte.

Je viens de vous donner un exemple, pour qu’à votre tour vous agissiez comme j’ai agi envers vous. Vraiment, je vous l’assure, un serviteur n’est jamais supérieur à son maître, ni un messager plus grand que celui qui l’envoie. Si vous savez ces choses vous êtes heureux à condition de les mettre en pratique (Jean 13.15-17).

Jésus passe sous silence l’aspect spirituel de son geste parce que c’est lui seul qui au moyen de son sang va purifier les pécheurs de leurs fautes et nous n’y avons aucune part. Il ne développe donc que l’aspect pratique de ce qu’il a fait. Il exhorte chacun de ceux qui voudront le suivre à ne pas tomber dans l’orgueil en pensant qu’il est supérieur. La joie des chrétiens découle de leur esprit de service et d’obéissance au Maître. Les disciples sont ses ambassadeurs dans le monde pour annoncer son message et pour servir les autres en toute humilité.

Verset 18-19

Je continue.

Je ne parle pas de vous tous : je sais très bien quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que l’Écriture s’accomplisse : Celui avec lequel j’ai partagé mon pain se retourne contre moi. Je vous le dis dès maintenant, avant que cela ne se produise, pour qu’au moment où cela arrivera, vous croyiez que moi, je suis (Jean 13.18-19).

Voilà des paroles très sinistres. Les disciples écoutent sans comprendre. Plus tard, ils feront le lien entre les prédictions de Jésus, les Écritures et la traîtrise de l’un des leurs, ce qui les aidera à croire, après coup, les paroles de Jésus. Il a déjà dit à son groupe d’apôtres que l’un d’entre eux n’est pas pur, qu’il y a un faux jeton parmi eux. Il précise pourtant que son choix de Judas n’a pas été le fruit du hasard ou une erreur de parcours, mais le plan de Dieu.

À entendre cela, la question qu’on se pose est celle-ci : Judas n’était-il qu’un jouet du destin prédestiné à assumer ce rôle de fourbe ? Voilà bien un mystère, car ici se croisent la souveraineté de Dieu et la responsabilité humaine. Il faut cependant bien noter que tous les passages qui font référence à ce triste personnage, soulignent qu’il a décidé de trahir son Maître en sachant très bien ce qu’il faisait. Il a pris une décision consciente et délibérée. Cela dit, Jésus a choisi un homme qui, il savait d’avance, allait le trahir afin que l’Écriture s’accomplisse. Je cite la prophétie en question :

Et même mon meilleur ami, en qui j’avais mis ma confiance, celui qui partageait mon pain, s’est tourné contre moi (Psaumes 41.10).

Littéralement, Jésus dit : « Celui qui mange avec moi le pain, a levé le talon contre moi ». Il ne dit pas « mon pain » comme dans la citation du Psaume parce que pauvre, il n’en avait pas à donner. Jésus a voulu donner le pain de vie à ce disciple, mais ce dernier l’a refusé.

A cette époque et encore aujourd’hui, surtout au Moyen-Orient, partager un repas avec quelqu’un est un signe de communion, d’amitié, et de confiance réciproque. Lorsque le roi David a écrit ce passage que je viens de lire, il avait lui-même été trahi par un dénommé Achitophel, un de ses proches, un compagnon d’armes et de table en qui il avait toute confiance. Cependant, cet homme décida un jour de prendre le parti d’un usurpateur au trône d’Israël. Rusé et bon stratège, il savait comment mettre un terme au règne de son roi. Mais quand il constata que ses nouveaux maîtres ne suivraient pas ses conseils, il savait aussi que la partie était perdue, que l’insurrection ne réussirait pas et il alla se pendre. Cet Achitophel était un avant-coureur de Judas dont il annonçait prophétiquement la traîtrise. Les actions de Judas et de cet Achitophel furent particulièrement douloureuses pour leur Maître respectif.