Chapitre 10

Introduction

Dans les pays démocratiques, tous les politiciens qui aspirent à occuper un poste au sommet de l’état, essaient de convaincre le peuple qu’ils sont meilleurs que les autres. Chaque candidat promet la lune et jure par ses dieux que personne n’est aussi qualifié que lui pour diriger le pays. En réalité, la grande majorité de ces aspirants au pouvoir sont des loups déguisés, des despotes sous une forme ou sous une autre. Et s’il est vrai que le monde a connu quelques chefs capables et bienveillants, la seule personne qui saurait conduire l’humanité sur le droit chemin est le Bon Berger. Il se présente dans le chapitre 10 de l’évangile selon Jean où sous forme de parabole il explique son programme qui ne pourrait pas être plus simple : Les brebis le suivent parce qu’elles le connaissent et lui font confiance. Ceux qui écoutent Jésus comprennent très bien de quoi il parle au niveau de l’élevage proprement dit, mais ils n’en saisissent pas l’application spirituelle. Aveuglés par leur incrédulité, ils sont incapables de discerner en Jésus le Maître Bon Berger. Dans son évangile, Matthieu raconte la parabole du Semeur qui se termine par :

Que celui qui a des oreilles, qu’il entende ! (Matthieu 13.9).

Puis Jésus dit à ses disciples :

Vous avez reçu le privilège de connaître les secrets du royaume des cieux, eux ne l’ont pas reçu. Voici pourquoi je me sers de paraboles, pour leur parler : c’est que, bien qu’ils regardent, ils ne voient pas, et bien qu’ils écoutent, ils n’entendent pas et ne comprennent pas (Matthieu 13.11, 13).

Il ne suffit pas d’avoir des oreilles et des yeux pour voir, entendre et comprendre les paroles du Christ ou le message des Écritures. Il faut aussi que mon cœur soit ouvert à lui.

Versets 7-8

Je continue à lire dans le chapitre 10 de l’évangile selon Jean.

Alors Jésus reprit : —  Vraiment, je vous l’assure : je suis la porte par où passent les brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi étaient des voleurs et des brigands. Mais les brebis ne les ont pas écoutés (Jean 10.7-8).

Les voleurs et les brigands sont les mauvais bergers du peuple, passés, présents, et même à venir. Il s’agit des pharisiens et autres chefs religieux qui prétendent enseigner et conduire le peuple d’Israël, mais ce sont des loups qui oppriment et font trembler de peur le peuple. Jésus est « la porte par où passent les brebis », une expression qui rappelle un texte prophétique de l’Ancien Testament qui réunit l’image de la porte et celle du bon berger. Je le cite :

Descendants de Jacob, je vous rassemblerai, l’Éternel le déclare, je les ferai venir ensemble comme un troupeau d’agneaux dans un enclos. Ils seront comme des brebis au milieu de leurs pâturages. Celui qui fait la brèche marchera devant eux. Ils franchiront la porte et sortiront par elle. Leur Roi marchera devant eux, l’Éternel sera à leur tête (Michée 2.12-13).

La parabole de Jésus est construite sur ce texte qui annonce sa venue et elle est à mettre en parallèle avec celle des vignerons qui l’explique en détail (Matthieu 21.33-41). À proximité des pâturages se trouve un bercail pour les brebis. Jésus est à la fois le berger et la porte de l’enclos. Il se place sur le seuil et contrôle les entrées et les sorties de cette enceinte en pleine nature. Les brebis peuvent sortir dans les champs pour brouter ou, si elles sont fatiguées ou effrayées, venir à l’intérieur où elles sont en sécurité sous la protection de leur berger.

Versets 9-10

Je continue le texte.

C’est moi qui suis la porte. Celui qui entre par moi sera sauvé : il pourra aller et venir librement, il trouvera de quoi se nourrir. Le voleur vient seulement pour voler, pour tuer et pour détruire. Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante (Jean 10.9-10).

Jésus est la seule porte par laquelle les hommes peuvent entrer dans le royaume de Dieu; il n’y en a pas d’autres, absolument aucune. L’enjeu n’est pas seulement entre mauvais et bon bergers, car c’est le salut du peuple qui est en cause. Celui qui escalade le mur est un meurtrier et un destructeur. Il désire seulement exploiter le troupeau pour son usage personnel. Mais Jésus est venu pour donner la vie à ses brebis, une vie débordante. Le voleur enlève tandis que le Bon Berger donne en abondance.

Verset 11

Je continue le texte.

Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis (Jean 10.11).

L’image du berger est familière aux Juifs car elle décrit notamment l’Éternel dans l’Ancien Testament, ainsi que le roi messianique représenté par David. En grec, le mot « bon » désigne la bonté comme suprême beauté morale. Le bon berger connaît ses brebis et il est aussi la porte de la bergerie. Jésus explique maintenant l’analogie d’une troisième façon. Au crépuscule en Palestine le danger rôde partout. À cette époque, il y avait de nombreux lions, loups, chacals, panthères, léopards, ours et hyènes dans les campagnes. La vie d’un berger était menacée et certains perdirent la vie à défendre leurs troupeaux. C’est ce qui va arriver à Jésus. Au début de son ministère, Jean-Baptiste l’a présenté comme l’Agneau de Dieu. Le Seigneur est donc à la fois l’agneau et le bon berger. Dans le Nouveau Testament, il est également appelé le grand berger et le Chef des bergers. Je lis les deux passages :

Le Dieu qui donne la paix a fait revenir d’entre les morts notre Seigneur Jésus qui est devenu le grand berger de ses brebis et a scellé de son sang l’alliance éternelle. Alors, quand le Chef des bergers paraîtra, vous recevrez la couronne de gloire qui ne perdra jamais sa beauté (Hébreux 13.20 ; 1Pierre 5.4).

Versets 12-13

Je continue le texte.

Celui qui n’est pas le berger, qui n’est pas le propriétaire des brebis, mais que l’on paye pour les garder, se sauve, lui, dès qu’il voit venir le loup, et il abandonne les brebis ; alors le loup se précipite sur elles, il s’empare de quelques-unes et disperse le troupeau. Cet homme agit ainsi parce qu’il est payé pour faire ce travail et qu’il n’a aucun souci des brebis (Jean 10.12-13).

Le bon berger à qui appartiennent les brebis en prend soin; il les nourrit, les protège et les défend jusqu’à la mort. Le mercenaire qui travaille pour un salaire n’a pas cette attitude envers les brebis. Il est uniquement préoccupé à gagner de l’argent et à se protéger lui-même. Il ne s’investit pas dans ces animaux qui ne sont pour lui qu’un gagne-pain. Par conséquent quand vient le loup, il s’enfuit et les brebis sont dispersées. Israël a connu de nombreux faux prophètes, rois égoïstes et faux messies et le troupeau de Dieu a souffert de leurs abus.

Versets 14-15

Je continue.

Moi, je suis le bon berger ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, tout comme le Père me connaît et que je connais le Père. Je donne ma vie pour mes brebis (Jean 10.14-15).

Le bon berger veille attentivement sur ses brebis; il les connaît et les aime et elles ont confiance en lui. Ensuite, dans son amour, le bon berger est entièrement dévoué à ses brebis, prêt à donner sa vie pour elles.

Verset 16

Je continue.

J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. Celles-là aussi, il faut que je les amène ; elles écouteront ma voix, ainsi il n’y aura plus qu’un seul troupeau avec un seul berger (Jean 10.16).

Ces autres brebis sont les païens qui croiront en Jésus mais ils appartiennent déjà au Seigneur en vertu de la souveraineté et du dessein immuable de sa grâce. Jésus annonce ici que sa personne et son message seront proclamés hors d’Israël dans le monde entier et il prophétise aussi l’universalité de l’Église. Celle-ci est constituée de croyants issus des bergeries juive et païenne qui ensemble formeront un seul troupeau composé d’hommes et de femmes de toutes races, riches et pauvres de toutes les nations et de toutes langues.

Versets 17-18

Je continue le texte.

Si le Père m’aime, c’est parce que je donne ma vie ; mais ensuite, je la reprendrai. En effet, personne ne peut m’ôter la vie : je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père (Jean 10.17-18).

Jésus annonce une quatrième fois qu’il donne sa vie de son propre gré pour ses brebis. L’amour entre le Père et le Fils conduit à l’obéissance sacrificielle du Seigneur à la volonté de Dieu. La crucifixion n’est pas un malheureux accident de parcours ; elle fut décrétée de toute éternité et se situe dans le cadre de l’accomplissement des Écritures. Jésus est maître de sa vie, nul ne la lui prend; il choisit de la donner volontairement pour la reprendre ensuite. Sa mort est la rançon des péchés et sa résurrection est la vie de ses brebis. Dans les évangiles, quand Jésus annonce ses souffrances et sa mort, il annonce en même temps sa résurrection; les deux vont de pair.

Versets 19-21

Je continue.

Il y eut à nouveau division parmi le peuple à cause de ses paroles. Beaucoup disaient : — Il a un démon en lui, c’est un fou. Pourquoi l’écoutez-vous ? D’autres répliquaient : — Un démoniaque ne parlerait pas ainsi. Et puis : est-ce qu’un démon peut rendre la vue à des aveugles ? (Jean 10.19-21).

Pour la troisième fois, l’enseignement de Jésus provoque une division au sein de ses auditeurs.  Il faut convenir que les paroles qu’il vient de prononcer (Jean 10:17,18) sont soit de quelqu’un qui est un avec Dieu, soit d’un insensé. Mais à l’écoute de son enseignement et au vu de ses miracles, il est impossible de qualifier Jésus de fou ou de menteur ; il ne reste donc qu’une seule alternative : il est ce qu’il dit être : Le véritable chef berger d’Israël, le Roi-Messie, le Fils de Dieu. Certains Juifs qui ne sont pas encore ses brebis ont cependant le courage de prendre sa défense face à ses ennemis. Plus tard, certains deviendront ses disciples; alors ils reconnaîtront sa voix, l’écouteront et le suivront.

Verset 22

Je continue.

Le moment vint où l’on célébrait à Jérusalem la fête de la Consécration. C’était l’hiver (Jean 10.22).

Le discours précédent a eu lieu lors de la fête des Cabanes en Octobre (Jean 7.2), après quoi Jésus est retourné en Galilée. Depuis le conflit au sujet de la guérison de l’aveugle-né, il s’est écoulé deux mois sur lesquels Jean ne dit pas un mot. Il reprend son récit avec la fête de la Dédicace, aujourd’hui appelée Hanoukka ou fête des Lumières. Elle a lieu en décembre et dure 8 jours. Elle commémore la consécration du temple par Judas Macchabée en 165 av. J-C après sa profanation 3 ans auparavant par le despote grec Antiochus Épiphane. Cette fête rappelait aux Juifs une très grande délivrance de leurs ennemis.

Jean va maintenant relater la dernière confrontation entre le Seigneur et la foule hostile entraînée par les chefs religieux. Israël en tant que nation a déjà officiellement rejeté le Messie. Le peuple peut appliquer à lui-même la parole prophétique de l’Ancien Testament :

La moisson est passée, l’été est terminé et nous ne sommes pas sauvés (Jérémie 8.20).

En fait, cette phrase peut aussi désigner tous ceux qui au soir de leur vie n’ont pas accepté Jésus comme Sauveur. En tant que nation, les Israélites ont complètement loupé le coche, et maintenant, au lieu du salut c’est le jugement qui les attend. Ils seront détruits en l’an 70 quand les Romains raseront le temple de Jérusalem.

Versets 23-24

Je continue.

Jésus allait et venait dans la cour du Temple, dans la Galerie de Salomon. Alors on fit cercle autour de lui et on l’interpella : — Combien de temps nous tiendras-tu encore en haleine ? Si tu es le Messie, dis-le nous clairement (Jean 10.23-24).

La Galerie de Salomon est la seule partie du temple qui est restée debout après sa destruction par Nabuchodonosor (587-586 av. J-C). Les paroles énigmatiques de Jésus agacent au plus haut point ses ennemis qui l’encerclent et lui demandent de leur révéler clairement son identité. Pourtant une longue liste de gens l’ont reconnu sans difficulté. Parmi eux on trouve ses disciples. André a déjà  affirmé : « Nous avons trouvé le Messie ! » Et Nathaniel a dit : « Maître, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël ! » Plus tard, c’est au tour de la femme samaritaine de déclarer qu’il est le Messie et tout son village de dire : « Nous croyons en lui et savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde. » Nous possédons aussi le témoignage de l’apôtre Pierre qui a dit à Jésus: nous savons que tu es le Saint, envoyé de Dieu (Jean 6.69).

Versets 25-26

Je continue le texte.

— Je vous l’ai déjà dit, leur répondit Jésus, mais vous ne croyez pas. Pourtant, vous avez vu les actes que j’accomplis au nom de mon Père : ce sont eux qui témoignent en ma faveur. Mais vous ne croyez pas. Pourquoi ? Parce que vous ne faites pas partie de mes brebis (Jean 10.25-26).

Les miracles de Jésus prouvent qu’il est le Messie, mais il ne correspond pas à l’attente des Juifs qui veulent une sorte de Napoléon qui les délivrerait du joug romain. Mais le Seigneur n’est pas venu comme dirigeant politique et son ministère ne se compare pas à celui de Moïse. Pourtant, ce dont la nation juive et le monde entier a besoin, c’est d’un Sauveur, mais les Juifs sont totalement aveugles à l’égard de leur état spirituel ; leur problème n’est pas un manque de preuves concernant l’identité de Jésus, mais le refus de croire.

Versets 27-29

Je continue.

Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront et personne ne pourra les arracher de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tous, et personne ne peut arracher qui que ce soit de la main de mon Père (Jean 10.27-29).

Jésus connaît ses brebis et elles le suivent et chacune reçoit une attention particulière de la part de son Maître. Malgré les épreuves de la vie, je ne suis pas un numéro sur un échiquier. Le roi David écrit :

Éternel, tu tiens le compte de chacun des pas de ma vie errante, et mes larmes même tu les gardes dans ton outre. Leur compte est inscrit dans ton livre (Psaumes 56.9).

Certaines brebis peuvent s’égarer pour un temps, mais non se perdre, car le Bon Berger veille. La vie éternelle est un don et celui qui la reçoit la possède pour l’éternité. L’expression « jamais elles ne périront » est une affirmation très forte dans le texte grec. Une brebis égarée ne sait pas d’elle-même retrouver son chemin, et de plus, elle est très lente et ne peut opposer aucune défense face à un prédateur. Elle dépend entièrement du berger pour sa subsistance et sa survie. Ses brebis, c’est le Père qui les a données à Jésus (Jean 17:6,9,12) ; or, comme il est plus grand, plus puissant que tous, qui pourrait jamais les ravir de sa main ? Les brebis peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles car elles ont à la fois le Seigneur et l’Éternel pour gardiens.

Versets 30

Or, moi et le Père, nous sommes une même chose (Auteur; Jean 10.30).

En affirmant son unité d’être avec le Père, Jésus franchit une étape de plus. Les deux personnes de la Trinité partagent la même nature divine et fonctionnent en unissons, en parfaite harmonie. Le Père et le Fils ont un même projet, une même autorité, un même jugement, une même volonté, font les mêmes œuvres et les mêmes paroles. En grec, leur unité est exprimée par un pronom neutre, ce qui la rend encore plus absolue et exclusive (comparez Jean 17.10,11,21).

Versets 31-32

Je continue.

Cette fois encore, ils ramassèrent des pierres pour le tuer. Alors Jésus leur dit : — J’ai accompli sous vos yeux un grand nombre d’œuvres bonnes par la puissance du Père ; pour laquelle voulez-vous me tuer à coups de pierres ? (Jean 10.31-32).

Les Juifs voulaient que Jésus révèle clairement son identité. Il a répondu à leurs souhaits, ce qui déclenche une crise. Ils veulent le lapider parce qu’ils ont très bien compris ce que Jésus leur a dit. A leurs menaces, il répond avec calme car il a pleinement confiance en Dieu son Père et il sait que son heure n’est pas encore venue et que c’est sur une croix qu’il doit mourir.

Verset 33

Je continue.

Les Juifs répliquèrent : — Nous ne voulons pas te tuer pour une bonne action, mais parce que tu blasphèmes. Car, toi qui n’es qu’un homme, tu te fais passer pour Dieu (Jean 10.33).

Ce n’est pas la première fois que les Juifs accusent le Seigneur de blasphème (Jean 5:17,18; 8:58,59) et ce sera finalement la raison pour laquelle Jésus sera mis à mort (Matthieu 26:65,66). Ils reprochent à Jésus homme de se faire égal à Dieu. L’ironie est que l’inverse est vrai. Par nature, Jésus est d’abord la seconde personne de la Trinité. C’est en second lieu seulement qu’il est devenu homme. Le Seigneur ne sillonnait pas les chemins de Palestine se proclamant le Tout-Puissant, mais ses miracles, son enseignement et ses paroles au sujet de son union profonde avec le Père révèlent qu’il est de la même nature que l’Éternel.

Versets 34-36

Je continue.

Jésus répondit : — N’est-il pas écrit dans votre propre Loi : Moi, le Seigneur, je vous ai dit : Vous êtes des dieux (Psaume 82.6) ? Or, on ne saurait discuter le témoignage de l’Écriture. Si donc votre Loi appelle “ dieux ” ceux auxquels s’adresse la Parole de Dieu, comment pouvez-vous m’accuser de blasphème parce que j’ai dit : “ Je suis le Fils de Dieu ”, quand c’est le Père qui m’a consacré et envoyé dans le monde ? (Jean 10.34-36).

Jésus utilise toujours les circonstances comme tremplin pour son enseignement. La réponse de Jésus est une citation tirée d’un Psaume selon l’ancienne traduction grecque du texte hébreu (Septante). Ce détail est important parce que Jésus sous-entend que cette version est tout à fait acceptable à ses yeux. Il dit aussi : « on ne saurait discuter le témoignage de l’Écriture ». Cette affirmation montre que le Seigneur croit en l’infaillibilité des Écritures et donc qu’elles sont la vérité de Dieu.

Pour ce qui est du contenu de ces paroles, Jésus dit en substance : « Si l’Écriture n’a pas blasphémé en appelant « dieux » les personnes à qui est adressée la révélation, ceux qui ont une fonction temporelle de juges en Israël, alors même qu’ils bafouaient la justice, comment aurais-je blasphémé en me déclarant Dieu, moi que Dieu envoie au monde comme sa révélation elle-même ? » Il faut savoir que le monothéisme biblique diffère de l’orthodoxie juive qui sépare d’un abîme le Créateur et l’homme. Sous le régime de l’Ancien Testament, toute fonction théocratique exercée au nom de l’Eternel, met son dépositaire en relation avec Dieu car il est son agent. Cet homme, roi, juge ou prophète, devient alors une manifestation de Dieu même.

Alors que les Juifs célèbrent la fête de la consécration du Sanctuaire qui avait été profané, le Seigneur se présente comme celui que le Père « a consacré et envoyé dans le monde. » Cette petite phrase sous-entend la préexistence de Jésus car il a d’abord été mis à part pour sa mission sur terre avant d’y être envoyé par le Père. En Jésus réside Dieu de la même manière que la gloire de l’Eternel habitait le Temple qui avait été construit et établi dans la ville sainte.