Chapitre 5

Introduction

Certaines personnes un peu machos sur les bords pensent encore qu’un homme viril, c’est comme un taureau, ça ne pleure pas. Mais qu’à cela ne tienne, Alfred de Musset a écrit des poèmes magnifiques où avec des mots simples il exprime des sentiments très humains. Dans « La nuit d’octobre », il écrit :

Les moissons pour mûrir ont besoin de rosée ;

Pour vivre et pour sentir, l’homme a besoin des pleurs.

Et dans L’Île mystérieuse, Jules Verne dit :

Te voilà donc redevenu homme, puisque tu pleures.

Les quatre évangiles rapportent un seul événement où il est explicitement écrit que Jésus a pleuré, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’autres occasions. Le Seigneur se trouve alors à l’entrée du village où habite une famille à laquelle il était très attaché. Elle se compose de deux sœurs et de Lazare leur frère qui vient tout juste d’être enterré. Dans l’évangile selon Jean, on lit :

Marie parvint à l’endroit où était Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. En la voyant pleurer, elle et ceux qui l’accompagnaient, Jésus fut profondément indigné et ému. – Où l’avez-vous enterré ? demanda-t-il. – Viens, Seigneur, lui répondirent-ils, tu verras. Jésus pleura (Jean 11.32-35).

Un passage de l’évangile selon Luc rapporte les lamentations de Jésus sur la ville de Jérusalem mais sans préciser s’il a pleuré. À cette occasion, le Seigneur a dit :

Ah, Jérusalem! Jérusalem! Toi qui fais mourir les prophètes et qui tues à coups de pierres ceux que Dieu t’envoie ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes habitants auprès de moi comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu ! (Luc 13.34).

Enfin, à la veille de son exécution, Jésus est allé prier dans le jardin de Gethsémané (Matthieu 26.36-46) et le texte dit que « l’angoisse le saisit, sa prière se fit de plus en plus pressante, sa sueur devint comme des grumeaux de sang » (Luc 22.44 ; Autre). Il est alors profondément accablé et connaît une angoisse indescriptible parce qu’il sait que le lendemain il doit porter et expier les péchés du monde sur la croix. En fait, on ne peut pas se représenter ce que cela signifie pour lui, qui est saint, d’être noirci de cette façon. Il a crié et probablement aussi pleuré. Je continue maintenant de lire dans le chapitre cinq de l’épître aux Hébreux.

Verset 7

Ainsi, alors qu’il avait un corps de chair, Jésus, avec de grands cris et des larmes, a présenté des prières et des supplications à celui qui pouvait le tirer de la mort, et il a été exaucé, à cause de sa soumission à Dieu (Hébreux 5.7 ; Autre).

Sur terre, Jésus ressent les joies et les peines comme vous et moi. À cet égard, il n’y pas de différence entre lui, qui est pourtant le Fils de Dieu, et n’importe quel Israélite. L’agonie de Jésus qui est ici décrite correspond à ce qu’il a vécu soit dans le jardin de Gethsémané, soit sur la croix. Cette détresse exprime toute l’étendue de son humanité. En tant que seconde personne de la Trinité, Jésus sait depuis toujours ce qui l’attend, mais il l’apprend d’une façon entièrement nouvelle quand il l’a expérimenté dans un corps d’homme.

Alors qu’ici il est dit que « Jésus a présenté des prières et des supplications », au début de ce chapitre 5, il est écrit que « tout grand-prêtre… est chargé de présenter à Dieu des offrandes et des sacrifices pour les péchés ». Or, dans les deux cas, l’auteur utilise le même verbe qui est traduit par « présenter ». Il veut montrer par là que lorsque « Jésus a présenté des prières et des supplications » à Dieu son Père, il était dans la même situation que le grand-prêtre juif quand il fait « des offrandes et sacrifices pour les péchés » sur l’autel des holocaustes qui est situé à l’entrée du sanctuaire. Il semble donc que lorsque « Jésus, avec de grands cris et des larmes, a présenté des prières et des supplications », il était sur la croix en tant que sacrifice et grand-prêtre qui l’offre. Dans le psaume 22 qui prophétise les conditions dans lesquelles le Messie mourra, on lit :

Car il (l’Éternel) n’a point méprisé ni dédaigné l’affliction de l’affligé ; il ne lui a point caché sa face ; mais il l’a exaucé quand il criait vers lui (Psaumes 22.25 ; Ost).

Or, quand on lit ce même verset dans l’Ancienne traduction grecque appelée « la Septante », on se rend compte que l’auteur s’en est fortement inspiré. Il ne fait donc guère de doute que lorsqu’il écrit ce passage, il a à l’esprit l’agonie de Jésus sur la croix, et ses cris et ses larmes sont directement liés à son sacrifice, qui dans l’économie divine sont nécessaires pour l’expiation des péchés du monde.

Pour Dieu, la croix est un autel parce que c’est là que le Fils de Dieu a versé son sang afin de payer pour toutes les fautes de tous les êtres humains de tous les temps et en particulier les miennes et les vôtres. Dans le livre du Lévitique, par l’intermédiaire de son serviteur Moïse, l’Éternel dit aux Israélites :

Le sang, c’est la vie de toute créature. Et moi, je vous l’ai donné afin qu’il serve à accomplir sur l’autel le rite d’expiation pour votre vie. En effet c’est parce qu’il représente la vie que le sang sert d’expiation (Lévitique 17.11).

C’est Dieu qui a décidé qu’il en serait ainsi et il ne nous donne pas d’autres explications que celle-ci. Sous la Loi, le sang des animaux sacrifiés n’ôte pas les péchés, mais les couvre seulement pour que l’Éternel ne les voie pas. Par contre, le sang de Jésus les efface complètement car ils n’existent plus.

Si « Jésus a présenté des prières et des supplications à Dieu » ce n’était pas afin qu’il soit épargné puisque la raison principale de sa venue sur terre était de mourir ce qu’il affirme lui-même quand il dit :

À présent, je suis troublé. Que dirai-je ? Père, sauve-moi de cette heure ? Mais c’est précisément pour l’affronter que je suis venu jusqu’à cette heure ! (Jean 12.27).

La supplication que Jésus adresse à son Père, alors qu’il se trouve sur la croix, est de ne pas rester enfermé dans la mort mais d’en être retiré, ce que le grec montre très bien dans le choix des mots (ek tanatou). Dans cette prière, Jésus demande donc à Dieu de le ressusciter, ce qui d’ailleurs a été prophétisé. En effet, dans le psaume 16, on lit :

Tu ne m’abandonneras pas dans le séjour des morts, tu ne laisseras pas ton serviteur fidèle se décomposer dans la tombe (Psaumes 16.10).

L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit que Jésus a été exaucé à cause de sa soumission à Dieu. Le mot traduit par « soumission à Dieu » est souvent rendu par « piété » et veut aussi dire « respect révérenciel ». Jésus a reconnu la souveraineté de Dieu et s’est soumis à lui.

Verset 8

Je continue le texte.

Bien qu’étant Fils de Dieu, il a appris l’obéissance par tout ce qu’il a souffert (Hébreux 5.8).

Comme Jésus-Christ est sans péché (comparez Hébreux 4.15), c’est forcément sans désobéissance qu’il a appris à obéir. Cet apprentissage a surtout consisté à s’humilier en acceptant de souffrir au travers des diverses épreuves qu’il a dû endurer pour accomplir parfaitement la volonté de Dieu à son égard et pour l’humanité.

Il faut bien reconnaître que nous ne pouvons pas pleinement comprendre tout ce que l’incarnation représente pour Jésus et qu’il existe une part de mystère dans cet apprentissage de « l’obéissance par la souffrance » qu’il a dû subir. Pareillement, on est perplexe quand on lit dans l’évangile selon Luc, qu’adolescent, « Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Luc 2.52 ; LSG). Pourtant, en tant que Fils de Dieu, Jésus a toujours été infiniment sage et sa connaissance en toute chose est illimitée et parfaite. C’est vrai, seulement en partageant notre condition humaine, il a renoncé à ses attributs divins ; il a montré aux hommes son humilité et son obéissance au Père, et il a connu dans sa chair les sentiments et les souffrances qui font notre vie. Dans son épître aux Philippiens, l’apôtre Paul écrit :

Il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu’il était bien un homme. Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix (Philippiens 2.7-8).

Il faut que je vous dise que je voudrais vivre sur cette terre aussi longtemps que possible parce que c’est une expérience unique qui ne se reproduira plus jamais. Alors, quand pour moi sonnera l’heure du grand départ, je ne suis pas sûr que ce sera de gaieté de cœur même si comme le dit l’apôtre Paul, toujours aux Philippiens :

Pour moi, la vie c’est le Christ, et la mort est un gain (Philippiens 1.21).

Jésus ne s’est pas identifié à nous pour acquérir une connaissance supplémentaire, mais afin qu’il puisse s’identifier à moi, pour que je me sente proche de lui et que j’aille à lui en toute confiance. En devenant homme, Jésus a partagé nos expériences, ce qu’il ne pouvait pas faire en tant qu’Esprit et seconde personne de la Trinité. De plus, et comme je l’ai déjà dit, le Seigneur est désormais différent de ce qu’il était avant l’incarnation puisque depuis sa résurrection, il a une apparence humaine et porte les marques des clous et de la lance qui l’ont percé (comparez Jean 20.27). Et puis, et comme cela a déjà été dit, il a pu devenir le grand-prêtre compatissant dont nous avons besoin.

En effet, ceux qui ont connu le même genre de détresse se regroupent souvent ensemble parce qu’ayant souffert la même tragédie, ils se reconnaissent les uns dans les autres et sont donc mieux aptes à pouvoir se soutenir. Je peux certes essayer de comprendre la souffrance d’un père qui a perdu son enfant, mais je reste hors circuit et un spectateur tant que je n’ai pas fait moi-même cette cruelle expérience. Comme Jésus a souffert à l’extrême, il peut comprendre n’importe quelle douleur que vous et moi lui apportons. Il a été façonné par la souffrance afin de devenir le grand-prêtre parfait, celui qui peut compatir avec moi au travers de toutes mes épreuves.

Verset 9

Je continue le texte.

Et c’est parce qu’il (Jésus) a été ainsi amené à la perfection qu’il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur d’un salut éternel : Dieu, en effet, l’a déclaré grand-prêtre dans la ligne de Melchisédek (Hébreux 5.9).

Le fait que « Jésus a été amené à la perfection » ne signifie évidemment pas qu’il s’est amélioré en cours de route, au fil de son expérience humaine, puisque déjà de toute éternité, il est parfait en matière de justice, sainteté, sagesse, connaissance, et de toute vertu ou capacité. Malgré toutes ses souffrances, Jésus a toujours été obéissant ce qui prouve bien qu’il est le Fils de Dieu, et donc qu’il a pu prendre sur lui le châtiment des coupables et mourir à leur place. En second lieu, dans son humanité, Jésus remplit les conditions requises pour devenir le grand-prêtre éternel, digne de confiance, et solidaire de ceux qu’il représente et pour qui il intercède.

Cependant et comme je l’ai déjà dit, il existe de grandes différences entre Jésus et les grands-prêtres juifs qui l’ont précédé, à commencer par le fait que le Fils de Dieu est à la fois l’officiant et l’offrande. De plus, il n’a pas eu à offrir de sacrifice pour lui-même puisqu’il est sans péché ; ensuite, son sacrifice est parfait et unique, et donc n’a jamais besoin d’être répété.

Alors que les sacrifices d’animaux permettent un pardon temporaire et incomplet, par son sacrifice, Jésus accorde à tous ceux qui croient en lui un pardon total, définitif et donc le salut éternel.

« Jésus est devenu pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur d’un salut éternel ». Cette obéissance ne concerne pas seulement l’observation de commandements de la Loi, mais également et surtout la foi dans le sens où l’entend l’apôtre Paul quand il écrit aux Romains :

Nous avons reçu la grâce et l’apostolat pour amener au nom de Jésus Christ tous les païens à l’obéissance de la foi (Romains 1.5 ; Autre).

Et dans sa seconde épître aux Thessaloniciens (1.8), Paul déclare que « Dieu punira tous ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus ».

Jean rapporte qu’un jour, on a demandé à Jésus :

Que devons-nous faire pour accomplir les œuvres que Dieu attend de nous ? – L’œuvre de Dieu, leur répondit Jésus, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé (Jean 6.28-29 ; comparez 2Thessaloniciens 1.8).

L’œuvre de Dieu et l’obéissance de la foi consistent donc à croire en Jésus.

L’auteur a bien soin de préciser que Jésus est devenu l’auteur d’un salut éternel « dans la ligne de Melchisédek » (Hébreux 5.10), parce que son sacerdoce est perpétuel et non transmissible alors que celui d’Aaron, le premier grand-prêtre sous la Loi, se transmet d’une génération à l’autre tout en étant provisoire puisqu’il a pris fin avec la venue de Jésus-Christ, le grand-prêtre parfait.

L’Éternel avait attribué à Melchisédek une prêtrise qui lui était propre, qui ne concernait que lui et qu’il ne pouvait transmettre, ni à son fils ni à quelqu’un d’autre. Dans ce sens, ce personnage mystérieux est un type, un exemple, une figure, un modèle qui annonce le grand-prêtre parfait et éternel qui donne à ceux qui croient en lui, un salut également parfait et éternel.

Versets 10-11

Je continue le texte.

Jésus est devenu l’auteur d’un salut éternel… dans la ligne de Melchisédek mais c’est un sujet sur lequel nous avons bien des choses à dire, et qui sont difficiles à expliquer ; car vous êtes devenus lents à comprendre (Hébreux 5.10-11 ; Autre).

Ici, débute le troisième avertissement de l’épître qui est une sorte de parenthèse avant que ne commence au chapitre sept, le discours long et complexe concernant Melchisédek.

L’épître aux Hébreux contient plusieurs avertissements (Hébreux 2.1-4 ; 3-4 ; 5.11-6.20 ; 10.26-39 ; 12) adressés aux Juifs qui sont convaincus que Jésus-Christ est le Messie et le Sauveur, mais qui hésitent encore à prendre une décision ferme et définitive à son égard, ou bien à des Hébreux qui ont fait une profession de foi à la légère et qui maintenant sont tentés de retourner au Temple de Jérusalem pour renouer avec le judaïsme. Le plus souvent, ce volte-face est dû à la pression sociale que les autres Juifs exercent sur eux.

Dans le Nouveau Testament, on trouve de très nombreux passages adressés aux croyants qui manquent de maturité afin de les exhorter à croître dans la foi. Dans sa première épître aux Corinthiens (3.1), l’apôtre Paul compare même certains croyants à des nourrissons incrédules qui ont besoin d’acquérir une pleine connaissance des vérités spirituelles, et bien sûr de les mettre en pratique dans leur vie quotidienne. Ici par contre, et c’est important de le noter, l’auteur n’a pas en vue des chrétiens immatures mais des Juifs non-engagés qui pour la plupart sont aussi des non-croyants, et son avertissement porte sur leur immaturité spirituelle, mais au sens large du mot. Il s’adresse à des Hébreux qui, pour une raison ou pour une autre, sont encore embourbés dans l’Ancienne Alliance, et il les pousse à un changement radical, à prendre une décision ferme et décisive, à abandonner complètement la loi de Moïse et ses préceptes pour suivre Jésus-Christ et lui seul (comparez Hébreux 10.1, 14). L’auteur va les avertir du péril qu’ils courent en restant accrochés aux éléments de vérités et aux promesses de l’Ancienne Alliance alors qu’elle a été totalement supplantée par la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ. Il va souligner les dangers de ne pas s’approprier la vie éternelle qui s’obtient uniquement par la foi en Jésus. Ces Hébreux sont devant la porte d’entrée du royaume céleste mais encore dehors.

Dans l’épître aux Hébreux, l’auteur établit plusieurs fois des comparaisons et des contrastes entre la foi de l’Ancien Testament et la foi en Jésus, et son message central est toujours la supériorité de la Nouvelle Alliance sur l’Ancienne, et la supériorité du christianisme sur le judaïsme. Pour ce faire, il oppose l’ombre à la substance, l’image à la réalité, le visible à l’invisible, la copie à l’original et le Juif traditionnel à celui qui a la foi en Jésus. Il montre que toutes les images et cérémonies liées à la loi de Moïse annoncent Jésus-Christ et trouvent leur accomplissement en lui.

Avant que les Hébreux ne soient capables de comprendre la similitude entre le sacerdoce de Jésus et celui de Melchisédek, ils doivent faire de gros progrès dans leur compréhension spirituelle. En effet, dans sa première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit :

L’homme ordinaire n’accepte pas les vérités qu’enseignent l’Esprit de Dieu car à ses yeux, elles sont pure folie, et il ne peut pas les comprendre parce qu’il faut du discernement spirituel pour les saisir (1Corinthiens 2.14 ; Autre).

Je me souviens qu’en classe de troisième, j’étais traumatisé parce que le prof de physique-chimie nous insultait sans arrêt. Il nous traitait de larves et à chaque cours ou presque, il nous appelait collectivement : « Bande de veaux », une façon de nous reprocher notre léthargie intellectuelle, je suppose.

Ici, l’auteur critique ses lecteurs pour leur léthargie spirituelle, pour leur manque d’intérêt concernant les vérités célestes, parce qu’ils sont devenus lents à comprendre. Plus exactement il dit : « vous êtes devenus des gens qu’on ne peut pas pousser concernant l’entendement ». À l’époque, c’est une façon de dire de quelqu’un qu’il est obtus ou un peu taré sur les bords, c’est-à-dire intellectuellement déficient.

Le problème avec ces Hébreux est qu’ils n’ont pas toujours été durs d’entendement. En effet, l’auteur semble dire qu’il fut un temps où ils étaient sérieusement intéressés par la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ. Au début, quand ils ont entendu la Bonne Nouvelle, c’étaient des véritables éponges avides d’en savoir plus sur Jésus. Alors, ils n’étaient pas du tout lents à comprendre, mais ils le sont progressivement devenus parce qu’ils ont négligé de prendre une décision ferme pour Jésus Christ. Plus loin, l’auteur s’adresse à eux quand il parle de « ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté au don du ciel, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont expérimenté combien la Parole de Dieu est bienfaisante et fait l’expérience des forces du monde à venir » (Hébreux 6.4-5). À un certain moment, ils étaient ouverts, prêts à recevoir la vie éternelle, mais maintenant ils ont sombré dans une apathie spirituelle alarmante.

Les gens qui sont lents à comprendre sont difficiles à enseigner. Ces Hébreux sont spirituellement endormis du fait de leur indifférence et de leur manque d’intérêt pour les vérités de Dieu. Alors, l’auteur veut leur secouer les puces afin d’éveiller leur sensibilité spirituelle pour qu’ils comprennent l’importance de la Nouvelle Alliance et sa supériorité sur l’Ancienne.

Aujourd’hui aussi on trouve des gens comme ces Hébreux. La première fois qu’ils entendent la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ, ils sont plein d’enthousiasme, mais ne font rien. Ils semblent pourtant comprendre comment recevoir la vie éternelle, mais négligent de prendre une décision franche pour Jésus, et finalement, avec le temps, ils deviennent léthargiques, indifférents à son égard. C’est très grave parce que Matthieu rapporte que Jésus a dit :

Celui qui n’est pas avec moi, est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi pour rassembler, disperse (Matthieu 12.30).