Chapitre 1

Introduction (suite et fin)

Les personnes qui pensent savoir quelque chose sont légions, et souvent leur science infuse les rend pénibles. C’est particulièrement vrai pour ceux qui disent avoir lu toutes les Écritures, de bien les connaître et qui se croyant experts en la matière, prétendent que le Dieu de l’Ancien Testament n’est pas le même que celui du Nouveau Testament. S’il est vrai qu’il existe effectivement des différences entre les deux  Testaments, d’une part, celles-ci ne gomment pas leurs similarités, et d’autre part, ces différences font que les révélation de l’Ancienne et de la Nouvelle alliance se complètent. Le livre du prophète Habaquq, par exemple, est très important dans le Nouveau Testament. Le livre des Actes rapporte que lorsque l’apôtre Paul prêche dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, il dit :

Sachez-le donc, mes frères, c’est grâce à lui (Jésus) que le pardon des péchés vous est annoncé ; c’est par lui que tout homme qui croit est acquitté de toutes les fautes dont vous ne pouviez pas être acquittés par la Loi de Moïse. Veillez donc à ce qu’il n’arrive pas ce qu’ont dit les prophètes (Actes 13.38-40).

Puis Paul menace ses auditeurs juifs de connaître un sort semblable à celui qu’Habaquq annonce à ses compatriotes, c’est-à-dire la destruction par une nation ennemie, s’ils refusent le pardon des péchés que Dieu accorde au nom de Jésus. Citant un passage du livre d’Habaquq selon l’ancienne version grecque, Paul poursuit sa prédication en disant :

Regardez, hommes pleins de mépris, soyez dans l’étonnement, et disparaissez. En effet, je vais accomplir une œuvre en votre temps, une œuvre que vous ne croiriez pas si quelqu’un venait vous l’annoncer (Actes 13.41 ; comparez Habakuk 1.5).

Mais les Juifs de l’époque de Paul ne veulent pas écouter la Parole de Dieu et l’histoire s’est donc répétée. La destruction de Jérusalem par les Babyloniens au 6e siècle avant Jésus-Christ (587-586 avant Jésus-Christ) s’est reproduite au premier siècle de notre ère mais par les Romains cette fois-ci (en 70 après Jésus-Christ). Le Temple est à nouveau détruit, la population de la Judée massacrée ou déportée et vendue comme esclave. Fidèle à lui-même, que ce soit sous le régime de l’Ancien ou du Nouveau Testament, Dieu agit selon les mêmes principes et d’une manière prévisible. Il ne prend personne par surprise ; il met le pécheur en garde puis attend qu’il se repente. Mais s’il se cabre et raidit le cou, il est châtié.

Le message central du livre d’Habaquq est une révélation que l’Éternel lui demande de graver sur des tablettes pour assurer sa conservation (Habaquq 2.2-4). L’apôtre Paul en cite une partie, la même quand il écrit : « le juste vivra par la foi » dans ses deux épîtres aux Romains (1.17) et aux Galates (3.11). Quant à l’auteur de l’épître aux Hébreux, il rappelle ce message central dans sa totalité quand il écrit :

Encore un peu de temps, un tout petit peu de temps, et celui qui doit venir viendra, il ne tardera pas. Celui qui est juste à mes yeux vivra par la foi, mais s’il retourne en arrière, je ne prends pas plaisir en lui (Hébreux 10 37-38).

« Celui qui doit venir » est évidemment une référence au retour de Jésus quand il viendra instaurer son royaume de justice sur cette terre. C’est par cet événement glorieux que s’accomplira la promesse faite au prophète Habaquq de la venue de l’Éternel en vue du rétablissement d’un ordre nouveau et juste. C’est aussi l’attente et l’espérance des croyants aujourd’hui.

Le livre d’Habaquq s’ouvre sur un prophète qui est très perplexe et qui éprouve une angoisse existentielle. Parce que le mal et la violence sévissent sans retenue dans le royaume de Juda, il se demande quand cette situation cessera. Alors, il décide d’aller se plaindre auprès de Dieu et lui demande : « Mais pourquoi n’interviens-tu donc pas ? » À quoi Dieu répond : « Je vais agir et Juda sera puni par Babylone ». Mais le prophète devient alors davantage perplexe et sa confusion se transforme en un dilemme spirituel. Il interpelle à nouveau l’Éternel et lui demande : « Mais comment un Dieu juste peut-il juger Juda en se servant d’un pouvoir injuste et immoral et des brutes qui sont cent fois pires que les Israélites ? »

Verset 1

Au premier chapitre d’Habaquq on pourrait donner le titre : « dialogue avec Dieu ». Contrairement aux autres prophètes qui parlent aux Israélites, Habaquq s’adresse presque exclusivement à l’Éternel ou aux Chaldéens.

Je commence maintenant de lire ce premier chapitre.

Proclamation dont l’Éternel a donné la révélation à Habaquq le prophète (Habaquq 1.1).

Habaquq mentionne très brièvement son nom et sa condition parce que l’oracle est plus grand que l’homme. Littéralement, le texte dit : « l’oracle que Habaquq le prophète a vu. » Cette mention spécifique « le prophète », se retrouve également dans le titre des livres des prophètes Aggée et Zacharie (et dans Jérémie 46.1 ; 47.1). Cette introduction formelle signifie que Habaquq exerce la fonction officielle de prophète de l’Éternel et qu’il est reconnu comme tel par le peuple de Juda.

Verset 2

Je continue.

Jusques à quand, ô Éternel, appellerai-je à l’aide sans que tu entendes mon cri ? Jusques à quand devrai-je crier vers toi : à la violence ! sans que tu nous délivres ? (Habaquq 1.2 ; auteur).

Les expressions « crier vers toi : à la violence » apparaissent deux autres fois dans l’Ancien Testament (Job 19.7 ; Jérémie 20.8). Le mot hébreu pour « violence » (Habaquq 1.2-3, 9 ; 2.17) englobe tout ce qu’on peut faire de mal à son prochain.

Si le prophète Jérémie est généralement considéré comme un saule pleureur parce qu’il maîtrise mal ses sentiments, Habaquq lui sait garder la tête froide. Pourtant, c’est un homme tourmenté et confus à cause des actes de violence perpétrés en Juda et qui pour lui sont une anomalie qu’il n’arrive pas à s’expliquer. Alors, se plaçant dans la position d’un juste attristé par ce qu’il voit autour de lui, il demande à Dieu ce qu’il attend pour agir.

La perplexité d’Habaquq est due à sa compréhension de la loi de Moïse qui garantit aux Israélites des récompenses ou des châtiments temporels en fonction de leur comportement. Or, ce système ne semble pas fonctionner. Plusieurs psalmistes (David, Asaph et les Qoréites ; Psaumes 13.1-4 ; 22.1, 11, 19-20 ; 74.1-2, 10-11 ; 88) ont réagi comme Habaquq et sont allés voir l’Éternel pour se plaindre à cause de leurs malheurs et de celui de leur peuple. Ces hommes pieux sont des exemples à suivre, car ils nous tracent le chemin en nous rappelant que tout croyant peut se rendre au trône de la grâce pour exposer ses problèmes à son Père céleste.

Verset 3

Je continue le texte.

Pourquoi me fais-tu voir de telles injustices ? Peux-tu rester indifférent à nos tourments ? Je ne vois devant moi que ravage et violence (comparez Jérémie 6.7 ; 20.8 ; Ézéchiel 45.9 ; Amos 3.10), il y a des querelles, et des conflits surgissent (Habaquq 1.3).

Le péché abonde et Dieu ne fait rien. Qu’un croyant pieux comme Habaquq soit tourmenté à cause de la méchanceté qu’il voit autour de lui, ça se comprend. Mais que l’Éternel qui est parfaitement saint soit indifférent devant les manifestations du mal est incompréhensible. Habaquq demande donc à Dieu : « Comment peux tu regarder le mal qui sévit sans intervenir ».

Tout comme l’explique avec force détail le prophète Michée, ce sont essentiellement les classes supérieures, c’est-à-dire les nobles, les déjà riches, les prêtres et les juges, qui pervertissent la justice et pratiquent la rapine. C’est la loi de la jungle, la loi du plus fort qui règne ; ceux qui détiennent le pouvoir écrasent les petits et Dieu n’intervient pas.

La même situation existe aujourd’hui et les athées s’en servent pour tourmenter les croyants en leur demandant : « comment pouvez-vous croire en un Dieu d’amour alors qu’il ne fait rien face à la méchanceté et à la corruption des grands de ce monde » ? Croyez-vous vraiment qu’un Dieu parfait, bon et tout-puissant, permettrait les souffrances qu’on voit, les tremblements de terre et les guerres ?

Il se trouve que dans le jardin d’Éden, Satan a posé le même genre de question à Adam et Ève. Il leur a dit quelque chose comme : « Comment, l’Éternel ne veut pas que vous mangiez du fruit de cet arbre, mais pourquoi donc ? C’est pourtant le meilleur de tous les fruits du jardin et si vous en mangez, vous serez comme Dieu. Je n’arrive pas à croire qu’un Dieu bon pourrait vous interdire de manger de ce fruit, je ne comprends vraiment pas ». Par de telles paroles et sous-entendus, Satan réussit à ébranler la confiance de nos premiers parents en l’Éternel. C’est souvent en semant le doute que le diable et les démons trompent les hommes.

Les questions qu’Habaquq pose à Dieu sont directement liées au contexte de son époque. Les personnes iniques s’enrichissent par leur méchanceté et Dieu est apparemment indifférent à ces scandales. Le prophète demande pourquoi Dieu ne juge pas les impies et permet qu’ils prospèrent. Ces interrogations sont encore d’actualité, car le problème du mal se pose encore et toujours en ce bas monde. Nous avons maintenant sur notre planète au moins un milliard d’êtres humains qui vivotent dans la misère noire et une classe de gens qui sont tellement opulentes que leur richesse est obscène. C’est révoltant. Dans le psaume 73, tourmenté par les injustices de ce bas monde, le psalmiste écrit :

J’étais jaloux des arrogants en voyant la prospérité des gens méchants. Car ils sont exempts de souffrance ; jusqu’à leur mort, ils ont santé et embonpoint. Ils passent à côté des peines qui sont le lot commun des hommes. Ils ne subissent pas les maux qui frappent les humains. Aussi s’ornent-ils d’arrogance comme on porte un collier, et la violence est leur parure, leurs yeux sont pétillants dans leur visage plein de graisse, les mauvais désirs de leur cœur débordent sans mesure. Ils sont moqueurs, ils parlent méchamment et, sur un ton hautain, menacent d’opprimer. Leur bouche s’en prend au ciel même, leur langue sévit sur la terre. Aussi le peuple les suit-il, buvant à longs traits leurs paroles, tout en disant : “ Dieu ? Que sait-il ? Celui qui est là-haut comment connaîtrait-il ? ” Voilà comment sont les méchants : toujours tranquilles, ils accumulent les richesses. Alors, c’est donc en vain que je suis resté pur, que j’ai lavé mes mains en signe d’innocence ! Je me suis mis à réfléchir : j’ai cherché à comprendre, je trouvais tout cela bien trop injuste jusqu’au jour où je suis entré dans le Temple de Dieu et où j’ai réfléchi au sort qui les attend. Car, en fait, tu les mets sur un terrain glissant, tu les entraînes vers la ruine. Et soudain, c’est la catastrophe : en un instant, ils sont perdus, ils sont détruits, et l’épouvante les saisit. Comme les images du rêve s’évanouissent, après le réveil, ô Éternel, quand tu interviendras, tu les feras tous disparaître (Psaumes 73.3-20).

La vie est bien plus que l’accumulation des richesses, le divertissement, les plaisirs et le travail, surtout que, comme on dit, l’argent ne fait pas le bonheur. Comme pour nous faire envie, les masses médias nous montrent en détail la vie de rêve des gens célèbres ou ultras riches puis un jour en moins de deux secondes et sans commentaire, on nous annonce leur mort tragique. Ces gens qui se donnent aux plaisirs les plus fous ou aux sports les plus extrêmes, meurent d’ennuis ou se suicident, et cette folie se propage car souvent leurs enfants sont encore pires que les parents à cause des valeurs mondaines qui leur ont été inculquées. Toujours dans le psaume 73, le psalmiste tourmenté conclut en disant :

Je suis toujours avec toi, et tu m’as saisi la main droite, selon ton plan, tu me conduis, puis tu me prendras dans la gloire (Psaumes 73.23-24).

Et dans le psaume 84, le psalmiste écrit :

Un jour dans tes parvis vaut bien mieux que mille ailleurs. Plutôt rester sur le seuil de la maison de mon Dieu, que de demeurer sous les tentes des méchants (Psaumes 84.11).

Verset 4

Je continue le texte d’Habaquq.

À cause de cela, on ne respecte plus la loi, et le droit n’est pas garanti. Car les méchants empêchent les justes d’agir, les jugements qui sont rendus sont corrompus (Habaquq 1.4).

Littéralement : « La loi (c’est-à-dire la tôrâ) n’a pas de vie » (elle n’a aucune efficacité). « La justice n’a pas de force ». Dans le livre de l’Ecclésiaste, Salomon écrit :

Parce qu’une mauvaise action n’est pas vite sanctionnée, les hommes sont portés à faire beaucoup de mal (Ecclésiaste 8.11).

Comme Dieu n’intervient pas pour mettre fin aux scandales et au mal, la loi de Moïse, c’est à dire le code qui dicte la conduite morale, civile et religieuse des Israélites est devenue lettre morte. La justice est pervertie, le droit n’est pas respecté et c’est l’impie qui par ses menaces et sa sournoiserie triomphe dans les jugements rendus par les juges.

Verset 5

Je continue.

Regardez parmi les nations, et observez ! Vous serez stupéfaits, vous serez ébahis, car je vais accomplir en votre temps une œuvre ; vous ne le croiriez pas si on vous en parlait (Habaquq 1.5 ; auteur).

Le prophète qui représente les justes d’Israël et qui se plaint à l’Éternel de l’injustice reçoit une réponse, mais elle est adressée à tout le peuple. Dieu demande aux Israélites de regarder un peu plus loin que le bout de leur nez et de se demander, quelle est la nation sur la scène internationale, que Dieu utilisera pour punir le royaume de Juda. Les Israélites vont être tellement « ébahis » par la révélation qu’Habaquq est sur le point de recevoir et de leur dire, qu’ils en auront la tête qui tourne et ne pourront le croire. Ils vont être stupéfaits parce que le châtiment qu’ils vont subir sera à la fois sévère et inattendu. À ce moment-là, les Israélites verront que l’Éternel n’a pas oublié le mal qu’ils ont commis. Par sa sévérité, ce châtiment dépassera tout ce que le peuple et surtout les classes dirigeantes pensaient avoir à redouter.

Voilà pourquoi dans le livre des Actes (13.41), l’apôtre Paul cite ce passage et l’applique au peuple de sa génération à cause de leur rejet de Jésus-Christ. Paul n’a pas une fibre de politicien en lui et n’essaie jamais de gagner des suffrages en parlant la langue de bois si chère aux politiciens, en promettant monts et merveilles et en arrondissant les angles droits. Quand l’apôtre annonce la Bonne Nouvelle aux Juifs, il leur explique comment Dieu a pourvu au salut de tout homme, et il n’a pas accompli cette oeuvre en douce dans un coin. Non ! Au moment de la mise à mort du Christ, des Juifs de toutes les nations sont à Jérusalem pour célébrer la Pâque. Certains croient alors en Jésus et colportent la nouvelle dans le pays où ils vivent. Puis, cinquante jours plus tard, des Juifs du monde entier se trouvent à nouveau à Jérusalem pour la célébration de la Pentecôte. Ils sont présents quand le Saint-Esprit est donné au petit groupe de disciples. Et suite à la prédication de l’apôtre Pierre, des milliers de personnes, essentiellement des Juifs et des prosélytes, sont sauvés et ajoutés à l’Église naissante (Actes 2).

Fort de ces événements qui ont eu lieu, l’apôtre Paul menace ses contemporains en leur prédisant que s’ils ne se convertissent pas à Jésus-Christ, leur nation sera détruite. Comme les Chaldéens ont été rayé de la carte internationale depuis déjà très longtemps, ce sera une autre nation qui fera cette besogne. L’histoire va se répéter et s’est répétée mais en bien pire. La première fois que Juda est déporté, l’exil n’a été que de 70 ans. La deuxième fois, il a duré presque 19 siècles jusqu’en 1948, un temps caractérisé par un antisémitisme persistant, des persécutions cruelles et incessantes, les pogroms et enfin l’extermination systématique du peuple juif par les nazis.

Habaquq demande : « Jusques à quand, ô Éternel » toléreras-tu le mal ? La réponse de Dieu à son prophète comporte la notion de temps car il dit : « je vais accomplir en votre temps une œuvre ; vous ne le croiriez pas si on vous en parlait. » Ce « en votre temps » est très significatif, car il veut dire que parmi ceux qui sont en vie au moment de la prophétie d’Habaquq, certains verront son accomplissement et donc le châtiment que l’Éternel fera subir à Juda.

Il est vrai que l’ensemble du peuple va souffrir de ce jugement, cependant, à cette époque, lorsqu’une nation est conquise, les nouveaux maîtres ne dépeuplent pas le pays car ils ne veulent pas qu’il devienne en friche, envahi par les ronces et les animaux sauvages. Ils désirent au contraire que les terres soient cultivées et donc leur rapporte des récoltes diverses et variées. Alors, ils laissent la plus grande partie des petites gens demeurer chez eux et leur donnent même les terres des classes dirigeantes, des nobles et de tout le gratin, qui eux sont soit massacrés, exilés, soit vendus comme esclaves.

Verset 6

Je continue le texte.

Car je vais faire lever les Chaldéens, peuple rude et impétueux, qui s’avance au large sur la terre pour s’emparer de demeures qui ne sont point à lui (Habaquq 1.6 ; BBA).

Surprise ! Quand Habaquq écrit, les Chaldéens sont soumis aux Assyriens et ne constituent pas une menace pour quiconque. C’est vrai qu’ils ont essayé à plusieurs reprises de se libérer du joug de leur suzerain mais sans succès. Pourtant, l’Éternel annonce haut et fort et sans nuance qu’ils seront les exécuteurs de la sentence divine. L’Éternel utilise les passions et les puissances humaines pour accomplir ses desseins. C’est ainsi que pour punir Salomon à cause de son idolâtrie, Dieu lui a suscité deux ennemis (2Rois 11.14, 23). Et concernant Israël, le prophète Amos écrit :

Voici ce que déclare l’Éternel, le Dieu des armées célestes : Ô communauté d’Israël, je susciterai contre vous une nation qui vous opprimera (Amos 6.14).

C’est à la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ, que les habitants de la Babylonie sont appelés Chaldéens. Peuple apparenté aux Araméens, ils s’infiltrent en Babylonie, assument le pouvoir politique et ressuscitent l’empire babylonien (en 626) grâce en particulier à leur roi Nabupolassar, père de Nabuchodonosor. Alliés aux Mèdes puis aux Scythes, ils arrivent à vaincre les armées assyriennes, à prendre et détruire Ninive leur capitale et ainsi à réduire l’empire assyrien à une peau de chagrin. Ensuite ils croisent le fer à deux reprises avec l’Égypte. La deuxième fois, par des attaques impétueuses et en déplaçant rapidement leurs troupes, ils écrasent les Égyptiens à la bataille de Karkémish (sur l’Euphrate en 604). Cependant, l’empire babylonien dure moins d’un siècle, jusqu’à ce que Cyrus roi des Perses s’empare de Babylone (en 539). Que ce soit une nation ou un individu, il faut bien prendre garde à ne pas braver Dieu trop longtemps. Un proverbe dit :

Un homme qui mérite d’être repris et qui raidit la nuque sera brisé tout d’un coup et sans remède (Proverbes 29.1 ; SER).