Chapitre 6

Introduction

Quand j’ai fait la préparation militaire, on allait crapahuter dans la montagne sous un soleil de plomb face à un vent à décorner un bœuf. Non seulement ce n’était pas une promenade dominicale, mais ce séjour avait un vague goût désagréable de déjà vu. En effet, quand j’étais enfant à l’âge de dix ans et je crois onze ans, je suis allé en colonie à Port Vendres pendant un mois. Or le style de ces vacances était moitié caserne et moitié maison de redressement. Tous les jours, c’était sieste obligatoire dans le silence complet. Puis on allait souvent à la plage où à coups de sifflet on entrait dans l’eau et on en sortait. Puis on nous donnait du pain mou avec du chocolat noir de qualité inférieure. Ce n’est pas tout. Quelquefois, pour des raisons qui m’ont toujours échappé, le moniteur nous emmenait en montagne où on devait marcher dans une chaleur accablante sur un terrain aride et plein d’arbustes épineux. Alors pour nous encourager, comme à l’armée, on nous faisait chanter. C’est là que j’ai appris le fameux refrain : La meilleure façon de marcher, c’est encore la nôtre, c’est de mettre un pied devant l’autre et de recommencer. Finalement, tout ça a eu du bon puisque j’aime encore bien les courses de montagne.

Les différentes façons de marcher, qu’elles soient titubantes ou d’un pied sûr, soutenue et régulière, ou rapide de commando avec fusil et paquetage, ont toutes des points communs. En fait, même la marche selon l’Esprit, telle qu’elle est décrite dans le Nouveau Testament, est comparable aux tout premiers pas que nous avons faits en tant que bébé ; c’est d’ailleurs ce que l’apôtre Paul explique aux Galates.

Dans la dernière partie de la section pratique de cette épître, il les exhorte à se soumettre au Seigneur en toute humilité et à se laisser diriger par lui. C’est ce qui s’appelle la sanctification de l’Esprit ou la marche en nouveauté de vie. Certains Galates se sont mis dans de très vilains draps en suivant les conseils empoisonnés des perturbateurs Judaïsants. Ils avaient pourtant tous très bien commencé la vie chrétienne en plaçant leur foi en Jésus-Christ. Mais comme envoûtés, quelques uns d’entre eux essaient maintenant d’atteindre une sorte de perfection en suivant les préceptes de la Loi de Moïse. Ce comportement est évidemment un non-sens puisque d’une part, ils ne sont pas israélites, et d’autre part, le régime de la Loi a été aboli quand Jésus est mort sur la croix. Preuve en est, le rideau qui sépare la partie sainte du Temple et le Saint des saints s’est séparé tout seul en deux de haut en bas, comme s’il avait été déchiré par une main invisible. Je lis la description de cette scène dans l’évangile selon Matthieu : Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : — Eli, Eli, lama sabachthani ? ce qui veut dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? À ce moment, Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l’esprit. Et voici qu’au même instant, le rideau du Temple se déchira en deux, de haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent (Matthieu 27.46, 50-51).

En essayant d’obéir à la Loi, les Galates renégats sont non seulement déchus de la grâce, mais en plus, ils essuient un échec cuisant dans leur vie chrétienne, aussi bien à titre personnel que communautaire puisque leurs églises sont divisées. Il semble que dans les églises de Galatie, comme dans celle de Corinthe d’ailleurs, la principale cause de dissension est la recherche d’une « vaine gloire » par certains qui en pratiquant certains aspects de la Loi de Moïse, cherchent à s’élever au-dessus des autres, ce qui ne peut que provoquer des dissensions dans l’assemblée. Après leur avoir montré leur folie et expliqué que seuls ceux qui se soumettent au Seigneur lui sont agréables, l’apôtre s’adresse surtout à ceux qui sont restés fidèles à ses enseignements, et qui ne sont donc pas tombés sous le joug du légalisme.

Afin de produire des fruits dignes de son appel d’enfant de Dieu, le croyant est exhorté à vivre et à marcher selon l’Esprit, et à persévérer dans cette marche, et s’il tombe, il doit se relever et repartir. Mais parfois, quand on est parterre, on a besoin d’aide pour se remettre sur pied. C’est là que doivent intervenir ceux qui sont spirituels, qui sont plus avancés dans la marche par la foi et qui vivent selon l’Esprit. Or, cet Esprit se manifeste par de l’amour envers les plus faibles qui commettent une faute. Les personnes spirituelles doivent alors redresser celui qui est tombé mais avec douceur et humilité car il faut prendre garde à sa propre faiblesse.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 6 de l’épître de Paul aux Galates.

Frères, si quelqu’un s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui vous laissez conduire par l’Esprit, ramenez-le dans le droit chemin avec un esprit de douceur. Et toi qui interviens, fais attention de ne pas te laisser toi-même tenter (Galates 6.1).

Paul fait état d’une situation hypothétique où un croyant s’est laissé piéger et a commis une faute. L’idée du texte est une personne qui s’enfuit, mais le péché plus rapide la rattrape et s’en empare. Il ne s’agit pas d’endurcissement dans une attitude de rébellion délibérée, mais d’une transgression plus ou moins grave commise sans trop réfléchir comme ça au gré du moment selon l’adage : « l’occasion fait le larron ». Le fautif doit alors être redressé. Ce mot veut dire complété ou remis en état comme dans le cas d’un maçon qui répare un mur. Il est aussi utilisé dans le Nouveau Testament pour raccommoder les filets de pêche (Marc 1.19) et il est aussi employé dans le vocabulaire médical grec de l’époque pour désigner la remise en place d’un os cassé. Si quelqu’un tombe et se casse une jambe, le chirurgien remet les os dans leur bonne position. Quelquefois, il doit même utiliser des boulons pour les immobiliser, puis la jambe est plâtrée jusqu’à ce qu’elle guérisse. C’est ce processus que Paul décrit, mais au niveau spirituel. Cette tâche délicate ne doit évidemment pas être accomplie à grands coups de gourdins, mais avec tact, douceur et humilité de la part de celui qui veut redresser son frère. Il faut toujours se méfier de soi-même, car personne n’est infaillible ; il n’existe pas de garantie en ce bas-monde et chacun de nous peut à un moment ou à un autre être tenté et tomber dans le péché. En effet, même si en principe, la nature pécheresse du croyant a été crucifiée, il doit encore se méfier de sa puissance virtuelle.

Alors si je me sens contraint d’aller voir quelqu’un pour le remettre sur la bonne voie, je dois agir avec amour et circonspection. Cela veut aussi dire que la charge de corriger celui qui est tombé n’incombe pas à un novice, mais à quelqu’un qui est spirituellement mûr dans la foi et conduit par l’Esprit. Dans son épître aux Romains, Paul dit : Nous qui sommes forts dans la foi, nous devons porter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, sans chercher notre propre satisfaction (Romains 15.1). Oui, mais le problème est le suivant: Qui se sent suffisamment fort pour aller corriger son frère qui est tombé ? « Qui suis-je pour me permettre une telle démarche ? » N’est-il pas plus simple de choisir la solution de facilité en fermant les yeux ou en jouant à la fausse piété et de se dire : « Pourquoi moi; je ne suis pas un redresseur de torts; il y a des personnes dans l’église qui sont plus spirituels que moi, qui connaissent mieux la situation, alors c’est à eux de régler ce problème ». Peut-être que oui, peut-être que non. Il n’existe pas de réponses toutes faites et chacun doit décider devant le Seigneur comment il doit agir. Et s’il n’y a pas eu faute mais seulement de la maladresse de la part d’un croyant, alors la situation est encore plus délicate parce qu’on sort du cadre de l’enseignement de Paul. Cependant, si j’aime mon frère, ne devrais-je pas l’aider? Bien sûr, je peux me dire : « Il est comme ça, tout le monde a ses faiblesses, moi aussi j’ai les miennes », ce qui est vrai, et c’est tellement plus facile de ne rien dire et de ne rien faire, mais ce n’est pas de l’amour.

Sous le régime de l’Ancienne Alliance, Dieu a certes corrigé Israël maintes et maintes fois à cause de sa rébellion quasi perpétuelle, mais il n’a jamais cessé de l’aimer. Le prophète Esaïe écrit : L’Éternel avait dit : Oui, les Israélites, ils sont mon peuple, ce sont des fils qui ne décevront pas. Et il les a sauvés. Dans toutes leurs détresses, il a été lui-même dans la détresse, et l’ange qui se tient en sa présence les a sauvés. Dans son amour et dans sa compassion, il les a libérés, il les a soutenus et il les a portés tous les jours d’autrefois (Ésaïe 63.8-9). Dieu est miséricordieux avec l’homme même quand il se rend coupable. L’ange qui se tient en présence de l’Éternel et qui a sauvé les Israélites est Jésus-Christ, la seconde personne de la Trinité. Ésaïe prophétise d’ailleurs son ministère de compassion. Je lis le passage : Voici mon serviteur, que je soutiens, celui que j’ai choisi, qui fait toute ma joie. Je lui ai donné mon Esprit et il établira la justice pour les nations. Il ne brisera pas le roseau qui se ploie et il n’éteindra pas la flamme qui faiblit, mais il établira le droit selon la vérité (Ésaïe 42.1, 3).

Le siècle dernier, dans le sud des États-Unis, un ivrogne invétéré s’est converti à Jésus-Christ et devint un puissant prédicateur. À cause de son emploi du temps particulièrement chargé, il mène une vie trépidante. C’est ainsi qu’un soir où il était particulièrement stressé, il s’est enivré. Mais il a tellement eu honte de sa conduite que le lendemain il a convoqué les responsables de son église à une réunion extraordinaire. Une fois tous rassemblés, il leur a dit : « J’ai décidé de me retirer du ministère » et il leur a remis sa démission. Ils sont tombés des nues et devinrent livides de stupéfaction. Le prédicateur s’est alors expliqué : « Hier soir, je me suis enivré, ce qui est honteux de la part d’un pasteur. Voilà pourquoi je démissionne ».

Mais ces hommes interloqués étaient spirituellement à la hauteur de la situation ce qui fait qu’ils lui ont dit : « Prions ensemble ! » Et c’est ce qu’ils firent, tout en plaçant leurs mains sur les épaules du prédicateur. Après avoir entendu la confession de sa faute, ils ont refusé sa démission. Alors, en toute humilité cet homme a continué son ministère. Il est certes tombé, mais il s’est relevé grâce à la sagesse des responsables de son église qui au lieu de l’enfoncer ont insisté pour qu’il se relève et reprenne sa marche.

Au final, cette expérience fâcheuse a eu du bon, car étant profondément humilié, et conscient plus que jamais de ses faiblesses, il s’est davantage soumis au Seigneur qui a béni son ministère lui permettant d’atteindre avec l’Évangile de plus en plus de personnes.

Sous la Nouvelle Alliance de la grâce où nous sommes actuellement, ceux qui ont placé leur confiance en Jésus sont pardonnés dès qu’ils avouent leurs fautes. Dans sa première épître, Jean écrit : Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de tout le mal que nous avons commis (1Jean 1.9).

Verset 2

Je continue le texte du chapitre 6 de Paul aux Galates.

Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux écrasants. De cette manière, vous accomplirez la loi du Christ (Galates 6.2).

Ce passage fait les choux gras des sceptiques et des cyniques qui se moquent des Textes Sacrés. J’aime bien comment un fameux prédicateur américain parle de son expérience avec ce genre de personne. Il raconte : Ces deux versets m’ont fait douter de l’exactitude de la Bible quand j’étais enfant. La plupart des villages d’un temps passé avaient au moins un personnage coloré qui prétendait être athée et qui le faisait savoir. Il se disait libre-penseur et c’était souvent un marginal bien que quelques fois il faisait partie du conseil municipal. Le village où j’ai grandi était très rural et la plupart des équipements et aménagements modernes faisaient défaut. Nous n’avions pas d’éclairage public ni l’électricité à la maison et je me souviens d’avoir étudié à la lumière d’une lampe à pétrole. Notre petit village n’avait pas de trottoirs et pas de route goudronnée. Elle n’avait pas non plus l’eau courante sauf ce que vous cherchiez à la fontaine et nous n’avions pas de WC intérieur. Il y a beaucoup de choses que notre village ne possédait pas, par contre nous avions un athée militant.

Quand le temps le permettait, tous les dimanches matins il allait au centre du village pour discuter. Il était généralement entouré d’une douzaine de personnes. Alors que je me rendais à l’école du dimanche de mon église, aussi lentement que je pouvais, je m’arrêtais toujours pour l’écouter. Ce qui m’impressionnait chez cet homme athée était sa bouche tordue. Quand il chiquait du tabac, il se passait quelque chose de très étrange. Non seulement il mettait Dieu à défi, mais il défiait également la loi de la gravité. On aurait pu penser qu’à cause de l’attraction terrestre, la salive de tabac se serait écoulée sur le côté inférieur de sa bouche tordue, eh bien pas du tout. Elle sortait sur le côté supérieur. Je me souviens de l’avoir observé. J’étais stupéfait, me demandant comment il accomplissait ce prodige.

Je me rappelle aussi que cet homme se moquait des Écritures et parlait de ses prétendues contradictions. Sa favorite était le second verset du chapitre 6 des Galates qui dit : Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux écrasants, qu’il comparait avec ce que dit Paul un peu plus loin et qui est : Car chacun portera son propre fardeau (Galates 6.5). Il prétendait avec insolence que l’apôtre se contredisait et que les Écritures n’étaient pas dignes de foi, car truffées d’erreurs. En réalité, cet homme comme les autres cyniques est un ignare qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

La réponse à leurs allégations est très simple, car dans le chapitre 6 de l’épître aux Galates, et bien que la plupart des versions françaises ont le même mot fardeau, en grec deux termes distincts sont utilisés. Dans le verset 2, il s’agit de baré qui veut dire charge énorme écrasante. Dans le verset 5, Paul emploie le mot phortion qui désigne le paquetage que porte le soldat romain en déplacement. D’ailleurs, Jésus assigne ce fardeau à ses disciples. Je lis le passage : Oui, mon joug est facile à porter et la charge, mot grec “ phortion ”, que je vous impose est légère (Matthieu 11.30).

Chaque croyant a sa part de responsabilités et de fardeaux inhérents à sa vie et qu’il ne peut partager avec les autres. Pensez à tous les petits désagréments auxquels nous devons faire face chaque jour. Si je suis coincé sur la route dans un embouteillage, c’est mon problème même si je n’y suis pour rien, et ce sera à moi d’en assumer les conséquences. Mais Jésus a assuré ses disciples que ces charges-là seraient légères à porter.

Nos fardeaux sont différents et dans ce chapitre 6, Paul les divise en 2 catégories : ceux qu’on peut partager et ceux que chacun d’entre nous doit porter lui-même. Je donne deux exemples de ces derniers. Dans une parabole de Jésus, il est dit littéralement que les travailleurs portaient le fardeau du jour et de la chaleur, ce qui est traduit par : nous avons travaillé dur toute la journée sous la forte chaleur (Matthieu 20.12). Et ailleurs, les responsables de l’Église d’Antioche ont rédigé une lettre à l’attention des païens chrétiens dans laquelle ils écrivent : Car il nous a semblé bon, au Saint-Esprit et à nous-mêmes, de ne pas vous imposer d’autres obligations que celles qui sont strictement nécessaires : ne consommez pas de viandes provenant des sacrifices aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et gardez-vous de toute inconduite sexuelle (Actes 15.28-29). Ces obligations imposées aux croyants d’origine païenne sont justifiées parce qu’à cette époque, elles font partie de tous les cultes idolâtres et sont particulièrement offensantes aux Juifs qui sont encore sous la Loi de Moïse. Paul dit donc : Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux écrasants. De cette manière, vous accomplirez la loi du Christ (Galates 6.2). Ici, l’apôtre répète en d’autres mots ce qu’il a déjà dit précédemment et qui est : Car la Loi se trouve accomplie tout entière par l’obéissance à cette seule parole : Aime ton prochain comme toi-même (Galates 5.14).

La loi que Jésus a émise à ses disciples consiste à porter les fardeaux les uns des autres par amour pour eux. Je rappelle ce passage : Je vous donne un commandement nouveau. Aimez-vous les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres (Jean 13.34-35). Aimer son prochain n’est pas un exercice cérébral, mais se manifeste concrètement dans le quotidien. Aider ceux que je rencontre sur ma route, qui sont en difficulté, sans rien espérer en retour, c’est les aimer et obéir à l’enseignement du Christ sur l’amour. Ce principe s’applique à tous les genres de fardeaux, bien que d’après le contexte, il semble que Paul ait à l’esprit le poids écrasant de la culpabilité et cela nous concerne tous, car personne n’est parfait.

Un jour, un prédicateur a demandé : Y a-t-il une personne ici qui ne commette jamais d’écart, ou connaissez-vous quelqu’un qui se dise irréprochable ? Tout le monde garda le silence. Il répéta sa question. Alors, un petit gringalet a levé la main et a dit : Je ne le connais pas personnellement, mais j’ai souvent entendu dire qu’il était sans faute. Et qui est-ce donc, demanda le prédicateur. C’est le premier mari de ma femme. De toute évidence, ce pauvre homme s’est fait rabattre les oreilles par sa mégère.

En réalité, nous avons tous nos fautes et nos faiblesses qu’il nous faut porter tout au long de notre séjour sur terre. Ces boulets peuvent aussi être une infirmité, une faiblesse génétique ou psychologique, l’ignorance, le stress, ou une calamité. Un proverbe espagnol dit : Il n’existe pas de maisonnée qui tôt ou tard ne connaîtra pas un temps d’épreuve. C’est vrai que chacun d’entre nous sera éventuellement visité par le malheur. On dit aussi que tout le monde pense que son fardeau est le plus lourd. Même les enfants ont des soucis, c’est le lot de nous tous. Certaines charges peuvent être partagées et un fardeau porté à plusieurs est bien plus léger.

Un jour, j’ai vu une femme monter dans un bus avec un énorme cabas qui semblait très lourd. Elle s’est assise à côté d’un homme et a mis son panier sur ses genoux pour ne déranger personne. Après avoir remarqué qu’il lui pesait, le Monsieur lui a dit : Si vous posez votre cabas sur le plancher, il ne gênera pas et vous serez plus à l’aise. C’était une parole d’encouragement comme une tape sur l’épaule.

Tout le monde, mais surtout les croyants, sont appelés à s’entraider et à s’encourager les uns les autres. Cela s’exprime de bien des manières différentes, par exemple, visiter les malades et ceux qui sont affligés, apporter un repas chaud à une famille en deuil ou frappée par un coup dur comme un accident ou une grave maladie. De plus, en Occident et surtout dans les grandes villes, nous menons une existence trépidante, ce qui fait que la plupart d’entre nous sont constamment stressés, sous tension.

Il m’arrive d’être préoccupé au point de passer à côté de quelqu’un que je connais bien, mais sans le voir et donc en l’ignorant, ce qui peut l’offenser. Un dimanche matin après le culte, un jeune homme est venu me voir et m’a demandé : Qu’est-ce que je t’ai fait que tu ne m’as pas dit bonjour ce matin ? Je ne me souvenais de rien. Je me suis excusé tout en lui expliquant que j’avais l’esprit ailleurs à cause d’un incident qui était survenu la veille. Heureusement, il a compris et on s’est séparé bons amis.

Les fardeaux et la souffrance sont le dénominateur commun de la race humaine. Nous ne sommes pas tous beaux, jeunes et forts, affublés de richesses ou de talents, mais nous avons tous des soucis. Certains d’entre nous sont malades, ou aveugles ou sourds ou infirmes, d’autres éprouvent des difficultés sur leur lieu de travail, ou des problèmes d’argent, de famille, avec les enfants ou avec des voisins impossibles à vivre. La liste est longue. On entend parfois dire : Aide-toi et le ciel t’aidera ! Mais je préfère la devise des mousquetaires : Un pour tous et tous pour un !