Chapitre 6

Introduction

Dans « La Grenouille et le rat », l’une des premières fables écrites par La Fontaine, la moralité exprimée en vers est la suivante : « la ruse la mieux ourdie peut nuire à son inventeur, et souvent la perfidie retourne sur son auteur ». Dans l’histoire de la reine Esther, Haman, le grand vizir et numéro deux du royaume, est un personnage particulièrement ignoble qui a manigancé l’extermination de tous les Juifs éparpillés dans l’Empire perse. Il a tout calculé, tout prévu, et même fait dresser la potence sur laquelle il va faire exécuter Mardochée qui a toujours refusé de courber l’échine devant lui. Mais ce qu’il n’a pas envisagé du tout est que le Dieu du ciel et de la terre va faire échouer son sinistre projet. Dans les coulisses, l’Éternel tire les ficelles qui vont non seulement contrecarrer les stratagèmes du grand vizir, mais retourner la situation contre lui. Nous sommes de grand matin et Haman vient demander à l’empereur la permission de réaliser la première partie de son plan, faire pendre Mardochée. Mais justement, le souverain vient d’apprendre que ce dernier l’a sauvé d’un attentat contre sa vie et n’a pas encore été récompensé. L’empereur a donc une dette envers lui. Tout ça tombe plutôt très mal pour le grand vizir.

Versets 6-9

Je continue à lire dans le chapitre 6 du livre d’Esther.

Haman entra et l’empereur lui demanda : — Que faut-il faire pour un homme que l’empereur désire honorer ? En son for intérieur, Haman se dit : — Quel homme l’empereur peut-il désirer honorer, sinon moi ? Il répondit donc à l’empereur : — Pour un homme que l’empereur désire honorer, que l’on apporte un manteau de l’empereur que l’empereur a déjà porté, que l’on amène un des chevaux que l’empereur a montés, et que l’on pose sur la tête du cheval un diadème impérial. Que l’on confie le manteau ainsi que le cheval à l’un des ministres de l’empereur, l’un des hauts dignitaires, et qu’on revête du manteau l’homme que l’empereur désire honorer, puis qu’on le fasse monter sur le cheval et qu’on le conduise ainsi sur la place de la ville en proclamant devant lui : “ Voilà ce que l’empereur fait pour l’homme qu’il désire honorer ! ” (Esther 6.6-9).

Les sceptiques ont longtemps pensé que l’auteur s’est trompé en parlant d’un cheval muni d’un diadème. Et puis un jour, on a effectivement trouvé sur des reliefs datant de l’époque assyrienne, donc avant l’Empire perse, des chevaux portant sur la tête un ornement à trois pointes en forme de couronne.

Haman le grand vizir est immensément riche ; il n’a donc pas besoin d’argent. Ce qu’il désire plus que tout au monde est la vénération du peuple, mais cet orgueil monstrueux va le ruiner. L’esprit occupé par ses projets meurtriers, il saute un peu trop vite à la conclusion que tout honneur particulier du roi ne peut être que pour lui. Il fait alors la proposition la plus extravagante qu’il peut imaginer. Il semble même qu’être le numéro deux de l’empire ne lui suffit pas ; il vise le trône. Au moment voulu, il a peut-être l’intention d’éliminer Xerxès. C’est en effet dans un bain de sang que se terminent bon nombre de règnes du Moyen-Orient.

En attendant, Haman veut habituer le peuple à le voir avec toutes les apparences de la royauté, ce qui inclut revêtir les vêtements d’apparat de l’empereur, car les porter est un signe de faveur exceptionnelle. D’une manière générale, dans la pensée des gens du monde antique qui sont très superstitieux, porter les habits d’autrui, voire simplement les toucher, c’est déjà avoir part à son pouvoir ou à son honneur comme par un phénomène d’osmose. C’est complètement fou mais on trouve cette croyance dans une histoire d’un évangile. Je lis le passage : « Elle avait entendu parler de Jésus, et dans la foule, elle s’était approchée de lui par derrière et avait touché son vêtement, en se disant : — Si j’arrive à toucher ses vêtements, je serai guérie (Marc 5.27-28). »

Versets 10-11

Je continue le texte.

Alors l’empereur dit à Haman : — Dépêche-toi d’aller chercher le manteau et le cheval, comme tu l’as dit, et fais tout cela pour le Juif Mardochée, qui exerce des fonctions au palais ! N’omets rien de tout ce que tu as proposé ! Haman alla chercher le manteau et le cheval, il revêtit Mardochée du manteau, puis il le fit monter sur le cheval et le conduisit ainsi sur la grande place de la ville en proclamant devant lui : — Voilà ce que l’empereur fait pour l’homme qu’il désire honorer ! (Esther 6.10-11).

Tel est pris, qui croyait prendre. Ici, il ne s’agit pas d’une ironie du sort, mais une ironie de Dieu. Le  roi n’a aucune idée de l’ironie de la situation dans laquelle il place son vizir car il ignore l’inimité entre Mardochée et Haman, et le fait que le décret est dirigé contre les Juifs, et donc aussi contre Mardochée. Tout ce que Xerxès sait est que l’homme qui lui a sauvé la vie occupe un emploi modeste aux portes du palais.

Le piège savamment monté par Haman vient de lui exploser en pleine figure. Comme il nourrit une profonde haine envers Mardochée qui l’a défié, le roi n’aurait pas pu lui demander quelque chose de plus honteux et détestable que de revêtir Mardochée des vêtements du roi, le faire monter sur ce cheval royalement paré, le conduire dans les rues de la capitale et proclamer haut et fort qu’il est l’homme que l’empereur veut honorer. C’est pour le vizir le comble de l’humiliation et un exercice de pure mortification. Haman qui voulait que Mardochée se courbe devant lui est forcé d’inverser les rôles.

Versets 12-13

Je continue.

Ensuite, tandis que Mardochée retournait à ses fonctions au palais impérial, Haman rentra précipitamment chez lui comme en deuil et en se couvrant le visage. Il raconta à Zérech sa femme et à tous ses amis ce qui venait de lui arriver. Ses conseillers et sa femme lui dirent : — Si ce Mardochée devant qui tu as commencé à être humilié est Juif, tu ne pourras rien contre lui. Tu peux être certain que tu continueras à déchoir devant lui (Esther 6.12-13).

Le texte est totalement silencieux sur les états d’âme de Mardochée qui, après ce défilé triomphal, retourne simplement à son poste de travail comme si rien ne s’est passé. Tout porte à croire qu’il s’attend à une intervention de Dieu qui va venir en aide au peuple juif menacé d’extermination. Pour Haman, le retournement de situation est épouvantable ; c’est de loin le pire jour de sa vie. Au lever du soleil, au moment où il a quitté son domicile, il était aux anges, dans un état de joie indescriptible, mais maintenant, le ciel vient presque littéralement de lui tomber sur la tête. Alors, portant le deuil, il rentre chez lui en toute hâte pour décharger son cœur avant d’être obligé d’aller au festin de la reine. Alors qu’il attend de sa femme et ses amis un réconfort, il trouve toute autre chose. Ces derniers, changeants comme la lune, font volte-face et lui prédisent le pire. L’extraordinaire honneur rendu à Mardochée leur a ouvert les yeux sur la valeur et la signification de son identité juive.

Les Perses connaissent l’histoire d’Israël et bien que ce peuple ait été exilé parmi eux, ils savent aussi que l’Éternel, leur Dieu, est puissant et que quand il intervient en leur faveur, rien ni personne ne peut s’opposer à lui. C’est déjà ce qui était arrivé au temps de Nabuchodonosor, puis plus tard de Daniel. A l’époque de l’empereur Darius, ses hauts dignitaires réussirent à le manipuler pour qu’il fasse jeter Daniel dans la fosse aux lions. Mais ce fut une idée désastreuse car la conclusion de cet incident est : « Là-dessus, l’empereur ordonna de lui amener ces hommes qui avaient accusé Daniel, et il les fit jeter dans la fosse aux lions, avec leurs enfants et leurs femmes ; ils n’avaient pas atteint le sol de la fosse, que déjà les lions s’emparèrent d’eux et leur broyèrent les os (Daniel 6.24 ). »

Dans l’histoire de la reine d’Esther, quand le plan machiavélique du grand vizir contre les Juifs semblait fonctionner comme une montre suisse, sa femme et ses amis lui avaient conseillé :

Il n’y a qu’à faire dresser une potence haute de vingt-cinq mètres, et demain matin, tu parleras à l’empereur pour qu’on y pende Mardochée. Puis tu pourras aller gaiement au festin en compagnie de l’empereur (Esther 5.14).

Il a donc attendu ce dîner avec la plus grande impatience, se vantant même d’être le seul invité avec l’empereur. Mais maintenant, son plan et son monde sont en train de s’écrouler. Haman est dans la plus grande affliction à l’écoute de ses proches prédisant sa fin. Il est encore en état de choc quand l’entretien est subitement interrompu. L’heure du destin vient de sonner. On entend des bruits de pas au-dehors ; ce sont les serviteurs du roi qui viennent chercher le grand vizir en toute hâte pour l’accompagner et l’escorter au festin d’Esther.

Verset 14

Je finis de lire le chapitre 6.

Ils étaient encore en train de s’entretenir avec lui quand survinrent les envoyés de l’empereur venus faire presser Haman de se rendre au festin préparé par Esther (Esther 6.14).

On a plus le temps de faire ouf, tellement les événements se précipitent et nous bousculent. Ce pauvre Haman ne doit plus tellement avoir le cœur à vouloir faire la fête, mais il ne peut s’esquiver. Il sent bien qu’il a perdu pied, qu’il ne contrôle plus les événements, mais il ne sait pas qu’il a été contrecarré et jugé par le Dieu du ciel. À mon avis, il doit quand même commencer à se douter que d’ici peu ça risque d’être sa fête dans le mauvais sens du terme. Peut-être même, se sent-il déjà un peu comme le condamné à qui on offre le dernier verre.

Chapitre 7

Versets 1-2

Nous arrivons au chapitre 7 dans lequel les événements se précipitent de plus en plus vite. Ce nouvel acte commence avec le 5e banquet de cette histoire : les deux premiers furent donnés par l’empereur, le troisième par Vasthi l’impératrice répudiée, et les deux suivants par Esther. Je commence à lire ce chapitre.

L’empereur et Haman arrivèrent donc pour festoyer avec l’impératrice Esther. Ce deuxième jour, pendant que l’on buvait le vin, l’empereur demanda de nouveau à Esther : — Dis-moi quelle est ta requête, impératrice Esther ? Elle te sera accordée. Quelle est ta demande ? Même si c’est la moitié de mon empire, tu l’obtiendras (Esther 7.1-2).

Haman est mortifié par l’honneur qui a été accordé à Mardochée, mais quand même flatté de cette invitation chez la reine. S’il avait su que Esther est la fille adoptive de Mardochée, il aurait été terrifié tout au long de ce repas et aurait appréhendé à mort la deuxième partie, le moment où l’on mange les fruits accompagnés de liqueurs fortes et où on parle affaires.

C’est la troisième fois que l’empereur demande à la reine ce qu’elle désire et qu’il lui promet d’avance que sa requête lui sera accordée. Sous sa couronne d’impératrice, Esther appréhende sans doute d’ouvrir son cœur au roi capricieux et imprévisible parce que Haman est son favori et elle craint qu’il s’emporte. Mais d’un autre côté, en l’espace de 24 heures, la situation a tellement changé qu’Esther se sent peut-être capable de formuler sa demande avec assurance. De toute façon, cette fois-ci les dés son jeté, elle ne peut plus tergiverser.

Versets 3-4

Je continue le texte.

L’impératrice Esther répondit : — Si l’empereur veut m’accorder une faveur, si l’empereur le veut bien, que la vie sauve me soit accordée, c’est là ma requête. Que la vie sauve soit aussi accordée à mon peuple, telle est ma demande. En effet, moi et mon peuple, nous avons été livrés pour être massacrés, tués et exterminés. Si nous avions seulement été vendus comme esclaves et servantes, j’aurais gardé le silence. Mais il s’agit du roi que notre mort appauvrira, et voilà pourquoi je parle (Esther 7.3-4).

Cette requête d’Esther a été introduite dans deux liturgies juives.

Jusqu’à présent et sur ordre de son père adoptif Mardochée, la reine a gardé secret son origine ethnique. Mais en s’identifiant au peuple qui par décret est voué à la mort, elle vient de révéler son identité juive. Elle a encore présente devant ses yeux la proclamation ordonnant l’anéantissement des Juifs, et elle sait que :

Les lettres furent portées pour ordonner de massacrer, de tuer et d’exterminer les Juifs, jeunes et vieux, enfants et femmes, en un seul jour, et de piller leurs biens (Esther 3.13).

Elle répète exactement ces mêmes trois verbes au roi : « massacrer, tuer et exterminer ». Si elle demande sa vie avant celle de son peuple, ce n’est pas par égoïsme ou par crainte de la mort, mais afin de faire sur le roi une plus forte impression. En effet, elle pense lui importer davantage que le peuple juif tout entier. S’il n’agit pas, selon la loi des Mèdes et des Perses, il perdra sa reine, et son honneur avec elle.

Verset 5

Je continue.

Et le roi Xerxès dit à Esther, la reine. — Qui est-il, celui qui a eu l’audace de concevoir un tel dessein ? Où est-il ? (Esther 7.5).

Littéralement : « Et le roi Assuérus dit et dit à Esther, la reine » Le désordre de la construction grammaticale révèle l’émotion du roi ; il tombe des nues et est abasourdi. Il veut savoir qui a l’intention d’assassiner sa reine et son peuple. Jusqu’à présent, il ignorait que le décret de mise à mort qu’il a autorisé vise les Juifs. Comme tout despote qui se respecte, Xerxès a très peu d’égard pour la vie humaine. D’après le récit de sa campagne contre les Grecs, on constate que pour lui la guerre est un jeu et la vie de ses soldats n’a aucune espèce d’importance.

Remarquez que les guerres de Sécession et de Corée étaient des boucheries rondement menées par des officiers au cœur de pierre, et que l’état-major français s’est conduit comme Xerxès avec les poilus durant la guerre de 14-18 ; on les a littéralement réduits à de la chair à canon, rien de moins. Et pendant le second conflit mondial, certains généraux alliés ont agi de même, cherchant avant tout leur propre gloire sur le champ de bataille. Alors, ne soyons pas hypocrites en jetant la pierre aux souverains assyriens, babyloniens, perses ou grecques.

Pour en revenir à Xerxès, il n’est pas difficile d’imaginer qu’il voit rouge ; il est furieux à l’idée que quelqu’un veut faire monter sa reine dans la charrette des condamnés. Quant à Haman, il est complètement dépassé par les événements. Le grand vizir ignorait que l’impératrice est juive et à cette nouvelle, il sent déjà son cou rétrécir. Il ne fait guère de doute que la terreur doit se lire sur son visage car sans le savoir, il a marché sur les plates-bandes de l’empereur. Toucher à la reine, c’était s’attaquer au roi.

Versets 6-7

Je continue.

Esther répondit : — Le persécuteur, l’ennemi, c’est Haman, ce misérable ! Alors Haman fut épouvanté, devant l’empereur et l’impératrice. Furieux, l’empereur laissa son vin, se leva et sortit dans le jardin du palais. Haman, voyant bien que dans l’esprit de l’empereur son malheur était décidé, resta là pour implorer l’impératrice Esther pour sa vie (Esther 7.6-7).

Échauffé par le vin et la colère, le roi sort au grand air pour respirer. Il vient de faire le lien entre la demande d’Esther et le complot d’Haman. Il ne s’attendait pas à cette tournure des événements et se sent trahi par son grand vizir. En quittant le festin, il prononce implicitement la condamnation à mort d’Haman, qui en est tout à fait conscient.

L’Éternel a dit à Abraham : Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui t’outrageront (Genèse 12.3). Cette promesse s’étend à tous ses descendants. Le grand vizir qui se réjouissait à l’idée d’exterminer tout un peuple, hommes femmes et enfants, se traîne maintenant à genoux devant l’impératrice, la suppliant d’épargner sa vie; c’est là en effet son seul espoir. Mais on ne saura jamais ce qu’Esther aurait répondu, car il se passe encore un quiproquo.

Verset 8

Je continue le texte.

L’empereur revint du jardin à la salle du festin au moment où Haman se laissait tomber sur le divan où Esther était allongée. Du coup, l’empereur s’écria : — Veut-il en plus faire violence à l’impératrice en ma présence dans mon palais ? À peine l’empereur eut-il prononcé la parole que l’on recouvrit le visage de Haman (Esther 7.8).

Celui qui s’indignait de ce que Mardochée ne voulait pas s’incliner devant lui, est maintenant prosterné devant la reine étendue sur sa couche, probablement étreignant ses pieds comme un suppliant. Mal lui en a pris, car son geste est interprété comme une provocation par Xerxès.

Les rois perses sont hypersensibles concernant leurs femmes ; ils condamnent à mort tous ceux qui osent seulement les approcher. Haman devait être dans une grande détresse pour avoir commis pareille imprudence.

Jusque-là, les gardes présents n’ont pas bougé. L’empereur prononce alors une sentence de mort qui n’est pas rapportée et le sort du grand vizir est scellé. Ni Esther, ni personne d’autre n’a le loisir d’expliquer quoi que ce soit, car une fois que le roi a parlé, les discussions sont terminées. On couvre le visage d’Haman, ce qui est l’usage envers tous ceux qui sont conduits au supplice. Le voile privant de lumière est l’image des ténèbres de la mort que va recevoir le condamné. Chez les Romains, le juge livre le coupable au bourreau et lui disait : « Va, licteur, attache-lui les mains, voile-lui la tête et suspends-le à l’arbre de malheur ! »

Versets 9-10

Je finis le chapitre 7.

Harbona, l’un des eunuques, dit alors devant l’empereur : — Il y a justement cette potence que Haman a fait faire pour Mardochée, qui a parlé pour le bien de l’empereur. Elle se trouve dans la cour de Haman et elle a vingt-cinq mètres de haut. L’empereur ordonna : — Qu’on l’y pende ! On pendit donc Haman à la potence qu’il avait préparée pour Mardochée. Alors la colère de l’empereur s’apaisa (Esther 7.9-10).

Harbona est l’un des sept conseillers du roi (Esther 1:10). Il enfonce le clou en informant le roi que Haman a dressé une potence pour exécuter Mardochée qui a sauvé le roi d’un attentat. De toute évidence, les serviteurs de l’empereur ne portent pas Haman dans leur cœur, ce qui se comprend au vu de son arrogance. Harbona qui a sans doute eu à subir des outrages du grand vizir, saute donc sur cette occasion pour se venger.

On trouve ces deux genres d’hommes : Haman et Mardochée dans un passage du livre des Psaumes. Je le cite :

Attends-toi à l’Éternel, et suis le chemin qu’il te recommande. Tu verras comment tous les malfaisants seront retranchés. J’ai vu le méchant, dans sa violence, croître comme un cèdre vert et florissant. Mais il a passé : voici qu’il n’est plus. J’ai beau le chercher, il est introuvable (Psaumes 37.34-36).

Pendant un temps, le méchant semble avoir le dessus, mais tôt ou tard vient l’heure des règlements de comptes. Il se trouve que devant Dieu je suis tout aussi coupable que Haman car j’ai la même nature que lui. « L’occasion fait le larron. » Données les circonstances appropriées, je suis capable du pire. Voilà pourquoi il fallait que le Christ meure sur la croix et porte sur lui ma pourriture et la votre. Quiconque place en lui sa confiance reçoit en son nom le pardon de toutes ses fautes, passées, présentes et même à venir.