Chapitre 58

Introduction

« Cogito, ergo, sum » (je pense, donc je suis). Nous devons cette fameuse déclaration à René Descartes qui a eu une influence déterminante sur la pensée philosophique et scientifique de son époque et de la nôtre. C’est grâce à lui qu’à partir du 17e siècle, l’homme est soi-disant arrivé à l’âge de raison. Alors pourquoi sommes-nous devenus des êtres irrationnels, et comment est-il possible que des fanatiques politiques ou religieux utilisent le nom du Dieu unique pour commettre les pires massacres ?

Dans toutes les guerres, chaque camp invoque son dieu et fait bénir ses armes. En 14-18, c’était « Dieu avec nous » d’un côté et « Gott mit uns » de l’autre. Tout aussi aberrante est l’idée qu’en accomplissant certains actes rituels, on peut gagner des points avec le Créateur de l’univers ; c’est absurde mais fort répandu.

Versets 5-6

Je continue de lire dans le chapitre 58 du livre d’Ésaïe.

Est-ce cela le jeûne auquel je prends plaisir ? Est-ce cela un jour où l’homme s’humilie ? S’agit-il de courber la tête comme un jonc et de vous étaler sur le sac et la cendre ? Pouvez-vous appeler cela un jour de jeûne que l’Éternel agrée ? Le jeûne qui me plaît est celui qui consiste à détacher les liens de la méchanceté, à délier les courroies de toute servitude, à mettre en liberté tous ceux que l’on opprime et à briser toute espèce de joug (Ésaïe 58.5-6).

Jeûner n’est ni bien ni mal ; en soi, c’est un acte neutre. Mais les Israélites se privent de nourriture pour l’apparat, pour donner le change et masquer une vie morale corrompue tout en croyant plaire à Dieu. L’hypocrisie que cache ce formalisme religieux irrite grandement l’Éternel qui n’apprécie pas qu’on se moque de lui. Le rite que Dieu agrée n’est pas une cérémonie ou une action pieuse, mais la réforme intérieure, un changement qui vient du cœur.

Au lieu de jeûner et de jouer à la sainte-ni-touche, il faut changer sa façon de vivre ; la vraie foi se manifeste par un comportement nouveau. Ésaïe vise ici la méchanceté en général : les juges corrompus qui jettent en prison des innocents pauvres afin que leurs oppresseurs puissent piller leurs peu de biens ; les personnes endettées qui contrairement à la loi, sont poursuivies en justice et même vendues par d’impitoyables créanciers ; d’autres devenus esclaves sont maltraités et la liste n’en finit pas. Les prophètes mentionnent souvent le devoir d’humanité, de compassion de l’homme envers son prochain (comparez Jérémie 34.8-11).

Quelle est ma conduite ? Suis-je honnête dans tout ce que je fais, est-ce que je dis toujours la vérité ? Dieu dit : « Au lieu de t’étendre sur un tas de cendre, je veux voir un cœur pur ».

Verset 7

Je continue.

(Le jeûne qui me plaît) C’est partager ton pain avec ceux qui ont faim, et offrir l’hospitalité aux pauvres sans abri, c’est donner des habits à celui qu’on voit nu, ne pas te détourner de ton prochain (Ésaïe 58.7).

Pendant le ministère d’Ésaïe et sous le règne des rois Ahaz et Manassé, dans la société israélite, c’est la loi de la jungle qui prévaut. Leur religion est aussi dure et glaciale que la face nord d’une pierre tombale en Sibérie au mois de janvier. Ils sont froids envers Dieu et indifférents vis-à-vis d’autrui, sans cœur pour les faibles et les démunis. Pourtant, de nombreux textes de l’Ancien Testament recommandent la bienfaisance à l’égard des pauvres parce qu’ils sont les protégés de Dieu (Job 31.16-20 ; Ézéchiel 18.5, 7, 16 ; Matthieu 25.35-36 ; Jacques 2.15-16).

Selon le Nouveau Testament, la religion authentique et pure aux yeux de Dieu le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses et à ne pas se laisser corrompre par ce monde (Jacques 1.27).

Verset 8

Je continue.

Alors, comme l’aurore, jaillira ta lumière, ton rétablissement s’opérera bien vite. Oui, alors la justice marchera devant toi, et la gloire de l’Éternel sera l’arrière-garde (Ésaïe 58.8).

Dans les Écritures, la lumière est une image courante pour décrire le salut et les bénédictions divines. Cette prophétie s’accomplira littéralement pendant le royaume messianique.

Versets 9-11

Je continue.

Quand tu appelleras, l’Éternel répondra ; quand tu crieras à l’aide, il dira : “ Je suis là ! ” Si, du milieu de toi, tu supprimes le joug de l’oppression, les gestes de mépris à l’égard des faibles et les propos méchants, si tu te prives de ton repas pour nourrir celui qui a faim et si tu pourvois aux besoins de l’opprimé, la lumière luira pour toi au milieu des ténèbres, et ton obscurité se changera pour toi en clarté de midi (autre), et l’Éternel sera ton guide constamment. Il pourvoira à tes besoins dans les déserts arides, il te fortifiera et tu ressembleras à un jardin bien arrosé, à une source vive aux eaux intarissables (Ésaïe 58.9-11).

Ésaïe interrompt la série de bénédictions pour rappeler sous quelles conditions elles seront dispensées. En effet, il dit trois fois : « si tu » (Ésaïe 58.6-7). L’Éternel est prêt à ouvrir les écluses des cieux et à déverser ses bienfaits sur son peuple, mais leur cœur dur l’en empêche. Lorsque les Israélites fourniront la preuve d’une sincère repentance par une attitude qui reflète une transformation intérieure, Dieu répondra à leurs prières et les bénira abondamment.

Enfant, j’ai été plusieurs fois malade au point d’être obligé de garder le lit pendant quelques jours. Mais quel réconfort que de savoir sa maman présente jour et nuit ; il n’y a qu’à appeler : « Maman ! », et elle répond tout de suite : « Je suis là, j’arrive ». Concernant l’Éternel, Ésaïe dit :

Quand tu appelleras, l’Éternel répondra ; quand tu crieras à l’aide, il dira : “ Je suis là ! ” (Ésaïe 58.9).

Verset 12

Je continue de lire dans le chapitre 58 du livre d’Ésaïe.

Les tiens rebâtiront les ruines d’autrefois et tu relèveras les fondements posés dans les siècles passés. Tu seras appelé : “ Réparateur des brèches ”, et celui qui restaure les demeures en ruine (Ésaïe 58.12).

À moyen terme, le prophète annonce la reconstruction du pays suite à la captivité babylonienne ; elle fut réalisée par Néhémie qui rebâtit les murailles de Jérusalem et les villes de Juda. Mais à très long terme, Ésaïe prophétise également ce qui aura lieu à la fin des temps, quand au début du Millénium, la ville sainte sera totalement restaurée, physiquement et spirituellement.

Versets 13-14

Je finis de lire le chapitre 58.

Si, le jour du sabbat, tu ne travailles pas, si tu t’abstiens de traiter tes affaires en ce jour qui m’est consacré, si pour toi le jour du sabbat est un temps de délices, si ce saint jour de l’Éternel, tu le tiens en estime et si tu le respectes en t’abstenant de faire ce qui te plaît, de traiter tes affaires et de tenir de longs discours, alors tu trouveras ta joie en l’Éternel, et sur les hauteurs du pays je te transporterai et je te donnerai la pleine jouissance du patrimoine de Jacob, ton ancêtre. L’Éternel a parlé (Ésaïe 58.13-14).

Les « si » conditionnels de ce passage concernent tous le sabbat. L’observance de ce jour est un test par lequel le peuple d’Israël prouve sa fidélité à l’Éternel (comparez Genèse 2.3 ; Exode 31.17) parce qu’il symbolise son obéissance à toute la loi de Moïse. On peut donc déduire de ce passage que quand Ésaïe l’écrit, ce commandement pourtant primordial n’est pas respecté.

Il faut savoir que contrairement au jeûne, l’observation du sabbat a un coût puisque les Israélites doivent arrêter la pompe à fric en interrompant leurs affaires lucratives (comparez Amos 8.5). Mais s’ils avaient eu la jugeote de voir plus loin que leur bout du nez, ils auraient honoré le jour du Sabbat parce que l’obéissance à la Loi leur assurait les bénédictions promises par l’Éternel (Ésaïe 56.2).

Tous les prophètes attachent une grande importance au respect de ce jour mis à part pour Dieu (Jérémie 17.19-27 ; Ézéchiel 22.8, 26), et ils considèrent le non-respect du sabbat comme l’une des raisons principales de la destruction de Jérusalem par les Babyloniens. Aucun prophète ne donne de prescriptions nouvelles pour la célébration de ce jour saint, mais tous demandent qu’il soit honoré dans l’esprit de la loi de Moïse, parce que avec la circoncision, c’est le fondement de l’alliance entre l’Éternel et le peuple choisi.

Sous le régime de la Nouvelle Alliance, le repos du Seigneur est la foi au sacrifice du Christ qui a pourvu à la rédemption de l’homme (Hébreux 4.1). En effet, celui qui place sa confiance en lui et en lui seul n’a plus besoin d’œuvrer à son salut ; il n’a strictement rien à faire pour obtenir la vie éternelle. Sur la croix, juste avant qu’il ne rende l’esprit, Jésus a dit :

Tout est accompli ! (Jean 19.30).

Chapitre 59

Introduction

Nous arrivons au chapitre 59. Après avoir fermement rejeté le reproche d’injustice qu’Israël adresse à l’Éternel, Ésaïe va maintenant dresser un tableau des plus sombre de l’état moral et spirituel des Israélites qui cachent leurs innombrables fautes derrière des rites religieux (Ésaïe 59.1-8). Suite à ces accusations, les hommes pieux reconnaissent le triste état de la nation (Ésaïe 59.9-11) et confessent leurs péchés (Ésaïe 59.12-15). Israël reçoit alors la promesse que Dieu va se manifester pour le délivrer et juger ses ennemis (Ésaïe 59.15-21). À la fin des temps aussi, aura lieu une repentance nationale. Le prophète Zacharie écrit :

En ce jour-là, il y aura un très grand deuil dans tout Jérusalem… Le pays tout entier célébrera ce deuil, chaque famille à part (Zacharie 12.11-12).

Quand le reste rescapé d’Israël aura enfin les yeux ouverts sur le drame qui s’est joué lorsque Jésus fut crucifié, et qu’il réalisera que le peuple élu a rejeté et mis à mort son Messie, ce petit reste sera plongé dans une repentance et un deuil profonds et intenses.

Versets 1-2

Je commence maintenant de lire le chapitre 59.

Mais non : la main de l’Éternel n’est pas trop courte pour sauver, et son oreille n’est pas sourde au point de ne plus vous entendre ! Ce sont vos fautes qui vous séparent de votre Dieu. C’est à cause de vos péchés qu’il s’est détourné loin de vous pour ne plus vous entendre (Ésaïe 59.1-2 ; Comparez Ésaïe 50.1 ; 64.6).

Si Dieu n’intervient pas, ce n’est pas parce qu’il n’entend pas les prières qui lui sont adressées ; ce n’est pas parce qu’il est dur d’oreille, car il entend tout et il sait tout ; ce n’est pas non plus par manque de puissance, car il peut tout, mais c’est à cause des péchés de son peuple. Quand Dieu reste silencieux, le problème ne vient pas de lui mais de nous, de nos fautes (comparez Romains 3.23). Concernant ce passage d’Ésaïe, un commentateur a écrit :

Ce n’est pas parce que Dieu est grand et que je suis petit, ce n’est pas parce qu’il vit éternellement et que ma vie est un souffle qui disparaît, ce n’est pas à cause de la différence de connaissance entre son omniscience et mon ignorance, sa force et ma faiblesse, que je suis séparé de lui : ‘Ce sont nos fautes qui nous séparent de votre Dieu’. Et aucun homme, aussi haute que soit sa tour de Babel, ne peut l’atteindre. Il n’existe qu’un moyen de rétablir le contact et grâce auquel tous les obstacles quels qu’ils soient, à cette union, sont balayés. Le Christ est venu et en lui les cieux se sont penchés pour toucher et en touchant pour bénir cette basse terre, et l’homme et Dieu sont à nouveau face à face.

Verset 3

Je continue le texte du chapitre 59 d’Ésaïe.

Car vos mains sont tachées de sang et vos doigts de péchés, vos lèvres disent des mensonges, votre langue susurre des paroles perfides (Ésaïe 59.3).

Deux sortes de fautes sont mentionnées : les actes de violence (comparez Ésaïe 1.15) et les faux témoignages (comparez Ésaïe 58.4).

Verset 4

Je continue.

Personne n’invoque le droit, et nul ne plaide selon la vérité. On s’appuie sur des faussetés et l’on allègue des mensonges. Ils conçoivent le mal et enfantent le crime (Ésaïe 59.4).

Le vocabulaire employé suggère qu’il s’agit ici de fausses accusations portées devant un tribunal. Elles sont d’abord pensées et méditées, puis prononcées devant un juge.

Versets 5-6

Je continue.

Ils couvent des œufs de vipère, tissent des toiles d’araignée. Qui mange de ces œufs mourra ; de chaque œuf écrasé sort un serpent (autre). Leurs toiles d’araignée ne servent pas de vêtement, et l’on ne peut pas se couvrir de ce qu’ils ont confectionné. Les œuvres qu’ils produisent sont des œuvres mauvaises, de leurs mains, ils commettent des actes de violence (Ésaïe 59.5-6).

Ces métaphores décrivent les œuvres iniques des hommes impies. Les « œufs de vipères » sont une image de la sournoiserie des projets des méchants. Qu’on mange l’œuf, c’est-à-dire qu’on se laisse prendre à leurs ruses, ou qu’on la dévoile, d’une façon ou d’une autre on s’en trouvera mal. Dans le premier cas, c’est la mort et dans le second on est blessé. Les « toiles d’araignées » expriment les résultats de leurs mauvaises œuvres. Bien que savamment tramées, elles ne leur profiteront pas.

Versets 7-8

Je continue.

Leurs pieds courent au mal, et ils ont hâte de verser le sang innocent. Leurs pensées sont sans cesse orientées vers le mal, dévastation et destruction jalonnent leur parcours. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et le droit est absent des routes qu’ils empruntent. Les sentiers qu’ils se tracent sont des voies tortueuses : quiconque s’y engage ne connaît pas la paix (Ésaïe 59.7-8).

La dépravation d’Israël est nationale. Dans son épître aux Romains (3.15-17), l’apôtre Paul cite une partie de ce passage pour décrire la corruption et l’universalité de la culpabilité du genre humain .

Verset 9

Je continue.

Et c’est pourquoi le droit demeure loin de nous, et l’on ne nous rend pas justice. Nous espérions de la lumière, et c’est l’obscurité. Oui, nous espérions la clarté et nous marchons dans les ténèbres (Ésaïe 59.9).

« C’est pourquoi » introduit les conséquences du mal.

« Droit et justice » sont la manifestation de Dieu qui délivre Israël et punit ses oppresseurs. Ésaïe fait corps avec les fidèles de son peuple qui se frappent la poitrine et espèrent la délivrance divine, mais au lieu de cela, ils subissent le jugement qui est la conséquence de la méchanceté générale du peuple.

Verset 10

Je continue.

Nous allons à tâtons comme des gens aveugles le long d’un mur ; comme ceux qui n’ont plus leurs yeux, nous allons à tâtons, nous trébuchons en plein midi comme à la nuit tombante ; au milieu de l’abondance, nous sommes comme morts (Ésaïe 59.10 ; autre).

Les Israélites vivent plutôt bien au milieu des païens, mais ils sont malheureux car exilés loin de leur patrie. Ils sont comme des aveugles qui trébuchent parce que n’ayant plus de temple, ils n’ont plus la lumière de Dieu. L’image d’un aveugle qui tâtonne alors qu’il fait grand jour, décrit bien l’incroyant qui tente de se débrouiller sans Dieu dans la vie. Bon courage ! Quant à moi, je choisis Jésus-Christ parce qu’il a dit :

Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres : il aura la lumière de la vie (Jean 8.12).

Verset 11

Je continue le texte.

Nous grondons tous comme des ours et nous ne cessons de gémir tout comme des colombes. Nous espérons le droit, mais il n’y en a pas ; et le salut, mais il est loin de nous ! (Ésaïe 59.11).

« Le grondement des ours et le gémissement des colombes » sont des images de l’impatience et de la dépression (comparez Ésaïe 38.14), un très mauvais duo.

Verset 12

Je continue.

Car nos révoltes contre toi sont nombreuses et nos péchés témoignent contre nous. Nos fautes restent attachées à nous, et nos égarements, nous les connaissons bien (Ésaïe 59.12 ; Comparez Jérémie 14.7 ; 19-22).

Ésaïe utilise ici les trois mots hébreux les plus usités dans l’Ancien Testament pour désigner le péché. Cette confession est l’explication des frustrations du peuple qui n’a pas été délivré à cause de ses fautes.

Verset 13

Je continue.

Nous sommes des rebelles et nous avons trompé l’Éternel, notre Dieu, en lui tournant le dos. Nous avons médité l’oppression, la révolte, et nous avons conçu, nous avons projeté des propos mensongers dans notre cœur (Ésaïe 59.13).

Les repentants énumèrent leurs péchés : l’infidélité et l’idolâtrie (comparez Ésaïe 57.3-13) dirigées contre l’Éternel, puis les actes coupables envers le prochain que le prophète a déjà censurés (Ésaïe 59.3-4 ; 58.4).

Verset 14

Je continue.

Aussi, le droit recule et la justice est loin de nous. La vérité trébuche sur la place publique, et la droiture ne peut y accéder (Ésaïe 59.14).

La vérité et la droiture personnifiées ne peuvent se rendre sur la place publique, c’est-à-dire à l’entrée principale de la ville où siègent les notables et où l’on rend la justice, parce que personne n’en veut et si elles se présentent, elles sont victimes des pièges qu’on leur tend (comparez Ésaïe 1.23 ; 5.23).

Versets 15-16

Je continue.

La vérité a disparu et celui qui se détourne du mal se fait piller. Mais l’Éternel a vu avec indignation qu’il n’y a plus de droit. Il n’a trouvé personne qui intercède, il s’en est étonné. Alors son propre bras lui est venu en aide, et sa justice a été son soutien (Ésaïe 59.15-16).

Il n’y a personne qui défende la justice, c’est-à-dire la cause des justes opprimés ; alors, Dieu agira seul par sa puissance (comparez Ésaïe 63.5).

Verset 17

Je continue.

Il se revêt de la justice comme d’une cuirasse, il s’est mis sur la tête le casque du salut. En guise de tunique, il s’est drapé de la rétribution, il s’est enveloppé d’une ardeur combative comme dans un manteau (Ésaïe 59.17).

Le mot pour « justice » a deux sens : dynamique et militant, et intégrité.

L’Éternel est décrit sous les traits d’un guerrier prêt à combattre (comparez Ésaïe 42.13). Il va délivrer son peuple et exercer le jugement contre ses ennemis. L’apôtre Paul utilise ce passage pour expliquer comment le croyant se prépare à lutter contre les puissances des ténèbres (Éphésiens 6.14-17 ; 1Thessaloniciens 5.8).

Versets 18-19

Je continue.

Il rendra à chacun ce que lui vaut ce qu’il a fait : la fureur à ses adversaires, et leur dû à ses ennemis ; il paiera leur salaire aux habitants des îles, et des régions côtières. Et ainsi l’on révérera l’Éternel et sa gloire de l’occident jusqu’au levant. Car il viendra comme un fleuve en furie agité par un vent venu de l’Éternel (Ésaïe 59.18-19).

L’Éternel va délivrer Israël de l’exil babylonien, mais Ésaïe prophétise en même temps une bataille d’envergure mondiale qui aura lieu à la fin des temps. Suite à cette guerre, toutes les nations craindront Dieu car la seule manière de survivre sera de se soumettre à lui (comparez Ésaïe 45.6 ; 42.10-12).

Verset 20

Je continue.

“ Car le libérateur va venir pour Sion, pour ceux qui, en Jacob, renonceront à leurs révoltes. ” L’Éternel le déclare (Ésaïe 59.20).

L’apôtre Paul cite ce passage dans son épître aux Romains (11.26). Le libérateur est « le Serviteur de l’Éternel » qui viendra secourir le reste rescapé d’Israël c’est-à-dire les fidèles de son peuple qui reconnaissent en lui, Jésus-Christ le Messie qu’ils ont fait crucifier (comparez Zacharie 12.10). Mais tous les Israélites ne seront pas sauvés, car ce ne sont pas tous ceux qui descendent du patriarche Jacob-Israël qui constituent Israël ; et ceux qui descendent d’Abraham ne sont pas tous ses enfants (Romains 9.6-7).

Verset 21

Je finis de lire le chapitre 59.

Quant à moi, déclare l’Éternel, voici quelle est l’alliance que je fais avec eux : Mon Esprit qui repose sur toi et mes paroles que je mets dans ta bouche, ne s’écarteront ni de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, ni de la bouche de leurs enfants. Voilà ce que dit l’Éternel, dès maintenant et pour l’éternité (Ésaïe 59.21).

Ésaïe annonce à nouveau la conclusion d’une alliance nouvelle entre l’Éternel et son peuple (comparez Ésaïe 42.6 ; 55.3). Ce nouvel Israël recevra l’Esprit de Dieu (comparez Ésaïe 44.3 ; Ézéchiel 36.26-27) et sa Parole (comparez Ésaïe 51.16 ; 54.13 ; Jérémie 31.31-34). Alors, il deviendra auprès des autres nations l’apôtre de la révélation divine, accomplissant ainsi et enfin le plan originel que Dieu avait conçu pour Israël. À la fin de l’histoire de l’humanité, il y aura Dieu et ceux qui ont accepté de se soumettre à lui. Serez-vous de ce nombre ?