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16 avril 2025

Esaïe 60.1 – 61.2

Chapitre 60

Introduction

J’aime bien la chanson d’Aznavour : « Hier encore j’avais vingt ans, je caressais le temps et jouissais de la vie comme on jouit de l’amour ». Et il termine en disant : « Où sont-ils à présent mes vingt ans ? »

Une fois en retraite, même si elle est dorée, on est presque en fin de course ; la société n’a plus besoin de vous, et avec les années la santé se détériore et l’avenir s’assombrit toujours davantage. C’est la vie, me direz-vous. Eh bien, je trouve qu’elle n’est pas drôle. Par contre, tous ceux qui font confiance à Jésus-Christ possèdent un futur sûr, éternel et glorieux ; ils participeront aux Noces de l’Agneau tout en ayant des responsabilités pendant les 1 000 ans de règne du Christ sur terre. Ensuite, ils habiteront la nouvelle terre et les nouveaux cieux pendant l’éternité.

Nous n’en sommes pas là car en ce moment même, par la prédication de la Bonne Nouvelle de Jésus, Dieu établit l’Église, son royaume dans le monde sous forme spirituelle, mais pendant le Millénium, ce règne s’épanouira en une gloire visible extraordinaire et indicible.

Alors que dans la première grande partie du livre d’Ésaïe l’accent est placé sur la désobéissance d’Israël, dans la dernière section qui a déjà prophétisé la crucifixion du Christ (Ésaïe 53), c’est l’aspect de la grâce de Dieu qui domine. Ésaïe a fréquemment en vue le relèvement de Jérusalem et du peuple juif, après la captivité de Babylone, mais ce nouveau départ n’est qu’une image bien pâle de la restauration finale d’Israël qui aura lieu juste avant le Millénium. Le temps de l’Église qui a eu pour point de départ la première venue de Jésus nous a rapprochés du royaume de Dieu, mais c’est le retour glorieux du Christ qui marquera l’établissement visible de son règne de mille ans ici-bas.

Dans le chapitre 60 d’Ésaïe, on voit se lever sur Israël le soleil de Justice que le prophète annonce. En ce jour, c’est à dire à la fin des temps, Israël reflétera la gloire resplendissante de son Messie. Ce chapitre 60 est le tableau le plus complet et le plus brillant de la gloire finale de Jérusalem. Dans l’Apocalypse (ch. 21), l’apôtre Jean s’inspire du chapitre 60 pour sa description de la cité céleste.

Tout ce que les Israélites déplorent ne pas avoir reçu, ils le posséderont : la lumière, la justice, la paix, l’abondance de biens et le salut. Cependant, toutes ces bénédictions ne sont pas uniquement pour le peuple élu mais pour le monde entier (Jean 11.52). En effet, toutes les nations viendront à Jérusalem rendre hommage à l’Éternel et lui apporter leurs présents ; la ville sainte sera le centre du royaume de Dieu et la résidence de l’Éternel sur terre, et elle jouira d’une gloire et d’une sainteté dont rien ne pourra ternir l’éclat.

Verset 1

Je commence de lire le chapitre 60.

Lève-toi, resplendis, car voici ta lumière, car sur toi s’est levée la gloire du Seigneur (Ésaïe 60.1).

Ésaïe s’exprime au passé prophétique, c’est-à-dire qu’il parle d’événements futurs comme ayant déjà eu lieu, ou se déroulant sous ses yeux. Comme tous les prophètes, il a devant lui l’apparition du Messie mais hors du temps. Sa première venue comme Sauveur, et sa seconde comme Juge de toute la terre, se télescopent et forment un seul et même tableau (comparez Malachie 3.1).

Jean-Baptiste, qui est le dernier prophète de l’Ancien Testament, n’a pas non plus fait de distinction entre ces deux événements (Matthieu 3.11-12). Pour nous, par contre, qui vivons pendant l’intervalle qui sépare les deux venues du Christ, ces deux phases de l’œuvre de Dieu sont nettement séparées par plus de 2000 ans.

Ésaïe personnalise Jérusalem qu’il décrit assise dans les ténèbres comme une captive en deuil (Ésaïe 52.1-2 ; comparez Ésaïe 47.4-5 ; 3.26). Soudain, la lumière jaillit (Malachie 3.20), le salut paraît ; c’est l’Éternel lui-même (Ésaïe 59.20 ; 52.8) qui se lève sur Jérusalem comme un soleil éternel.

Pendant les pérégrinations d’Israël dans le désert, la gloire de Dieu planait sur le Tabernacle, mais désormais elle illumine toute la communauté des croyants (comparez Ésaïe 4.5).

Versets 2-3

Je continue le texte.

Voici que les ténèbres couvrent la terre et une nuée sombre couvre les peuples, mais, sur toi, l’Éternel se lèvera lui-même comme un soleil et l’on verra sa gloire apparaître sur toi. Des peuples marcheront à ta lumière (Apocalypse 21.24), et des rois à cette clarté qui s’est levée sur toi (Ésaïe 60.2-3).

Sur terre, Jésus était la lumière qui éclaire les nations (Luc 2.30-32 ; comparez Jean 4.22). Cependant, bien que l’Église soit à l’œuvre depuis presque 2 000 ans, l’immense majorité du monde est encore dans les ténèbres spirituelles et il en sera encore ainsi lorsque Jésus-Christ viendra la seconde fois. Mais à son retour glorieux, le reste rescapé d’Israël reconnaîtra en lui son Messie ce qui produira un renouvellement de la nation puis du monde entier. Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul écrit :

Si la mise à l’écart des Juifs a entraîné la réconciliation du monde, quel sera l’effet de leur réintégration ? Rien de moins qu’une résurrection d’entre les morts ! (Romains 11.15).

Jérusalem sera alors resplendissante de lumière et deviendra le phare vers lequel convergeront tous les peuples qui jusqu’alors étaient plongés dans l’obscurité. Cette prophétie s’est réalisée en partie quand l’Éternel est entré dans Jérusalem en la personne de Jésus, puis Dieu est sorti de la ville sainte par son Esprit qui accompagnait les apôtres lorsqu’ils proclamaient la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ.

Cependant, Dieu n’a jamais dit que cette prédication de la Bonne Nouvelle établirait le règne de Dieu sur terre parce que pour cela, il faut que Jésus, le roi et la Lumière du monde (Jean 9.5 ; 8.12) soit présent.

Verset 4

Je continue.

Regarde autour de toi et vois : ils se rassemblent tous, ils viennent jusqu’à toi. Tes fils viennent de loin, tes filles sont portées comme des enfants sur la hanche  (Ésaïe 60.4 ; Comparez Ésaïe 49.18 ; 11.12).

En Orient, on voit souvent les mamans porter leurs enfants sur leur hanche. Cette prophétie s’accomplira à la fin des temps. Les croyants d’origine non-juive seront les instruments grâce auxquels le peuple choisi reconnaîtra en Jésus-Christ son Messie. Israël sera alors glorieusement rétabli d’abord au niveau spirituel puis politique (Romains 11.25-31 ; comparez Ésaïe 49.22 ; 66.12, 20).

De plus, Jérusalem deviendra le foyer de la révélation divine et le lieu de rassemblement des enfants de Dieu d’origine païenne qui sont dispersés dans toutes les nations (Jean 11.52 ; comparez Ésaïe 2.2-5).

Verset 5

Je continue.

Tu le verras alors, tu brilleras de joie, ton cœur tressaillira et se dilatera car, les richesses que transportent les vaisseaux sillonnant la mer seront détournées vers tes ports. Les trésors des nations arriveront chez toi (Ésaïe 60.5).

L’afflux des richesses des nations vers Jérusalem est un thème qu’on retrouve plusieurs fois dans les Écritures (Ésaïe 60.11 ; 18.7 ; 23.18 ; 45.14 ; 61.6 ; 66.12 ; comparez Aggée 2.7 ; Apocalypse 21.24, 26). C’est une façon d’évoquer l’intégration des non-Juifs au peuple de Dieu. Par ailleurs, ces richesses apportées volontairement au roi à Jérusalem, prouvent leur dévotion envers l’Éternel.

Verset 6

Je continue.

Tu seras submergée par le flot des chameaux. Les dromadaires de Madian et d’Épha couvriront ton pays. Tous les habitants de Saba viendront et ils apporteront de l’or et de l’encens, et ils proclameront les louanges de l’Éternel (Ésaïe 60.6).

Madian et Épha sont des nomades du nord de l’Arabie au bord de la Mer Rouge. Ils sont issus d’Abraham (et de Qetoura ; Genèse 25.2, 4). Saba est le Yémen ou Arabie Heureuse. Cette contrée est très riche en or, en encens et en pierres précieuses, dont elle fait grand commerce. C’est la patrie de la célèbre reine de Saba (1Rois 10).

Le prophète voit d’abord accourir les peuples de l’Orient, et plus loin il mentionnera ceux de l’Occident (les vaisseaux au long cours, les îles et les régions côtières ; Ésaïe 60.9). Ce mouvement des peuples a un but religieux car ils viennent à Jérusalem pour faire des offrandes à l’Éternel.

La visite des rois mages (Matthieu 2.11) est un premier accomplissement de cette prophétie. Cependant ici, s’ils offrent bien de l’or et de l’encens, ils n’apportent pas de myrrhe parce que ce parfum symbolise la mort du Christ et son embaumement. Or, il est ressuscité et ne mourra jamais plus.

Verset 7

Je continue.

Les moutons et les chèvres de Qédar s’assembleront chez toi, tous les béliers de Nebayoth seront à ton service, ils monteront sur mon autel en offrande agréée, et je rendrai splendide le Temple où ma splendeur réside (Ésaïe 60.7).

Qédar et Nebayoth sont les fils aînés d’Ismaël (Genèse 25.13), le premier-né d’Abraham avec la servante Agar. Après avoir parlé des peuples commerçants, Ésaïe mentionne les tribus qui font de l’élevage.

Verset 8

Je continue.

Qui sont ceux-là qui viennent volant comme un nuage, ou comme des colombes qui regagnent leur colombier ? (Ésaïe 60.8).

Les Juifs qui ont quitté l’ancien empire soviétique pour immigrer en Israël croient accomplir cette prophétie. En réalité, il s’agit de paquebots qui se dirigent à toute vapeur vers la terre d’Israël. Ésaïe voit de nombreux vaisseaux aux voiles blanches et il y en a tellement qu’ils ressemblent à une volée de colombes (Osée 11.11) Ils viennent de l’Occident et rentrent au bercail, à Jérusalem, que le prophète compare à un colombier.

Verset 9

Je continue.

Les habitants des îles et des régions côtières guetteront mon signal, les vaisseaux au long cours viendront les tout premiers pour ramener tes fils de loin avec leur argent et leur or pour faire honneur à l’Éternel, ton Dieu, et au Saint d’Israël qui te fait resplendir (Ésaïe 60.9).

Les vaisseaux au long cours, littéralement : « navires de Tarsis », sont d’énormes bateaux qui font du commerce avec les lointaines colonies que les Phéniciens ont fondées jusqu’en Espagne (Ésaïe 2.16). C’est un mouvement inverse de l’exil. Les peuples étrangers ne déportent plus les Israélites ; c’est le contraire, ils les ramènent chez eux à Jérusalem, accompagnés de grandes richesses. Tout ce que les nations ont extirpé aux Juifs à travers les siècles leur est restitué avec intérêts.

Versets 10-11

Je continue.

Les étrangers rebâtiront tes murs, leurs rois te serviront. Car je t’avais frappée dans mon indignation, mais maintenant dans ma faveur je te témoigne ma tendresse. Tes portes, jour et nuit, seront toujours ouvertes, on ne les fermera jamais pour laisser affluer vers toi les trésors des nations, et leurs rois en cortège qu’on mène de force vers toi (Ésaïe 60.10-11).

Les peuples païens qui dans le passé ont détruit Jérusalem travaillent maintenant à rebâtir la nouvelle ville (comparez Ésaïe 49.17). Ses portes resteront constamment ouvertes afin d’accueillir l’afflux incessant de nouveaux arrivants, et aucun ennemi n’est plus à craindre (comparez Apocalypse 21.24-26). Jérusalem fait bénéficier le salut de Dieu à tous les non-Juifs, accomplissant ainsi la promesse de l’Éternel à Abraham :

Tu seras une source de bénédiction pour tous les peuples (Genèse 12.3).

Verset 12

Je continue.

Car la nation ou le royaume qui ne te sera pas assujettie disparaîtra : oui, cette nation-là sera complètement ruinée (Ésaïe 60.12).

Jésus a enseigné que les nations seront jugées selon la manière dont ils auront traité les Juifs, et l’apôtre Paul écrit aux Philippiens qu’un jour :

Au nom de Jésus tout genou fléchira dans les cieux, sur la terre et sous la terre et toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Philippiens 2.10,11 ; LSG).

Il n’y aura pas d’exception. Cependant, beaucoup le feront à contrecœur et à la fin du millénium, quand Satan sera remis en liberté, ces insoumis le rejoindront et organiseront un coup d’État. Ce sera la dernière rébellion contre l’autorité de Jésus-Christ. Ensuite viendra la fin, et au lieu de rafistoler les morceaux de ce présent univers, Dieu le détruira et créera de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Tout sera remis à neuf et les compteurs à zéro ; Dieu donnera une nouvelle nature à tous les rachetés et j’aurai aussi l’occasion de retourner à la case départ. Quel jour glorieux ce sera ! C’est un soulagement parce que je ne suis pas trop fier de moi, et j’aimerais bien commencer une nouvelle vie sans avoir à porter le fardeau du péché.

Verset 13

Je continue le texte.

Le cyprès, le platane et le genévrier qui font la gloire du Liban te seront apportés pour embellir le lieu où est mon sanctuaire, et je rendrai glorieux le lieu où reposent mes pieds (Ésaïe 60.13).

Au temps de Salomon, le roi et les habitants de la ville phénicienne de Tyr ont contribué à la construction du Temple de l’Éternel (1Rois 5.24). Les mêmes matériaux seront utilisés pour le nouveau Temple.

Dans l’Ancien Testament, le Coffre de l’Alliance qui se trouve dans le Lieu très Saint est appelé : « le marchepied de l’Éternel » (1Chroniques 28.2 ; comparez Psaumes 99.5 ; Ézéchiel 43.7). Pendant le Millénium, c’est Jérusalem qui sera sa résidence (Jérémie 3.16-17), et à la fin du livre d’Ésaïe, c’est la terre entière qui est appelée « le marchepied de l’Éternel » (Ésaïe 66.1).

Versets 14-16

Je continue.

Les descendants de ceux qui t’humiliaient viendront se courber devant toi, et ceux qui t’insultaient se prosterneront à tes pieds. Et l’on t’appellera : Cité de l’Éternel (comparez Ézéchiel 48.35), la Sion du Saint d’Israël. Tu étais délaissée, haïe (comparez Ésaïe 54.6), nul ne passait chez toi. Mais je ferai de toi un sujet de fierté à tout jamais, et un sujet de joie pour toutes les générations. Les nations et les rois te nourriront au sein et tu sauras que ton Sauveur, c’est moi, c’est l’Éternel, que ton libérateur, c’est le Dieu puissant de Jacob (Ésaïe 60.14-16).

Renversement de situation. Ceux qui maltraitaient les Juifs s’humilient devant eux (comparez Ésaïe 49.23), et tous les peuples et leurs dirigeants mettent leurs richesses et leurs talents au service de Jérusalem.

Verset 17

Je continue.

Au lieu du bronze, j’apporterai de l’or, et de l’argent au lieu du fer, du bronze au lieu du bois, du fer au lieu de pierres. Je nommerai la Paix pour qu’elle te gouverne, et pour te dominer, je mettrai la Justice (Ésaïe 60.17).

Ésaïe emprunte plusieurs caractéristiques de la Jérusalem du temps du roi Salomon (1Rois 10.21, 27) qui fut un âge d’or, mais qui dura peu. Déjà sous son successeur, l’or fut remplacé par du bronze (2Chroniques 12.9-10). La nouvelle Jérusalem aura un éclat plus réel et surtout plus durable, et toute cette magnificence extérieure sera le couronnement d’un état social de paix et de justice (comparez Ésaïe 1.26 ; 32.16-18 ; 1Rois 3.16-28 ; 5.5 ; 1Chroniques 22.8-9 ; Psaumes 72.1-4).

Versets 18-19

Je continue.

Et l’on n’entendra plus parler de violence dans ton pays, de dévastation et de destruction dans tes frontières, et tu appelleras tes murailles : Salut, et tes portes : Louange. Ce ne sera plus le soleil qui, désormais, te donnera la lumière du jour ; la clarté de la lune ne luira plus sur toi la nuit. Car l’Éternel sera ta lumière à toujours, oui, ton Dieu sera ta splendeur (Ésaïe 60.18-19).

Dans sa première épître à Timothée (6.16), l’apôtre Paul écrit que Dieu habite une lumière inaccessible. De sa personne émane une lumière plus éclatante que celle du soleil (comparez Actes 26.13 ; Ésaïe 30.26). À l’apparition de l’Éternel, l’astre solaire s’éteindra, tout comme les étoiles disparaissent au lever du jour. L’apôtre Jean reprend ces images dans le livre de l’Apocalypse (Apocalypse 21.23 ; 22.5), seulement c’est l’Agneau, Jésus-Christ qui est la lumière et qui remplace le soleil.

Toutes ces métaphores se situent à la fois au niveau spirituel, moral et physique. La lumière de Dieu brillera avant tout dans le cœur des fidèles, mais cette illumination intérieure aura pour pendant un reflet physique dans le monde matériel extérieur. La Voie lactée et ses étoiles sont les lampadaires de notre univers, mais ils feront grise mine à côté de la gloire éclatante de la nouvelle Jérusalem.

Verset 20

Je continue.

Désormais, ton soleil ne se couchera plus et, jamais plus, ta lune ne se retirera, car l’Éternel sera ta lumière à toujours, et les jours de ton deuil auront pris fin pour toi (Ésaïe 60.20).

Il n’y aura plus ni nuit au sens moral et spirituel, ni jugement, ni captivité, ni souffrance. Le peuple de Dieu jouira d’une félicité absolue en présence de Dieu et pour toujours.

Verset 21

Je continue.

Ton peuple sera tout entier composé d’hommes justes (comparez Ésaïe 26.2 ; 4.3 ; 57.13) et ils posséderont le pays pour toujours. Ils sont les rejetons que j’ai plantés moi-même, l’ouvrage de mes mains pour manifester ma splendeur (Ésaïe 60.21).

Le mal est totalement banni de la nouvelle Jérusalem. Plus tôt dans le livre (Ésaïe 11.1), les rejetons désignaient Emmanuel, Dieu avec nous (Ésaïe 11.1), c’est à dire Jésus-Christ le Serviteur de l’Éternel (Ésaïe 53.2). Ici, les rejetons désignent la descendance de Jésus-Christ, c’est-à-dire le nouveau peuple de Dieu constitué de Juifs et de païens (comparez Ésaïe 6.13). Contrairement à l’Israël ancien qui n’a donné que des mauvais fruits (Ésaïe 5.1-7), ces rejetons n’en porteront que des bons (Ésaïe 27.6 ; 32.15-17).

Verset 22

Je finis de lire le chapitre 60.

Le plus petit d’entre (ton peuple) eux deviendra un millier, le plus insignifiant, une nation puissante. C’est moi, moi l’Éternel, qui hâterai en leur temps, ces événements (Ésaïe 60.22).

Bien que seul un petit reste d’Israël échappe au jugement, il devient une nation nombreuse et puissante comme jamais auparavant.

Chapitre 61

Versets 1-2a

Alors que le chapitre 60 a révélé la gloire future de Jérusalem sans dire qui en est l’auteur, ce dernier est décrit avec précision dès le début du chapitre 61 que je commence de lire.

L’Esprit de l’Éternel, du Seigneur, est sur moi car l’Éternel m’a oint pour annoncer aux humiliés une bonne nouvelle. Oui, il m’a envoyé afin de panser ceux qui ont le cœur brisé, d’annoncer aux captifs leur délivrance et à ceux qui sont prisonniers leur mise en liberté, afin de proclamer l’année de la faveur de l’Éternel (Ésaïe 61.1-2a).

Ce personnage important ne se contente pas d’annoncer la délivrance comme le font les prophètes, mais il l’apporte avec lui. Il a reçu l’onction, c’est-à-dire qu’il a été consacré par l’Éternel.

Le mot « Messie » signifie « celui qui est oint ». Sous le régime de l’Ancienne Alliance, l’onction est la cérémonie par laquelle les prêtres, les rois et parfois les prophètes, sont introduits dans leur charge (Exode 28.41 ; 1Rois 1.39 ; 19.16).

Or, la façon dont « le Serviteur de l’Éternel » a été décrit jusqu’ici (surtout dans les chapitres 42 et 53), réunit en lui ces trois charges et il a reçu l’Esprit pour remplir ces fonctions(Ésaïe 11.2 ; 42.1). Dans son évangile, Jean rapporte qu’au moment de son baptême, le Saint-Esprit est descendu et a demeuré sur Jésus (Jean 1.32 ; 3.34). Il ne fait donc aucun doute que le personnage important décrit par Ésaïe est le Christ, ce que confirme un incident qui eut lieu au début de son ministère quand il s’est rendu dans la synagogue de Nazareth. Alors,

s’étant levé pour faire la lecture, il a lu ce texte d’Ésaïe selon l’ancienne version grecque (Luc 4.18-21). Plus tard, quand les disciples de Jean-Baptiste sont venus demander à Jésus s’il était le Messie, il leur a répondu :

Retournez auprès de Jean et racontez-lui ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient, les paralysés marchent normalement, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres (Matthieu 11.4-5 ; comparez Luc 7.22).

Le message de la Bonne Nouvelle, c’est-à-dire l’annonce de la grâce de Dieu en la personne de Jésus et en son œuvre de rédemption, s’adresse tout spécialement aux refoulés et malheureux de ce monde. L’année de grâce correspond au jubilé, une année instituée par Moïse qui revient tous les cinquante ans et qui présage la délivrance messianique. À cette occasion, les esclaves israélites sont remis en liberté et ceux qui ont dû vendre leur patrimoine héréditaire, le récupère (Lévitique 25.10). Le prophète Ézéchiel appelle le jubilé : « année de libération » (Ézéchiel 46.17).

Cette institution remet à zéro les compteurs de possession. Ceux qui ont les dents longues ne peuvent donc devenir de gros propriétaires terriens que jusqu’au jubilé. Avec un tel système, personne ne peut s’enrichir indéfiniment comme c’est le cas aujourd’hui dans les pays capitalistes sauvages, ce qui évite les inégalités et la pauvreté endémiques. Malheureusement, les Israélites n’ont pas plus respecté le Jubilé qu’ils ont obéi aux autres articles de la Loi. Il n’empêche que cette restauration périodique voulue par Dieu, est une belle image de l’ère de grâce dont le Messie proclama l’ouverture dans la synagogue de Nazareth, et qui sera pleinement actualisée pendant le Millénium.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

Émission du jour | Jean 3.14-36

Dieu a tant aimé le monde

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