Chapitre 57

Introduction

Aujourd’hui, s’il vous est permis d’entrer chez un Juif pieux, dès que vous passerez la porte, à son montant suspendu, vous verrez un étui (comparez Deutéronome 6.9 ; 11.20). Il contient quelques fragments de la Loi de Moïse concernant l’unité de Dieu et les peines prononcées contre les idolâtres. Ce petit mémorial est là sous leurs yeux pour leur rappeler qu’ils doivent obéir à tous les commandements que l’Éternel a donnés à leurs ancêtres sur le mont Sinaï.

Versets 7-8

Je continue de lire dans le chapitre 57 d’Ésaïe.

Tu as dressé ta couche sur de hautes montagnes et tu y montes pour offrir des sacrifices. Tu as placé ton mémorial derrière le battant et le linteau des portes ! C’est derrière mon dos que tu t’es mise nue, que tu es montée sur ton lit pour y faire une large place. Tu as conclu un pacte avec ces gens dont tu aimes la couche et tu as contemplé leur nudité (Ésaïe 57.7-8).

L’expression hébraïque traduite par « tu as contemplé leur nudité » est tellement crue, qu’elle ne peut pas être rendue en français. Ésaïe n’a pas peur de dire les choses comme elles sont sans essayer d’arrondir les angles. Il compare les Israélites idolâtres à une épouse adultère, une image courante dans les Écritures (comparez Ésaïe 1.21). Mais les amants de cette femme sont des idoles qui tiennent une très grande place dans la vie des Israélites.

Selon l’usage païen, c’est sur les sommets des collines qu’ils font leurs dévotions aux idoles. Ils offrent tout d’abord des sacrifices d’animaux puis les dévorent à belles dents pendant un festin qui dégénère rapidement en une partouze qui ferait rougir un amateur d’orgies romaines (comparez Osée 4.13).

Ésaïe joue sur les mots : d’une part, il décrit ce qui se passe dans ces cultes abominables, et d’autre part, il en donne une interprétation allégorique qu’il applique au domaine de l’idolâtrie religieuse. Comme les Israélites se sont détournés de l’Éternel, ils ont remplacé le mémorial leur rappelant la loi de Moïse par un fétiche qui représente leur idole favorite.

Nous ne sommes pas aussi dégénérés, n’est-ce pas ? En réalité, les générations qui nous ont précédés n’étaient pas différentes de la nôtre, mais au moins elles cachaient leur immoralité. Aujourd’hui par contre, au lieu d’enfermer nos squelettes dans les placards, on les sort au grand jour pour leur faire prendre l’air devant le grand public sous prétexte qu’on n’est pas des hypocrites. Ce qu’on n’osait pas dire il y a quelques dizaines d’années se pratique maintenant à la vue de tous ; en Occident, les péchés jadis honteux sont devenus une façon de vivre tout à fait honorable.

Versets 9-10

Je continue le texte.

Tu vas auprès du roi avec de l’huile, tu multiplies tes aromates, tu envoies au loin tes messagers, tu t’abaisses jusqu’au séjour des morts (LSG). À force de marcher tu te fatigues et tu ne dis pas : J’y renonce ! Tu trouves (encore) de la vigueur (dans) ta main : Aussi n’es-tu pas abattue (SER) (Ésaïe 57.9-10).

Maintenant, Ésaïe critique l’idolâtrie politique que Juda pratique en recherchant inlassablement, et au prix de gros sacrifices, l’alliance avec des puissances étrangères. Cette démarche implique évidemment l’abandon du vrai Dieu et la confiance dans les divinités des peuples païens alliés (comparez Ésaïe 31.1-3 ; Jérémie 17.5-6). Juda a réclamé et plus ou moins obtenu une alliance avec le roi d’Assyrie, mais pour ce faire, la nation a dû s’humilier devant lui jusqu’au séjour des morts c’est-à-dire plus bas que terre (comparez 2Rois 16.7).

Versets 11-13a

Je continue.

Qui donc as-tu craint et redouté, pour être infidèle, pour ne pas te souvenir ni te soucier de moi ? Je me taisais, n’est-ce pas ? et depuis longtemps ; c’est pourquoi tu ne me crains plus ? Je ferai connaître ta justice, et tes œuvres, qui ne te profiteront pas. Qu’ils te délivrent donc, tous tes nombreux faux dieux, quand tu crieras vers eux, mais le vent les balaiera tous, une rafale les emportera ! (Ésaïe 57.11-13a).

Dieu va briser son silence et juger son peuple pour sa conduite idolâtre. Alors, la folie de son attachement à des idoles impuissantes apparaîtra clairement, car il verra qu’elles sont incapables de lui venir en aide.

Versets 13b-14

Je continue.

Mais celui qui s’appuie sur moi recevra le pays et entrera en possession de ma montagne sainte. Et l’on dira : Frayez la route, oui, frayez-la, ouvrez la voie ! Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple (Ésaïe 57.13b-14).

Ésaïe promet au reste rescapé et fidèle d’Israël le retour de l’exil, d’abord celui de Babylone, mais à la fin des temps, le retour au pays des Juifs de la grande diaspora.

Verset 15

Je continue.

Car voici ce que dit le Dieu très élevé qui demeure éternellement, qui s’appelle le Saint : J’habite dans un lieu qui est très haut et saint, mais je demeure aussi avec l’homme accablé, à l’esprit abattu, pour ranimer la vie de qui a l’esprit abattu et vivifier le cœur des hommes accablés (Ésaïe 57.15).

L’éternel, le Tout-puissant qui a créé les cieux, séjour de sainteté parfaite et qui est une demeure digne de Dieu, ne dédaigne pas habiter avec le pécheur qui s’humilie devant lui et qui implore sa miséricorde. Aux yeux du Seigneur, cet acte de contrition, de repentance et de foi remplace la sainteté qui manque à chacun de nous (comparez Ésaïe 66.2 ; Matthieu 5.2-3).

Ce passage est destiné à réconforter le peuple de Dieu de tous les temps ; il sera particulièrement à propos lors de la grande tribulation quand Dieu jugera sévèrement l’humanité dans le monde entier.

Verset 16

Je continue.

Car ce n’est pas toujours que j’intenterai un procès, ni éternellement que je m’irriterai, car sinon, devant moi, le souffle de la vie s’évanouirait, les êtres que j’ai faits dépériraient (Ésaïe 57.16).

Ésaïe rappelle ce qu’il a déjà dit : la colère de l’Éternel ne dure pas, contrairement à son amour qui est éternel. Aucune créature ne peut supporter bien longtemps la colère de Dieu. Heureusement pour vous et pour moi, il n’aime pas détruire ce qu’il a créé. Il peut retirer à n’importe quel instant le souffle de vie qu’il a mis en nous (comparez Genèse 2.7 ; comparez Ésaïe 2.22 ; Psaumes 104.29-30), ce qui est évident et dramatique quand quelqu’un tombe raide mort.

Dieu n’exige pas une sainteté parfaite qu’aucun homme ne saurait produire, par contre, il demande à ce qu’on s’humilie devant lui. Patient et miséricordieux, il ne veut pas nous décourager en nous faisant d’incessants reproches, car il sait de quoi nous somme faits. Je lis un passage d’un psaume que j’ai mémorisé tellement il est apaisant :

L’Éternel est plein de pitié et miséricordieux. Il est plein de patience et débordant d’amour. Il ne tient pas rigueur sans cesse et son ressentiment ne dure pas toujours. Il ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant l’amour de Dieu dépasse tous ceux qui le révèrent. Autant l’Orient est loin de l’Occident, autant il éloigne de nous nos mauvaises actions. Et, comme un père est plein d’amour pour ses enfants, l’Éternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent : il sait de quelle pâte nous sommes façonnés, il se rappelle bien que nous sommes poussière (Psaumes 103.8-14).

Verset 17

Je continue de lire le texte du chapitre 57 d’Ésaïe.

L’avidité coupable du peuple d’Israël m’avait mis en colère. Alors je l’ai frappé et je me suis caché dans mon irritation. Mais lui, rebelle, il a suivi la voie où l’inclinait son cœur (Ésaïe 57.17).

La convoitise est le principe actif du péché qui exige le jugement de Dieu ; c’est le contraire de l’attitude de celui qui est contrit parce qu’il sait qu’il n’a aucun droit devant le Juge de toute la terre à qui il doit rendre des comptes.

Versets 18-19

Je continue.

J’ai bien vu sa conduite, mais je le guérirai et je le conduirai, je le consolerai, lui et ses affligés. Je créerai sur leurs lèvres des hymnes de louange. Paix, paix à qui est loin comme à ceux qui sont près, déclare l’Éternel. Oui, je le guérirai (Ésaïe 57.18-19).

Au moment de cette prophétie, le châtiment du peuple élu ainsi que sa guérison est encore futur. Israël ne périra pas mais sera sauvé en tant que nation grâce à ses « affligés », c’est-à-dire ceux qui s’humilient et se repentent de leur péché. Une fois délivrés, ils exprimeront leur joie par des actions de grâces en célébrant le nom de l’Éternel (comparez Hébreux 13.15).

Dans son épître aux Éphésiens (2.13,17), l’apôtre Paul donne l’interprétation de l’expression : « paix à qui est loin comme à ceux qui sont près » ; il s’agit des païens et des Juifs.

Versets 20-21

Je finis de lire le chapitre 57.

Mais les méchants ressemblent à la mer agitée qui ne peut se calmer et dont les flots agitent la vase et le limon. Mais, a dit Dieu, il n’y a pas de paix pour les méchants (Ésaïe 57.20-21).

Le refrain, « Mais, a dit Dieu, il n’y a pas de paix pour les méchants », termine les deux premières parties (Ésaïe 40-48 et 49-57) de la deuxième grande section du livre d’Ésaïe (Ésaïe 40-66) ; c’est le point final à la fin des chapitres 48 et 57. Ésaïe établit ici un contraste saisissant entre la paix de l’homme contrit qui a trouvé le salut, et le sort de celui qui, n’ayant pas voulu s’humilier, vit sans Dieu et sans paix dans une agitation intérieure permanente.

Alors que des païens et un tout petit nombre de Juifs reçoivent la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, dans son immense majorité, le peuple élu s’est fermé à la prédication du salut et se trouve plongé dans l’agitation constante d’un cœur qui ne connaît pas la paix. Cet état d’angoisse est plus saillant chez les Juifs que chez les païens parce que leur culpabilité est plus grande, étant donné qu’ils ont rejeté leur propre Messie. Jusqu’à cette heure, Israël reste sans paix car il s’est détourné de Jésus, celui qui donne la paix.

Il n’est pas nécessaire de démontrer que le monde ne connaît pas la paix parce que c’est une lapalissade. L’histoire de l’homme est une longue suite de guerres, de conflits et de rivalités de tous ordres. C’est vrai entre les nations et les individus, dans toutes les villes et villages de France, dans le monde entier et également dans une majorité de foyers. Même le mot « compétition » sert à recadrer positivement l’antagonisme viscéral qui existe entre les êtres humains. Particulièrement féroce dans le milieu des affaires et en politique, cette compétition conduit à d’infinies détresses parce que Dieu a dit : « il n’y a pas de paix pour les méchants ».

Chapitre 58

Introduction

Nous arrivons au chapitre 58 qui est une charnière du livre parce qu’ici commence la troisième et dernière section (Ésaïe 58-66) de la deuxième grande partie d’Ésaïe. Les prophéties précédentes ont pour but de produire en Israël un esprit d’humiliation et de repentance sans lequel il n’est pas possible d’obtenir le salut.

Ces discours ont préparé les tableaux grandioses de cette nouvelle série de prophéties des chapitres qui vont suivre et qui ont pour sujet principal la gloire de la Nouvelle Jérusalem. Ésaïe a déjà effleuré ce thème par anticipation (Ésaïe 54) quand il a dit que cette gloire à venir serait le couronnement de l’œuvre rédemptrice accomplie par le « Serviteur de l’Éternel », c’est-à-dire Jésus-Christ le Messie.

Dans le chapitre 57, le précédent, le prophète est redescendu sur terre pour faire face aux tristes réalités de son époque, et il a souligné que l’idolâtrie est la grande tentation et le gros vice à éviter afin que puissent s’accomplir les promesses de l’Éternel envers Israël. Le chapitre 58 continue sur cette même lancée ; l’avenir glorieux du peuple élu ne se réalisera qu’à la condition qu’il soit moralement renouvelé. Cette nécessité est le sujet des chapitres 58 et 59 qui récusent deux accusations principales qu’Israël ose porter contre l’Éternel.

La première est que Dieu est indifférent et injuste, et la seconde, qu’il est impuissant à sauver. Le prophète démontre que la faute incombe entièrement à Israël qui s’est rendu coupable de graves infidélités envers son Dieu. À y réfléchir, ne sommes-nous pas coupables des mêmes péchés qu’Israël ? Notre manière de vivre corrompue par rapport aux lois morales de Dieu, et notre religiosité d’apparat, freinent l’action du Saint-Esprit dans la vie de ceux qui se disent croyants. J’ai sans cesse besoin d’examiner ma vie et de prendre conscience de mes fautes et surtout de les délaisser.

Même après leur retour de l’exil babylonien, les Israélites étaient toujours aussi hautains. Le prophète Malachie écrit :

Vos propos contre moi sont durs, dit l’Éternel, et vous, vous demandez : “ Quels propos avons-nous proférés contre toi ? ” Eh bien, vous avez dit : “ Il est bien inutile de servir Dieu, et qu’avons-nous gagné en lui obéissant et en menant le deuil devant le Seigneur des armées célestes ? C’est pourquoi, maintenant, nous estimons heureux les arrogants, car ceux qui font le mal prospèrent tout en mettant Dieu au défi ils s’en sortent indemnes ” (Malachie 3.13-15).

Ces Israélites vont bien au temple et offrent des sacrifices, mais leur cœur n’est pas droit ; ils sont effrontés et pratiquent une religion de façade ; ils ont l’apparence de la piété tout en restant durs comme de la pierre vis-à-vis de l’Éternel. L’esprit religieux pointilleux qui n’est qu’un vernis a une odeur fortement nauséabonde aux narines de l’Éternel. À l’une des 7 Églises de l’Apocalypse, Jésus dit :

Je connais ta conduite et je sais que tu n’es ni froid, ni bouillant. Ah ! si seulement tu étais froid ou bouillant ! Mais puisque tu es tiède, puisque tu n’es ni froid, ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche (Apocalypse 3.15-16).

Verset 1

Je commence maintenant de lire le chapitre 58.

Crie de toutes tes forces et ne te retiens pas. Fais retentir ta voix comme le son du cor ! À mon peuple dénonce sa révolte, et aux descendants de Jacob leurs fautes (Ésaïe 58.1).

Le cor sert à rassembler les guerriers avant de partir à la guerre, ou bien les fidèles pour les fêtes religieuses. Sur le mont Sinaï, la voix de Dieu ressemblait au son du cor (Exode 19.19 ; 20.18-19). Le prophète a reçu l’ordre de se faire entendre et de poursuivre ses réprimandes sur le même ton et dans le même esprit que le réquisitoire du chapitre précédent (Ésaïe 56.9-57.13).

A côté de l’idolâtrie, il dénonce d’autres fautes dont le peuple d’Israël se rend coupable. Ce que Dieu demande à Ésaïe ne va pas le rendre très populaire ; il ne risque pas d’être élu député de son canton. Il va devoir s’en prendre aux religieux, une mission particulièrement dangereuse au vu de ce qui est arrivé à Jésus et à la longue liste de martyrs qui l’ont suivi et sont tombés sous les coups de boutoir de l’Inquisition ou d’une autre organisation religieuse guerrière, sans parler des croisades.

Aujourd’hui aussi, on trouve des fanatiques qui sont d’un genre très agressif puisque la dévotion à leur divinité passe par l’élimination pure et simple de tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Ésaïe est un homme courageux, il n’a pas peur de dire les choses comme elles sont quitte à offenser les bonnes gens, et il ne caresse personne dans le sens du poil. De nos jours, une telle attitude n’est plus considérée comme correcte, surtout depuis la venue sur scène des théologies libérales d’origine protestante qui ont transformé la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ en un manuel de bonnes manières pour bien-pensants. Cette vision du monde bassement matérialiste fait abstraction de tout ce qui ne se voit pas : le surnaturel, la dimension spirituelle de l’homme et surtout le péché, ce mal mortel qui lui colle à la peau et qui l’afflige.

Le personnel soignant de nos hôpitaux se rend coupable de négligence grossière s’il ne tient pas compte d’une maladie grave chez un patient. Pareillement, dans le christianisme, les responsables du culte ont le devoir d’informer leurs paroissiens qu’ils sont lépreux de la tête aux pieds, au sens spirituel du terme, c’est-à-dire qu’ils ont en eux le péché qui les conduit irrémédiablement à la mort éternelle à moins qu’ils n’acceptent l’unique remède qui efface la conséquence de ce mal autrement incurable. Seul le sang que le Christ a versé sur la croix possède ce pouvoir, et on bénéficie de ses vertus par la foi en lui.

Verset 2

Je continue le texte.

Ils me recherchent chaque jour, ils disent qu’ils se plaisent à connaître mes voies, comme ferait un peuple qui accomplit ce qui est juste et n’a pas délaissé le droit que son Dieu a prescrit. Ils exigent de moi de justes jugements et veulent être près de Dieu (Ésaïe 58.2).

Ésaïe adresse ces paroles au peuple de Juda alors qu’il est dans la détresse à cause, soit d’une invasion étrangère, soit de l’exil babylonien (comparez Zacharie 7.5-12). Non seulement le peuple se plaint des délais que l’Éternel lui impose avant de le délivrer, mais il a encore le culot de lui demander des comptes.

Les Israélites réclament des jugements justes à savoir le châtiment de leurs oppresseurs et la réalisation des promesses que Dieu a faites à leurs ancêtres. Ils manifestent bien une certaine piété, mais elle est d’apparat ; c’est un simulacre, et leur justice, c’est-à-dire leur manière de vivre, ne correspond pas du tout aux exigences de la loi de Moïse.

Versets 3-4

Je continue.

Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? Pourquoi nous humilier, si tu n’y prends pas garde ? Au jour où vous jeûnez, vous traitez vos affaires et vous exploitez tous vos ouvriers, vous passez votre jeûne en procès et querelles et en frappant du poing avec méchanceté. Ce n’est pas par des jeûnes, comme ceux d’aujourd’hui, que vous ferez entendre vos prières là-haut ! (Ésaïe 58.3-4).

La loi de Moïse ordonne de célébrer des fêtes, mais pas de jeûner. On peut déduire une allusion au jeûne dans l’expression : « Vous humilierez vos âmes » (Lévitique 16.29 ; 23.27 ; Nombres 29.7 ; LSG) qui concerne le Yom Kippour, le jour des Expiations.

Cela dit, la loi n’interdit pas les jeûnes volontaires à condition qu’ils soient sincères et c’est précisément là que le bât blesse parce que les Israélites qui pratiquent assidûment ce rite s’en vantent tout en croyant gagner quelque bon point avec l’Éternel (comparez Luc 18.12). Mais ce dernier répond à leur plainte en déclarant que ces jeûnes n’ont aucune valeur à ses yeux parce qu’ils sont l’expression d’un formalisme religieux vide.

Le vrai jeûne n’est pas un spectacle de rue, mais une affaire privée entre le repentant et son Dieu (comparez Matthieu 6.16-18) ; il implique la contrition, un esprit d’humilité et des actions de vie concrètes qui correspondent aux exigences divines. Dieu n’est pas du tout impressionné par la musique sacrée, la liturgie, les vêtements sacerdotaux multicolores, les tiares bariolées hautes de forme, et la grande pompe qui jouent sur les émotions et font vibrer le petit peuple. Ce que Dieu veut est que je sois vrai, sincère et humble devant lui.