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13 mars 2025

Esaïe 21.1 – 22.14

Chapitre 21

Introduction

Parmi les chants chrétiens, plusieurs ont pour thème Jérusalem, appelée Sion du nom de la colline sur laquelle la ville est construite. Mais je connais aussi un chant qui parle de Jéricho conquise par Josué, et un autre où il est dit : « Babylone tombe et c’est pour toujours. » Or, dans le chapitre 21, le prophète Ésaïe émet à nouveau une prophétie contre Babylone. Décidément, Dieu a souvent cette ville dans son collimateur. Il faut dire qu’elle est tristement célèbre puisque son nom vient de « la Tour de Babel » symbole d’une rébellion universelle de l’humanité contre Dieu. Et puis c’est Babylone qui mit à sac et à sang Jérusalem (587 av. J-C), déporta la plupart des habitants de Juda, rayant ainsi le royaume israélite de la carte géopolitique du Moyen-Orient. Aujourd’hui, Babylone est en ruines, mais à la fin des temps elle sera reconstruite pour devenir le centre religieux, politique et commercial du monde, sous la botte de l’Antichrist qui dirigera une nouvelle révolte contre Dieu. Il n’est donc pas étonnant qu’Ésaïe prononce ce nouvel oracle contre cette ville infâme.

Versets 1-2

Je commence de lire le chapitre 21 du livre d’Ésaïe.

Menace sur le désert maritime : Tel l’ouragan traversant le Néguev, l’envahisseur vient du désert, d’un pays redoutable. Une révélation terrible m’a été faite, où le traître trahit, le destructeur détruit. Attaquez, Élamites ! Assiégez, vous les Mèdes ! Je vais faire cesser tous les gémissements (Ésaïe 21.1-2).

Le « désert maritime » est la plaine alluviale de basse Mésopotamie, voisine du golfe Persique, et formée par les fleuves Tigre et Euphrate et leurs affluents. Dans les inscriptions assyriennes, cette région porte le nom de « pays de la mer » à cause des fréquentes inondations de l’Euphrate qui s’étendent sur d’immenses surfaces. Mais Ésaïe appelle Babylone « désert maritime », parce qu’elle sera changée en désert.

Les Élamites sont un peuple qui habite dans ce qui est aujourd’hui la province iranienne du Khouzistan, et les Mèdes vivent à proximité de l’Iran au bord de la mer Caspienne. Ces deux peuples sont alliés aux Chaldéens qui dominent sur la Babylonie.

Dans l’oracle d’Ésaïe, l’envahisseur est comparé aux ouragans qui au sud de la Palestine se déchaînent souvent avec une violence extraordinaire. Il s’agit cette fois encore, du roi assyrien Sennachérib qui attaque un dénommé Merodak-Baladân, chef des Chaldéens. Merodak est originaire d’une ville à l’embouchure de l’Euphrate (Bit-Yakin). C’est lui qui envoya à Ézéchias, roi de Juda, une ambassade qui, sous prétexte d’une visite de courtoisie (2Rois 20.12-19 ; 2Chroniques 32.31 ; Ésaïe 39.1-8) cherche à l’enrôler dans une coalition (Babylone, Élam, Médie, Phénicie, Moab, Édom, Philistie, Égypte) contre l’Assyrie. Cet homme est mentionné dans le second livre des Rois (2Rois 20.12). Ses luttes guerrières sont un peu compliquées, mais importantes parce qu’elles constituent l’arrière-plan de la prophétie d’Ésaïe. Berodak est un homme capable, courageux et entreprenant. Vers 731 av. J-C, il se soumet au roi d’Assyrie Tiglath-Piléser III, mais lorsque 9 ans plus tard les Assyriens font le siège de Samarie, la capitale d’Israël Nord, leur roi qui est alors Salmanasar V, meurt subitement. Grand opportuniste, Merodak en profite pour monter sur le trône de Babylone où il règne 11 ans, et dont il fait la capitale de tout ce qui brille, ainsi qu’un grand centre d’idolâtrie et de fausses religions.

Mais la conquête du pouvoir par Merodak n’est qu’un mirage car en l’an 710, le roi assyrien Sargon le chasse. Qu’à cela ne tienne, 7 ans plus tard, Merodak est de retour sur scène ; il s’allie aux Élamites c’est à dire les Perses, et rejette le joug assyrien, seulement ça se passe très mal et dans un immense bain de sang. En l’an 702, le roi Sennachérib défait Merodak et 3 ans plus tard il détruit Babylone et rase toute la région autour du Golfe Persique, transformant « le pays de la mer » en désert maritime, thème de la prophétie d’Ésaïe.

Versets 3-4

Je continue le texte.

C’est pourquoi, des frissons me parcourent le dos, des douleurs m’ont saisi comme une femme en couches et je suis abattu, je ne peux plus entendre, l’effroi m’ôte la vue. Mon esprit est troublé, je tremble de frayeur. Le soir tant attendu est devenu pour moi un objet d’épouvante (Ésaïe 21.3-4).

Ésaïe sait que dans l’avenir (en 587) Babylone mettra Jérusalem à sac et déportera ses habitants, pourtant il est profondément troublé par sa vision du châtiment que cette ville maudite subira au travers des siècles (comparez Ésaïe 15.5 ; 16.9, 11). Il ressent le même trouble que s’il participait personnellement à l’agonie de Babylone, ce que reflète d’ailleurs bien son style haché.

Verset 5

Je continue.

On prépare une table ; d’une nappe, on la couvre, on mange, on boit. Soudain, un cri d’effroi : Levez-vous, capitaines ! Graissez vos boucliers ! (Ésaïe 21.5).

A la fin de l’empire babylonien, la capitale est investie en une seule nuit par les Mèdes et les Perses (en 539 av. J-C), mais en douceur ; on pourrait presque dire sans qu’un seul coup de feu soit tiré. En effet, alors que le roi Balthazar (Daniel 5 ; 7.1 ; 8.1) festoie avec ses grands et boit à la santé de ses idoles, à l’extérieur des murs de Babylone, depuis plusieurs semaines, le général mède dirige les opérations de détournement du cours de l’Euphrate qui traverse la ville. Le travail terminé, il est entrée dans la ville comme dans un moulin.

Cet événement réjouit le cœur des Israélites qui sont exilés à Babylone parce que la défaite de leur ennemi leur ouvre le chemin du retour au pays de leurs ancêtres.

Le festin que mentionne Ésaïe est celui que le roi Ézéchias a préparé pour l’ambassade que lui a envoyée Merodak. Alors que la fête bat son plein, le prophète est transporté par l’Esprit de Dieu dans Jérusalem encerclé par les Babyloniens (en 587 av. J-C) ; il est catastrophé et dans sa vision il crie aux défenseurs de la ville : « Levez-vous, capitaines ! Graissez vos boucliers ! » À cette époque, avant la bataille on enduisait les boucliers d’huile afin que les lances et les flèches ennemies glissent dessus sans les pénétrer.

Versets 6-9

Je continue le texte.

Voici comment m’a parlé le Seigneur : “ Va poster un guetteur, qu’il dise ce qu’il voit. S’il voit un char attelé d’une paire de chevaux et des cavaliers sur des ânes, d’autres sur des chameaux, qu’il les observe bien, redoublant d’attention ”. Le guetteur a crié : “ Mon seigneur, je me tiens tout le jour aux aguets, et je veille les nuits entières, à mon poste de garde. Et voici : quelqu’un vient, un homme sur un char tiré par deux chevaux. Il prend la parole et il dit : “Elle est tombée, Babylone est tombée, et toutes les statues de ses divinités sont là, brisées, par terre !” ” (Ésaïe 21.6-9).

Les monarques assyriens et babyloniens sont très dévots. Dans leurs inscriptions, ils parlent souvent des temples et des statues qu’ils ont érigés aux divinités qui sont censées les protéger. Ici, la sentinelle proclame la fin tragique de Babylone qui tombe aux mains du roi assyrien Sennachérib qui la détruit (689). Ésaïe souligne au passage que les innombrables idoles de la ville ont été incapables de la sauver.

Cependant, la fin définitive du nouvel Empire babylonien n’a lieu que 150 ans plus tard (en 539) devant les Mèdes et les Perses comme je l’ai expliqué. Aujourd’hui, Babylone est un monceau de ruines, mais à la fin des temps elle sera à nouveau reconstruite puis détruite, mais cette fois-ci pour toujours. Dans l’Apocalypse, l’apôtre Jean reprend cette prophétie d’Ésaïe pour annoncer la chute de Babylone. Je lis deux passages :

Elle est tombée, la grande Babylone est tombée, celle qui a fait boire à toutes les nations le vin de sa furieuse prostitution. – Elle est tombée, elle est tombée, la grande Babylone. Et elle est devenue un antre de démons, repaire de tous les esprits impurs, repaire de tous les oiseaux impurs, et détestables (Apocalypse 14.18 ; 18.2).

Verset 10

Je continue.

Ô toi mon peuple, qu’on a battu comme du grain sur l’aire, ce que j’ai entendu de l’Éternel, le Seigneur des armées célestes, je vous l’ai déclaré (Ésaïe 21.10).

À cette époque, Israël a déjà souffert sous les coups de plusieurs nations, dont et surtout les Assyriens, ce que Ésaïe décrit d’une manière très imagée qui saisit sur le vif non seulement l’agonie, mais le but de la longue épreuve imposée à Israël. Puis Ésaïe rappelle qu’il n’est que le porte-parole de l’Éternel et de sa part il a toujours dit qu’une alliance de Juda avec des peuples païens, que ce soit l’Égypte, l’Éthiopie, l’Assyrie ou les Chaldéens, est dangereuse et inutile, preuve en est la chute de Babylone rasée par Sennachérib, et son roi Berodak-Baladân qui a dû s’enfuir.

Nous arrivons maintenant à un oracle contre le pays d’Édom aussi appelé « pays de Séïr », qui tire son nom du plateau montagneux qui s’étend de l’extrémité sud de la Mer Morte à la Mer Rouge. Ce territoire fut donné par l’Éternel aux descendants d’Ésaü (Genèse 32.3), frère de Jacob. Je continue le texte.

Versets 11-12

Menace sur Douma : On me crie de Séïr : “ Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? ” Et la sentinelle répond : “ Le matin vient, et la nuit vient aussi. Si vous voulez interroger, interroger, retournez et venez ” (Ésaïe 21.11-12 ; autre).

Ésaïe se moque de la façon de parler des Édomites en utilisant 4 verbes de suite qui sont assonants, qui se terminent par le même son (ajou). Il fait également un jeu de mots en transformant Édom en « Douma » qui veut dire : « silence ». C’est l’oracle du silence. Le royaume d’Édom a été envahi par l’Assyrie et est devenu un pays où règne un silence de mort. Les deux rois assyriens Tiglath-Piléser (734) et Sargon (711) mentionnent qu’ils reçoivent un tribut du pays d’Édom.

Une voix demande : « que dis-tu de la nuit ? », c’est à dire : « Est ce que la calamité n’est pas bientôt passée. La sentinelle est le prophète lui-même qui, de Jérusalem, comme du haut d’une tour, dans sa vision prophétique plonge ses regards dans la nuit qui couvre tous les peuples à l’entour. À cette époque, tous les petits états de la Palestine sont sous la botte assyrienne ; seul le royaume de Juda est libre.

La voix veut savoir quand viendra l’aurore. Dans les Textes Sacrés, le matin évoque la délivrance et la nuit l’oppression. Le prophète répond à lui-même que le matin vient mais la nuit aussi. Ce matin est un soulagement mais il sera de courte durée. Il correspond au désastre subit par le roi Sennachérib qui assiège Jérusalem et qui en une nuit perd 185 000 soldats (701 av. J-C) tués par l’Ange de l’Éternel (comparez Ésaïe 14.24-27 ; 19.35 ; 29.5 ; 37.36-37).

Mais peu de temps après, les incursions assyriennes reprennent de plus belle et plus tard, Édom doit subir la domination des Chaldéens, des Perses et des Romains. Après la destruction de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, Édom disparaît dans les oubliettes de l’histoire.

Versets 13-15

Je continue le texte.

Menace sur l’Arabie : Ô caravanes de Dedân, vous passerez la nuit dans les forêts de l’Arabie. Allez à la rencontre de celui qui a soif et portez-lui de l’eau ; habitants de Téma, allez au-devant des fuyards avec le pain qui leur est nécessaire. Car ils se sont enfuis devant les épées dégainées et devant l’arc bandé, devant le combat violent (Ésaïe 21.13-15).

Dedân est une tribu de marchands arabes qui a dû quitter la route des caravanes pour se réfugier dans un endroit accidenté et boisé après avoir été attaquée par l’armée assyrienne. Mais ils manquent cruellement d’eau et de nourriture. Téma est une oasis située au sud de Dédân, sur la route entre Damas et La Mecque (Job 6.19 ; Jérémie 25.23). Ésaïe exhorte les membres de la tribu ismaélite de Téma, établie près du territoire d’Édom, de porter secours aux Arabes de Dedân.

Versets 16-17

Je finis de lire le chapitre 21 du livre d’Ésaïe.

Voici comment le Seigneur m’a parlé : “ Dans un délai d’un an compté comme l’on compte l’année d’un mercenaire, toute la gloire de Qédar sera anéantie. Et il ne restera qu’une poignée infime d’archers et de guerriers chez les gens de Qédar. ” Car l’Éternel, le Dieu d’Israël, a parlé (Ésaïe 21.16-17).

Ismaël est né de l’union d’Abraham avec la servante Hagar. Qédar est un fils d’Ismaël (Genèse 25.13) et devient une tribu puissante qui s’installe au nord-ouest de l’Arabie à proximité des zones sous contrôle assyrien. Combattants farouches, ils possèdent de nombreux troupeaux et vivent sous des tentes fabriquées avec des peaux de chèvres noires (Ésaïe 21.16-17 ; Ézéchiel 27.21). Plusieurs rois assyriens (Sargon, Sennachérib) disent les avoir soumis. Plus tard, ils seront vaincus par Babylone (Jérémie 49.28).

Ésaïe énonce les jugements en termes poétiques, mais cette poésie n’arrive pas à cacher sa détresse qui ressort ici et là. Ces prophéties parlent beaucoup de la nuit du mal et de l’oppression, mais aussi du matin radieux qui se lèvera quand le Messie, le soleil de justice, instaurera sur terre son royaume de paix.

Chapitre 22

Introduction

Nous arrivons au chapitre 22 où Ésaïe annonce la prise de Jérusalem par les Babyloniens en 587 av. J-C. Cette prophétie a été faite après l’invasion de Juda par les Assyriens (701 av. J-C) et leur anéantissement par l’Ange de l’Éternel. La place de cette prophétie au milieu des jugements des nations montre qu’au niveau spirituel et moral, les Israélites sont descendus tout aussi bas que les païens purs et durs.

Versets 1-2a

Je commence de lire le chapitre 22.

Menace sur la vallée de la Vision : Qu’as-tu donc, maintenant, pour être tout entière montée sur les toits en terrasses, ô toi, cité bruyante et pleine de tapage, ville toujours en liesse ? (Ésaïe 22.1-2a).

« La vallée de la Vision » fait référence à Jérusalem. C’est une expression paradoxale étant donné que la ville est située sur une colline ; on comprendrait mieux « montagne de vision ». Cependant dans les Écritures, le mot « vallée » décrit souvent une situation de détresse, d’humiliation, et la mort. C’est exactement ce qui arriva quand Nabuchodonosor s’empara de Jérusalem et déporta la population de Juda.

Dans cette prophétie, les Israélites n’ont qu’une chose en tête : faire la bringue. Suite au retrait des Assyriens mis en déroute par l’Éternel, ils font une fête à tout casser et montent même sur les toits pour se trémousser ; on se croirait un 14 juillet. Le prophète les critique pour leur attitude désinvolte alors qu’ils auraient dû se repentir de leurs fautes. Le châtiment qui guette Juda a été ajourné c’est vrai, mais non abrogé.

Versets 2b-3

Je continue.

Car ceux, parmi les tiens, qui ont été tués ne sont pas tombés par l’épée et ne sont pas morts au combat. Tes officiers se sont enfuis ensemble, ils ont été fait prisonniers par les archers ; tous ceux qu’on a trouvés ont été pris ensemble comme ils fuyaient au loin (Ésaïe 22.2b-3).

Bien que faite au passé, cette description est prophétique car elle aura seulement lieu environ un siècle plus tard. Quand les Babyloniens ont fait une brèche dans les murs d’enceinte de Jérusalem (en 587), le roi et ses grands se sont enfuis mais ils ont été capturés (2Rois 25.4-7 ; Jérémie 39.4-5). Pendant ce temps, à l’intérieur de la ville assiégée, la maladie et la famine faisaient des ravages dans la population (comparez Lévitique 26.25 ; 2Rois 25.3 ; Jérémie 52.6 ; Lamentations 1.19-20).

Versets 4-5

Je continue.

C’est pourquoi je vous dis : “ Détournez-vous de moi et laissez-moi pleurer amèrement ; ne vous empressez pas de venir me réconforter au sujet de la ruine qui a atteint la communauté de mon peuple ”. Car c’est un jour de trouble, de catastrophe, de destruction que l’Éternel envoie, le Seigneur des armées célestes, dans la vallée de la vision. Un mur est abattu, et des cris de détresse s’élèvent vers les monts (Ésaïe 22.4-5).

Ésaïe est dans la détresse parce qu’il sait que Jérusalem n’échappera pas au jugement divin.

Versets 6-7

Je continue.

Élam prend son carquois, il vient avec des chevaux et des chars portant leurs hommes d’équipage ; et les hommes de Qir sortent les boucliers. Hélas ! Jérusalem, tes plus belles vallées sont encombrées de chars, les soldats sur les chars viennent se mettre en poste en face de tes portes (Ésaïe 22.6-7).

Élam représente la Perse et Qir, les Mèdes. Faisant d’abord partie de l’Empire assyrien, ils ont participé à la funeste expédition de Sennachérib contre Jérusalem, mais de toute évidence, ici, ils sont alliés aux Babyloniens qui vont vaincre Israël.

Versets 8-11

Je continue.

Voilà Juda privé de ses défenses. Ce jour-là, vous avez placé votre espoir dans les armes qui sont à l’arsenal de la Maison de la Forêt. Vous avez remarqué combien les brèches sont nombreuses dans les murs de la citadelle du roi David. Vous avez collecté de l’eau dans le réservoir inférieur, vous avez dénombré les maisons de Jérusalem et vous en avez démoli pour renforcer les murs qui protègent la ville (comparez Jérémie 33.4). Vous avez fait un réservoir entre les deux murailles pour les eaux de l’ancien étang. Cependant, vous n’avez pas tourné les regards vers celui qui a fait toutes ces choses, celui qui les a préparées depuis des temps lointains (Ésaïe 22.8-11).

Ce sont les rois de Juda Ahaz et Ézéchias qui ont effectué tous ces travaux (comparez Ésaïe 7.3 ; 2Chroniques 32.2-5, 30 ; 2Rois 20.20). Ésaïe fustige l’attitude des habitants de Juda de son temps et des générations suivantes parce qu’ils font confiance en leurs armes et en leurs propres forces au lieu d’invoquer l’Éternel qui est pourtant le maître de la destinée des hommes (comparez Ésaïe 37.26).

Les contemporains du prophète ne comprennent pas le sens de la dévastation de leur pays par les Assyriens et la délivrance miraculeuse de Jérusalem (701 av. J-C), qui aurait dû produire des actions de grâces et la repentance du peuple. Pour les Israélites, ces événements ont seulement été un prétexte pour faire la fête avant de sombrer à nouveau dans leur torpeur spirituelle habituelle.

Versets 12-14

Je continue.

En ce jour, l’Éternel, le Seigneur des armées célestes, vous appelait à pleurer, à gémir, à vous raser la tête et à vous revêtir d’un habit de toile de sac. Mais au lieu de cela, c’est la joie et la liesse : on égorge des bœufs, on abat des moutons, des chèvres, on se gorge de viande, on boit du vin et l’on dit : “ Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ”. Le Seigneur des armées célestes m’a révélé ceci : “ Non, ce péché ne vous sera pas pardonné aussi longtemps que vous vivrez ”. L’Éternel le déclare, le Seigneur des armées célestes (Ésaïe 22.12-14).

La devise : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons », reprise par l’apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens (15.32) revient à dire qu’après la mort, tout est fini. Cette incrédulité grossière rejette le Dieu de miséricorde. Sous le régime de l’Ancienne Alliance, une telle attitude est pourtant considérée un péché à main levée, c’est à dire un crime de lèse-majesté envers l’Éternel.

Dans le Nouveau Testament, cette attitude arrogante s’appelle « le blasphème contre le Saint-Esprit » (Marc 3.29 ; Luc 12.10), une faute qui ne peut pas être pardonnée. Les sévères paroles du prophète Ésaïe ont traversé les siècles et résonnent encore pour notre gouverne. Plaît à Dieu que nous les écoutions.

 

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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