Chapitre 2

Introduction

Un génie est quelqu’un de supra-intelligent, mais les génies sont aussi des esprits qui dans la mythologie romaine président à la destinée de chaque être humain. Bof, ce n’est pas très intéressant. Par contre, il existe un conte où un pauvre homme trouve une bouteille sur la plage. Curieux, il l’ouvre et un génie féerique en sort et lui dit qu’il exaucera trois vœux. Si ça vous arrivait, que demanderiez-vous ? Je crois que beaucoup d’hommes choisiraient ce que Salomon a pu s’offrir de lui-même.

Verset 8

Je continue de lire dans le chapitre 2 du livre l’Ecclésiaste.

Je me suis amassé de l’argent et de l’or, provenant des trésors des rois et des provinces. Je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses et j’ai eu ce qui fait les délices des hommes : de nombreuses belles femmes (Ecclésiaste 2.8).

Comme je l’ai dit, Salomon impose de lourds impôts à son peuple, cependant, ses richesses proviennent également des rois qui lui sont soumis et lui paient un tribut annuel, de ses expéditions maritimes et des présents qu’il reçoit des souverains qui lui rendent visite (1Rois 9.28 ; 10.10, 14-15, 27). De plus, à cette époque, la principale route de caravanes entre l’Asie et l’Afrique transite par la Palestine. Celles-ci transportent des bois exotiques, de l’or, de l’argent, des pierres précieuses et des épices. Il va sans dire que personne ne met les pieds en Israël sans montrer patte blanche et payer la taxe locale en nature. Alors l’un dans l’autre, Salomon a vite fait de capturer le marché de tout ce qui brille ou qui a de la valeur (1Rois 10.14-15, 27). Après une bonne journée de business, le soir à la veillée, le roi dispose de son propre cabaret pour le distraire (2Samuel 19.35 ; Ésaïe 5.12). Puis quand vient le moment du coucher, il puise dans son harem de 1 000 femmes. Dans le premier livre des Rois, on lit :

Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères, outre la fille du pharaon : des Moabites, des Ammonites, des Édomites, des Sidoniennes, des Hittites. Elles venaient de ces nations païennes au sujet desquelles l’Éternel avait dit aux Israélites : “ Vous ne vous unirez pas à elles, et elles ne s’uniront pas à vous ; sinon elles détourneront votre cœur et vous entraîneront à adorer leurs dieux. ” Or, c’est précisément à des femmes de ces nations-là que s’attacha Salomon, entraîné par l’amour. Il eut sept cents épouses de rang princier et trois cents épouses de second rang, et toutes ces femmes détournèrent son cœur (1Rois 11.3).

Avant Salomon, le Moyen-Orient n’a jamais connu une telle splendeur. Pourtant, ce n’est pas sa vie de pacha et de château que l’Éternel reproche à Salomon, mais son idolâtrie. A la fin de sa vie, et comme je l’ai déjà dit, les femmes de rang princier l’entraînent à construire des autels et à offrir un culte à leurs divinités païennes. C’est cette infidélité du roi qui suscite la colère de Dieu qui le punit sévèrement en le faisant mourir prématurément et en disloquant son royaume.

Versets 9-10

Je continue le texte.

Ainsi, je devins puissant, et je surpassais tous ceux qui m’ont précédé à Jérusalem. En tout cela, ma sagesse m’assistait. Je ne me suis rien refusé de tout ce que je voyais. Je ne me suis privé d’aucun plaisir. Oui, j’ai joui de tout mon travail et c’est la part que j’ai retirée de toute la peine que je me suis donnée (Ecclésiaste 2.9-10).

Quand Salomon dit : « Je ne me suis rien refusé de tout ce que je voyais. Je ne me suis privé d’aucun plaisir », ce n’est pas une façon de parler, car il est tout ce qu’il y a de plus sérieux. En été quand il fait une chaleur étouffante à Jérusalem, Salomon envoie des serviteurs grimper sur le mont Hermon, un massif montagneux entre la Syrie et le Liban (à 2 814 m), pour y chercher de la neige congelée afin de rafraîchir les boissons de son altesse et de ses mignons. C’est en effet possible ; bien tassée dans des jarres d’argile elles-mêmes entourées de glace dans des bassines, la neige congelée se conserve longtemps. D’ailleurs, jusqu’au siècle dernier, pendant l’hiver, les habitants du village de Menîn, qui se trouve à une quinzaine de kilomètres de Damas, entassent de la neige dans une caverne, puis en été ils vont la vendre dans la capitale syrienne et dans d’autres villes du littoral. Le vendeur s’annonce et vante les mérites de sa marchandise en criant : « Prends garde à tes dents ! »

Peut-être vous est-il arrivé de regarder dans les vitrines d’un magasin de luxe et de vous dire : « Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir m’offrir tout ce qui me plaît ! » Eh bien, c’est exactement ce que Salomon a fait. Tout ce que son cœur désire lui est servi en grande pompe, sur un plateau d’argent immédiatement ou presque. Alors qu’il regarde autour de lui, il n’y a rien qui soit hors de ses prix ou de son atteinte.

De nos jours, il existe des hommes et même quelques femmes qui sont immensément riches, plus encore que le légendaire Crésus, et qui peuvent donc s’acheter à peu près n’importe quoi, même un palace flottant. On pourrait penser que ces gens sont euphoriques et trempent dans un bonheur béat perpétuel. Eh bien pas du tout !; ils ne sont pas plus heureux que les clodos qui n’ont rien à se mettre sur le dos et sous la dent, et qui font les poubelles pour survivre. En fait, le taux de suicide est plus élevé chez les gens riches et célèbres, comme les acteurs de cinéma, que chez les miséreux, parce qu’ils sont arrivés à la même conclusion que Salomon : « Vanité des vanités, tout est dérisoire. »

Verset 11

Je continue le texte du second chapitre de l’Ecclésiaste.

Puis j’ai considéré l’ensemble de mes réalisations, et toute la peine que je m’étais donnée pour les accomplir. Et je me suis rendu compte que tout est dérisoire : autant courir après le vent. Il n’y a aucun avantage à tout ce qu’on fait sous le soleil (Ecclésiaste 2.11).

Cette affirmation de Salomon n’est pas à prendre au sens absolu puisqu’il vient tout juste de dire :

J’ai joui de tout mon travail et c’est la part que j’ai retirée de toute la peine que je me suis donnée (Ecclésiaste 2.10).

Néanmoins, ce qu’il dit surprend surtout de la part d’un homme qui n’est jamais gêné aux entournures, et à qui rien ne peut empêcher l’exécution de l’un quelconque de ses projets. Mais Salomon se rend vite compte que le bénéfice de son travail est passager et insuffisant à combler le vide de son cœur. Il comprend qu’il n’y a aucun moyen d’échapper à la difficile condition humaine et à trouver une pleine satisfaction, véritable et durable. Cependant, son verdict déprimant vise surtout les excès en tous genres comme la jouissance sans retenue, les séductions féminines qui donnent un sentiment de puissance, l’appât du gain qui consume une vie, l’excitation que produit les jeux de hasard ou le risque de certains investissements boursiers, l’ivresse des sports extrêmes, la soif de posséder et la course effrénée à la consommation. Plus loin, le Prédicateur recommande à ses lecteurs de trouver un certain contentement dans une approche modérée de la vie (Ecclésiaste 2.24 ; 3.5-6 ; 9.9).

Comme la plupart des gens n’ajoutent aucune foi aux paroles de Salomon, ils se lancent eux aussi à corps perdu dans un dérèglement ou un autre, ce qui n’est jamais rien d’autre qu’une forme d’idolâtrie. Mais à la fin, ils arrivent à peu près à la même conclusion que Salomon : « La vie n’a pas de sens. »

Verset 12

Je continue le texte.

Puis je me suis mis à considérer ce qui est sagesse et ce qui est stupidité et folie. Ainsi, que sera l’homme qui succédera au roi ? Que fera-t-il sinon ce qui s’est déjà fait avant lui ? (Ecclésiaste 2.12).

Salomon y va franchement, de bon cœur et sans retenue aussi bien dans la voie de la sagesse que dans la folie. Un autre roi pourra toujours chercher à l’imiter, mais nul n’a fait mieux que lui dans ses excès.

Versets 13-14

Je continue.

J’ai constaté que la sagesse est plus avantageuse que la stupidité, tout comme la lumière est plus avantageuse que les ténèbres. Le sage a des yeux pour voir, alors que l’insensé marche dans les ténèbres. Cependant, j’ai aussi constaté qu’un même sort attend l’un et l’autre (Ecclésiaste 2.13-14 ; Comparez Proverbes 17.24).

Même si la sagesse ne permet pas d’échapper à la condition humaine frustrante, Salomon reconnaît qu’elle est utile pour mieux l’assumer, et surtout pour éviter les écueils de la vie alors que l’insensé fonce droit dedans et s’y échoue (Proverbes 4.19 ; 13.14). Dans les Écritures, la sagesse est associée à la lumière et à la justice personnelle tandis que la folie est le lot des méchants qui marchent dans les ténèbres. Dans le livre des Proverbes, on lit :

Le sentier des justes est comme la lumière de l’aurore dont l’éclat ne cesse de croître jusqu’en plein jour. La route des méchants, elle, est plongée dans l’obscurité : ils n’aperçoivent pas l’obstacle qui les fera tomber (Proverbes 4.18-19).

Salomon est le seul personnage biblique qui a choisi de mener des expériences folles avec sagesse.

Verset 15

Je continue de lire dans le second chapitre de l’Ecclésiaste.

J’ai aussi constaté qu’un même sort attend le sage et l’insensé. Alors je me suis dit en moi-même : “ Puisque mon sort va être le même que celui de l’insensé, quel avantage me procure alors toute ma sagesse ? ” Et j’ai conclu en moi-même que cela aussi était dérisoire (Ecclésiaste 2.15).

Le même sort, la même fin attendent tous les hommes sans exception quoi qu’ils aient fait durant leur passage sur terre ; tout le monde doit mourir. Les paroles de Salomon me rappellent un vieux refrain qui dit : « T’as fait 15 tonnes, ça te donne quoi, un jour de plus vers 4 planches de bois… »

La médecine a fait de grands bonds en avant dans tous les domaines, surtout en chirurgie et pour le traitement des maladies bactériologiques grâce aux antibiotiques. Certains cancers peuvent aussi être soit guéris, soit traités comme une affection chronique. Ces développements et bien d’autres ont permis d’allonger la durée de la vie du moins dans les pays industrialisés, mais seulement de quelques années, ce qui somme toute n’est pas grand-chose, surtout si on la compare aux 969 ans qu’a vécu Mathusalem (Genèse 5.27). Au final, les progrès de la médecine moderne valent à peine d’être mentionnés et de toute façon, au regard de l’éternité, même l’âge le plus avancé qui soit est dérisoire et négligeable.

Verset 16

Je continue le texte.

Car on ne se souviendra pas longtemps du sage, pas plus que de l’insensé et, dans les temps à venir, tous deux tomberont dans l’oubli. Car le sage mourra aussi bien que l’insensé (Ecclésiaste 2.16).

Le sage et l’insensé partagent le même sort « sous le soleil » ; la façon dont ils ont vécu ne fait aucune différence car l’un et l’autre vont mourir. Quand la dame à la faux vient vous chercher, que vous soyez riche ou célèbre, que vous ayez fait le bien ou le mal, rien ne peut empêcher votre départ de ce monde et votre entrée dans l’autre. Tout comme Damoclès, nous avons au-dessus de notre tête une épée suspendue par un simple crin de cheval. Nul ne sait avec certitude quand cette épée va tomber et que pour lui le glas sonnera. Même ceux qui tentent de se donner la mort, souvent se loupent, comme si Dieu refusait leur dernier acte en le faisant échouer. Cela dit, nous savons avec certitude qu’un jour ou l’autre, notre existence sur terre prendra fin. Face à cette échéance incontournable, certains se consolent en se disant que leur mémoire vivra après eux. Pure illusion ! Avec le temps, chacun de nous sera oublié qu’il soit sage ou insensé.

Dans ses réflexions et comme je l’ai déjà dit, le Prédicateur ne tient absolument aucun compte ni du jugement que Dieu passera sur tous les êtres humains, ni de leur sort éternel. Pourtant, dans le livre des Proverbes, Salomon et d’autres sages répètent plusieurs fois qu’une conduite droite est le moyen de se préserver contre une mort physique prématurée ainsi que du châtiment divin (Proverbes 10.2 ; 11.4, 9 ; 12.28 ; 14.27, 32). Et dans le Nouveau Testament, l’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement (Hébreux 9.27).

C’est la foi en Jésus-Christ et en lui seul qui sauve et permet d’obtenir le pardon de ses fautes et la vie éternelle. Dans sa première épître, l’apôtre Pierre écrit :

Vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi (1Pierre 1.9).

Verset 17

Je continue le texte.

Alors je me suis mis à haïr la vie, car tout ce qui se fait sous le soleil m’est apparu détestable, parce que tout est dérisoire : autant courir après le vent (Ecclésiaste 2.17).

Si ma manière de vivre ne fait aucune différence puisque de toute façon je vais mourir, et s’il n’y a pas de bonne raison de vivre puisque rien n’en vaut vraiment la peine, alors la vie — et tout ce qu’on peut accomplir ici-bas — est futile et vaine.

Le physicien Thomas Edison travaille d’arrache-pied dans son laboratoire de Floride de jour comme de nuit parce qu’il est insomniaque. Il invente des tas de choses dont l’ampoule électrique. C’est un génie, un vrai, un pur, mais il est mort tout comme le clodo qui traîne dans sa rue. Quelle est la différence entre ces deux hommes ? Dans la tragédie « Macbeth », Shakespeare fait dire à son personnage :

La vie… est une histoire contée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne veut rien dire.

Versets 18-19

Je continue le texte.

J’ai fini par prendre en dégoût tous les travaux que j’avais accomplis sous le soleil et pour lesquels je m’étais donné tant de peine, parce que je devrai tout laisser à mon successeur. Et qui peut savoir si mon successeur sera sage ou sot ? Pourtant, c’est lui qui disposera de tout ce que j’ai acquis sous le soleil par mon labeur et par ma sagesse. Cela aussi est dérisoire (Ecclésiaste 2.18-19).

Un jour, je devrais tout quitter, les êtres qui me sont chers et tout le bazar qui est dans mon garage. Y avez-vous déjà songé ? Combien de gens travaillent dur toute une vie pour engranger des choses et surtout du fric pour se constituer une grasse retraite, et puis tout d’un coup le crin de cheval casse et ils doivent tout laisser derrière eux.

Les travaux grandioses que Salomon effectue, les trésors qu’il accumule, le pouvoir qu’il établit solidement, ne sont-ils pas des gages de bonheur pour ses héritiers ? La mort arrache Salomon à tous ses biens, mais que sont-ils devenus ? A la fin inexorable qui attend tout homme, vient s’ajouter une autre tragédie ; outre-tombe, le défunt n’a aucun contrôle sur la façon dont les fruits de son dur labeur sont utilisés après lui. Ils peuvent donc tomber entre les mains de quelqu’un qui les réduit à néant par incompétence ou parce qu’il ne leur attache aucune valeur. Si c’est un jouisseur, il craque tout le fric jusqu’au dernier centime comme l’enfant prodigue de la parabole de Jésus.

Dans le cas de Salomon, il a pour successeur son fils Roboam, un homme stupide qui, par sa folie et son arrogance, met le feu aux poudres d’une révolte qui grondait déjà en sourdine (1Rois 11.9-13), ce qui provoque la division effective du royaume d’Israël.

Versets 20-23

Je continue le texte.

Aussi j’en suis arrivé au désespoir en pensant à tout le travail pour lequel je me suis donné tant de peine sous le soleil. En effet, on accomplit son labeur avec sagesse, compétence et adresse, et c’est à quelqu’un qui n’a jamais participé à ce travail qu’on laisse tout ce qu’on en a retiré. Cela aussi est dérisoire, et c’est un grand mal. Car, que restera-t-il à l’homme de tout son labeur et de toutes ses préoccupations pour lesquels il s’est donné tant de peine sous le soleil ? En effet, toutes ses journées ne sont que tourment, et ses occupations ne lui apportent que des souffrances. Même la nuit, il ne trouve pas de repos. Cela aussi est dérisoire (Ecclésiaste 2.20-23).

Le travail excessif est une souffrance tout à fait vaine et inutile.

Non seulement le sage meurt comme l’insensé (Psaumes 49.9-12) et sa mémoire périt comme celle du plus insignifiant des hommes, mais ce qu’il a exécuté avec intelligence et beaucoup de peine passe à quelqu’un qui risque de tout gaspiller. Salomon est un homme doté de sens délicats et qui possède à un haut degré le goût du beau et du grandiose. Il sait comment jouir de ce qu’il y a de plus exquis à son époque. Il s’entoure de tout ce que la nature et les arts offrent de plus ravissant. Il déploie une activité fébrile et intelligente, et fait l’admiration des grands de son monde, même ceux qui sont les plus éloignés. En un mot, il réalise pendant sa vie tout ce qui semble être l’idéal du bonheur. Et pourtant en dernière analyse, outre-tombe et sous le couvert du Prédicateur, Salomon proclame que toute la peine qu’on se donne est futile et vaine. Cette déprime qui afflige Salomon, dans sa seconde épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul l’appelle : « la tristesse selon le monde » (2Corinthiens 7.10).

Versets 24-25

Je continue le texte.

Il n’y a donc rien de mieux à faire pour l’homme que de manger, de boire et de jouir du bonheur au milieu de son labeur. Mais j’ai constaté que cela aussi dépend de Dieu. En effet, qui peut manger et profiter de la vie sinon celui qui le reçoit de lui ? (Ecclésiaste 2.24-25).

Salomon est béni par Dieu plus que tous les autres hommes. Jusqu’ici, on le voit se comporter comme si le bonheur dépendait de lui, mais comme ses diverses expériences lui ont montré qu’il faisait fausse route, il arrête tout. Au lieu de faire plus les mêmes choses avec frénésie, que ce soit sur la voie de la sagesse, de la folie, de la jouissance ou d’une activité dévorante, il se dit qu’il vaut mieux attendre le bonheur de la main de Dieu dans le repos. En effet, sans la bénédiction divine, nul ne peut jouir de la vie. Une idée nouvelle semble germer dans sa tête : pour réussir sa vie, il est préférable de marcher dans le sillon divin plutôt que de chercher à diriger sa destinée selon sa propre volonté. Salomon veut désormais attendre du Maître souverain de toutes choses ce qu’il s’est jusqu’ici vainement fatigué à chercher par ses propres efforts. Au lieu de se lamenter et de s’entêter à trouver le bonheur et une raison d’être et de vivre, il vaut mieux profiter des petits plaisirs qu’à l’occasion il plaît à Dieu de mettre à notre disposition. C’est aussi ce que Salomon explique sous forme poétique dans le psaume 127.

Verset 26

Je finis de lire le second chapitre.

Car Dieu donne à l’homme qui lui est agréable la sagesse, la connaissance et la joie, mais il impose comme occupation à celui qui fait le mal le soin de recueillir et d’amasser pour celui qui lui est agréable. Cela aussi est dérisoire : autant courir après le vent (Ecclésiaste 2.26).

Dieu est le seul distributeur du bonheur et il ne se le laisse pas arracher, mais l’attribue à qui lui plaît. Cependant, il n’est pas donné à tout le monde de profiter de la vie ; c’est un don que Dieu réserve à qui il veut et plus volontiers à ceux qui lui sont agréables. Ici comme dans tout l’Ancien Testament, et selon le principe de la rétribution, souvent, le bonheur talonne la vertu.