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08 janv. 2025

Ecclésiaste 10.11 – 11.10

Chapitre 10

Introduction

Certaines personnes pratiquent un métier ou elles ont une occupation à risques; un faux pas et c’est la catastrophe. Pour la majorité d’entre nous ce n’est pas le cas, mais il arrive quand même que nous devions nous engager dans des activités dangereuses qui peuvent causer un accident, comme se déplacer en voiture. Et on peut aussi se faire très mal en tondant le gazon, en coupant une haie ou en construisant un abri. Alors, comment s’y prendre pour limiter les dégâts ? Le Prédicateur de l’Ecclésiaste nous a déjà adressé plusieurs mises en garde. Je rappelle la première :

Qui creuse un trou risque d’y tomber, et qui abat un mur peut être mordu par un serpent. Qui arrache des pierres risque de se blesser avec, et qui fend du bois se met en danger (Ecclésiaste 10.8-9).

Au travers de ces métaphores, on voit très bien que la règle à observer est de prendre toutes les précautions nécessaires avant d’entreprendre quoi que ce soit qui puisse présenter le moindre danger.

Le second conseil à observer est de faire des préparatifs adaptés à la tâche envisagée. Je rappelle également ce verset :

Si le fer de la hache est émoussé et qu’on ne l’aiguise pas, il faudra redoubler d’efforts, mais la sagesse a l’avantage d’assurer la réussite (Ecclésiaste 10.10).

Verset 11

Je continue maintenant de lire dans le chapitre 10 du livre de l’Ecclésiaste avec la troisième mise en garde du Prédicateur.

Si le serpent mord faute de charme, il n’y a aucun avantage à recourir au charmeur (Ecclésiaste 10.11).

Je n’ai jamais eu l’occasion de me rendre en Inde, mais les films ou reportages que j’ai pu voir sur ce pays mettent immanquablement en scène un charmeur de serpents parce que c’est une figure typique de l’Inde. Le fakir ondule sans cesse sa flûte et en même temps, il joue une sorte de mélodie triste dont le but est d’envoûter le serpent, généralement un cobra, et de le faire sortir de sa corbeille en se tortillant comme s’il dansait. Les serpents n’ont pas d’ouïe, mais ils perçoivent les vibrations du son et sont sensibles aux mouvements de la flûte. Le cobra ainsi bercé est moins agressif. Cependant, « si le serpent mord faute de charme », c’est que le fakir n’a pas fait son travail correctement, ce qui nous conduit à la troisième règle à observer avant de se lancer dans une entreprise risquée : il faut agir au moment opportun. Si vous pouvez choisir vos horaires de travail ou quand faire vos courses, prenez la voiture hors des heures de pointe, lorsque la circulation est la plus fluide ; là aussi, ça coule de source.

« La sagesse a l’avantage d’assurer la réussite », a déjà dit le Prédicateur, à condition qu’elle soit appliquée au bon moment. Quelqu’un peut avoir beaucoup de bon sens et être de bon conseil grâce à son expérience de la vie, mais ces qualités ne lui servent à rien s’il perd son sang-froid ou s’il est trop perturbé pour réfléchir.

L’image du charmeur de serpents est également utilisée par le prophète Jérémie et le psalmiste ; je lis ces passages :

“ Je vais envoyer contre vous des serpents venimeux, des vipères que nul ne peut charmer : ils vous mordront, l’Éternel le déclare, ce sera sans remède ” (Jérémie 8.17). Dès le ventre de leur mère, les méchants s’égarent, depuis leur naissance, ils profèrent des mensonges. Ils sont venimeux comme des serpents, ils se bouchent les oreilles comme la vipère sourde qui ne veut pas écouter la voix des charmeurs et de l’enchanteur expert dans son art (Psaumes 58.4-6).

Le terme « serpent » surtout si on y ajoute « à sonnettes » désigne les impies, et décrit très bien un traître comme Judas. C’est aussi ce que sera l’Antéchrist envers la nation d’Israël à la fin des temps. J’ai moi aussi, rencontré des personnes qui sont tordues au point où on croirait qu’elles ont le diable au corps. On a beau être aussi sympa que possible avec elles, de toute façon elles se retourneront contre vous et vous mordront.

Les Écritures mentionnent un certain Ahitophel conseiller de David et pendant longtemps son ami. Mais quand Absalom, le fils du roi, se rebelle contre son père et fomente un coup d’État contre lui, Ahitophel tourne casaque, lâche son maître et se joint aux conspirateurs. Cette trahison porte un coup terrible à David, non seulement parce qu’il le considérait comme un ami sûr, mais aussi parce que c’était un excellent conseiller. En effet, dans le second livre de Samuel, on lit :

En ce temps-là, les conseils d’Ahitophel avaient autant d’autorité, pour David comme pour Absalom, qu’une parole de Dieu lui-même (2Samuel 16.23).

C’est lors de cette terrible épreuve que dans un psaume, David écrit :

Si c’était l’ennemi qui venait m’insulter, je le supporterais. Si celui qui me hait s’élevait contre moi, je pourrais me cacher de lui. Mais c’est toi, toi qui es un homme de mon rang, toi, mon ami et mon intime, avec qui j’échangeais des confidences, quand nous allions ensemble avec la foule dans la maison de Dieu¼ Cet homme, lui, s’en prend à ses alliés, il viole ses engagements. Sa bouche est pleine de douceur, elle est plus onctueuse que la crème, mais la guerre est tapie tout au fond de son cœur ! Ses propos sont plus doux que l’huile, pourtant, ce sont des épées nues ! (Psaumes 55.13-15, 21-22).

Moi aussi j’ai été trahi par un ami et peut-être que vous aussi. C’est pourquoi il faut se montrer très prudent dans le choix de ses confidents et fuir comme la peste les gens qui prennent une partie de ce que vous leur dites, et la répètent en la tordant à qui veut bien l’entendre dans le but de vous faire du mal, et c’est encore pire quand il s’agit d’un membre de votre famille qui agit ainsi. Et essayer de se défendre est non seulement inutile, mais suscite des attaques encore plus vicieuses.

Versets 12-14

Je continue de lire dans le chapitre 10 de l’Ecclésiaste.

Les paroles du sage sont empreintes de bonté, mais par sa bouche, l’insensé s’avale lui-même. Il commence par dire des sottises et finit en proférant les pires insanités. Le sot multiplie les paroles. L’homme ignore l’avenir et personne ne peut lui révéler ce qui arrivera après lui (Ecclésiaste 10.12-14; Comparez Proverbes 10.19).

Auparavant, le Prédicateur a préconisé la sagesse dans toutes les activités qu’on entreprend (Ecclésiaste 10.8-11). Maintenant, il recommande aussi la plus grande prudence dans les paroles. Quelqu’un qui a du bon sens et qui donne un avis, s’attire la faveur générale. Mais celui qui parle pour ne rien dire ou qui a la langue méchante est l’artisan de son propre malheur parce qu’on finit par le mépriser.

Quand dans un groupe quelqu’un lance un sujet de discussion, il y a toujours une andouille qui  s’empare du crachoir et ne le lâche plus. Il palabre et à force de parler, il dit forcément des stupidités, mais s’il est contredit il se rebiffe, parle encore plus vite et devient arrogant tout en disant des âneries sur des sujets qu’il ne connaît pas. Devant ce flot de paroles, personne n’ose plus rien dire et tout le monde souhaite qu’on en finisse au plus vite. Ce genre de personnage est à éviter comme la peste.

Supposez que vous fassiez une promenade champêtre et que vous découvrez un engin de guerre non explosé, vous allez vous en écarter aussi le plus possible et au pas de gymnastique. En tout cas, c’est ce que je ferais. Eh bien, il faut agir de même avec un insensé parce que ce qu’il dit peut être dangereux. Si vous le fréquentez de trop près, il va mêler votre nom à ses inepties qui risquent de vous revenir sous une forme explosive.

Dès que nos enfants ont commencé l’école, nous avons fait très attention à leurs copains, copines et encore davantage au moment de l’adolescence. C’est malheureux à dire, mais il y a des gens qui sont comme le cobra. Tant que vous leur susurrez ce qu’ils veulent entendre, tout va bien. Mais dès que vous arrêtez de jouer leur air de musique, ils vous mordent.

Verset 15

Je continue le texte.

Le travail de l’insensé l’exténue : il ne sait même pas comment aller à la ville (Ecclésiaste 10.15).

« Savoir comment aller à la ville », est une expression proverbiale qui signifie avoir de la sagesse pratique. Mais l’insensé est tellement stupide qu’il est incapable de faire les choses les plus simples. À cause de son manque de jugeote, il ne sait pas organiser son travail. Déjà, il ne prend pas les précautions les plus élémentaires (Ecclésiaste 10.8-9), il monte sur n’importe quoi au lieu de chercher un tabouret stable. Ensuite, il ne fait pas de préparatifs en vue de ce qu’il veut accomplir (Ecclésiaste 10.9). Par exemple, il peindra directement sur une surface qui s’écaille sans l’avoir préalablement préparée. Et puis il ne choisit jamais le bon moment (Ecclésiaste 10.11). S’il fait un travail extérieur en plein été, il reste en plein soleil au lieu de suivre l’ombre ; pas étonnant que son travail soit si pénible. Ça me rappelle l’époque de l’Empire soviétique. J’ai lu quelque part que les agriculteurs devaient alors labourer leurs champs à une date fixée par le parti, peu importe le temps. Cela veut dire que même si les terres sont sous 20 cm d’eau à cause de pluies torrentielles, le paysan doit quand même sortir le tracteur. Et pour l’époque des semences, c’est pareil.

Versets 16-17

Je continue.

Malheur au pays dont le roi est un gamin et dont les ministres festoient dès le matin ! Heureux le pays dont le roi est de race illustre et dont les ministres mangent en temps voulu pour prendre des forces et non pour se repaître (Ecclésiaste 10.16-17).

On a un texte semblable dans le livre du prophète Ésaïe. Je le lis :

Malheur à ceux qui se lèvent tôt le matin pour courir à la boisson, qui s’attardent le soir, ivres de vin. Ce ne sont que harpes et cithares, tambourins et flûtes, et du vin pour leurs beuveries (Ésaïe 5.11-12).

Un pays tombe dans le malheur quand les raffinements voluptueux prévalent à la cour. Quand une nation est dirigée par des blancs-becs, capricieux, incompétents, indisciplinés et intempérants, elle court à la ruine. Il y a trop de cocktails-party parmi nos dirigeants. Ils profitent de leur position pour baigner dans le luxe aux frais de la Princesse puisque ce sont les contribuables qui paient les frais. Noblesse oblige, disent-ils, mais on préférerait une démonstration de vertus de la part de nos élus.

Verset 18

Je continue.

Avec deux mains paresseuses, la charpente s’effondre, et quand on a les bras ballants, il pleut dans la maison (Ecclésiaste 10.18).

La nation est comparée à un édifice qui menace de tomber en ruines à cause de la négligence de ses dirigeants. Bien sûr, cette sentence peut aussi s’appliquer à un individu qui ne fait rien de ses dix doigts (Proverbes 10.4). En France, c’est « doucement le matin et pas trop vite l’après-midi »; on pense au week-end et on prépare les vacances, et à 50 ans, pour certains, c’est déjà la retraite. Tout le monde tire un maximum sur la corde ce qui fait que au bas mot, notre pays a une dette de 1 000 milliards d’euros.

Verset 19

Je continue le texte.

On prépare un repas pour se réjouir, le vin égaie la vie et l’argent répond à tout (Ecclésiaste 10.19).

On aimerait que cette sentence ne s’applique pas aux dirigeants avides qui tirent un profit personnel de leur charge, et qu’elle s’adresse plutôt à nous, le commun des mortels. C’est aussi un rappel des petits bonheurs que Dieu nous donne sur cette terre. Si « l’argent répond à tout », il faut travailler pour en gagner afin de pouvoir dresser une belle table et sortir de bonnes bouteilles.

Verset 20

Je finis de lire le chapitre 10.

Ne dénigre pas le roi, même en pensée, et ne dis jamais de mal des puissants, même dans ta chambre à coucher, car l’oiseau du ciel emporterait tes paroles et l’espèce ailée divulguerait tes propos (Ecclésiaste 10.20).

Matthieu rapporte que Jésus a dit :

De l’abondance du cœur la bouche parle (Matthieu 12.34).

Celui qui entretient de mauvaises pensées à l’égard du dictateur de service risque fort de dire ce qu’il devrait taire. Ses propos vont alors se retourner contre lui, car comme chacun sait : « les murs ont des oreilles », non seulement dans les états despotiques, mais aussi dans certains pays dits libres. Je ne sais pas en France, mais aux États-Unis, quand Bush fils était président, il a mis un paquet de monde sur table d’écoute. cependant, même si nos dirigeants sont à vendre, nous devons respecter leur fonction. Dans sa première épître, l’apôtre Pierre écrit :

“ Révérez Dieu, respectez le roi ” ! (1Pierre 2.17).

Jusqu’ici, le Prédicateur a souvent recommandé la prudence, mais à partir de maintenant il préconise un peu d’audace et du dynamisme à celui qui veut profiter de la vie ; l’un dans l’autre, la bonne course d’actions est toujours la même, la voie médiane, ni trop à droite, ni trop à gauche.

Chapitre 11

Versets 1-2

Je commence de lire le chapitre 11 de l’Ecclésiaste.

Lance ton pain sur les eaux car, avec le temps, tu le retrouveras. Partage ton bien avec sept autres ou même avec huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre (Ecclésiaste 11.1-2).

L’auteur n’a pas à l’esprit un zoo avec son petit étang où s’ébattent des canards à qui les visiteurs jettent du pain rassis. D’ailleurs, une version anglaise dit : « Envoie tes céréales par toutes les mers » (New English Bible). L’exhortation du Prédicateur est de ne pas accumuler des richesses pour rien, c’est-à-dire de ne pas laisser l’argent dormir, mais de le faire travailler en l’utilisant de deux façons différentes.

En premier lieu, il recommande la bienfaisance envers des personnes démunies parce que Dieu récompense celui qui a pitié des pauvres (Proverbes 11.24 ; 19.17 ; 22.9 ; Psaumes 112.9 ; Galates 6.9 ; 1Timothée 6.18-19). Un certain Ratisbonne a judicieusement dit : « Joindre les mains, c’est bien ; mais les ouvrir, c’est mieux ».

En second lieu, le Prédicateur préconise l’esprit d’entreprise. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier, mais diversifier ses investissements dans plusieurs secteurs de l’économie parce que nul ne connaît l’avenir, ni les tragédies qui peuvent survenir : une catastrophe naturelle, une guerre, un acte terroriste, qui sait ? Avec cette double approche, d’une part, je limite les pertes de capital, et d’autre part, je me fais des amis qui, en cas de revers de fortune, me renverront l’ascenseur.

Jésus a donné une parabole au sujet d’un gérant de biens qui en réalité était un escroc et s’est fait licencier. Mais avant de quitter son poste, il a su utiliser sa position d’autorité pour gagner l’amitié et la reconnaissance des débiteurs de son patron tout en escroquant davantage ce dernier (Luc 16.1-9).

Versets 3-4

Je continue.

Quand les nuages sont pleins, il pleut à verse sur la terre. L’arbre reste à l’endroit où il est tombé, que ce soit vers le sud ou vers le nord. Celui qui guette sans cesse le vent n’ensemencera jamais et celui qui observe toujours les nuages ne moissonnera pas (Ecclésiaste 11.3-4).

On ne peut pas toujours attendre des conditions idéales pour agir, et souvent on est obligé de faire même dans des circonstances défavorables. Néanmoins, on doit quand même tenir compte de la météo. Par une pluie battante, l’agriculteur indépendant ne sort pas le tracteur au risque de s’enliser, cependant, il ne reste pas non plus à se croiser les pouces; il s’occupe dans sa grange et s’assure que tout son matériel est en bon état.

S’il fait un vent de tempête, on ne peut évidemment pas semer à la volée, mais comme de nos jours le semis est mécanique, le vent ne gêne pas, et s’il y a un arbre en travers du chemin, on le pousse de côté soi-même car si on compte sur la maréchaussée pour s’en occuper, on risque d’attendre longtemps.

On ne doit donc pas rester les bras ballants parce qu’une tempête fait rage ou à cause de n’importe quelle autre adversité. Non, on fait avec en la contournant. L’absence de conditions idéales et l’incertitude de l’avenir ne justifient pas l’inaction. Comme dit le dicton : « Fais ce que dois, et laisse à Dieu le reste. »

Verset 5

Je continue.

Tu ignores quel est le chemin du vent, et tu ne sais pas comment se forment les os de l’embryon dans le sein de sa mère ; de même, tu ne connais pas l’œuvre du Dieu qui fait toutes choses (Ecclésiaste 11.5).

Le Prédicateur mentionne ici trois énigmes. Le premier est les circuits du vent qu’il a déjà mentionné dès le premier chapitre (Ecclésiaste 1.6). Le second mystère est la formation d’un être humain dans le ventre de sa mère (Psaumes 139.13-18). Grâce à des technologies de pointe, on voit ce qui se passe, mais nous avons plus d’interrogations que de réponses et la naissance d’En-Haut pose encore davantage de questions. Jean rapporte que Jésus a dit au chef juif Nicodème :

Le vent souffle où il veut, tu en entends le bruit, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour quiconque est né de l’Esprit (Jean 3.8).

Le troisième mystère est l’œuvre de Dieu (Ésaïe 55.9). Nul ne peut comprendre ce qu’il est en train d’accomplir sur terre (comparez Ecclésiaste 3.11 ; 8.17), mais ce que nous savons par contre est qu’il dirige tout avec sagesse. Si donc je me conforme aux règles de la sagesse, je serais sur la bonne voie.

Verset 6

Je continue le texte.

Dès le matin, répands ta semence et, jusqu’au soir, n’accorde pas de repos à ta main, car tu ne sais pas ce qui va réussir, si une chose ou une autre, ou bien les deux, seront un succès (Ecclésiaste 11.6; Comparez 2Corinthiens 9.6).

Je dois travailler sans relâche, sans laisser ce que je ne connais pas perturber ce que je sais.

Je passe le plus clair de mon temps devant un ordinateur ; j’arrive à peu près à m’en servir mais je ne comprend pas vraiment comment il fonctionne. D’ailleurs je ne sais pas si j’ai un antivirus, un spyware, un firewall, et d’autres anti ceci ou cela, mais je sais que je n’ai pas d’antimites. Et parfois, souvent même, quelque chose ne fonctionne pas normalement, mais tant que je peux continuer à faire mon travail, ce que j’ignore n’a aucune importance.

L’activité humaine implique des efforts et des sacrifices dont les récompenses sont aléatoires et dans un avenir plus ou moins lointain (Psaumes 126.5 ; 1Corinthiens 9.10-11). Mais les incertitudes de l’avenir ne doivent pas ralentir mon ardeur car le présent est le seul moment qui m’appartient. Ne sachant pas si c’est le travail du matin ou celui du soir qui rapportera, je dois œuvrer de l’aube au crépuscule sans relâche. La philosophie épicurienne « carpe diem (dit par le poète latin Horace dans ses Odes; I,11,8); cueille le jour », c’est à dire : « profitez du temps présent ou cueillez quand vous pouvez les roses de la vie », est un conseil qui n’est pas très éloigné de l’exhortation de l’apôtre Paul : « Rachetez le temps » (Colossiens 4:5; comparez Éphésiens 5:16).

Versets 7-8

Je continue.

Douce est la lumière et il est bon de voir le soleil. C’est pourquoi, si l’homme vit de nombreuses années, qu’il les passe toutes dans la joie, mais qu’il n’oublie pas que les jours de ténèbres seront nombreux ; tout ce qui est à venir est dérisoire (Ecclésiaste 11.7-8).

Le Prédicateur revient à nouveau sur le thème du bonheur (Ecclésiaste 2.24-26 ; 3.12-13, 22 ; 5.18-20 ; 8.15 ; 9.7-9). Il nous exhorte à profiter des plaisirs simples de notre vie quotidienne, ne serait-ce que la lumière du jour, tant qu’on le peut, avant que la vieillesse et son cortège de difficultés ne fasse son œuvre pour finir par la mort (Ecclésiaste 11.9-12.7 ; Psaumes 39).

Ce n’est pas très réjouissant, j’en conviens, mais le Prédicateur est réaliste; il dit les choses telle qu’elles sont. Il y a un temps pour tout, mais il sait aussi que l’homme qui fait un joyeux usage de la vie sous le regard de Dieu est aussi celui qui sortira des ténèbres du séjour des morts.

Versets 9-10

Je finis de lire le chapitre 11.

Jeune homme, réjouis-toi dans ta jeunesse ! Que ton cœur soit en fête aux jours de ta jeunesse ! Suis donc les élans de ton cœur et tout ce qui te fait plaisir, mais n’oublie pas que Dieu te demandera compte de tout ce que tu fais. Bannis le chagrin de ton cœur, écarte la souffrance, car la jeunesse comme l’aurore passe bien vite (Ecclésiaste 11.9-10).

Ce passage devrait faire partie du dernier chapitre du livre parce que c’est le début de la fin de la démonstration dans lequel le Prédicateur met en opposition la jeunesse et la vieillesse. Il recommande aux jeunes de profiter de la vie et de tous ses plaisirs, mais, et il y a un gros MAIS ; profiter de la vie, oui, mais en tenant compte du fait que nous serons jugés par Dieu sur la façon dont nous aurons vécu.

Les grandes décisions qui affectent le cours d’une existence sont souvent prises quand on est un jeune adulte. Combien jettent alors leur vie à la poubelle pour ainsi dire, parce qu’ils font des mauvais choix ! La vie est un don précieux que Dieu dispense un jour après l’autre ou plutôt une seconde à la fois et le meilleur usage qu’on puisse en faire est de contribuer à la gloire de Dieu, car tel est le but de l’homme : glorifier Dieu et jouir de sa personne pour l’éternité.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

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