Chapitre 18

Introduction

Quiconque a élevé des enfants sait qu’il a répété maintes et maintes fois les mêmes conseils, les mêmes avertissements, les mêmes menaces et les mêmes ordres et toujours pour le bien des enfants. Ce n’est qu’une fois arrivé à l’âge adulte et après être moi-même papa que je me suis rendu compte combien toutes les répétitions que j’avais subies de la part de mes parents et qui m’avaient rabattu les oreilles étaient utiles et salutaires. Dieu, le Père céleste agit de même avec ses enfants. Les épîtres du Nouveau Testament contiennent les mêmes exhortations dites et redites dans des circonstances ou sous des aspects différents.

Pareillement, Moïse, le porte-parole de l’Éternel, met constamment en garde les Israélites contre l’idolâtrie qui ouvre toute grande la porte aux pratiques occultes. Une fois Israël établi en Palestine, la religion cananéenne va être de loin le plus grand danger qui guettera le peuple de Dieu. Ce sera son talon d’Achille et un piège épouvantable dans lequel il tombera à maintes reprises. D’ailleurs, c’est ce péché qui entraînera désastre sur désastre, les invasions étrangères, la ruine, et finalement l’exil. Voilà pourquoi, sentant ce danger, qui dans l’ombre guette le peuple de Dieu, nous lisons sans cesse les mêmes exhortations de Moïse. D’accord, ni vous ni moi ne nous inclinons devant une idole fabriquée en métal, quoique la voiture… Bon, passons ! Mais qu’y a-t-il dans ma vie qui retient toute mon attention et mon énergie ? Qu’est-ce qui contrôle mon temps, mon argent et mon cœur ? Je continue à lire dans le chapitre 18 du Deutéronome.

Versets 9-13

Lorsque vous serez entrés dans le pays que l’Éternel votre Dieu vous donne, n’allez pas imiter les pratiques abominables des peuples qui y habitent actuellement. Qu’on ne trouve chez vous personne qui immole son fils ou sa fille par le feu, personne qui pratique la divination, qui recherche les présages, consulte les augures ou s’adonne à la magie, personne qui jette des sorts, consulte les spirites et les devins ou interroge les morts. Car le Seigneur a en abomination ceux qui se livrent à de telles pratiques, et c’est parce que les peuples qui habitent le pays où vous allez entrer s’y adonnent que l’Éternel votre Dieu va les déposséder en votre faveur. Quant à vous, soyez irréprochables envers l’Éternel votre Dieu (Deutéronome 18.9-13).

Ici nous est donnée la liste de l’Ancien Testament la plus complète des pratiques occultes de l’époque de Moïse. Les habitants de Canaan s’adonnaient à toutes celles qui sont énumérées ici mais il est interdit au peuple de Dieu d’y recourir, car il ne faut surtout pas qu’il participe aux activités du royaume des ténèbres. En effet, il ne faut pas se leurrer : derrière toute idole se cache un démon et toutes ces pratiques font intervenir des esprits méchants au service de Satan. Pour être d’actualité, on peut rajouter à la liste occulte cananéenne certains astrologues, cartomanciens, diseuses de bonne aventure et guérisseurs qui eux aussi risquent fort de vous connecter avec un ange déchu, ce dont vous pâtirez tôt ou tard, soyez-en sûr.

Par nature, l’homme veut explorer l’inconnu, que ce soit les profondeurs des océans ou l’espace sidéral, et c’est très bien. Il aimerait également comprendre tous les mystères de son monde et connaître l’avenir qui est pour lui une porte close. C’est alors que surgissent les devins, nécromanciens, et autres spirites qui effectivement lèvent un coin du voile sur l’au-delà, mais il est bien petit et très mensonger, car il ne faudrait quand même pas s’imaginer que les démons vont dire la vérité et rien que la vérité. Certes, ils lâcheront un peu de lest en donnant quelques informations justes, mais elle seront mélangées avec beaucoup de faux. Jésus a dit de Satan que :

Depuis le commencement, c’est un meurtrier : il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il ment, il parle de son propre fond, puisqu’il est menteur, lui le père du mensonge (Jean 8.44).

Toutes les formes de sorcellerie de magie et de pratiques occultes sont formellement interdites par Dieu, car elles sont idolâtres et d’origine diabolique. Pire encore, il existe aussi des associations sataniques ou lucifériennes qui littéralement adorent le diable.

Versets 14-19

Je continue le texte en compressant.

Car ces nations que vous allez déposséder écoutent les faiseurs de présages et les devins ; mais pour vous, l’Éternel votre Dieu n’a rien voulu de pareil. Il suscitera pour vous un prophète comme moi, issu de votre peuple, l’un de vos compatriotes : écoutez-le. Je vais leur susciter un prophète comme toi, l’un de leurs compatriotes. Je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur transmettra tout ce que je lui ordonnerai. Et si quelqu’un refuse d’écouter ce qu’il dira de ma part, je lui en demanderai compte moi-même (Deutéronome 18.14-15, 18-19).

Moïse a passé en revue divers offices qui seront institués en Israël, celui de roi, de juge, de prêtre ainsi que le travail des Lévites qui sont chargés des objets du culte. Maintenant, Dieu promet des prophètes qui feront connaître sa volonté à son peuple. Ce ministère est la contrepartie des pratiques païennes mentionnées précédemment. Il est intéressant de noter le parallèle entre la fonction prophétique qui sert d’intermédiaire entre Dieu et son peuple, d’une part, et d’autre part, les relations entre suzerains et leurs vassaux dans le Proche-Orient ancien.

En effet, lorsqu’un vassal se montrait déloyal envers son maître, ce dernier lui dépêchait un émissaire qui lui intentait un procès au cours duquel il l’accusait formellement sur la base des clauses du traité d’alliance qui avait été conclu. Ensuite, il invoquait sur le vassal les sanctions prévues par le pacte. C’est exactement ce que feront les prophètes d’Israël vis-à-vis du peuple de Dieu, et l’on trouve plusieurs fois dans leurs écrits cette idée de l’Éternel qui fait un procès à son peuple et qui le menace d’appliquer les sentences contenues dans le traité d’alliance.

Cela dit, la parole de Moïse « un prophète comme moi » a une portée bien plus grande que la fonction prophétique. Moïse désigne un individu particulier appelé dans l’avenir à jouer un rôle exceptionnel et on l’a effectivement compris ainsi dès l’origine. Tous les prophètes qui viendront après Moïse ne seront que des précurseurs de l’accomplissement de la prédiction qu’il fait ici. Ainsi, à l’époque du Nouveau Testament, les Israélites attendent toujours la venue de ce prophète, ce personnage qui remplira précisément un rôle semblable à celui de Moïse. Il s’agit bien sûr de Jésus-Christ que l’apôtre Pierre (Actes 3:22) puis Étienne (Actes 7:37) reconnurent et confirmèrent comme étant l’accomplissement de la prédiction de Moïse (comparez Jean 5.46; Hébreux 3.2-6). Il faut en effet voir en Moïse un prototype du Christ, autant par sa vie que par son ministère. Petit enfant et comme Jésus, Moïse échappa à la mort et fut sauvé des eaux; il renonça à la cour royale pour partager les conditions de vie de ses frères, et devint le moyen du salut d’Israël. Il fut fidèle (Hébreux 3:2), plein d’amour et de compassion (Nombres 27:17 ; Matthieu 9:36), un grand intercesseur pour son peuple; il parlait face à face avec Dieu et reflétait sa gloire (2 Corinthiens 3:7). Comme Jésus, Moïse fut un prophète puissant en paroles et en oeuvres qui révélait la volonté et les desseins de Dieu. Alors que Moïse représente la Loi et l’Ancienne Alliance entre l’Éternel et son peuple, Jésus est le médiateur de la Nouvelle Alliance, celle de la grâce, mais elle est bien supérieure à la précédente à bien des niveaux. Et puis, par son ministère, Jésus reprend, récapitule et achève toute la fonction prophétique de l’Ancien Testament car il apporte la révélation finale et définitive de l’Éternel, ce que plusieurs textes du Nouveau Testament soulignent. J’en cite un :

À bien des reprises et de bien des manières, Dieu a parlé autrefois à nos ancêtres par les prophètes. Et maintenant, dans ces jours qui sont les derniers, c’est par son Fils qu’il nous a parlé. Il a fait de lui l’héritier de toutes choses et c’est aussi par lui qu’il a créé l’univers (Hébreux 1.1-2).

Avec le Seigneur Jésus, l’Éternel a donné son dernier discours pour ainsi dire. Au moment de la transfiguration, le Père a fait entendre sa voix et a dit : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui fait toute ma joie. Écoutez-le ! (Matthieu 17.5). Le Christ est le point de mire et le point à la ligne de tout ce que Dieu avait à dire. Mieux encore, par sa venue sur terre, depuis sa naissance jusqu’à sa résurrection, en passant par son enseignement et ses miracles, Jésus est l’accomplissement d’un grand nombre de prophéties de l’Ancien Testament. Aujourd’hui, il est le seul à détenir ce ministère prophétique, et c’est lui qui a donné à l’apôtre Jean les visions et les révélations qu’on lui doit dans le livre de l’Apocalypse. À la fin de son ministère sur terre, dans sa prière dite sacerdotale, Jésus a dit au Père :

Maintenant ils savent que tout ce que tu m’as donné vient de toi ; car je leur ai transmis fidèlement le message que tu m’avais confié (Jean 17.7).

Jésus le Messie est le trait d’union et le médiateur entre l’homme et Dieu; il est son expression et la réalisation parfaite des fonctions prophétique, royal et sacerdotal. Il est le dernier et le nouveau grand-prêtre de l’Éternel. En tant que deuxième personne de la Trinité, il représente Dieu tout en étant notre représentant devant l’Éternel, et son ministère n’aura pas de fin.

Versets 20-22

Je finis le chapitre 18.

Mais si un prophète a l’audace de prononcer en mon nom un message dont je ne l’ai pas chargé, ou s’il se met à parler au nom d’autres divinités, il sera mis à mort. Peut-être vous demanderez-vous : Comment saurons-nous qu’une prophétie ne vient pas de l’Éternel ? Sachez donc que si le prophète annonce de la part de l’Éternel une chose qui ne se réalise pas, si sa parole reste sans effet, c’est que son message ne vient pas de l’Éternel, c’est par présomption que le prophète l’aura prononcé : vous ne vous laisserez donc pas impressionner par lui (Deutéronome 18.20-22).

Cette formulation négative est toujours vraie. Si la prophétie ne s’accomplit pas, on a évidemment affaire à un serviteur de Satan, le père du mensonge. Celui qui égare ainsi le peuple est coupable aux yeux de Dieu et des hommes et doit être mis à mort. Cela dit, une prophétie qui s’accomplit ne prouve pas que son auteur est mandaté par Dieu, car tout ce qui brille n’est pas or. En d’autres mots, un faux prophète peut émettre des prédictions qui se réalisent. Alors, comment reconnaître un vrai porte-parole de l’Éternel ?

Ésaïe par exemple émis des prophéties sur le Messie à venir qui sont époustouflantes. C’est lui qui annonce qu’il naîtra d’une vierge, qu’il sera l’Agneau de Dieu et il a décrit son supplice sur la croix en donnant des détails qu’il ne pouvait pas connaître. Mais en parallèle à ces prophéties qui concernent le Messie, le prophète Ésaïe prédit aussi des événements à très court terme, des faits locaux. Par exemple, quand les Assyriens ont encerclé Jérusalem et étaient sur le point de l’envahir, le roi Ézéchias était à bout de ressources. A ce moment là, Ésaïe est allé le trouver et lui a dit :

Voici ce que l’Éternel déclare au sujet du roi d’Assyrie : Il n’entrera pas dans la ville : aucun de ses archers n’y lancera de flèches, il ne s’en approchera pas à l’abri de ses boucliers, et il ne dressera aucun terrassement contre elle. Il s’en retournera par où il est venu sans entrer dans la ville, l’Éternel le déclare (Ésaïe 37.33-34).

Si l’un des soldats assyriens avait tiré une seule flèche par-dessus les murailles de Jérusalem, comme ça, juste pour se distraire, Ésaïe aurait menti. N’étant pas un vrai prophète de l’Éternel il se serait exposé à la peine de mort. Cependant, il a dit la vérité. Selon l’histoire qui nous est parvenue, dans la nuit suivante, 185 000 soldats assyriens sont morts de façon soudaine et inexplicable. Alors, ceux qui restaient de l’armée ont plié bagages et sont retournés chez eux.

En ce qui nous concerne au 21e siècle, le ministère prophétique tel qu’il est dans l’Ancien Testament n’existe plus, car comme je l’ai dit, la personne de Jésus-Christ est la fin de la révélation. Par contre, il y a encore de nombreux faux-prophètes, des messagers de Satan qui altèrent la Parole de Dieu et créent des sectes; il faut donc rester sur le qui-vive.

En énonçant toutes les lois qui concernent les juges, les rois, les prêtres, les lévites et les prophètes, Moïse jette les bases des institutions qui vont structurer et organiser Israël en tant que nation. Cependant, ces règles ont d’abord pour objectif de maintenir le peuple fidèle à  l’alliance que l’Éternel a conclue avec ses ancêtres. Du plus insignifiant Israélite au plus éminent, tous doivent pratiquer la justice, rendre un culte à l’Éternel, respecter toute la Loi, et rejeter toutes les pratiques cananéennes idolâtres et donc l’occultisme sous toutes ses formes.

Chapitre 19

Versets 1-6

Nous arrivons au chapitre 19 où est énoncée une série de lois civiles et domestiques accompagnée des sanctions pénales si elles sont violées. Ces règles se succèdent sans qu’il y ait un enchaînement logique. Je commence à lire.

Lorsque l’Éternel votre Dieu aura fait disparaître les nations dont il veut vous donner le pays, quand vous les aurez dépossédées et que vous serez établis dans leurs villes et dans leurs maisons, vous mettrez à part trois villes au milieu du pays que l’Éternel votre Dieu vous donne en possession. Vous y ferez aboutir des routes pour qu’un meurtrier puisse y chercher refuge et vous partagerez en trois districts tout le territoire du pays que l’Éternel votre Dieu vous donne. Voici dans quel cas le meurtrier pourra se réfugier dans l’une de ces villes et y avoir la vie sauve : s’il a tué son prochain involontairement sans avoir jamais eu de haine contre lui auparavant. Ce sera le cas, par exemple, s’il s’est rendu avec son camarade en forêt pour y couper du bois, et si pendant que sa main brandissait la hache pour abattre un arbre, le fer s’est détaché du manche et a touché son compagnon qui en est mort. Cet homme-là pourra s’enfuir dans l’une de ces villes et avoir la vie sauve. Il ne faudrait pas que l’homme chargé de punir le crime le poursuive avec colère et, la distance jusqu’à la ville étant trop longue, le rattrape et le mette à mort alors que cet homme n’a pas mérité d’être mis à mort. En effet, il n’a jamais eu de haine contre celui qu’il a tué (Deutéronome 19.1-6).

Chez les peuples anciens régnaient, comme aujourd’hui encore chez les Arabes, le droit et même le devoir de la vendetta. Tout homicide quel qu’il soit, volontaire ou pas, doit être vengé par le plus proche parent de la victime. La Loi de Moïse règle cette pratique. Le droit de vengeance est limité aux cas de meurtres et non d’accidents. Trois villes avaient déjà été désignées comme lieux de refuge dans le territoire conquis à l’est du Jourdain. En s’y rendant, une personne qui a commis un homicide échappe au vengeur de sang. Ensuite a lieu son procès en bonne et due forme et si elle est reconnue coupable d’homicide involontaire mais non de meurtre, la personne est à l’abri du vengeur de sang à condition toutefois qu’elle reste dans la ville de refuge. Elle ne pourra la quitter qu’à la mort du grand-prêtre alors en exercice. Cette législation a des points communs avec divers codes pénaux du Proche-Orient ancien, cependant, la loi de Moïse attribue une plus grande valeur à la vie humaine.

Versets 11-13

Je continue plus loin.

Mais si un homme est animé de haine contre son prochain, s’il lui dresse des embûches, l’attaque et le frappe mortellement, puis va se réfugier dans l’une de ces villes, les responsables de sa ville enverront quelqu’un le chercher et ils le livreront à celui qui est chargé de punir le crime, et il sera mis à mort. Vous ne vous apitoierez pas sur lui, mais vous purifierez Israël du sang d’un innocent qui a été versé, et vous vous en trouverez bien (Deutéronome 19.11-13).

Le sang innocent est celui de la victime d’un meurtre. Il souille le pays aussi longtemps qu’il n’a pas été lavé par celui du meurtrier. C’est aux responsables de la ville du meurtrier qu’incombe le devoir de régler cette affaire. Dans les sociétés patriarcales, les membres les plus âgés des familles, des clans et des tribus détenaient le pouvoir et constituaient l’autorité locale qui exerçait la justice et s’occupait des affaires courantes.

Je sais bien que la loi du talion, la règle qui consiste à laver le sang de la victime avec celui du meurtrier, est très très choquante pour les tendres oreilles de la plupart des gens du 21e siècle. Il faut reconnaître que la justice divine a peu de rapport avec les détours et les contours de nos tribunaux humains qui évoquent les faiblesses humaines et toutes sortes de circonstances atténuantes. Voilà un sujet qui ne manque pas de soulever les passions ou tout au moins d’animer une bonne discussion. Mais mon but est simplement de commenter la Loi de Dieu telle que Moïse et les Israélites la comprenaient et devaient la respecter.

Verset 14

Je continue.

Lorsque vous serez établis dans le pays que l’Éternel votre Dieu vous donne en partage, vous ne déplacerez pas les bornes qui marquent les limites de la propriété de vos voisins qui auront été fixées par les premiers arrivés (Deutéronome 19.14).

Il n’y a pas de lien logique entre l’ordonnance qui précède et les suivantes, sinon que le fil conducteur est de restreindre les vices humains. À cette époque, les haies et les murs étaient utilisés pour enclore les jardins, mais les limites des champs étaient seulement marquées par de simples pierres faciles à déplacer. La Loi condamne cette pratique parce qu’elle équivaut à un vol.

Versets 15-21

Je continue.

La déposition d’un seul témoin ne suffira pas pour établir la culpabilité d’un homme accusé d’un crime, d’un délit ou d’une faute quelle qu’elle soit, on ne pourra instruire l’affaire qu’après avoir entendu les déclarations de deux ou de trois témoins. Si un témoin malveillant accuse quelqu’un d’un méfait, les deux parties comparaîtront devant l’Éternel, devant les prêtres et les juges qui seront en fonction à ce moment-là. Les juges feront une enquête sérieuse. S’ils découvrent que le témoin a menti et qu’il a fait une fausse déposition contre son frère, vous lui infligerez la peine qu’il voulait faire subir à celui-ci. Ainsi, vous ferez disparaître le mal du milieu de vous. Les autres, qui l’apprendront, en éprouveront de la crainte et l’on n’osera plus commettre un tel méfait parmi vous. Vous ne vous laisserez pas apitoyer, la règle sera : vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main et pied pour pied (Deutéronome 19.15-21).

Cette règle concernant le nombre de témoins nécessaires pour entamer une enquête officielle a déjà été donnée à plusieurs reprises par Moïse. Dans ce passage, elle est spécifiquement appliquée aux cas qui entraînent la peine capitale. Elle est suivie d’une description de la très fameuse loi du talion qui s’applique à tous, y compris un témoin mensonger. Celui-ci encourra la peine qu’il croyait voir infliger à celui contre qui il a rendu un faux témoignage. Si par exemple, pour me débarrasser de mon voisin, je l’accuse à tort, disons d’un meurtre, j’encoure moi-même le jugement que je voulais pour lui, c’est-à-dire la peine de mort. En Egypte aussi, la loi du talion était appliquée contre les faux témoins.

La sanction des méfaits de l’homme est une exigence de la Loi de Dieu et non pas une option laissée aux états d’âme d’un juge ou d’un jury. C’est dur, mais c’est ça la Loi de Moïse et de Dieu. Le Seigneur du ciel et de la terre ne plaisante pas avec la malice, la corruption, la méchanceté et la cruauté des hommes. Même aujourd’hui et ce pour protéger les innocents, dès que la culpabilité de quelqu’un est établie avec certitude, il devrait être réprimé dans les plus brefs délais, avec la plus grande sévérité et sans la moindre miséricorde.