Chapitre 20

Introduction

Tous les pays du monde possèdent des écoles militaires. A ce que je sache, elles sont toujours prestigieuses. On y apprend évidemment la guerre et il existe des tactiques à l’infini. Lors de la première guerre mondiale, chaque camp faisait bénir ses canons pour s’assurer un avantage sur l’ennemi ce qui n’a aucun sens. Israël par contre pouvait réclamer la bénédiction de l’Éternel sur ses campagnes militaires parce que c’était une vraie théocratie. Je commence à lire le chapitre 20 du Deutéronome.

Versets 1-4

Lorsque vous partirez en guerre contre vos ennemis et que vous verrez des chevaux, des chars de combat et une armée plus nombreuse que la vôtre, n’en ayez pas peur, car l’Éternel votre Dieu, qui vous a fait sortir d’Égypte, est avec vous. Quand vous serez sur le point d’engager le combat, le prêtre s’avancera et s’adressera aux armées. Il leur dira : Soldats d’Israël, écoutez ! Vous êtes aujourd’hui sur le point de combattre vos ennemis. Ne perdez pas courage ! N’ayez pas peur ! Ne tremblez pas et ne cédez pas à la panique devant vos ennemis ! Car l’Éternel votre Dieu marche lui-même avec vous : il combattra pour vous contre vos ennemis et il vous sauvera (Deutéronome 20.1-4).

Au jour d’aujourd’hui, je le sais bien, il est choquant pour beaucoup d’entendre dire que Dieu n’est pas automatiquement pour la paix quelle qu’elle soit, mais peut au contraire vouloir la guerre et favoriser l’un des protagonistes. Mais pourquoi faire la guerre ? Dans les années 60 du siècle précédent est sorti le slogan : « Faites l’amour et pas la guerre ! », puis des chansons populaires, dont « le déserteur » qui a eu un succès fou. À priori, cette évolution des idées semble aller dans la bonne direction. Cependant, ça ne colle pas avec la réalité d’une humanité dégénérée et perverse. Parce que le cœur de l’homme est irrémédiablement mauvais, tortueux et méchant, les conflits son inévitables. Jésus a dit :

Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! (Matthieu 18.7).

C’est bien malheureux mais il peut s’avérer nécessaire à un peuple de se lancer dans une guerre soit contre une nation, soit contre des éléments subversifs comme des terroristes. C’est comme ça parce que nous ne vivons pas dans un paradis terrestre, mais dans un royaume de ténèbres. Le cas d’Israël était tout à fait différent des autres nations parce qu’il s’engageait réellement dans une guerre sainte et pour cette raison, avant que les hommes de guerre ne partent au combat, l’Éternel leur donne des règles en vue de la conduite qu’ils auront à tenir.

Le premier ordre est de ne pas s’effrayer à la vue de l’infanterie adverse plus nombreuse, et de la qualité de l’armée ennemie avec chevaux et ses chars alors qu’Israël n’a rien de tout cela.

En second lieu, le peuple doit comprendre que c’est l’Éternel lui-même qui va combattre, ce qui explique la présence du prêtre dont la fonction est de représenter Dieu sur le champ de bataille, et d’exhorter les combattants. A cet effet, la délivrance d’Égypte est rappelée car elle est une source inépuisable d’inspiration.

Verset 5

Je continue.

Ensuite les officiers s’adresseront aux soldats en ces termes : Y a-t-il parmi vous quelqu’un qui vient de bâtir une maison et n’y a pas encore habité ? Qu’il rentre chez lui, pour qu’il ne meure pas au combat et qu’un autre n’y habite pas le premier (Deutéronome 20.5).

Ces officiers, dont il est question, sont en fait des secrétaires du département militaire qui sont chargés de tenir les registres des hommes en état de combattre. Selon l’ordre de l’Éternel, ils accordent des exemptions à certains par souci d’humanité, à cause de leurs circonstances particulières. En fait, c’est plutôt facile d’éviter de partir en guerre ce qui peut surprendre, mais il faut garder à l’esprit que la victoire appartient à l’Éternel, et tant qu’Israël lui obéit, l’issue des combats ne fait aucun doute car elle est pour ainsi dire décidée d’avance. Il n’est donc pas nécessaire d’envoyer beaucoup d’hommes ni qu’ils soient parfaitement aguerris. De plus, Dieu ne veut pas que les Israélites meurent au combat avant d’avoir eu le temps de jouir de la vie, de savourer ses bienfaits et de procréer, car toutes ces bénédictions font partie de l’alliance. Celui qui vient tout juste de finir sa maison sans y avoir encore emménagé, aura son cœur dans cette future demeure qu’il voudrait occuper, et pas tellement l’esprit à combattre. C’est tout naturel, alors qu’il retourne chez lui !

Verset 6

Je continue.

L’un d’entre vous a-t-il planté une vigne et n’en a pas encore cueilli les premiers fruits ? Qu’il rentre chez lui, pour qu’il ne meure pas au combat et qu’un autre ne recueille pas les premiers fruits de sa vigne (Deutéronome 20.6).

Israël étant une société agraire, la majorité des Hébreux travaillent la terre. Ceux qui viennent de planter sans avoir profité du fruit de leur labeur — des produits de leur champ ou de leur vigne — sont exemptés de la guerre au même titre que ceux qui ont construit une maison neuve; or il fallait attendre la cinquième année avant de profiter des fruits d’un arbre (Lévitique 19.23-25).

Verset 7

Je continue.

Y a-t-il quelqu’un qui se soit fiancé et qui n’ait pas encore épousé sa fiancée ? Qu’il rentre chez lui, pour qu’il ne meure pas au combat et qu’un autre n’épouse pas sa fiancée (Deutéronome 20.7).

Voilà peut-être d’où vient le slogan : « Faites l’amour et pas la guerre ! » En tout cas, c’est une excellente idée. Toutes ces exceptions ont pour but d’éviter que quelqu’un ne se sente frustré des jouissances de son travail ou de ses projets. L’Éternel a décrété toutes ces mesures parce qu’il désire que ceux qui partent se battre le fassent pour lui et avec enthousiasme comme pour n’importe quoi d’autre d’ailleurs.

Ceci m’amène à dire que le livre du Deutéronome est très pratique. Il concerne la vie de tous les jours des Israélites et même de la nôtre. On y trouve en effet des principes de base qui concourent au bonheur des citoyens d’un pays s’ils acceptent de les suivre. Nos politiciens, quelle que soit leur couleur, font des erreurs de jugement monumentales parce que leur vision de l’homme et du monde est totalement fausse. Ils choisissent d’ignorer les Écritures mais ils en subissent les conséquences et nous aussi.

Versets 8-9

Je continue.

Puis les officiers diront encore aux soldats : Quelqu’un parmi vous a-t-il peur et manque-t-il de courage ? Qu’il rentre chez lui, pour ne pas démoraliser ses compagnons d’armes ! Quand les officiers auront fini de parler aux soldats, on désignera les chefs des armées pour commander les troupes (Deutéronome 20.8-9).

Ce quatrième cas est encore plus surprenant que les trois autres dont il diffère totalement. Décidément, les Israélites ont l’esprit pratique. Cependant, ces paroles comme les précédentes manifestent concrètement la confiance, non dans la taille et la puissance de l’armée d’Israël, mais dans la force de l’Éternel.

Versets 10-12

Je continue.

Quand vous marcherez sur une ville pour l’attaquer, vous proposerez d’abord à ses habitants de se rendre sans combat. S’ils acceptent vos propositions et vous ouvrent la porte de la ville, toute la population sera soumise à des corvées et vous servira comme esclave. S’ils refusent votre proposition et engagent le combat contre vous, vous assiégerez la ville (Deutéronome 20.10-12).

Quand Israël attaquera une ville qui ne fait pas partie du pays promis, il doit d’abord donner à ses ennemis l’occasion de se rendre tout en lui imposant un tribut annuel ou des travaux forcés. Paix ou jugement : les deux principes qui sont à la base de l’alliance et de l’Évangile.

Versets 13-15

Je continue.

L’Éternel votre Dieu la livrera entre vos mains, et vous y ferez périr tous les hommes par l’épée. Mais vous pourrez vous réserver les femmes, les enfants, le bétail et tout le butin que vous trouverez dans la ville. Vous disposerez du butin pris sur vos ennemis que l’Éternel votre Dieu vous aura livrés. Vous agirez ainsi à l’égard de toutes les villes situées loin de chez vous et qui ne font pas partie du pays où vous allez vous installer (Deutéronome 20.13-15).

Si la ville résiste, tous les combattants seront mis à mort, mais pas la population civile, ce qui était la norme dans l’antiquité. Par contre et par décret divin, les Cananéens doivent être entièrement éliminés pour les raisons suivantes :

Afin qu’ils ne vous apprennent pas à imiter les pratiques abominables auxquelles ils se livrent en l’honneur de leurs dieux, et par lesquelles vous pécheriez contre l’Éternel votre Dieu (Deutéronome 20.18).

Comme je l’ai déjà dit, ils célébraient des cultes diaboliques particulièrement monstrueux avec débauche et surtout l’immolation des petits enfants sur leur idole chauffée à blanc.

Versets 19-20

Je continue le texte plus loin et je finis le chapitre 20.

Lorsque vous attaquerez une ville et que vous serez obligés de prolonger le siège avant de pouvoir vous en emparer, vous ne porterez pas la hache sur les arbres fruitiers des alentours ; vous pourrez en manger les fruits, mais vous ne les abattrez pas, car l’arbre des champs n’est pas un homme pour que vous le traitiez comme un assiégé. Vous pourrez seulement détruire et abattre les arbres dont vous savez qu’ils ne portent pas de fruits comestibles. Vous pourrez en utiliser le bois pour des ouvrages de siège contre la ville qui est en guerre contre vous, jusqu’à ce qu’elle succombe (Deutéronome 20.19-20).

Israël doit respecter la création, dont l’homme n’est pas le propriétaire, mais le gérant. Il faut en particulier conserver les arbres fruitiers et ne pas s’en servir comme ceux de la forêt, pour des constructions. Le non-respect de la nature dans son ensemble a plus tard été la cause de la stérilité quasi totale de la Palestine et l’a transformée pendant plus de 1 500 ans en un désert. Son reboisement au 20e siècle a changé le régime des pluies et lui a rendu sa fertilité d’antan. Cet interdit est surtout lié au souci de la subsistance future des habitants. Il va sans dire que  l’Éternel est tout à fait favorable à l’écologie.

Chapitre 21

Versets 1-4

Nous arrivons au chapitre 21 qui conclut la section se rapportant au respect de la vie humaine. Je commence à lire.

Si l’on trouve dans le pays que l’Éternel votre Dieu vous donne à posséder, le cadavre d’un homme assassiné étendu en pleine campagne sans que l’on connaisse le meurtrier, vos responsables et vos juges se rendront sur les lieux et mesureront la distance entre la victime et les villes d’alentour, pour déterminer la plus proche. Les responsables de cette ville prendront une génisse qui n’aura pas encore été employée au travail et n’aura jamais porté le joug. Ils l’amèneront dans un ruisseau qui ne tarit jamais, en un lieu qui ne soit ni labouré ni ensemencé. Là, ils lui briseront la nuque dans le ruisseau (Deutéronome 21.1-4).

Cette cérémonie et le processus qui va suivre sont étonnants pour nous au 21e siècle dans nos sociétés qu’on dit modernes. La vision du monde et de l’homme que nous donnent les Écritures est totalement différente de celle prônée par notre culture humaniste. Dans cette mise à mort de la génisse, l’eau courante du ruisseau est nécessaire pour emporter le sang et se laver les mains. Le lieu doit être sauvage, propre à servir de théâtre pour un rite aussi lugubre.

Cette immolation est symbolique et non pas un sacrifice rituel, ce qui explique pourquoi ce sont les responsables du peuple, et non les prêtres, qui l’accomplissent. De plus, le sang n’est pas présenté à Dieu sur un autel mais répandu dans le torrent qui l’emporte. Expiation et purification vont de pair. L’animal subit le sort et le supplice que le meurtrier aurait dû subir si on l’avait retrouvé. De toute façon et selon la Loi, aucune réparation possible n’est prévue pour expier un homicide volontaire. La seule expiation légitime et complète de ce crime est la mise à mort du meurtrier. À défaut, c’est la génisse qui est immolée.

Versets 5-9

Je continue.

Alors les prêtres descendants de Lévi s’avanceront, car ce sont eux que l’Éternel votre Dieu a choisis pour être à son service et pour donner la bénédiction en son nom. Leurs décisions trancheront tout litige et tous les cas de coups et blessures. Puis les responsables de la ville en question, désignée comme la plus proche, se laveront les mains au-dessus de la génisse décapitée dans le ruisseau et ils déclareront : Ce ne sont pas nos mains qui ont répandu ce sang et nos yeux n’ont été témoins de rien. Ô Éternel, pardonne à ton peuple Israël, que tu as libéré, et ne lui fais pas porter la responsabilité du meurtre d’un innocent ! Ainsi ce meurtre sera expié, et vous aurez ôté la souillure qu’entraîne le meurtre d’un innocent, car vous aurez fait ce que l’Éternel considère comme juste (Deutéronome 21.5-9).

La ville la plus proche du crime porte une certaine responsabilité de ce drame parce qu’ils n’ont pas été capables d’assurer la protection des voyageurs. Par cet acte symbolique de se laver les mains sur le cadavre de la génisse, ses représentants déclarent être innocents du meurtre ainsi que de toute complicité avec le coupable. De plus, ils doivent demander à Dieu son pardon. Quant aux prêtres, leur présence ne sert qu’à constater l’innocence des habitants de la ville et l’accomplissement de la cérémonie rituelle.

L’expiation d’un homicide qui a pris la vie d’un innocent est nécessaire afin que justice soit faite et qu’ainsi, le pays et le peuple qui l’habite, soient purifiés de la souillure entraînée par ce meurtre. L’homme ayant été créé à l’image de Dieu, n’importe quelle agression contre mon prochain, qu’elle soit verbale, mentale, physique ou autre, est une attaque contre le Créateur.

Versets 10-14

Je continue.

Lorsque vous partirez en guerre contre vos ennemis, et que l’Éternel votre Dieu les livrera en votre pouvoir, il se peut que parmi les prisonniers que tu feras tu remarqueras une belle captive, que tu en tombes amoureux et que tu l’épouses. Alors tu l’emmèneras chez toi dans ta maison, là elle se rasera la tête et se coupera les ongles, elle enlèvera le vêtement qu’elle portait comme prisonnière et elle demeurera dans ta maison. Pendant un mois, elle pleurera son père et sa mère. Après cela seulement, tu t’uniras à elle, tu seras son mari et elle sera ta femme. Si, plus tard, elle cesse de te plaire, tu la laisseras partir où elle voudra ; tu ne pourras ni la vendre, ni en faire ton esclave après qu’elle aura été ta femme (Deutéronome 21.10-14).

Ce passage étonnant souligne une fois encore le respect de la personne humaine et de la femme en particulier ce qui n’existait pas chez les autres peuples. Cette femme a perdu tous ses points de repère car son monde a disparu. Le triple acte de dépouillement extérieur sert à adoucir la rupture brutale de la captive avec son passé.  Ces rites lui donnent le temps de porter convenablement le deuil de son ancienne vie, de sa famille, de son père et sa mère, de son peuple, et de la préparer mentalement à s’intégrer à sa nouvelle patrie et à vivre avec son nouveau mari.

Le texte continue avec des ordonnances visant à atténuer les conséquences néfastes de la polygamie. Celle-ci est constatée dans les Écritures, sans être ni recommandée ni interdite. La loi protégeait la femme qui était la moins aimée, ainsi que ses enfants, contre les caprices d’un mari partial.

Versets 18-21

Je continue plus loin.

Si un homme a un fils révolté et rebelle qui n’obéit ni à son père ni à sa mère, et reste insensible aux corrections qu’ils lui infligent, ses parents se saisiront de lui et l’amèneront devant les responsables de la ville à la porte de leur cité. Ils déclareront aux responsables : Notre fils que voici est révolté et rebelle, il ne nous obéit pas, c’est un débauché et un ivrogne. Alors tous les hommes de sa ville lui jetteront des pierres, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ainsi vous ferez disparaître la souillure qu’entraîne le mal du milieu de vous. Tout Israël en entendra parler et sera saisi de crainte (Deutéronome 21.18-21).

Ce passage est lui aussi choquant, mais bien que l’autorité paternelle soit confirmée, elle est réduite à de sages limites. En effet, et contrairement à ce qui se passait chez d’autres peuples, le père de famille n’est pas autorisé à disposer comme il l’entend de la vie de ses enfants. Dans un premier temps, il doit l’avertir et le punir. Cependant, si rien n’y fait, alors l’enfant rebelle est publiquement accusé par les parents et traduit en correctionnelle afin que justice soit faite, non par le père, mais par tous les hommes de la ville. C’est la façon de Dieu de traiter le mal et d’éviter qu’un jour des innocents aient à pâtir des méfaits de ce criminel en herbe.

Versets 22-23

Je finis le chapitre 21.

Si un homme qui a encouru la peine capitale pour un crime a été exécuté et pendu à un arbre, son cadavre ne devra pas rester là pendant la nuit sur l’arbre, vous l’enterrerez le jour même, car un pendu est un objet de malédiction divine et vous ne rendrez pas impure la terre que l’Éternel votre Dieu vous donne en possession (Deutéronome 21.22-23).

En Israël, les criminels étaient exécutés par lapidation à coups de pierres. Pour certains crimes très graves, le cadavre était pendu afin de susciter l’horreur et la crainte du peuple. C’était aussi une déclaration de la malédiction divine et une disgrâce supplémentaire infligée au malfaiteur. Mais contrairement aux Égyptiens et Cananéens qui laissaient les suppliciés pourrir au gibet pendant plusieurs jours, les Israélites doivent ensevelir le mort à la tombée de la nuit.