Chapitre 7

Verset 13

J’ai beaucoup de mal à m’imaginer comment je vivrais l’expérience de me retrouver dans une autre dimension que l’espace-temps vu que c’est la seule que je connaisse depuis le début de mon existence. Mais supposons que ça m’arrive suite à une anomalie du genre vortex. Croyez-moi, je me montrerais discret et marcherais sur la pointe des pieds pour ne pas révéler ma présence. Mais si l’un des personnages de l’au-delà se tournait alors subitement vers moi pour engager la conversation, je crois que je serais pris de panique. Une telle expérience était pratiquement le pain quotidien des prophètes de l’Ancien Testament. Alors qu’il voit la gloire de Dieu, Ésaïe ne peut s’empêcher de crier :

Malheur à moi ! Je suis perdu, car j’ai les lèvres impures et j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures. Et voici que, de mes yeux, j’ai vu le Roi, le Seigneur des armées célestes. Alors l’un des séraphins vola vers moi, il tenait à la main une braise qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il m’en toucha la bouche, et me dit : – Maintenant que ceci vient d’être appliqué sur tes lèvres, ta faute est enlevée et ton péché est expié. Et j’entendis alors le Seigneur qui disait : – Qui enverrai-je ? Qui marchera pour nous ? Alors je répondis : – Je suis prêt, envoie-moi (Ésaïe 6.5-8).

Le prophète Zacharie aussi est entré dans l’au-delà où il voit Josué le grand-prêtre, couvert d’habits très sales, et l’Ange de l’Éternel qui ordonne :

Ôtez-lui ses vêtements sales ! Et il ajouta à l’adresse de Josué : – Regarde, j’ai enlevé le poids de la faute que tu portais et l’on te revêtira d’habits de fête (Zacharie 3.4).

Alors, Zacharie ne peut pas s’empêcher d’ajouter :

Qu’on lui mette un turban pur sur la tête ! (Zacharie 3.5).

Et c’est ce qu’on a fait. « On lui posa donc le turban pur sur la tête, et on le revêtit d’autres habits » dit le texte (Zacharie 3.4-5). Je continue de lire dans le chapitre sept du livre de l’Apocalypse.

Alors l’un des vieillards prit la parole et me demanda : – Ces gens vêtus d’une tunique blanche, qui sont-ils et d’où sont-ils venus ? (Apocalypse 7.13).

« Les 24 vieillards » ou anciens, représentent l’Église ôtée du monde qui est désormais dans les cieux. L’un d’entre eux s’adresse à l’apôtre Jean, ce qui fait de lui un participant actif de la vision. Cet ancien ne cherche pas à obtenir un renseignement mais à établir un dialogue. Sa question est une figure de style dans le but de communiquer la signification de la vision. On rencontre ce type d’interaction chez plusieurs prophètes. Je lis quelques exemples tirés de Jérémie, Amos et Zacharie  :

L’Éternel m’adressa encore la parole en ces termes : – Que vois-tu, Jérémie ? Je répondis : – Je vois une branche d’amandier (Jérémie 1.11). Puis l’Éternel m’adressa une seconde fois la parole : – Que vois-tu encore ? Et je répondis : – Je vois un chaudron en train de bouillir et qui se trouve au nord (Jérémie 1.13). Il (le Seigneur) me dit : – Que vois-tu, Amos ? Et je dis : – De l’étain. Et le Seigneur me dit : – Je vais mettre l’étain au milieu d’Israël, mon peuple. Et désormais, je ne lui pardonnerai plus (Amos 7.8). Il me dit : – Que vois-tu, Amos ? Et je lui répondis : – Je vois une corbeille remplie de fruits mûrs. Et l’Éternel me dit : “ La fin est arrivée pour Israël, mon peuple, car désormais, je ne lui pardonnerai plus ” (Amos 8.2). Un ange interprète demanda à Zacharie : Que vois-tu ? Je répondis : – Je vois un chandelier tout en or muni, à la partie supérieure, d’un réservoir. Il est surmonté de sept lampes et il y a sept conduits pour les lampes (Zacharie 4.2). Il me dit : – Ne sais-tu pas ce que cela représente ? – Non, mon Seigneur, lui répondis-je (Zacharie 4.5 ; comparez Zacharie 5.2-6).

Les visions que reçoivent les prophètes sont souvent des mises en scène fantasmagoriques. Cependant, leur but n’est pas de donner dans le spectaculaire, genre effets spéciaux, mais bien plutôt de transmettre une révélation divine dont chaque détail est important.

La question du vieillard est une forme de rhétorique qui doit conduire notre attention vers la multitude des « gens vêtus d’une tunique blanche » et donc de nous rappeler une fois encore que pendant la Tribulation beaucoup de personnes seront sauvées.

Verset 14 a, b

Je continue le texte.

– Ces gens vêtus d’une tunique blanche, qui sont-ils et d’où sont-ils venus ? Je lui répondis : – Mon seigneur, c’est toi qui le sais. Il reprit : – Ce sont ceux qui viennent de la grande détresse (Apocalypse 7.14 a, b).

La réponse de Jean, « Mon seigneur, c’est toi qui le sais », exprime son respect envers ce haut personnage. Il lui confesse aussi son ignorance et sa grande perplexité, et il demande à savoir. Jean se souvient sans doute que Jésus a dit :

Entrez par la porte étroite ; en effet, large est la porte et facile la route qui mènent à la perdition. Nombreux sont ceux qui s’y engagent. Mais étroite est la porte et difficile le sentier qui mènent à la vie ! Qu’ils sont peu nombreux ceux qui les trouvent ! (Matthieu 7.13-14).

De plus, l’apôtre a vu en vision les églises de la province d’Asie stagner ou même dépérir, alors cette vision d’une multitude de croyants le laisse confus.

Littéralement, l’ancien dit que « ce sont ceux qui sont en train de venir (erchomenoi) de la grande détresse ». En d’autres mots, c’est un processus qui n’est pas achevé mais qui continue, ce qui veut dire que ce groupe de personnes va continuer à grossir. La réponse de l’ancien confirme bien que ces gens sont issus de la Tribulation car c’est pendant cette période d’intenses détresses qu’ils ont placé leur confiance en Jésus, et pour la plupart d’entre eux, leur fidélité au Seigneur s’est soldée par une mort de martyr.

L’explication de « l’ancien » montre que ce groupe de personnes est bien particulier et distinct de tout autre groupe de croyants de l’Histoire. « La grande détresse ou Grande Tribulation » définit une période bien précise de l’avenir qui correspond au jugement divin qui frappera le monde pendant la seconde moitié des sept ans de Tribulation, juste avant que Jésus ne revienne sur terre pour établir son royaume. Tous les châtiments du septième sceau, qui inclut les jugements des trompettes et des coupes de la colère de Dieu, seront sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

En dehors du déluge, jamais une dévastation à l’échelle mondiale et planétaire ne s’est produite jusque-là. Jésus lui-même dit de cette période :

La détresse sera plus terrible que tout ce qu’on a connu depuis le commencement du monde ; et jamais plus, on ne verra pareille souffrance (Matthieu 24.21).

Les croyants qui sont alors sur terre ne sont évidemment pas directement visés par la colère de Dieu, mais ils en subissent les contrecoups et ils portent le poids des souffrances que leur imposent les ennemis de Dieu. La persécution ira en augmentant à partir du milieu des sept ans de Tribulation. À la fin du sixième sceau, certains croyants sont déjà morts martyrs (Apocalypse 6.9-11) et beaucoup d’autres suivront.

Verset 14 c

Je continue le texte.

(Ce sont ceux qui viennent de la grande détresse.) Ils ont lavé et blanchi leurs tuniques dans le sang de l’Agneau (Apocalypse 7.14 c).

L’un des 24 anciens explique la manière dont les croyants issus de la Tribulation ont obtenu le privilège de se retrouver dans les cieux et devant le trône de Dieu entouré des êtres célestes.

Dans les Écritures, les vêtements sales symbolisent souvent la souillure du péché (Ésaïe 64.6 ; Zacharie 3.3), tandis que le salut et le pardon sont généralement comparés à une purification ou un lavage (Apocalypse 22.14 ; Psaumes 51.9 ; Ésaïe 1.18 ; Tite 3.5). Ces « tuniques », ces robes, d’un blanc éclatant que portent au ciel ces croyants, symbolisent la justice, la sainteté et la pureté qui leur ont été imputées, attribuées.

A priori, il peut paraître curieux qu’on puisse nettoyer quoi que ce soit avec du sang. Mais dans l’Ancien Testament, la purification rituelle se fait presque toujours avec le sang d’animaux égorgés, sang qui parfois est même aspergé sur le peuple. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Selon la Loi, presque tout est purifié avec du sang, et il n’y a pas de pardon des péchés sans que du sang soit versé (Hébreux 9.22).

Sous le régime de l’Ancienne Alliance, le pécheur est obligé d’offrir un sacrifice pour recevoir le pardon de Dieu. Cette nécessité incontournable, d’une part, enseigne au peuple de Dieu qu’une victime innocente est nécessaire pour expier les péchés, et d’autre part, prépare l’humanité à la venue du Sauveur qui sur la croix a lavé de leurs péchés tous ceux qui lui font confiance (1Corinthiens 6.11). Cela est vrai pour nous et le restera jusqu’à la fin des temps pour tous les croyants jusqu’au retour de Jésus-Christ sur terre.

Verset 15 a

Je continue le texte.

(Ceux qui viennent de la grande détresse ont lavé et blanchi leurs tuniques dans le sang de l’Agneau.) C’est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et lui rendent un culte nuit et jour dans son temple (Apocalypse 7.15 a).

Ceux qui deviennent chrétiens et meurent pendant la Tribulation se tiennent devant le trône de Dieu. Cependant, cet immense privilège ne leur est pas accordé à cause de ce qu’ils ont dû souffrir, mais seulement parce qu’ils sont purifiés et lavés de leurs péchés par le sacrifice de Jésus. C’est son œuvre sur la croix et rien d’autre, qui les rend dignes de paraître devant Dieu et de lui rendre un culte. Cette forme d’adoration est continuelle puisqu’il n’y a ni jour ni nuit dans le royaume des cieux.

Plus loin dans le livre, on apprend que ce culte est rendu à Dieu dans son temple, ce qui veut dire qu’il y a un temple dans le ciel, et si j’ai bien compté, Jean le mentionne huit fois. Il y aura également un temple sur terre à Jérusalem pendant les mille ans que durera le royaume du Messie, parce que tant que le mal est encore présent dans l’univers, un temple est nécessaire pour servir de point de rencontre entre le Dieu trois fois saint et l’homme pécheur.

Aujourd’hui, le temple de chaque croyant est son propre corps (1Corinthiens 6.19), et dans les cieux, le temple est constitué par la sphère sainte où réside Dieu et qui se trouve à l’écart de l’univers déchu. Mais dans l’éternité future, il n’y aura plus de temple. À la fin du livre de l’Apocalypse, Jean écrit :

Je ne vis aucun temple dans la ville (la Nouvelle Jérusalem) : son temple, c’est le Seigneur, le Dieu tout-puissant, ainsi que l’Agneau (Apocalypse 21.22).

Jusqu’au jugement du grand trône blanc qui aura lieu à la fin du millénium, le péché sera toujours présent dans l’univers. Mais ensuite, après la création du nouveau ciel et de la nouvelle terre, dans l’état éternel, le mal sous toutes ses formes aura entièrement disparu ; il n’existera pas dans le nouvel univers. Cependant, il y aura toujours l’état éternel de l’étang de feu dans lequel seront confinés les démons ainsi que ceux qui n’ont pas été rachetés par Jésus-Christ. Ce n’est pas un sujet sur lequel on aime trop s’étendre.

Verset 15 b

Je continue le texte du chapitre 7.

(Ceux qui viennent de la grande détresse […] se tiennent devant le trône de Dieu.) Et celui qui siège sur le trône les abritera sous sa Tente (Apocalypse 7.15 b).

Une autre façon de traduire est : « Celui qui est assis sur le trône fera demeurer sa Shekinah sur eux. », la « Shekinah » étant la manifestation de la présence de Dieu parmi les hommes.

L’image bucolique de ce verset évoque la protection, la sécurité et la consolation. Dieu rempli de majesté et qui « siège sur le trône », dressera lui-même « la Tente » de sa glorieuse présence sur ces croyants qui ont tant souffert et sont morts martyrs.

Le mot pour « Tente » (skenoô) est souvent traduit par « tabernacle » et le verbe qui lui correspond est traduit par « habité ou vécu » (Jean 1.14). À la fin du livre, Jean écrit :

Et j’entendis une forte voix, venant du trône, qui disait : Voici la Tente de Dieu avec les hommes. Il habitera avec eux ; ils seront ses peuples et lui, Dieu avec eux, sera leur Dieu (Apocalypse 21.3).

Le Créateur a toujours désiré vivre au milieu des hommes. C’est le but de sa création et du choix d’Israël comme peuple de Dieu. A l’époque de Moïse, l’Éternel dit aux Israélites :

Je ferai ma demeure au milieu de vous […]. Je vivrai au milieu de vous : je serai votre Dieu et vous serez mon peuple (Lévitique 26.11-12).

Et parlant d’Israël dans le royaume millénaire, l’Éternel fait dire au prophète Ézéchiel :

Ma demeure sera près d’eux, je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple (Ézéchiel 37.27 ; comparez Zacharie 2.10-11 ; 8.3, 8).

« Ceux qui viennent de la grande détresse » ont été les témoins de souffrances et d’horreurs indescriptibles et la plupart d’entre eux ont subi des persécutions atroces aux mains de l’Antichrist. Mais dès qu’ils entrent dans le sanctuaire céleste et donc en présence de Dieu, ils se trouvent dans l’endroit le plus sûr qui soit. Là, ils sont à l’abri des fléaux dévastateurs qui vont frapper le monde impie au fur et à mesure que Dieu déchaînera les jugements des trompettes et des coupes.

Verset 16

Je continue le texte.

Ils (ceux qui viennent de la grande détresse) ne connaîtront plus ni la faim, ni la soif ; ils ne souffriront plus des ardeurs du soleil, ni d’aucune chaleur brûlante (Apocalypse 7.16).

Cette promesse est tirée d’un passage du livre d’Ésaïe qui décrit les bénédictions d’Israël pendant le millénium. Je le cite :

Ils n’endureront plus ni la faim ni la soif, la chaleur du désert et le soleil ne les frapperont plus car celui qui les aime les conduira et il les mènera auprès des sources d’eau (Ésaïe 49.10 ; comparez Ésaïe 35.5-10 ; 41.17-19 ; 42.16 ; 43.19-20 ; Psaumes 121.6).

Chez les auteurs sacrés, la même prophétie a souvent deux, voire même trois applications. Ici, par exemple, Ésaïe annonce le bonheur d’Israël pendant le millénium, tandis que Jean reprend les paroles d’Ésaïe et les applique aux croyants issus de la Tribulation, qui sont maintenant dans le repos de Dieu.

« Ceux qui viennent de la grande détresse » ont très vraisemblablement enduré la faim, la soif, la chaleur étouffante et le soleil brûlant, ce qui correspond aussi à un jugement encore à venir. Plus loin, on lit :

Le quatrième ange versa sa coupe sur le soleil. Il lui fut donné de brûler les hommes par son feu. Les hommes furent atteints de terribles brûlures, et ils insultèrent Dieu qui a autorité sur ces fléaux, mais ils refusèrent de changer et de lui rendre hommage (Apocalypse 16.8-9).

Comme je l’ai déjà dit, pendant les jugements de la Tribulation, Dieu ne vise évidemment pas les siens qui sont sur terre car les anges exécuteurs des châtiments divins ne touchent pas aux croyants. Par contre, ces derniers subissent quand même les contrecoups des fléaux naturels.

Aucun passage du livre de l’Apocalypse ne précise comment les croyants vont vivre et survivre aux jugements de Dieu. On est cependant en droit de penser que certains échapperont miraculeusement à la mort due aux destructions causées par une nature déchaînée et un univers en furie, mais d’autres y perdront la vie. Par contre, ce qui est sûr, est qu’une fois dans les cieux, les croyants sont à l’abri de tous les maux physiques, moraux ou spirituels qui tôt ou tard atteignent tous les hommes sur terre.

Verset 17

Je finis de lire le chapitre sept.

Car l’Agneau qui est au milieu du trône prendra soin d’eux comme un berger, il les conduira vers les sources d’eaux vives, et Dieu lui-même essuiera toute larme de leurs yeux (Apocalypse 7.17).

L’image de Dieu en tant que « Berger » de son peuple est sans aucun doute l’une des plus réconfortantes des descriptions de l’Éternel dans l’Ancien Testament. Même les païens purs et durs ont entendu parler au moins une fois du Psaume 23 dans lequel David écrit :

L’Éternel est mon berger. Je ne manquerai de rien. Grâce à lui, je me repose dans des prairies verdoyantes, et c’est lui qui me conduit au bord des eaux calmes. Il me rend des forces neuves, et, pour l’honneur de son nom, il me mène pas à pas sur le droit chemin. Si je devais traverser la vallée où règnent les ténèbres de la mort, je ne craindrais aucun mal, car tu es auprès de moi : ta houlette me conduit et ton bâton me protège. Pour moi, tu dresses une table aux yeux de mes ennemis, tu oins de parfums ma tête, tu fais déborder ma coupe. Oui, toute ma vie, ta bonté et ton amour m’accompagneront et je pourrai retourner au sanctuaire de l’Éternel tant que je vivrai (Psaumes 23).

Et le prophète Ésaïe écrit :

(Voici l’Éternel Dieu.) Comme un berger, il paîtra son troupeau et il rassemblera les agneaux dans ses bras. Sur son sein, il les porte et conduit doucement les brebis qui allaitent (Ésaïe 40.11 ; comparez Ézéchiel 34.23).

Dans le Nouveau Testament, Jésus est présenté comme « le bon Berger » de son peuple. Dans l’évangile selon Jean, il dit lui-même :

Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis (Jean 10.11).

Jésus est aussi appelé « le grand berger de ses brebis » dans l’épître aux Hébreux (13.20) et dans sa première épître, l’apôtre Pierre écrit :

Vous étiez comme des brebis errantes mais, à présent, vous êtes retournés vers le berger qui veille sur vous (1Pierre 2.25).

Les passages des Écritures que je viens de lire sont particulièrement utiles pour consoler et réconforter celui qui traverse des heures sombres et qui souffre.

Ici, Jésus est « l’Agneau qui prend soin de son peuple » avec tendresse. Ce verbe grec (poimainô) qui signifie « paître un troupeau » est utilisé trois autres fois dans le livre de l’Apocalypse (Apocalypse 2.27 ; 12.5 ; 19.15) et appliqué à Jésus-Christ. Mais chaque fois le Seigneur est alors décrit comme un Berger à poigne qui subjugue les nations avec un sceptre de fer, un peu comme le cavalier qui mâte un cheval rebelle à coups de fouet.

Ces trois références sont l’accomplissement d’une prophétie de l’un des psaumes royaux dans lequel Jésus est présenté comme le roi de la lignée de David qui règne sur toute la terre. Dans ce psaume royal, Jésus dit :

Je publierai le décret qu’a promulgué l’Éternel. Il m’a dit : […]. Demande-moi : Que veux-tu ? Je te donne en patrimoine tous les peuples de la terre ; et le monde, jusqu’en ses confins lointains, sera ta propriété. Avec un sceptre de fer, tu les soumettras ; comme des vases d’argile, tu les briseras (Psaumes 2.7-9).

Cependant, pour les croyants il en est tout autrement. Non seulement, « le bon Berger et le grand Berger » conduira son troupeau vers les sources d’eaux vives, mais il essuiera aussi toute larme de leurs yeux. Cette image touchante évoque la maman qui fait ce geste pour consoler son enfant d’un gros chagrin. Vers la fin du livre, Jean écrit à nouveau :

Il (Dieu) essuiera toute larme de leurs yeux (Apocalypse 21.4).

Et il ajoute :

La mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni plainte, ni souffrance. Car ce qui était autrefois a définitivement disparu (Apocalypse 21.4 ; comparez Ésaïe 25.8).

Depuis la nuit des temps et la chute d’Adam et Ève, c’est l’aspiration et le grand soupir de l’être humain, et ce sera la consolation éternelle des croyants.