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02 mars 2026

Amos 1.8 – 2.8

Chapitre 1

Versets 9-10

Je me souviens avoir été plusieurs fois au bord de l’eau à taquiner le goujon et puis soudainement le ciel se voile ; il commence à faire des éclairs et on entend des coups de tonnerre. Je peux aussi distinguer des masses sombres, des trombes d’eaux qui ne se déversent pas très loin. L’orage tourne et j’espère bien l’éviter, mais malheureusement je finis presque toujours par prendre une rincée.

C’est un peu comme ça qu’Amos prophétise les jugements de Dieu contre huit nations. Alors qu’il se trouve à Béthel sur le territoire d’Israël Nord, il voit d’abord venir le châtiment de la Syrie au nord-est d’Israël, puis c’est le tour des Philistins qui sont à l’opposé, au sud-ouest. Ensuite le jugement remonte jusqu’aux Phéniciens qui se trouvent au nord-ouest d’Israël.

Je continue de lire dans le premier chapitre du livre d’Amos.

L’Éternel dit ceci : À cause de trois crimes de Tyr, et même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt car ils ont livré à Édom des déportés en masse, ils n’ont fait aucun cas du traité de fraternité qui les liait au peuple frère. Je mettrai donc le feu aux murailles de Tyr, et il consumera les palais qui s’y trouvent (Amos 1.9-10 ; Autre).

Tyr est la ville la plus importante de la Phénicie. Située au nord d’Israël sur la côte méditerranéenne, cette cité est activement engagée dans l’odieux trafic d’esclaves juifs (comparez Joël 3.3, 6). Les Phéniciens sont les grossistes ou intermédiaires ; ils achètent les esclaves aux Philistins et les revendent aux Édomites qui viennent les chercher à Tyr par caravanes entières (Ézéchiel 27.20-22). Les Philistins ont certes une conduite condamnable mais les Phéniciens sont encore plus coupables. En effet, ils ont entretenu des relations très amicales avec le roi David et ils avaient fourni du bois et des ouvriers pour la construction du Temple de Salomon à Jérusalem (comparez 2Samuel 5.1 ; 1Rois 5.15 et suivants ; 9.11 et suivants), et plus tard, Achab, le roi d’Israël Nord, avait épousé Jézabel fille du roi de Sidon seconde ville phénicienne en importance (1Rois 16.31). Jézabel est certes une diablesse mais quand même une princesse phénicienne. Les déportations auxquelles se sont livrés les gens de Tyr relèvent donc de la trahison à l’égard d’un peuple allié.

Les Phéniciens sont très puissants parce qu’ils ont fondé un empire avec des colonies réparties un peu partout en Méditerranée. L’histoire de la destruction de la ville de Tyr est très complexe et a pris plusieurs siècles. Comme pour une grande kermesse, tout le monde y a plus ou moins participé, depuis les Assyriens (Tyr est soumise par Salmanasar V en 724 avant Jésus-Christ, puis investie par son successeur Sargon) jusqu’à Alexandre le Grand (en 332 avant Jésus-Christ) en passant par Nabuchodonosor et les Arabes (comparez Ésaïe 23.14-18 ; Ézéchiel 26–27).

Versets 11-12

Je continue.

L’Éternel dit ceci : À cause de trois crimes d’Édom et même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt car il a poursuivi le peuple frère avec l’épée, en étouffant toute pitié, et il n’a pas cessé de le meurtrir avec colère et de nourrir sans fin sa haine invétérée. Je mettrai donc le feu au milieu de Témân, et il consumera les palais de Botsra (Amos 1.11-12 ; Autre).

Édom, aussi appelé pays de Séir, se trouve en deçà de la Mer morte au sud d’Israël et a Pétra pour capitale. Témân est aussi une ville importante. Quant à Bostra (aujourd’hui Buseirah), elle est à 5 km au nord de Pétra au sud de la Mer morte.

Édom est le parent le plus proche d’Israël car il descend d’Ésaü, frère de Jacob. Les Israélites et les Édomites sont cousins, mais l’histoire des Édomites se résume à une hostilité quasi permanente à l’égard d’Israël (comparez Nombres 20.14-21 ; Psaumes 137.7 ; Lamentations 4.21 ; Joël 4.19 ; Abdias X-14). Ils sont soumis par David et bien qu’ils essaient de secouer ce joug (2Chroniques 20.X-11, 22), ils restent sous la tutelle d’Israël jusque sous le règne de Josaphat, roi de Juda (comparez 1Rois 22.48).

Mais sous le règne de Yoram, fils de Josaphat, ils se rebellent et bien que vaincus à plusieurs reprises, chaque fois que Jérusalem est attaquée, ils se joignent aux envahisseurs pour capturer les fuyards juifs et piller le pays. Voilà pourquoi le jugement va tomber sur les Édomites et qu’ils recevront leur juste salaire.

Verset 13

Je continue.

L’Éternel dit ceci : À cause de trois crimes des Ammonites et même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt parce qu’ils ont ouvert le ventre des femmes qui étaient enceintes en Galaad, en recherchant à agrandir leur territoire (Amos 1.13 ; Autre).

Les Ammonites sont issus du neveu d’Abraham, Lot, et de sa fille cadette (Genèse 19.37). Oui je sais, ça fait désordre, mais le résultat est que ce peuple se compose de petits cousins des Israélites. Il s’est établi au nord-est de la Mer morte dans l’actuelle Jordanie. Au nord des Ammonites se trouvent les Israélites de Gad et de Manassé à qui Galaad a été attribuée par Moïse (Deutéronome 3.12 ; Josué 13.24 et suivants). Cela dit, dans les Écritures, la région de Galaad désigne souvent la totalité du territoire israélite à l’est du Jourdain. Aujourd’hui, ça se trouve en Jordanie.

Bien que cousins, les Israélites et les Ammonites se font souvent la guerre. C’est de l’oppression de ce peuple que Jephté délivra Israël à l’époque des Juges (Juges 12).

L’horrible coutume guerrière qui consiste à éventrer les femmes enceintes est mentionnée deux autres fois dans les Écritures (Osée 13.16 ; 2Rois 8.12). Son but est de terroriser et d’exterminer complètement le peuple ennemi. Quant aux jeunes enfants, ils sont soit tués soit vendus comme esclaves. Le terrain étant désormais libre de ses habitants, la nation conquérante n’a plus qu’à s’installer, ce qui est exactement ce qu’on fait les Ammonites après avoir manifesté une bestiale sauvagerie.

Versets 14-15

Je finis de lire le premier chapitre du prophète Amos.

J’incendierai les remparts de Rabba. Alors le feu consumera les palais qui s’y trouvent, au bruit des cris de guerre en un jour de combat, dans la tempête en un jour d’ouragan. Leur roi s’en ira en exil avec tous ses ministres, l’Éternel le déclare (Amos 1.14-15).

Rabba est la capitale royale des Ammonites (comparez Deutéronome 3.11 ; 2Samuel 12.26 ; Jérémie 49.2) et sur ses ruines a été érigé Amman, l’actuelle capitale de la Jordanie.

La tempête et l’ouragan symbolisent la puissance de Dieu qui administre sa justice expéditive et implacable, et qui opère une destruction totale. Ce jugement fut accompli par les Assyriens (Tiglath Piléser III en 734 avant Jésus-Christ).

Chapitre 2

Verset 1

Nous arrivons au chapitre deux et c’est au tour de Moab d’entendre la sentence de Dieu et de subir son châtiment. Je commence de le lire.

L’Éternel dit ceci : À cause de trois crimes de Moab et même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt car ce peuple a brûlé les os du roi d’Édom, pour les réduire en chaux (Amos 2.1).

Comme les Ammonites, les Moabites sont issus du neveu d’Abraham, Lot, mais avec sa fille aînée (Genèse 19.36). D’accord ça fait désordre, mais cela n’empêche pas que les Moabites sont eux aussi des petits cousins des Israélites. Ils occupent un territoire à l’est de la Mer morte et au sud de leurs frères ammonites, et comme eux ils ont une hostilité ancestrale constante envers Israël (comparez Juges 3.12 et suivants ; 2Samuel 8.12 ; 2Rois 1.1 ; 3.4 et suivants ; Ésaïe 15 ; 16 ; 25.X-12 ; Jérémie 48).

L’incident relaté par Amos concernant le crime odieux des Moabites à l’égard de la dépouille du roi d’Édom fut un acte de vengeance. Voilà comment ça s’est passé. Moab est alors assujetti au roi d’Israël Nord, Achab, et dans le second livre des Rois on lit :

Mécha, roi de Moab, élevait de nombreux troupeaux de moutons. Chaque année, il devait payer au roi d’Israël un tribut de cent mille agneaux et de cent mille béliers avec leur laine (2Rois 3.4).

Mais le roi Mécha profite de la mort du roi Achab pour secouer le joug israélite qui pèse sur lui. Il y réussit pour un temps. Mais une fois devenu roi à la place de son frère aîné (Ahazia), Yoram, fils d’Achab, demande l’appui de Josaphat, roi de Juda, qui accepte de l’aider à vaincre les Moabites. Pour cette campagne militaire, les Édomites se joignent à la coalition et grâce à l’intervention de l’Éternel, ils battent les Moabites à plat de couture, conformément à ce que le prophète Élisée leur avait dit au nom de l’Éternel. Dans le second livre des Rois, on lit :

Vous détruirez toutes leurs villes fortifiées et toutes les villes importantes, vous abattrez tous leurs arbres, vous boucherez toutes leurs sources d’eau et vous dévasterez tous leurs meilleurs terrains en les couvrant de pierres (2Rois 3.19).

Et c’est ce qu’ils ont fait. Le roi de Moab se trouvant encerclé dans sa capitale, le texte dit :

Quand le roi de Moab comprit qu’il ne pourrait résister à l’attaque, il prit avec lui sept cents soldats armés d’épées et tenta de se frayer un passage en direction du roi d’Édom, mais il n’y réussit pas (2Rois 3.26).

Cependant, il semble que le roi d’Édom est tué à ce moment-là. Mais le roi de Moab est toujours encerclé et désespéré. Le texte du second livre des Rois continue :

Alors, il fit venir son fils aîné qui devait lui succéder sur le trône et il l’offrit en holocauste sur le rempart. À ce spectacle, les Israélites furent si indignés qu’ils se retirèrent loin du roi et rentrèrent dans leur pays (2Rois 3.27).

Une fois le calme revenu, les Édomites ont enterré leur roi avec tous les honneurs dus à son rang. Mais les Moabites qui a la dent dure ont voulu se venger. Alors, on peut imaginer qu’une nuit ils ont envoyé un commando qui a déterré la dépouille du roi d’Édom et l’a ramené chez eux pour la brûler en grande fanfare.

Il faut savoir que ce n’est pas l’incinération elle-même (Amos 6.X ; 1Samuel 31.12) qui est condamnée par Amos, mais l’acte de profanation du corps du roi d’Édom. Dans le Proche-Orient ancien, dégrader un cadavre est considéré comme une action abominable (comparez Deutéronome 21.22-23 ; 1Rois 2.31 ; 2Rois 9.34 ; Psaumes 79.2 ; Ecclésiaste 6.3 ; Ésaïe 34.3). Partout où se commettent des crimes contre l’humanité, peu importe contre qui ou par qui et pour quelle raison, l’Éternel en est le juge. Il va donc donner aux Moabites le salaire de leur crime.

Versets 2-3

 

Je continue.

Je mettrai le feu à Moab et il consumera les palais de Qerioth, et Moab périra en plein tumulte au bruit des cris de guerre, au son du cor. Je ferai disparaître son juge suprême, le roi, et avec lui, je vais exterminer tous ses princes, l’Éternel le déclare (Amos 2.2-3 ; Autre).

Le mot « Qerioth » signifie « les villes », parce qu’il désigne une cité qui possède une partie haute et une partie basse. La localisation de cette ville particulière est incertaine, mais il pourrait s’agir d’un autre nom pour la capitale (Ar-Moad). Moab fut rayé de la carte en tant que nation par les Babyloniens (Ésaïe 16.1-13 ; Jérémie 48.1-47 ; Ézéchiel 25.8-11).

On pourrait penser que comme beaucoup d’autres peuples, les Moabites ont brillé un temps puis ont complètement disparu. Pas tout à fait. Une jeune femme appelée Ruth était moabite et elle se maria à Booz, un homme de la tribu de Juda et son arrière-petit-fils est le grand roi David. Booz a épousé Ruth parce que c’était une femme de qualité, et le fait qu’elle soit Moabite ne le dérangeait pas du tout parce que c’était pratiquement une tradition dans la famille d’épouser une païenne puisque la propre mère de Booz est Rahab, la célèbre prostituée de la ville cananéenne de Jéricho (comparez Matthieu 1.5).

Versets 4-5

Je continue le texte.

L’Éternel dit ceci : À cause de trois crimes de Juda et même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt car ils ont méprisé la Loi de l’Éternel et n’ont pas obéi à ses commandements. Ils se sont égarés en suivant les faux dieux qu’autrefois leurs ancêtres avaient déjà suivis. Je mettrai le feu à Juda et il consumera les palais de Jérusalem (Amos 2.4-5 ; Autre).

Pour les six peuples qu’il a mis au banc des accusés, Amos cite la raison de leur châtiment imminent. En ce qui concerne Juda, Dieu lui reproche uniquement des péchés d’ordre religieux : ses habitants ont désobéi à la loi de Moïse, et bien que le Temple de l’Éternel soit sur leur territoire à Jérusalem, ils se sont livrés à l’idolâtrie. C’est vraiment narguer Dieu et chercher le bâton pour se faire battre.

Alors que les prophètes Ésaïe, Jérémie et Ézéchiel dénoncent les fautes du royaume du sud avec force détails et noircissent des pages et des pages, ici, Amos condamne Juda en utilisant seulement deux verbes. Les accusations qu’il porte contre ce royaume : « ils n’on pas obéi aux commandements de l’Éternel », n’auraient aucun sens si elles étaient adressées à des païens. Par contre elles sont justifiées à l’égard d’Israël parce qu’il occupe une position unique et jouit de privilèges qui n’ont pas été accordés aux autres nations. Seulement ces bénédictions sont conditionnelles et associées à des responsabilités que les Juifs n’ont pas satisfaites. Pour cette raison, le couperet de la justice divine tombera sur Juda.

Tant que le prophète prononce les jugements de Dieu contre des nations païennes et en plus ennemies d’Israël Nord, l’auditoire applaudit. Mais quand Amos mentionne Juda, il se fait un grand silence dans la salle, façon de parler bien sûr, parce que ceux qui acceptent d’écouter Amos ont une certaine foi en Dieu. Or, ils savent très bien qu’aux yeux de l’Éternel, leur nation est pire que Juda. Non seulement ses habitants sont coupables des mêmes péchés religieux que le royaume frère du sud, mais en plus ils commettent des péchés horribles dans les domaines social et moral.

Comme ils savent aussi que l’Éternel est parfaitement juste et qu’il ne fait pas de favoritisme, ces auditeurs ont dû se sentir très mal à l’aise, car ils comprennent très vit que le jugement divin va tomber sur eux tout comme sur Juda. La ruine de Juda ainsi que de Jérusalem fut accomplie par les armées babyloniennes conduites par Nabuchodonosor (en 587-586 av. J-C).

Verset 6

Je continue le texte.

L’Éternel dit ceci : À cause de trois crimes d’Israël et même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt, car pour de l’argent ils vendent le juste et l’indigent pour une paire de sandales (Amos 2.6 ; Autre).

L’orage qui jusqu’à présent tournait autour, atteint enfin sa cible, Israël Nord. Amos utilise la même formule de menace que dans les sept cas précédents, mais la sentence sera plus longue.

Tant que le prophète Amos condamne les autres peuples, ses auditeurs nationalistes trouvent peut-être qu’il est bon prédicateur. Mais quand Amos pointe son doigt accusateur directement sur les péchés d’Israël Nord, alors ces mêmes gens choqués ont dû se dire : « Mais qui est cet intrus et de quel droit se mêle-t-il de nos affaires ? » C’est aussi de cette façon que réagissent certains membres d’Église quand ils écoutent le sermon du dimanche matin. Tant qu’il est vague et gentil ou formulé en termes qui ne les concernent pas de trop près, ça va. Mais ce qui compte devant Dieu, c’est comment je réagis quand la prêche me fait transpirer parce que le prédicateur mentionne des fautes dont je suis coupable.

La première accusation d’Amos est dirigée contre les riches et les magistrats parce que les premiers soudoient les seconds. A cette époque en Israël, quand un juste va plaider sa cause en justice, il se retrouve condamné à cause d’un pot-de-vin que son adversaire a versé au juge. C’est une violation flagrante d’un article de la Loi qu’on trouve plusieurs fois dans les Écritures et qui dit :

Vous ne fausserez pas le cours de la justice, vous ne ferez pas preuve de partialité envers les personnes, et vous ne vous laisserez pas corrompre par des cadeaux, car ceux-ci aveuglent même les sages et compromettent la cause des innocents (Deutéronome 16.19 ; comparez Lévitique 19.15 ; Proverbes 17.23 ; Ecclésiaste 7.7)

La deuxième accusation d’Amos est dirigée contre ceux qui exploitent honteusement les pauvres (comparez Amos 4.1 ; 5.11). En Israël, quand quelqu’un a une dette dont il ne peut s’acquitter, en dernier recours, il peut se vendre comme esclave, car la loi autorise la saisie d’un débiteur insolvable et la privation de sa liberté pour un temps et sous certaines conditions (comparez Lévitique 25.39 ; Deutéronome 15.12 ; 2Rois 4.1). Mais ici encore, les riches encore eux, se rendent coupables en abusant de la loi, car ils l’appliquent sans la moindre miséricorde et pour une dette de misère (Deutéronome 15.7-11). Rien de plus simple et bon marché en effet, qu’une sandale qui consiste en une semelle attachée au pied.

Verset 7

Je continue.

Ils convoitent jusqu’à ce que la poussière de la terre soit sur la tête du pauvre ; ils violent le droit des faibles. Le fils comme le père vont vers la même fille, c’est ainsi qu’ils m’outragent, moi qui suis saint (Amos 2.7 ; Autre).

Les oppresseurs des pauvres sont tellement cupides qu’ils ne reculent devant aucune exaction pour extorquer ceux qui sont sans défense, jusqu’à ce qu’il ne leur reste plus qu’à se jeter de la poussière sur la tête en signe de désespoir et de deuil.

Ce qui se passe en Israël est presque comparable à la Louisiane et la façon dont les jeunes filles esclaves et bien faites étaient utilisées par leur maître et ses fils dans les plantations de coton. En Israël, il s’agit d’un propriétaire qui a pris une servante comme concubine, ce qui est permis par la Loi. Par contre, il lui est formellement interdit de la partager avec quelqu’un d’autre, serait-ce son fils. Selon la Loi, une servante ou une esclave a des droits (Exode 21.7-11 ; Lévitique 18.7-8, 15 ; 20.11).

Verset 8

Je continue.

Près de chaque autel, ils s’étendent sur des vêtements pris en gage et, dans le temple de leurs dieux, ils vont boire le vin que l’on a perçu comme amende (Amos 2.8).

Les veaux d’or que les Israélites du nord adorent sont censés être des représentations visibles de l’Éternel, mais c’est quand même de l’idolâtrie. Non seulement ces gens sont coupables de ce péché, mais ils ont le plus grand mépris pour les pauvres dont ils ont pris le manteau qui leur sert aussi de couverture la nuit quand ils dorment à la belle étoile.

Selon la loi de Moïse, il est permis de prendre un vêtement en gage mais il doit être rendu à son propriétaire à la tombée de la nuit. Dans les livres de l’Exode et du Deutéronome, on lit :

Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil, car c’est là sa seule couverture ; autrement, dans quoi s’envelopperait-il pour dormir ? S’il crie vers moi, je l’écouterai, car je suis compatissant (Exode 22.25-26). Tu ne manqueras pas de le lui rapporter au coucher du soleil pour qu’il puisse s’en couvrir à son coucher en te bénissant, et l’Éternel ton Dieu considérera cela comme une marque de justice (Deutéronome 24.13).

Comme l’adoration des idoles tourne généralement en orgies et que dans ce passage il est question de vin qui a été extorqué à un pauvre métayer, Amos condamne peut-être aussi une pratique des riches propriétaires qui consiste à ne pas rendre le manteau des pauvres qu’ils ont en leur possession afin de pouvoir s’en servir comme tapis de sol sur lequel ils s’ébrouent avec les prostituées sacrées qui besognent dans les temples idolâtres. Paganisme et sexe débridé vont toujours de pair ; il n’y a qu’à voir ce qui se passe chez nous.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 08 2023

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