Chapitre 1

Verset 8

Dans beaucoup de pays d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique latine, l’entraide est une condition sine qua non de survie pour les petites gens. Par contre en Europe et dans les nations industrialisées où l’individualisme est roi ou au moins prince, on essaie le plus possible de vivre retirer sur soi et donc de se passer des autres. Mais cette attitude suffisante est plutôt un recul social parce que les êtres humains sont conçus pour coopérer et s’entre aider. Dans l’Église de Jésus-Christ, il n’y a pas de place pour les francs-tireurs, car les Écritures enseignent que nous avons besoin les uns des autres et nous devons nous serrer les coudes afin de remplir notre mandat qui est d’annoncer la Bonne Nouvelle à toute créature. Je continue de lire dans la troisième épître de Jean.

C’est donc notre devoir d’aider de tels hommes. Ainsi nous collaborerons à ce qu’ils font pour la vérité (3Jean 8).

L’apôtre, qui écrit à son ami Gaius, l’a d’abord félicité parce qu’il est toujours prêt à contribuer au soutien des prédicateurs de passage dans sa ville dans le but d’évangéliser ou d’enseigner la vérité. Maintenant, Jean étend ce devoir d’accueil et de solidarité à tout croyant. En effet, toute personne qui appartient à Jésus-Christ est automatiquement incorporée dans son armée, car faut-il le rappeler, nous sommes engagés dans un combat, une lutte sans merci contre les puissances des ténèbres. Ceux qui partent sur le front pour annoncer la Bonne Nouvelle du Sauveur ou renforcer la foi de ceux qui sont en première ligne ont besoin que l’intendance suive et que toute une logistique se mette en place pour eux et qu’elle soit efficace.

Quand j’étais militaire, on nous a envoyés en plein hiver quelque part dans le nord de l’Allemagne dans un trou perdu surnommé « la petite Sibérie ». Je fais donc mon paquetage, je vais chercher mon flingue, le sergent me met un camion entre les mains et me dit : « Tu suis la jeep qui est devant toi ». Je n’ai pas fait de provisions pour la route et je ne savais même pas ni combien de temps le voyage durerait, ni quelle serait la durée des manœuvres. Pourtant, je ne suis pas du tout inquiet parce que je sais sans l’ombre d’un doute que quelqu’un s’occupera de la bouffe et que nous aurons trois repas par jour, froids peut-être, mais quelque chose à se mettre sous la dent quand même. J’étais en mission mais pas abandonné. C’était pas le grand luxe puisqu’on a dormi dans les camions alors qu’il fait moins vingt dehors, mais tous nos besoins étaient pris en compte. Dans sa première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit :

Dites-moi : avez-vous jamais entendu parler d’un soldat servant dans une armée à ses propres frais, ou d’un vigneron qui ne mangerait pas des raisins de la vigne qu’il a plantée ? Quel berger élève un troupeau sans jamais profiter du lait de ses brebis ? (1Corinthiens 9.7).

Plus loin, Paul ajoute :

De même, le Seigneur a ordonné que ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle vivent de cette annonce de la Bonne Nouvelle (1Corinthiens 9.14).

Et dans sa première lettre à son disciple Timothée, il dit :

Les responsables qui dirigent bien l’Église méritent des honoraires doubles, notamment ceux qui se dévouent au ministère astreignant de la prédication et de l’enseignement (1Timothée 5.17).

Les disciples de Jésus-Christ doivent être prêts à aider avec leurs ressources, leur temps et leurs deniers, ceux qui sont sur le champ de mission pour annoncer ou enseigner la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ. Certains croyants s’engagent à servir le Seigneur à plein temps loin ou près et dans des capacités très variées. D’autres exercent simplement un métier séculier là où ils se trouvent, mais ils sont aussi appelés à participer à l’effort commun en priant pour les soldats qui sont en première ligne et en ouvrant leur maison et leur porte-monnaie pour les soutenir matériellement.

Que les croyants partent au loin ou qu’ils restent dans leur camp de base, ils sont tous engagés dans un même combat et appelés à œuvrer ensemble pour la vérité. Comme le dit si bien Paul aux Colossiens :

Dans tout ce que vous pouvez dire ou faire, agissez au nom du Seigneur Jésus, en remerciant Dieu le Père par lui (Colossiens 3.17).

Oui mais voilà, entre la façon dont les croyants devraient se conduire et comment ils agissent véritablement, il peut y avoir un écart considérable à cause du péché qui est encore très présent dans nos vies. C’est malheureux à dire, mais la caractéristique qui définit le mieux le cœur humain, y compris celui des croyants, est l’orgueil et cet orgueil fait que je tire la couverture à moi; moi d’abord et les autres après (Proverbes 21.4). Voilà bien ce qui pousse la plupart des gens à se désintéresser de Dieu (Deutéronome 8.14 ; Osée 13.6), à lui être infidèles (2Chroniques 26.16), ingrats (2Chroniques 32.24, 25) et à l’offenser (Proverbes 16.5). Il faut bien savoir que c’est par orgueil que Satan a cherché à s’élever au-dessus de Dieu (Ésaïe 14.12-14). C’est par orgueil que les êtres humains font grand cas de leur personne, s’exaltent eux-mêmes et veulent s’élever au-dessus des autres en occupant un poste bien en vue, une position de pouvoir et d’influence. Tous ceux qui donnent libre cours à leur orgueil entrent dans le panthéon de la honte.

Si Ève a mangé du fruit défendu c’est par orgueil, car elle veut croire le mensonge de Satan qui lui promet qu’elle possédera la sagesse de Dieu (Genèse 3.5, 6).

Après l’histoire d’Adam et Ève, la race humaine dégénère toujours davantage. Lémek descendant de Caïn est un meurtrier comme son ancêtre et le tout premier polygame (Genèse 4.19). C’est lui qui écrit le poème le plus ancien de l’histoire de l’humanité qui est parvenu jusqu’à nous, et on pourrait lui donner pour titre : « Éloge d’une arrogance meurtrière ». Je lis ce texte qui se trouve dans le chapitre 4 du livre de la Genèse :

Lémek dit à ses femmes : Ada et Tsilla, écoutez-moi bien, femmes de Lémek, et prêtez l’oreille à ce que je dis : J’ai tué un homme pour une blessure et un jeune enfant pour ma plaie. Caïn sera vengé sept fois et Lémek soixante-dix-sept fois (Genèse 4.23-24).

Après Lémek, l’humanité s’enfonce encore un peu plus dans l’infamie avec l’arrivée sur scène de Nimrod, un nom qui signifie « rebelle ». Il a l’honneur d’être le premier grand tyran qui sort de la race humaine. Décrit comme « exerçant un grand pouvoir sur la terre » (Genèse 10.8), son orgueil démesuré le propulse à la tête du premier empire que le monde a connu. Décidé de rivaliser avec Dieu, il est l’architecte de la tour de Babel, érigée en l’honneur de l’orgueil des hommes et de leur rébellion contre le Créateur (Genèse 11.1-9). C’est également Nimrod qui est l’ancêtre des hommes qui créent les empires akkadien, assyrien et babylonien (Genèse 10.10-12).

Après être devenu le grand patron du Moyen-Orient, Nabuchodonosor fait une grosse crise de mégalo-maniaquerie. Le prophète Daniel rapporte que un jour et alors qu’il se promène sur le toit de son palais de Babylone, le roi prend la parole et dit : « N’est-ce pas là Babylone la grande que moi j’ai bâtie pour en faire une résidence royale ? C’est par la grandeur de ma puissance et pour la gloire de ma majesté que j’ai fait cela » (Daniel 4.27). Mais l’Éternel n’a pas du tout apprécié l’arrogance de Nabuchodonosor, et lui a rabaissé le caquet en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Dans le texte de Daniel, on lit :

Ces paroles étaient encore sur ses lèvres, qu’une voix retentit du ciel : Roi Nabuchodonosor, écoute ce qu’on te dit : le pouvoir royal t’est retiré ! On te chassera du milieu des humains et tu vivras avec les bêtes sauvages, tu te nourriras d’herbe comme les bœufs. Tu seras dans cet état durant sept temps, jusqu’à ce que tu reconnaisses que le Très-Haut est maître de toute royauté humaine et qu’il accorde la royauté à qui il lui plaît. Au même instant, la sentence prononcée contre Nabuchodonosor fut exécutée (Daniel 4.28-30).

Dans son évangile, Luc rapporte que Jésus appelle le roi Hérode Agrippa, « un renard ». Oui, et ce renard a aussi fait le beau comme le corbeau de la fable de La Fontaine. Très prétentieux, il décide un jour de bomber la poitrine en organisant une fête en son honneur. Tandis qu’il fait un discours éloquent, ses sujets, ravis et incapables de se contenir, s’écrient : « Ce n’est plus un homme qui parle. C’est la voix d’un dieu ». Là non plus, l’Éternel n’apprécie pas car le texte dit : « Au même instant, un ange du Seigneur vint le frapper parce qu’il n’avait pas rendu à Dieu l’honneur qui lui est dû. Dévoré par les vers, il expira » (Actes 12.22-23).

La fête n’était pas censée se terminer d’une manière aussi abrupte et inattendue. Le corbeau n’a perdu qu’un fromage, mais Hérode, son plumage.

Matthieu rapporte que Jésus a très bien décrit l’esprit orgueilleux des Pharisiens quand il a dit :

Dans tout ce qu’ils font, ils agissent pour être vus des hommes. Ainsi, les petits coffrets à versets qu’ils portent pendant la prière sont plus grands que ceux des autres, et les franges de leurs manteaux plus longues. Ils affectionnent les meilleures places dans les banquets et les sièges d’honneur dans les synagogues. Ils aiment qu’on les salue sur les places publiques et qu’on les appelle “ Maître ” (Matthieu 23.5-7 ; comparez Luc 16.15 ; 30.47 ; Jean 5.44 ; 12.43).

Même les disciples de Jésus sont teintés d’ambition orgueilleuse. En effet, un jour, la mère de Jacques et Jean vient voir le Seigneur en compagnie de ses deux fils et lui demande :

Promets-moi de faire siéger l’un à ta droite, l’autre à ta gauche, dans ton royaume (Matthieu 20.21).

Cette femme qui est au service de Jésus tente ni plus ni moins que de le manipuler. Quel culot! Mais au lieu de se fâcher, le Seigneur utilise cet incident pour enseigner l’humilité. Il réunit ses disciples et leur dit :

Vous savez ce qui se passe dans les nations : les chefs politiques dominent sur leurs peuples et les grands personnages font peser sur eux leur autorité. Qu’il n’en soit pas ainsi parmi vous. Au contraire : si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur, si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup (Matthieu 20.25-28).

Le despote dont il est question dans la troisième épître de Jean est le descendant direct d’une longue lignée de dictateurs animés par le désir d’avoir la prééminence par tous les moyens. Jean a commencé sa petite lettre par ce qui est agréable à entendre. Il complimente Gaïus pour son attitude pleine d’attention à l’égard des prédicateurs itinérants et tire les enseignements appropriés de sa conduite exemplaire.

Mais brusquement le ton de la lettre change parce que Jean est obligé d’aborder le sujet épineux du moment : les méfaits d’un certain Diotrèphe. Bien plus ennuyeux qu’un cheveu sur la soupe, ce sombre personnage noircit les pages du Nouveau Testament en tant que contre exemple, ce qu’il ne faut ni être ni faire dans une assemblée chrétienne.

Verset 9

Je continue maintenant de lire le texte de 3Jean.

J’ai écrit quelques mots à l’Église, mais Diotrèphe, qui aime être le premier, ne tient aucun compte de nous (3Jean 9 ; auteur).

Tout comme Moïse est l’auteur de cinq livres de l’Ancien Testament, Jean en a également écrit cinq : l’évangile et l’Apocalypse qui portent son nom, et les trois épîtres ou lettres vers la fin du premier siècle. Si comme on le pense, ces cinq ouvrages ont été composées dans l’ordre que je viens d’indiquer, la troisième lettre de Jean est « le chant du cygne » de l’apôtre. Nous avons donc devant nos yeux les derniers mots du grand apôtre. On aurait pu penser que tant qu’il était encore en vie, tous les responsables d’église du premier siècle auraient marché droit en obéissant au doigt et à l’œil à ses exhortations tout comme le cher Gaïus, mais ce n’est évidemment pas le cas.

Le contraste entre Gaïus le juste et Diotrèphe l’impie est frappant, car ils sont aux antipodes l’un de l’autre. Alors que le premier est hospitalier et plein de grâce, l’autre est son contraire. Gaïus aime la vérité et Diotrèphe adore se regarder dans une glace, en fait du bronze poli, et il est émerveillé par ce qu’il voit car il s’aime lui-même. Il se sert de la position d’autorité qu’il a réussi à usurper, probablement par l’intimidation, pour tyranniser l’église. Jean ne réprimande pas Diotrèphe pour une hérésie mais pour son arrogance.

L’apôtre dit avoir déjà écrit une lettre à l’église, et comme il utilise le singulier, c’est qu’il parle de la même assemblée dans toute la lettre, celle dont Gaïus fait partie. Mais il ne semble pas que ce dernier soit au courant de l’existence de cette lettre bien qu’elle ait été adressée à l’assemblée dont il est l’un des responsables. Cette lettre s’est donc perdue et tout porte à croire que Diotrèphe l’a interceptée. En tout cas, Jean explique brièvement à son ami Gaïus ce qu’il en est de Diotrèphe, un nom, qui signifie « nourri de Zeus », et qui est aussi rare que Gaïus est courant. Les commentateurs pensent que Diotrèphe est un nom donné seulement à certains enfants de familles nobles. Si c’est le cas, cela explique d’où lui vient son arrogance. La description que Jean fait de Diotrèphe, à savoir que « il aime être le premier », est au cœur même du problème. En grec, cette expression est un participe composé de « aime » et « premier », « être » étant sous-entendu.  En un seul mot, Jean peint les mobiles de Diotrèphe, qui sont aussi ceux de tous les chefs de parti et de tous les fondateurs de sectes; ce sont de gros égoïstes imbus et centrés sur eux-mêmes. L’orgueil, une vaniteuse ambition, est la cause de la plupart des divisions partout et en tout.

En voulant « être le premier », Diotrèphe rejette les autres et les paroles de Jésus qui dit :

Celui qui s’élève sera abaissé (Matthieu 23.12). Beaucoup qui sont maintenant les premiers, seront les derniers (Marc 10.31).

Dans le Nouveau Testament, le mot grec pour « le premier » n’apparaît qu’ici et dans l’épître de Paul aux Colossiens (1.18) où il est question de la prééminence de Jésus-Christ parce qu’il occupe le premier rang en tout. Indirectement, Jean accuse donc Diotrèphe d’usurper la place de Jésus. C’est très grave, parce que par son ambition personnelle et le pouvoir despotique qu’il exerce au sein de l’église qu’il dirige à sa manière, Diotrèphe occupe effectivement le rôle du Seigneur qui est le seul chef de l’Église. Il n’est donc pas surprenant que Diotrèphe n’accepte pas l’autorité apostolique de Jean et qu’il ne tienne pas compte de ses paroles.

Verset 10

Je continue le texte de 3Jean.

Aussi, quand je viendrai, je rendrai les autres attentifs à sa manière d’agir : il tient de méchants propos contre nous, et, non content de cela, il refuse de recevoir les frères de passage. En plus, ceux qui seraient désireux de les accueillir, il les en empêche et les chasse de l’Église (3Jean 10).

Littéralement, Jean dit : « Je ferai souvenir de ses œuvres ». A cause de son arrogance, Jean a bien l’intention de dénoncer et reprendre publiquement Diotrèphe devant toute l’assemblée. Cependant, si sa menace est modérée et douce c’est parce que l’autorité apostolique est avant tout d’ordre morale, c’est l’autorité de la vérité seule. C’est aussi de cette manière que toute église qui suit le modèle du Nouveau Testament doit fonctionner. Dans sa première lettre à Timothée, l’apôtre Paul écrit :

Ceux qui ont péché, reprends-les devant tous, afin que cela inspire de la crainte aux autres (1Timothée 5.20).

C’est d’ailleurs ainsi que Paul à lui-même agi dans l’église de Corinthe (1Corinthiens 4.19 ; 2Corinthiens 13.1, 2). Indirectement, Jean sollicite le soutien de Gaïus qui par ses richesses et peut-être aussi par sa position sociale, est bien placé pour lancer un défi à l’autorité de Diotrèphe.

En quelques mots, Jean adresse quatre reproches à Diotrèphe. Premièrement, il s’est rendu coupable de tenir contre lui de « méchants propos ». La diffamation est l’arme préférée des politiciens et tous ceux qui cherchent à s’élever au-dessus des autres. Au lieu de gagner la confiance du peuple en manifestant un caractère vertueux, les médisants essaient de démolir la confiance accordée à d’autres qu’à eux-mêmes.

Le verbe grec rendu par « tenant de méchants propos » (fluarôn) n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament, mais un mot similaire est rendu par « parler à tort et à travers » dans la première lettre de Paul à Timothée (5.13). Les accusations malveillantes de Diotrèphe contre Jean sont perverses, fausses et diffamatoires. S’il s’attaque sauvagement à l’apôtre, c’est parce qu’il le perçoit comme une menace contre son trône, son pouvoir et son prestige au sein de l’église. C’est aussi ce qu’ont fait les faux enseignants contre Paul dans l’église de Corinthe (2Corinthiens 7.2, 3 ; 10.10 ; 11.5-7 ; 12.15 ; 13.3). Les Écritures condamnent sévèrement et de manière répétitive toute forme de calomnie et de médisance.

Deuxièmement, et comme cela a déjà été dit, Diotrèphe « refuse de recevoir les frères de passages » qui proclament pourtant la vérité de l’Évangile. Troisièmement et c’est encore pire, il « empêche » les membres de l’église qui veulent exercer l’hospitalité envers les prédicateurs itinérants en les intimidant. Quatrièmement, « il les chasse »; il met le comble à son ignominie et utilise sa position pour excommunier ceux qui osent lui tenir tête. Il va sans dire que par son comportement odieux et en refusant le gîte et le couvert aux prédicateurs, Diotrèphe freine la progression de la Parole de Dieu, mais on peut être sûr que c’est son dernier souci parce que sa devise est « diriger ou détruire ».

Ce tyran n’est rien d’autre qu’un hooligan qui utilise la religion pour défendre son turf contre ceux qu’il perçoit comme une menace pour son pouvoir. Il a l’attitude du dictateur ecclésiastique qui aime se mettre en évidence, qui refuse de servir qui que ce soit, et qui veut qu’on soit à son service avec tapis rouge et sonnerie de trompettes. Prétentieux et sûr de lui, Diotrèphe fait le beau, aime s’entendre parler et n’a besoin de personne. Il fait penser à la fable de La Fontaine de la grenouille qui « se veut faire aussi grosse que le bœuf ». Sa conduite est peut-être banale en politique mais scandaleuse dans l’Église de Jésus-Christ. On comprend aussi pourquoi Jean dit à Gaïus de ne pas se laisser intimider par ce tyran, de tenir ferme et de continuer son ministère d’hospitalité.

L’orgueil et la soif de pouvoir sont presque toujours à l’origine des conflits humains y compris dans les assemblées chrétiennes. Le plus tragique est que par crainte de la confrontation ou au nom de la tolérance, les responsables d’églises refusent souvent de prendre les mesures nécessaires à l’égard de leurs Diotrèphes. Jean par contre n’a aucune intention de se laisser marcher sur les pieds ; malgré son grand âge, il va confronter cet impie pour le bien de l’Église et pour l’honneur de Jésus-Christ.

Le responsable d’église mais aussi le musicien et celui ou celle qui a une belle voix, ainsi que tous ceux qui ont un talent quelconque, peuvent être tentés de se croire supérieurs aux autres et vouloir se hausser au-dessus d’eux. Cependant, Jésus dit :

Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur, et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous (Marc 10.43-44).