Introduction

Lorsqu’un pays souffre d’instabilité politique, les dirigeants se succèdent à la vitesse V. De plus, les changements de régime se font généralement à chaud dans un grand bain de sang. C’est en tout cas ce qui se passe dans le royaume d’Israël-Nord. Chaque nouveau despote fait table rase, éliminant systématiquement tous les membres de la famille régnante précédente. Le dernier en date qui a pris le pouvoir s’appelle Zimri et il vient tout juste d’essuyer son épée dégoulinante de sang que déjà sa dernière heure commence à sonner.

Versets 15-19

Je continue à lire dans le chapitre 16 du premier livre des Rois.

La vingt-septième année du règne d’Asa sur Juda, Zimri devint roi pour sept jours à Tirtsa. L’armée d’Israël était alors en train d’assiéger la ville philistine de Guibbetôn. Quand les soldats apprirent que Zimri avait comploté contre le roi et l’avait assassiné, ils proclamèrent aussitôt leur général Omri roi d’Israël dans le camp. Alors celui-ci et toute son armée quittèrent Guibbetôn et partirent assiéger Tirtsa. Lorsque Zimri vit que la ville était sur le point d’être prise, il se retira dans le donjon du palais royal, mit le feu au palais et périt dans l’incendie. Il mourut à cause des péchés dont il s’était rendu coupable en faisant ce que l’Éternel considère comme mal, en imitant l’exemple de Jéroboam et en entraînant le peuple d’Israël dans le même péché que lui (1Rois 16.15-19).

C’est la deuxième fois en très peu de temps que l’armée d’Israël fait le siège de Guibbetôn (1 Rois 15.27). Apprenant l’assassinat du roi précédent, les hommes de guerre marchent pendant 4 ou 5 jours pour se rendre jusqu’à Tirtsa, la capitale du royaume. La fin de Zimri me rappelle celle d’Hitler, sauf que Zimri n’a eu que 7 jours pour massacrer tout ce qui se trouvait sur sa route. Mais tout porte à penser que ces deux individus étaient de la même trempe.

Versets 21-28

Je continue plus loin en compressant.

Alors les tribus du nord se partagèrent en deux partis : une moitié du peuple se rallia à Tibni, l’autre moitié se déclara pour Omri. Les partisans de ce dernier l’emportèrent. Tibni mourut et Omri devint roi. Il régna douze ans. Il régna d’abord six ans à Tirtsa, puis il acheta la colline de Samarie ; il la fortifia et y construisit une ville, qu’il appela Samarie. Omri fit ce que l’Éternel considère comme mal ; il agit encore plus mal que tous ses prédécesseurs. Il imita en tout l’exemple de Jéroboam, il entraîna le peuple d’Israël dans le péché, en sorte qu’ils irritèrent l’Éternel leur Dieu par leur idolâtrie. Lorsqu’il rejoignit ses ancêtres décédés il fut enseveli à Samarie et son fils Achab lui succéda sur le trône (1Rois 16.21-28).

La scission et la guerre civile entre les tribus du Nord durèrent entre 4 et 6 ans. Ces événements montrent la forte instabilité politique du royaume des X tribus. Finalement, Omri qui a le soutien de l’armée triomphe et cet illustre inconnu qu’est Tibni est exécuté en bonne et due forme. L’accession au trône d’Omri marque aussi la fin des hostilités avec le royaume du Sud, une paix qui durera un siècle. Au fil du temps, Omri fonde une nouvelle capitale à 13 km à l’ouest de Sichem et qu’il appelle Samarie, du nom de l’ancien propriétaire du lieu. Cette ville est bien située; dotée d’un environnement plus fertile que Jérusalem, elle est bâtie sur une colline de 100 m d’altitude située au milieu d’une vallée riante entourée d’autres collines. Du palais du roi la vue est époustouflante; on voit Jérusalem au sud, le lac de Galilée au nord, le Jourdain à l’est, et la Méditerranée à l’ouest. Samarie restera la capitale quasi imprenable du royaume du Nord pendant deux siècles. Elle résistera pendant plusieurs années aux coups de boutoir de l’armée assyrienne, avant de tomber et d’être détruite. Des fouilles ont montré qu’Omri et son fils Achab y ont construit des édifices qui rivalisent avec ceux de Salomon. À partir d’ici, le royaume du Nord est souvent désigné par Samarie.

Au regard de l’histoire politique du royaume des X tribus, Omri est un grand roi; il fonda la nouvelle capitale et posa de solides institutions pour administrer Israël Nord. On trouve son nom ici et là, sur une stèle ou dans les annales des rois assyriens. Pourtant, l’auteur biblique ne lui consacre que quelques lignes et prononce un verdict sévère sur ce roi parce qu’il évalue son règne uniquement selon des critères spirituels, c’est à dire en fonction de sa fidélité à l’alliance et au culte de l’Éternel. Or à ce niveau, la faillite fut totale.

Versets 29-33

Je continue en compressant.

La trente-huitième année du règne d’Asa, roi de Juda, Achab, fils d’Omri, devint roi d’Israël. Il régna sur Israël à Samarie pendant vingt-deux ans et fut pire que tous ses prédécesseurs. Il épousa encore Jézabel, fille du roi des Sidoniens, et alla jusqu’à rendre un culte au dieu Baal et à se prosterner devant lui. Il construisit un temple en l’honneur de Baal à Samarie et y dressa un autel. Il érigea aussi un poteau sacré à la déesse Achéra. Par tous ses actes, il irrita l’Éternel, le Dieu d’Israël, plus que tous les rois d’Israël qui l’avaient précédé (1Rois 16.29-33).

Achab est le septième roi d’Israël depuis le règne d’Asa sur Juda. Au regard de Dieu, Achab est pire que son père Omri qui était pire que tous les rois précédents. La courbe de la fidélité de ces rois est facile à tracer; c’est la chute libre. Il faut dire que Achab a trouvé la bonne épouse pour le seconder. Le père de Jézabel est prêtre d’Astarté et il avait assassiné son frère pour se faire la main ; sa fille est non seulement sans scrupules, mais elle a aussi une passion pour faire le mal. Comme Salomon a construit un temple en l’honneur de l’Éternel, ce couple maudit en construisit un à Baal, officialisant et encourageant ainsi son culte en Israël.

L’Histoire a connu un bon nombre de couples maudits. Il y a eu par exemple Philippe 1er d’Espagne et Marie la sanglante, Henry II et Catherine de Médicis qui fut l’une des responsables du massacre de la Saint-Barthélemy. On peut la remercier pour le quart de siècle de guerre civile en France. Cependant, la palme d’or et le Grand Prix reviennent sans conteste à Achab et Jézabel. Ils forment le couple qui est en tête de la liste des pires pestes que le monde a connues. Alors que jusqu’à présent, on célébrait encore l’Éternel sous la forme des veaux d’or, avec le couple maudit, c’est Baal, un faux dieu qui lui est carrément substitué. Le royaume des X tribus se livre maintenant à un culte entièrement païen. C’est la rupture complète de l’alliance d’Israël avec l’Éternel.

Verset 34

Je finis le chapitre 16.

C’est sous son règne qu’un certain Hiel de Béthel rebâtit Jéricho. La pose des fondations coûta la vie à son fils aîné Abiram et lorsqu’on en posa les portes, son cadet Segoub mourut. Cela arriva conformément à la parole que l’Éternel avait prononcée par l’intermédiaire de Josué, fils de Noun (1Rois 16.34).

Cette notice en passant sert à rappeler que les jugements annoncés par l’Éternel s’accomplissent. Avis aux amateurs, et à Jézabel et Achab en particulier.

Chapitre 17

Verset 1

Nous arrivons au chapitre 17 où apparaît un personnage des plus pittoresques. Je commence à lire.

Un prophète nommée Élie, vint dire au roi Achab : — Aussi vrai que l’Éternel, le Dieu d’Israël que je sers, est vivant, il n’y aura ces prochaines années ni rosée ni pluie, sauf si je le demande (1Rois 17.1).

Élie signifie : « l’Éternel est mon Dieu ». C’est tout dire. Il est originaire d’un village à l’est du Jourdain. Le roi Achab et son peuple rendent un culte à l’idole Baal, le soi-disant dieu de la pluie et de la fertilité, et comptent sur son action pour leur garantir de bonnes récoltes. C’est alors que comme un éclair tombant du ciel, Élie arrive impromptu et comme un cheveu sur la soupe à la cour pour annoncer les toutes dernières nouvelles de la part du vrai Dieu. Puis il quitte la ville. Par son porte-parole, l’Éternel va prouver que c’est lui qui est l’ordonnateur de la pluie et qui assure la fertilité. Élie est le prophète choisi par l’Eternel pour lutter contre l’idole Baal qui menace le culte du vrai Dieu. Achab et Jézabel ont le souffle coupé par l’hardiesse d’Élie, au point où quand ils réagissent, c’est trop tard, le prophète a disparu.

Versets 2-7

Je continue en compressant.

Après cela l’Éternel dit à Élie : — Quitte ce lieu, va vers l’est et cache-toi dans le ravin du torrent de Kerith à l’est du Jourdain. L’eau du torrent te servira de boisson et j’ai ordonné aux corbeaux de te nourrir. Matin et soir, les corbeaux lui apportaient toute sorte de nourriture et de la viande, et il se désaltérait de l’eau du torrent. Mais au bout d’un certain temps, comme il n’y avait plus de pluie dans le pays, le torrent se dessécha (1Rois 17.2-7).

Dieu met son serviteur à l’abri et le nourrit miraculeusement, mais il devient lui aussi victime de sa prophétie. Chaque fois qu’il va boire, il s’aperçoit que le niveau de l’eau a encore baissé et il peut évaluer quand il va mourir de soif. Mais sa vie dépend-elle de l’eau du torrent ou de Dieu ? Lorsque Jésus a parlé à la femme samaritaine à côté d’un puits, il lui a dit :

Celui qui boit de cette eau aura de nouveau soif. Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Bien plus : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source intarissable qui jaillira jusque dans la vie éternelle (Jean 4.13-14).

Tout prophète qu’il est, Élie doit apprendre à se confier en Dieu et non pas à l’eau du torrent.

Versets 8-12

Je continue en compressant.

Alors l’Éternel lui adressa la parole en ces termes : — Mets-toi en route et va à Sarepta. J’ai ordonné à une veuve de là-bas de pourvoir à ta nourriture. Lorsqu’il arriva à l’entrée de la ville, il aperçut une veuve qui ramassait du bois. Il l’appela et lui dit : — S’il te plaît, va me puiser un peu d’eau dans une cruche pour que je puisse boire, apporte-moi aussi un morceau de pain. Mais elle lui répondit : — Aussi vrai que l’Éternel, ton Dieu, est vivant, je n’ai pas le moindre morceau de pain chez moi. Il me reste tout juste une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une jarre. Je vais rentrer et préparer ce qui me reste pour moi et pour mon fils. Quand nous l’aurons mangé, nous n’aurons plus qu’à attendre la mort (1Rois 17.8-12).

Sarepta est une ville phénicienne située entre Sidon et Tyr. Dieu envoie son prophète hors d’Israël où il pourra plus facilement se cacher. Il doit être nourri par une veuve ce qui est une situation paradoxale puisque les veuves et les orphelins font partie des catégories les plus démunies et ne survivent que grâce aux aumônes qui sont plus que maigres en temps de famine. Comme elle habite la frontière avec Israël, cette veuve connaît l’Éternel au moins de nom et elle discerne qu’ Elie est prophète.

Versets 13-16

Je continue en compressant.

Élie reprit : — Sois sans crainte, rentre, fais ce que tu as dit. Seulement, prépare-moi d’abord, avec ce que tu as, une petite miche de pain et apporte-la moi ; ensuite, tu en feras pour toi et pour ton fils. Car voici ce que déclare l’Éternel, le Dieu d’Israël : “ Le pot de farine ne se videra pas, et la jarre d’huile non plus, jusqu’au jour où l’Éternel fera pleuvoir sur le pays. ” La femme partit et fit ce qu’Élie lui avait demandé. Pendant longtemps, elle eut de quoi manger, elle et sa famille ainsi qu’Élie. Le pot de farine ne se vida pas et la jarre d’huile non plus (1Rois 17.13-16).

Élie invite cette veuve à faire un pas de foi géant en lui donnant tout ce qui lui reste à manger et à compter sur Dieu pour elle-même et son fils. Alors qu’Israël rend un culte à Baal et connaît la faim et la soif, cette femme païenne, en se confiant en l’Éternel, expérimente la providence divine.

Versets 17-19

Je continue.

Quelque temps après, le fils de la veuve qui avait accueilli Élie tomba malade. Le mal devint si grave qu’il cessa de respirer. Alors la mère dit au prophète : — Qu’avions-nous à faire ensemble, toi et moi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour me faire payer mes fautes et causer la mort de mon fils ? Il lui répondit : — Donne-moi ton fils ! Il le prit des bras de sa mère, le porta dans la chambre haute où il logeait et l’étendit sur son lit (1Rois 17.17-19).

La chambre haute est construite sur la terrasse de la maison. Elle sert de réserve à provisions et de chambre d’hôte. La réaction effrayée de cette veuve est classique de la part de quelqu’un qui connaît mal Dieu et qui est confronté à une tragédie. Elle reproche à Élie, un homme trop saint, d’être venu chez elle, une pauvre païenne, parce qu’il est au service d’un Dieu qui juge. L’apôtre Pierre a manifesté le même sentiment que la veuve, quand, après s’être jeté aux pieds de Jésus, il lui a dit : « – Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur (Luc 5.8). »

Versets 20-24

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 17.

Puis Élie implora l’Éternel : — Ô Éternel, mon Dieu, cette veuve m’a accueilli chez elle. Est-ce que vraiment tu lui voudrais du mal au point de faire mourir son fils ? Puis il s’allongea par trois fois de tout son long sur l’enfant et implora l’Éternel (comparez 2 Rois 4.34) : — Éternel, mon Dieu, je t’en prie, veuille faire revenir en lui le souffle de vie de cet enfant ! L’Éternel exauça la prière d’Élie : le souffle de l’enfant revint en lui et il reprit vie. Élie prit l’enfant, le descendit de la chambre haute à l’intérieur de la maison et le rendit à sa mère, en disant : — Viens voir, ton fils est vivant. Alors la femme s’écria : — Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu et que la parole de l’Éternel que tu prononces est vraie (1Rois 17.20-24).

Le souffle de vie qui avait quitté le corps de ce jeune homme revient l’habiter. C’est la première résurrection, rapportée par les Écritures, et probablement dans l’histoire du monde. La foi de la veuve a été ébranlée par la mort de son fils, mais son retour à la vie est la preuve irréfutable de la véracité de la parole de l’Éternel et de l’authenticité du ministère d’Élie. La confession de foi de cette femme païenne contraste nettement avec le paganisme d’Israël, le soi-disant peuple de Dieu. Évidemment, les commentateurs d’obédience libérale prétendent que le jeune homme était seulement dans le coma ou que les moyens de la médecine moderne l’auraient ramené à la conscience. Oui, sauf que d’après le texte hébreu, il était d’abord malade, puis il est mort de sa maladie. L’Éternel a exaucé la prière de Élie mais seulement après beaucoup d’effort de sa part, ce qui contraste avec la manière calme et assurée de Jésus quand il a ressuscité Lazare ou le fils d’une veuve de Naïn (Luc 7.14).

Chapitre 18

Versets 1-2

Nous arrivons au chapitre 18 qui est probablement le plu spectaculaire des Textes Sacrés. Il continue l’histoire du prophète Élie qui va maintenant confronter et affronter les prêtres idolâtres d’Israël. Je commence à lire en compressant.

Bien des jours s’écoulèrent. Au cours de la troisième année de sécheresse, l’Éternel adressa la parole à Élie en ces termes : — Va trouver Achab, et je ferai pleuvoir sur ce pays (1Rois 18.1).

On sait d’après le Nouveau Testament que cette sécheresse dura 3 ans et 6 mois. Comme Élie avait dit à Achab que la pluie ne tomberait qu’en réponse à sa parole, il doit se présenter en personne devant lui, afin que Achab n’attribue pas le retour des pluies au hasard ou à Baal.

Versets 3-8

Je continue.

Achab avait convoqué Abdias, l’intendant de son palais. Celui-ci révérait l’Éternel : lorsque la reine Jézabel avait voulu exterminer tous les prophètes de l’Éternel, Abdias avait sauvé cent d’entre eux en les cachant en deux groupes de cinquante dans des grottes et en leur procurant à manger et à boire. Achab avait ordonné à Abdias : — Va, parcours le pays à la recherche de toute source d’eau et de tout fond de torrent ; peut-être découvrirons-nous assez d’herbe pour maintenir en vie nos chevaux et nos mulets sans être obligés d’abattre une partie de notre bétail. Ils se répartirent le pays à parcourir. Achab partit seul de son côté, et Abdias prit une autre direction. Alors qu’Abdias était en chemin, Élie arriva à sa rencontre. Abdias le reconnut et s’inclina face contre terre devant lui en demandant : — Est-ce bien toi, mon seigneur Élie ? — C’est moi-même, lui répondit-il. Va dire à ton maître que j’arrive (1Rois 18.3-8).

Selon les annales du roi assyrien Salmanasar III, Achab disposait de 2 000 chars de guerre tirés par 4 000 chevaux. Sa puissance militaire est donc gravement menacée par la famine qui vient d’atteindre une phase critique ; le bétail n’a plus rien à manger car l’herbe a disparu. Le roi s’engage alors personnellement dans la recherche de nourriture pour ses bêtes, sans songer un instant à changer d’attitude et à implorer l’Éternel. Abdias cachait les prophètes dans les nombreuses cavernes, plus de deux mille, du mont Carmel. On peut se demander comment Abdias qui a foi en l’Éternel a pu garder son poste dans une cour idolâtre. C’est que parfois, les pires impies s’entourent d’hommes pieux parce qu’ils savent qu’ils sont dignes de confiance et ne vont pas vous poignarder dans le dos.

Versets 9-16

Je continue en compressant.

— Oh ! répliqua Abdias, par quel péché ai-je mérité que tu me fasses mettre à mort par la main d’Achab ? Je t’assure qu’il n’y a pas une nation ni un royaume où mon maître ne t’ait pas fait chercher ; et quand les représentants de ces pays disaient que tu n’étais pas chez eux, il les faisait jurer qu’on ne t’avait pas trouvé. Et maintenant, tu me demandes d’aller annoncer à mon seigneur que tu arrives. Mais, à peine t’aurai-je quitté que l’Esprit de l’Éternel te transportera je ne sais où ; moi, j’irai t’annoncer à Achab, mais il ne te trouvera plus et c’est moi qu’il tuera. Élie lui dit : — Aussi vrai que l’Éternel, le Seigneur des armées célestes, au service duquel je me tiens, est vivant, je t’assure que je me présenterai aujourd’hui même devant Achab. Abdias courut donc rejoindre Achab et lui annonça la chose (1Rois 18.9-16).

La rencontre impromptue d’Élie fait présager au pauvre Abdias que sa dernière heure vient de sonner et il sent déjà son cou raccourcir. Mais Élie lui jure qu’il ne va pas disparaître par enchantement comme il le fait d’habitude. « Le Seigneur des armées célestes » est un titre fréquent pour l’Éternel dans les livres de Samuel. C’est ici la première fois qu’il apparaît dans les livres des Rois

Versets 17-18

Je continue.

Alors Achab vint à la rencontre d’Élie. Lorsqu’il l’aperçut, il lui cria : — Te voilà, toi qui sèmes le malheur en Israël ! Élie lui répondit : — Ce n’est pas moi qui sème le malheur en Israël, mais c’est toi et la famille de ton père, puisque vous avez refusé d’obéir aux commandements de l’Éternel, et que tu t’es rallié au culte des dieux Baals (1Rois 18.17-18).

Baal est la principale divinité de la religion naturiste cananéenne et la prostitution sacrée est vu sous l’angle d’un rite magique permettant d’obtenir la fertilité du sol. La famine est l’un des fléaux prévus par la Loi de Moïse pour punir Israël s’il se rebelle contre l’Éternel et en particulier en cas d’idolâtrie. Mais moi, dans tout ça, ce qui me chiffonne c’est que Dieu tarde à intervenir. Il a promis de juger les mauvais rois et il aurait évidemment pu les éliminer avant même leur couronnement, mais il ne l’a pas fait. L’apôtre Pierre répond à cette interrogation quand il écrit :

Le Seigneur n’est pas en retard pour accomplir sa promesse, comme certains se l’imaginent ; il est seulement très patient à votre égard, car il ne veut pas qu’un seul périsse : il voudrait, au contraire, que tous parviennent à la repentance (2Pierre 3.9).

C’est vrai qu’à y réfléchir, même si je ne suis pas aussi coupable qu’Achab, je le suis quand même et il est patient avec moi, en me donnant toujours l’occasion de repartir à zéro avec lui grâce au pardon qu’il accorde généreusement à tous ceux qui l’invoquent.