Chapitre 4

Verset 15

Du temps où avec les copains je gambadais dans la campagne avec un lance-pierres, et qu’on chassait les oiseaux ou les lézards, il arrivait qu’une des lanières de l’engin me pète dans les doigts et ça faisait très mal. C’est un peu comme le boomerang qui revient en pleine figure, il fallait pas le lancer. Un peu dans le même ordre d’idée, si je vole une bagnole et que je me retrouve dans le panier à salade, je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même. Je continue de lire dans le chapitre quatre de la première épître de Pierre.

Qu’aucun de vous n’ait à endurer une punition parce qu’il aurait tué, volé ou comme malfaiteur, ou encore parce qu’il se serait mêlé des affaires d’autrui (1Pierre 4.15 ; Autre).

Dans le monde antique, le meurtre et le vol sont des délits graves et celui qui se rend coupable d’un méfait quelconque ne peut pas se plaindre du châtiment qu’il reçoit. Cette règle vaut pour tous ceux qui souffrent comme « malfaiteur » (kakopoios), un mot qui inclut tous les délits. Pierre enseigne ici que la persécution n’est pas une excuse pour faire fi de la loi. Il a déjà dit que les croyants ne doivent pas se venger (3.9) et complète ici cette idée en ajoutant que nul ne doit répondre à la violence verbale ou physique par le meurtre. C’est exactement ce dont Moïse s’est rendu coupable (Exode 2.12) et il en a pâti pendant quarante ans. Il ne faut pas non plus compenser la confiscation de ses biens par le vol ; peu importe l’exaction, le croyant ne doit pas réagir d’une façon qui le mette hors la loi (comparez 2.19 ; 3.17).

Enfin, nul ne doit mettre son nez dans des affaires qui ne le regardent pas. Il est notable que Pierre mette dans le même sac le meurtre et les commérages. Mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, cet homme est entier ; pour lui il n’y a pas de petites fautes et tous les péchés, qu’on les considère grands ou petits, privent le croyant de la consolation et du soutien du Saint-Esprit.

L’expression « se mêler des affaires d’autrui » (allotriepiskopos) n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament et veut littéralement dire « qui se mêle à des choses étrangères à son appel ». En d’autres mots, il s’agit d’un agitateur, un fauteur de trouble. Dans ses deux épîtres aux Thessaloniciens, l’apôtre Paul écrit :

Nous vous invitons, frères, à faire toujours plus de progrès en mettant votre point d’honneur à vivre dans la paix, à vous occuper chacun de ses propres affaires, et à gagner votre vie par votre propre travail, comme nous vous l’avons déjà recommandé (1Thessaloniciens 4.10, 11). Or, nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée : ils ne travaillent pas et se mêlent des affaires des autres. Nous invitons ces personnes-là à suivre la recommandation suivante : au nom du Seigneur Jésus-Christ, travaillez dans la paix et gagnez vous-mêmes votre pain (2Thessaloniciens 3.11-12).

À lire les Écritures, on est convaincu que les auteurs sacrés voient d’un très mauvais œil tout activisme politique ou désordre civil et on peut affirmer sans se tromper qu’ils n’auraient jamais participé à une manifestation quelconque.

Pierre, qui pourtant parle à des croyants, balaie très large, ce qui semble indiquer que dans leur ferveur pour la vérité, certains disciples font de l’excès de zèle et dépassent les bornes, ce qui leur vaut des ennuis avec les autorités.

Verset 16

Je continue le texte.

Mais si quelqu’un souffre parce qu’il est chrétien, qu’il n’en éprouve aucune honte ; qu’il fasse, au contraire, honneur à Dieu en se montrant digne de ce nom (1Pierre 4.16).

Il n’y a évidemment aucune honte à souffrir parce qu’on est chrétien, au contraire, ce nom doit être une source de louanges à Dieu puisque celui qui le porte participe aux bénédictions du salut et peut s’attendre à l’assistance du Saint-Esprit. Tous les auteurs sacrés enseignent que c’est un honneur et un privilège de souffrir pour le Seigneur.

Le mot « chrétien » (christianos) n’est utilisé que trois fois dans le Nouveau Testament (Actes 11.26 ; 26.28) et certains pensent que c’est un sobriquet et une insulte que les incrédules lancent à la figure des croyants. Cependant, il se peut aussi que ce soit le suffixe latin « ianus » qui ait été accolé au nom grec « Christ » avec le sens : « partisan de ». Ou alors, il s’agit de la coutume romaine de l’adoption qui veut que l’adopté prenne le nom de sa nouvelle famille, suivi du suffixe « ianus ». C’est ainsi que quelqu’un adopté par la famille « Domitius » s’appelait alors « Domitianus ». Il est donc possible que les chrétiens se soient eux-mêmes donnés ce nom, signifiant par là qu’ils ont été adoptés par la famille de Jésus-Christ.

Verset 17

Je continue.

Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il débute, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? (1Pierre 4.17).

Pierre a déjà décrit les persécutions que subissent ses lecteurs comme des épreuves qui authentifient leur foi et la raffinent comme l’or dans un creuset (1.6-7). Il reprend cette idée et ajoute que les souffrances sont aussi une sentence disciplinaire qui purifie ceux qui font partie de la maison de Dieu, c’est à dire de son peuple. Même les vicissitudes de la vie sont un acte des soins constants de Dieu et de sa grâce bien que du point de vue humain, elles peuvent être pénibles à supporter. Les croyants ne sont pas exempts des mesures disciplinaires divines qui sont soit dues à leurs péchés, soit pour épurer et raffiner leur foi et leur marche chrétienne. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Supportez vos souffrances : elles servent à vous corriger. C’est en fils que Dieu vous traite. Quel est le fils que son père ne corrige pas ? (Hébreux 12.7).

Si les croyants ont besoin de passer par la fournaise d’un jugement, que va-t-il arriver aux incrédules ? (comparez Apocalypse 20.11-15 ; Matthieu 7.21-23 ; 25.44-46). Les persécutions que Dieu permet ou plutôt planifie anticipent le jugement final de toute l’humanité. Cependant, Pierre fait une nette différence entre les persécuteurs et les persécutés, tout comme l’apôtre Paul quand il écrit aux Romains et dans sa première épître aux Corinthiens :

Maintenant donc, il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ (Romains 8.1). Mais les jugements du Seigneur ont pour but de nous corriger afin que nous ne soyons pas condamnés avec le reste du monde (1Corinthiens 11.32).

Le jugement des croyants commence ici-bas et se poursuit même dans l’au-delà, puisqu’ils subiront une évaluation minutieuse de leur vie sur terre. Ce ne sera pas un examen de passage dans le royaume des cieux puisqu’ils l’ont déjà réussi quand ils ont placé leur confiance en Jésus, mais ce sera une scrutation détaillée en vue d’obtenir ou pas certaines récompenses, un peu comme quand, à la suite d’un examen, on reçoit un accessit, une appréciation ou les félicitations du jury. Dans sa seconde épître aux Corinthiens, Paul écrit :

Nous aurons tous à comparaître devant le tribunal du Christ, et chacun recevra ce qui lui revient selon les actes, bons ou mauvais, qu’il aura accomplis par son corps (2Corinthiens 5.10).

Verset 18

Je continue le texte.

Et si le juste est sauvé difficilement, que deviendra celui qui est impie et pécheur ? (1Pierre 4.18).

Pierre cite un proverbe selon l’ancienne version grecque (Proverbes 11.31). « Le juste est sauvé difficilement » à cause des exigences de Dieu. En d’autres mots, les croyants s’en tirent à peine ; chacun d’eux est comme une braise retirée du feu. Nul ne pénètre dans le royaume des cieux sur un tapis rouge par le grand portail de devant, mais en rampant à plat ventre par la petite porte de derrière. Les croyants persécutés n’entreront dans le royaume qu’après être passés par le feu de la purification divine.

Jésus a prévenu ses disciples que comme lui, ils auraient des tribulations dans ce monde, qu’ils seraient persécutés et même mis à mort (Jean 16.2, 3, 33. Matthieu 10.24, 25). Le Seigneur a souffert depuis sa naissance, parce qu’il était immergé dans un monde pécheur et qu’il s’était volontairement placé sous la malédiction de Dieu afin de porter les péchés de tous les hommes de tous les temps. C’est à grand-peine que Jésus a racheté l’humanité et c’est avec beaucoup de difficultés que les croyants persévèrent jusqu’à la gloire finale. Alors comment peut-on penser que l’impie qui n’a jamais reçu le pardon de ses fautes, trouvera bien une petite place dans un petit coin de paradis puisque selon la plupart des gens, Dieu n’est jamais qu’un gros cœur qui vibre et pardonne ? Au contraire, dans sa seconde épître aux Thessaloniciens, Paul écrit :

Ici se laisse voir le juste jugement de Dieu qui désire vous trouver dignes de son royaume pour lequel vous souffrez. En effet, il est juste aux yeux de Dieu de rendre la souffrance à ceux qui vous font souffrir, et de vous accorder, à vous qui souffrez, du repos avec nous. Cela se produira lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du haut du ciel, avec ses anges puissants et dans une flamme. Ce jour-là, il punira comme ils le méritent ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la présence du Seigneur et de sa puissance glorieuse (2Thessaloniciens 1.5-9).

Verset 19

Je finis de lire le chapitre quatre de la première épître de Pierre.

Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu, remettent leur âme au fidèle Créateur en faisant le bien (1Pierre 4.19).

Le mot « Ainsi » confronte le lecteur à son devoir de faire confiance au Seigneur alors qu’il se trouve dans une situation dramatique et douloureuse. Les lecteurs de Pierre peuvent être certain qu’ils sont appelés à souffrir selon la volonté de Dieu puisqu’ils sont persécutés à cause du nom de Jésus. Ils peuvent aussi compter sur le réconfort du Saint-Esprit.

Tout comme « Jésus a remis sa juste cause entre les mains du juste Juge » (2.23), le croyant qui est dans la fournaise des persécutions doit confier sa plus grande possession, c’est-à-dire « remettre son âme au fidèle Créateur en faisant ce qui est bien ». Le mot pour « remettent » (paratithesthôsan) fait partie du jargon bancaire de l’époque et veut dire « déposer, confier de l’argent à quelqu’un ou à une institution financière ». Luc rapporte que Jésus a utilisé le même mot sur la croix quand il a dit :

Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc 23.46).

Qui est une citation du psaume 31 (v 5 ou 6) dont la récitation était le dernier acte pieux de la journée d’un Juif pratiquant.

Pierre désire que ses lecteurs gardent à l’esprit que c’est « au fidèle Créateur » qu’ils confient leur âme. C’est ici la seule fois dans le Nouveau Testament que Dieu est appelé « Créateur ». Le Tout-Puissant qui est l’Architecte de tout ce qui existe accomplit les objectifs qu’il a prédéterminés. Il sait ce qu’il fait et est donc entièrement digne de confiance.

Tous les croyants qui sont passés par la souffrance savent ce que c’est que de remettre son âme à Dieu. Quand l’apôtre Paul a placé sa confiance en Jésus, il a tout remis entre ses mains. Aux Philippiens, il écrit :

Moi, circoncis le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d’Hébreux ; quant à la loi, pharisien ; quant au zèle, persécuteur de l’Église ; irréprochable, à l’égard de la justice de la loi. Ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ (Philippiens 3.5-8 ; LSG).

Et quand il moisit dans une prison, attendant d’être exécuté, dans sa seconde lettre à Timothée, Paul dit :

Je n’ai pas honte de mes souffrances présentes, car je sais en qui j’ai mis ma confiance et j’ai la ferme conviction qu’il est assez puissant pour garder tout ce que je lui ai confié jusqu’au jour du jugement (2Timothée 1.12 ; Autre).

Peut-être possédez-vous des documents importants et des objets de valeur que vous avez déposés dans un coffre à la banque. Quand vous allez vous endormir, vous n’y pensez pas et ça ne vous tient pas en souci parce que vos biens sont en sécurité. Quand je dors ou que je suis engagé dans une activité quelconque, je ne pense pas à mon âme parce que j’ai déjà fait le nécessaire. Peut-être que je mourrai paisiblement dans mon sommeil ou violemment dans un accident d’avion ou soudainement d’une embolie pulmonaire. Je n’en ai aucune idée. Mais comme j’ai déjà fait tous les préparatifs pour l’au-delà et que mes valises sont bouclées pour ainsi dire, je suis prêt à partir à tout instant et je n’ai pas d’inquiétude à ce sujet. Comme l’apôtre Paul, je peux dire : « Je sais en qui j’ai mis ma confiance et j’ai la ferme conviction qu’il (s’occupe de tout) », peut-on dire.

Certaines publicités vous encouragent à préparer votre retraite afin que vous puissiez passer la dernière partie de votre vie dans le confort et à faire ce que vous voulez. Oui, mais, et après ? D’autres pubs essaient de vous vendre d’avance votre costume en sapin ou une place au cimetière et de s’occuper de vos funérailles. Vous pouvez choisir le cercueil dernier cri habillé de soie, le lieu exact de votre dernière demeure, l’urne qui contiendra vos cendres ou la pierre tombale qui ornera l’endroit où reposera votre dépouille avec une inscription de préférence en latin parce que ça en jette. Vous pouvez aussi préparer vous-même tous les détails de la cérémonie, écrire le discours du prêtre ou du pasteur, et choisir le requiem qui haussera le sérieux de l’occasion. Ainsi, votre départ de ce monde se fera en grande pompe et on se souviendra combien vous étiez apprécié de tous ceux qui ont eu l’immense privilège de vous connaître. Ce genre de vanité me fait sourire, mais en fait elle est pitoyable parce que selon l’optique que je viens de décrire, le trou dans le cimetière ou les cendres dans l’urne signifient la fin des fins. Grossière erreur !, car après la retraite et après l’enterrement de première classe, il y a encore un autre « après ». L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après (quoi) vient le jugement (Hébreux 9.27).

Voilà le rendez-vous impossible à manquer et pour lequel il faut se préparer.

Chapitre 5

Introduction

Nous arrivons au chapitre cinq de cette première épître où Pierre énumère de nouvelles responsabilités à l’intérieur de l’Église, dans le contexte difficile des persécutions présentes et à venir. L’apôtre commence par dire aux responsables d’églises comment agir avec les croyants, croyants qu’il assimile à un troupeau de brebis. Ce n’est pas par hasard qu’il fait ce rapprochement car les comportements de la brebis ou du mouton, et de l’homme ont bien des points semblables.

Il faut en effet savoir que les brebis sont tout à fait incapables de prendre soin d’elles-mêmes ; plus que tout autre type d’animal, elles demandent une attention constante. Les animaux disposent d’un instinct, une sorte de boussole biologique d’une très grande efficacité qui leur permet de retrouver leur chemin, mais quand une brebis s’égare, ce qui ne manque pas d’arriver, elle n’a aucun sens de l’orientation qui lui permet de retrouver son enclos et de rejoindre le troupeau. Elle est perdue pour de bon et commence à brailler ce qui bien sûr suscite l’attention des prédateurs des environs.

Jésus a illustré cette vérité avec la parabole du berger qui possède cent brebis et qui en perd une. Les brebis dépendent entièrement de leur berger pour les guider, nourrir, protéger, et pour les préserver du danger. Les brebis passent le plus clair de leur temps à brouter, mais quand elles s’égarent, elles ne peuvent pas trouver la nourriture et l’eau dont elles ont besoin. Elles dévoreront alors n’importe quoi sans faire la différence entre les plantes comestibles et toxiques. Et en plus, les brebis sont de nature délicate, il faut que leur eau soit à la bonne température, propre, claire et tranquille. Dans le célèbre psaume 23, le roi David écrit :

L’Éternel est mon berger. Je ne manquerai de rien. Grâce à lui, je me repose dans des prairies verdoyantes, et c’est lui qui me conduit au bord des eaux calmes. Il […] me mène pas à pas sur le droit chemin. Si je devais traverser la vallée où règnent les ténèbres de la mort, je ne craindrais aucun mal, car tu es auprès de moi : ta houlette me conduit et ton bâton me protège (Psaumes 23.1-4).

Ce n’est pas tout, car la brebis est également incapable de se nettoyer. Sa peau sécrète une grande quantité de suint, un produit gras qui se mélange à la laine et sur lequel vient se coller la poussière, l’herbe et tous les débris qui traînent. Les accumulations de saletés sous leur queue peuvent les empêcher de faire leurs besoins, ce qui menace leur vie. Il faut donc que le berger les brosse régulièrement afin de les soulager de tout ce qui s’agglutine à leur peau. Comme les brebis ne sont pas agressives et qu’elles ne sont pas équipées pour se battre, elles ne disposent d’aucune défense face à un prédateur sinon la fuite mais elles sont tellement lentes que c’est un jeu d’enfant pour le carnassier de la rattraper et de la dévorer. C’est ce qui est arrivé à la chèvre de M. Seguin, une poésie que j’ai dû apprendre par cœur. Le seul salut des brebis attaquées est le berger qui veille et leur porte secours. C’était l’occupation du jeune David adolescent. Quand il gardait les troupeaux de son père et qu’un lion ou un ours survenait pour emporter un mouton, dans le premier livre de Samuel, David dit : « je courais après lui, je l’attaquais et j’arrachais la bête de sa gueule ; et si le fauve se dressait contre moi, je le prenais par son poil et je le frappais jusqu’à ce qu’il soit mort » (1Samuel 17.34-35).

Le prophète Ésaïe compare l’humanité perdue à des brebis égarées quand il écrit :

Nous étions tous errants, pareils à des brebis, chacun de nous allait par son propre chemin (Ésaïe 53.6).

Il n’est pas étonnant que Jésus ait comparé les foules désorientées, confuses, et spirituellement égarées à des brebis. Dans les évangiles selon Matthieu et Luc, on lit :

En voyant les foules, il (Jésus) fut pris de pitié pour elles, car ces gens étaient inquiets et abattus, comme des brebis sans berger (Matthieu 9.36). Quand Jésus descendit de la barque, il vit une foule nombreuse. Il fut pris de pitié pour eux parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger ; alors il se mit à enseigner longuement (Marc 6.34).

Pour les gens du premier siècle qui vivent essentiellement de l’agriculture et de l’élevage, les images qui évoquent les brebis, les moutons et les bergers, leur sont familières. Pour cette raison, Pierre appelle les croyants « le troupeau de Dieu » et ordonne aux responsables d’Église d’être des pasteurs dignes de ce nom qui s’occupent du troupeau. Car tout comme les brebis, les croyants ont tendance à s’égarer, à se couvrir de saletés, c’est à dire de péchés. Ils sont naïfs, sans défense et donc facilement vulnérables quand ils s’égarent de leur troupeau. Voilà pourquoi ils ont besoin de l’assistance de pasteurs fidèles. Quand Pierre écrit ces lignes, l’Église subit déjà des persécutions et comme celles-ci vont aller en s’amplifiant, le troupeau en proie à ces violentes attaques est très vulnérable, ce qui nécessite une très grande attention de la part de bergers qui soient forts, consacrés et capables de guider les brebis dans la tourmente.