Verset 5

Ma fille aînée aime peindre ce qu’on appelle des natures mortes : un pot, des fruits, enfin tout ce qui est sans vie et ne bouge pas. Or, il me semble qu’il n’y a rien de plus inerte qu’un caillou. Pourtant, l’apôtre Pierre utilise l’expression « pierre vivante » qui est une contradiction de termes, sauf qu’il se place selon une perspective spirituelle. Je continue de lire dans le second chapitre de la première épître de Pierre.

(Jésus est la pierre vivante… Approchez-vous donc de lui), et puisque vous êtes-vous aussi des pierres vivantes, édifiez-vous pour former un temple spirituel et pour constituer un groupe de prêtres consacrés à Dieu, chargés de lui offrir des sacrifices spirituels qu’il pourra accepter favorablement par Jésus-Christ (1Pierre 2.5).

Matthieu rapporte que Jésus a dit à Pierre :

Tu es une pierre et sur ce roc je bâtirai mon Église (Matthieu 16.18 ; Autre).

Ce passage a fait couler beaucoup d’encre, mais ici, Pierre nous donne la réponse puisqu’il identifie clairement Jésus-Christ comme le roc sur lequel l’Église universelle est bâtie. En fait, Jésus-Christ est à la fois le fondement sur lequel est construite l’Église et la clef de voûte de tout l’édifice (1Corinthiens 3:11 ; Éphésiens 4:11-13). L’apôtre Paul dit la même chose que Pierre quand il écrit aux Éphésiens :

Vous n’êtes plus des étrangers ou des résidents temporaires, vous êtes concitoyens des membres du peuple de Dieu, vous faites partie de la famille de Dieu. Dieu vous a intégrés à l’édifice qu’il construit sur le fondement que sont les apôtres, ses prophètes, et dont Jésus-Christ lui-même est la pierre principale. En lui toute la construction s’élève, bien coordonnée, afin d’être un temple saint dans le Seigneur, et, unis au Christ, vous avez été intégrés ensemble à cette construction pour former une demeure où Dieu habite par l’Esprit (Éphésiens 2.19-22 ; comparez Hébreux 3.6).

Paul appelle l’Église, un temple (comparez 1Corinthiens 3.16), une demeure ou habitation.

Le temple de l’Ancienne Alliance symbolise la présence de Dieu mais c’est un édifice temporel, matériel construit en pierres de taille (Luc 21.5 ; Jean 2.20), tandis que sous la Nouvelle Alliance, ce sont les croyants eux-mêmes qui forment la maison spirituelle de Dieu. Celle-ci est construite avec des « pierres vivantes » qui ensemble constituent le peuple et la famille de Dieu (1Timothée 3.15).

Les croyants sont joints à Jésus-Christ en tant qu’éléments d’une structure spirituelle dont lui, Jésus, est la pièce maîtresse. Ils deviennent ainsi participants de la nature divine. Tous ceux qui viennent à Jésus en tant que pécheurs et qui implorent sa grâce, sont sauvés et intégrés d’office à l’édifice de Dieu qui est l’Église universelle.

Dans ce temple spirituel qui est la communauté chrétienne mondiale, les croyants sont comme les prêtres de l’Ancien Testament, ils n’ont pas besoin de médiateurs autres que Jésus pour s’approcher directement de Dieu et lui offrir des sacrifices, sauf qu’au lieu d’animaux, ils offrent des « sacrifices spirituels », une expression qui signifie « les louanges du peuple de Dieu » (Hébreux 13.15) et plus particulièrement la « célébration de ses œuvres merveilleuses » (v. 9). Mais après avoir rendu des actions de grâces et dit sa reconnaissance à Dieu, le croyant est aussi tenu d’intercéder pour lui-même et pour les autres.

Au début du 5e siècle de notre ère, un certain Jean fut surnommé Chrysostome, ce qui signifie « bouche d’or », à cause de la puissance de ses prédications. Père de l’Église et nommé archevêque de Constantinople (Istanbul), c’est aussi un homme de prière. Il dit :

La puissance de la prière a dompté la fureur des incendies ; calmé la rage des lions ; fait taire la clameur de l’anarchie ; éteint des conflits ; apaisé les éléments ; chassé les démons ; brisé les chaînes de la mort ; élargi les portes du ciel, calmé les maladies, éradiqué la fraude, sauvé des cités de la destruction, arrêté le soleil dans sa course et stoppé le vol de l’éclair. La prière est un arsenal complet, un trésor intarissable, une mine inépuisable, un ciel toujours lumineux, un firmament que ne trouble jamais le moindre orage. C’est la maîtresse racine, la source jaillissante, la mère de milliers de bénédictions (cité à la fin du commentaire de MacArthur sur 1Pierre 2.5).

Le premier des sacrifices spirituels que le croyant doit offrir à Dieu est la consécration totale de soi (Romains 12.1), ensuite la louange, puis après la prière vient le service chrétien (Romains 15.16 ; Philippiens 2.17 ; 4.18 ; Hébreux 13.15), la bienfaisance, la libéralité et l’entraide (Romains 12.13 ; Galates 6.10 ; Tite 3.14 ; Hébreux 13.2, 16 ; 3Jean 5-8) mais pas nécessairement dans cet ordre.

Verset 6

Je continue le chapitre deux de l’épître.

Voici, en effet, ce qu’on trouve dans l’Écriture à ce sujet : J’ai choisi une pierre de grande valeur et je la pose en Sion à l’angle de l’édifice. Celui qui met sa confiance en elle ne connaîtra jamais le déshonneur (1Pierre 2.6).

Pierre cite un texte du prophète Ésaïe (28.16) selon l’ancienne version grecque. Littéralement, il dit :

Je place en Sion une pierre choisie comme fondation d’angle, précieuse.

L’expression « pierre choisie » d’Ésaïe est particulièrement judicieuse parce qu’elle se réfère à la construction du Temple de Salomon qui fut assemblé comme un gigantesque puzzle, puisque les pierres étaient taillées d’avance aux dimensions exactes dans les carrières, puis acheminées sur place et emboîtées les unes dans les autres. Dans le premier livre des Rois, on lit :

Lorsqu’on édifia le Temple, on n’employa que des pierres déjà entièrement taillées, de sorte que, pendant la construction, on n’entendit aucun bruit de marteau, de pic ou d’autre instrument de fer dans le Temple (1Rois 6.7).

C’est par respect pour Dieu que le travail s’est fait ainsi, en silence. Dans l’antiquité, on pose la pierre d’angle qui sert d’assise et de référence à l’ensemble de la construction. Aujourd’hui on fait pareil, mais ce sont des fondations en béton banché qui soutiennent des moellons.

Dans l’Ancien Testament, le mot « Sion » est très fréquent et désigne l’aspect spirituel et glorieux de la ville de Jérusalem. Dans le Nouveau Testament, « Sion » symbolise la Nouvelle Alliance et les bénédictions célestes, tandis que le mont Sinaï sur lequel fut donnée la Loi, représente l’Ancienne Alliance, la servitude et le jugement (Galates 4.24, 25 ; Hébreux 12.18-23).

Jésus est la pierre « à l’angle de l’édifice », le soutien visible sur lequel tout le bâtiment, c’est-à-dire l’Église universelle s’appuie pour sa stabilité. Tout comme une construction repose sur sa pierre angulaire ou de nos jours, sur des fondations, celui qui place sa foi et son espérance en Jésus obtient le salut ce qui le rend ferme et stable, et Dieu lui promet qu’il « ne connaîtra jamais le déshonneur », c’est-à-dire qu’il ne sera jamais déçu, confus, parce qu’il a trouvé la Vérité.

En grec, Pierre utilise une double négation (ou mê), ce qui indique une affirmation négative très énergique. C’est comme si l’apôtre disait : « Celui qui met sa confiance en cette pierre vivante, jamais, au grand jamais, ne connaîtra le déshonneur.

Un cantique latin du 7e siècle qui paraphrase le verset six du second chapitre de cette épître dit :

Christ est une fondation sûre ; Christ, chef et pierre angulaire, choisie et précieuse, unissant l’Église en un seul corps ; le secours éternel de Sion, et son seul appui (cité par MacArthur dans son commentaire sur 1Pierre 2.6).

Versets 7-8

Je continue le texte.

Pour vous donc qui croyez : l’honneur ! Mais pour ceux qui ne croient pas : La pierre rejetée par les constructeurs est devenue la pierre principale, à l’angle de l’édifice, une pierre qui fait tomber, un rocher qui fait trébucher. Parce qu’ils refusent de croire à la Parole, il leur arrive ce qui était prévu pour eux : ils tombent à cause de cette pierre (1Pierre 2.7-8).

Pierre cite ici bout à bout, deux passages de l’Ancien Testament, l’un tiré du psaume 118 (22) et l’autre du prophète Ésaïe (8.14). Ces deux versets créent un contraste saisissant entre ceux qui placent leur confiance en Jésus et ceux qui le rejettent ou lui sont indifférents. Pour les premiers, Jésus est précieux, car il est « une pierre vivante d’une valeur inestimable ». Mais pour les seconds, il est la pierre qui les fait d’abord « tomber » pour ensuite les écraser par son jugement. C’est ce qui arriva aux chefs religieux juifs à qui Jésus cita une partie du psaume 118 (v. 7 ; comparez Matthieu 21.42).

Selon la prophétie d’Ésaïe que rappelle Pierre, la Parole de Dieu et Jésus-Christ désignent la seconde personne de la Trinité. C’est d’ailleurs aussi ce que dit l’apôtre Jean quand il écrit :

Au commencement était la Parole. […] La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père (Jean 1.1, 14 ; SER).

Cette équivalence entre Jésus et la Parole signifie aussi que rejeter l’un, c’est rejeter l’autre ; accepter l’un, c’est accepter l’autre. Tous ceux qui ne choisissent pas Jésus comme leur Sauveur devront un jour comparaître devant lui, mais alors il sera leur juge. Tous les incrédules trébucheront sur la pierre d’angle, c’est-à-dire qu’ils seront condamnés.

Verset 9

Je continue.

Mais vous, vous êtes une race élue, une communauté de rois-prêtres, une nation sainte, un peuple que Dieu a libéré pour que vous célébriez bien haut les œuvres merveilleuses de celui qui vous a appelés à passer des ténèbres à son admirable lumière (1Pierre 2.9).

Pierre passe en revue la panoplie bien garnie des privilèges spirituels accordés à ceux qui ont accepté de suivre Jésus-Christ. Pierre tient le joyau de la rédemption à la lumière de la grâce divine afin de mettre en valeur ses couleurs magnifiques, et d’éclairer les multiples bénédictions spirituelles que Dieu réserve à ses enfants.

Quand l’apôtre Pierre écrit ces lignes, il a probablement plusieurs passages de l’Ancien Testament à l’esprit. Dans le livre de l’Exode et du Deutéronome, parlant au nom de l’Éternel, Moïse dit aux Hébreux sortis d’Égypte :

Maintenant, si vous m’obéissez et si vous restez fidèles à mon alliance, vous serez pour moi un peuple précieux parmi tous les peuples, bien que toute la terre m’appartienne. Mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte (Exode 19.5-6). Tu es, en effet, un peuple saint pour l’Éternel ton Dieu, il t’a choisi parmi tous les peuples qui se trouvent sur la surface de la terre pour que tu sois son peuple précieux (Deutéronome 7.6).

Et le prophète Ésaïe écrit :

Les bêtes des champs me glorifieront, les chacals et les autruches, parce que j’aurai mis des eaux dans le désert, des fleuves dans la solitude, Pour abreuver mon peuple, mon élu. Le peuple que je me suis formé publiera mes louanges (Ésaïe 43.20-21 ; LSG).

Initialement, Israël est « le peuple élu, un peuple précieux, un royaume de prêtres, une nation sainte ». Mais maintenant, ce sont ses lecteurs que Pierre appelle « une race élue ». Cette expression qui auparavant désigne spécifiquement Israël, est dorénavant appliqué aux croyants, autant ceux d’origine juive que païenne. Sous le régime de la Nouvelle Alliance, pendant ce temps qu’on appelle « le temps de la grâce » ou « le temps de l’Église », les croyants en Jésus Christ prennent le relais d’Israël comme peuple de Dieu.

Les croyants à qui Pierre écrit sont dispersés et persécutés ; certains sont en fuite car ils savent qu’une campagne d’extermination lancée par Néron est sur le point d’être menée contre eux tambour battant. Puisque la chasse aux chrétiens est dorénavant ouverte, ils n’ont rien d’un « peuple précieux » ni d’une « race élue ». Pourtant, en acceptant Jésus comme leur Sauveur, les croyants confirment qu’ils ont bel et bien été choisis par Dieu pour lui appartenir. Dans l’évangile, Jean rapporte que Jésus a dit à ses disciples :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi. Non, c’est moi qui vous ai choisis (Jean 15.16).

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire plusieurs fois, les Écritures ne laissent planer aucun doute sur l’origine du salut. Il dépend du Dieu souverain qui de toute éternité a choisi selon le seul conseil de sa volonté qui seraient les élus. Tous les privilèges du croyant, que ce soit ici-bas ou dans l’au-delà, découlent de la grâce de Dieu qui les a prédestinés à être ses enfants.

Pierre continue de passer en revue la panoplie des privilèges spirituels des croyants et il écrit : « Vous êtes une communauté de rois-prêtres ». Au début de ce chapitre, il a dit :

Et puisque vous êtes-vous aussi des pierres vivantes, édifiez-vous […] pour constituer un groupe de prêtres consacrés à Dieu (1Pierre 2.5).

Jusqu’à ce que la Loi de Moïse soit promulguée, le chef de famille exerce la prêtrise dans son foyer à l’exemple de Noé et de tous les patriarches (Genèse 8.20 ; 26.25 ; 31.54). Aux Hébreux sortis d’Égypte, Dieu a donné la Loi et leur a dit :

Si vous m’obéissez et si vous restez fidèles à mon alliance […], vous serez pour moi un royaume de prêtres (Exode 19.5-6).

Mais comme les Israélites se sont rebellés contre Dieu, la prêtrise fut restreinte à une famille de la tribu de Lévi, celle d’Aaron et sa lignée. Tout comme chaque descendant d’Aaron devient prêtre par hérédité, le croyant acquiert le droit au sacerdoce par la nouvelle naissance (Hébreux 5.1). Quand le Nouveau Testament parle de sacerdoce (grec : hieratyma) il ne s’agit jamais d’un ministère chrétien, mais toujours de la fonction de prêtre que partagent tous les croyants. Les fidèles à Jésus-Christ sont prêtres, non pas parce qu’ils ont reçu un pouvoir quelconque, mais parce qu’ils ont un libre accès à Dieu au nom de Jésus et grâce à son sacrifice dont la valeur est infinie et permanente.

Pierre appelle ses lecteurs des « rois-prêtres », littéralement « une maison royale de prêtres ». dans l’évangile selon Luc, on lit que Jésus a dit à ses disciples :

Comme mon Père m’a donné le royaume, je vous le donne, à mon tour : vous mangerez et vous boirez à ma table, dans mon royaume, et vous siégerez sur des trônes pour gouverner les douze tribus d’Israël (Luc 22.29-30).

Et dans le livre de l’Apocalypse, l’apôtre Jean écrit :

Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection… Ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui pendant les mille ans (Apocalypse 20.6).

Selon les Écritures, le premier roi-prêtre est Melchisédek (Genèse 14.18) et sa double fonction annonce et prophétise la double fonction de roi et de prêtre du Christ (Hébreux 7.11).

En troisième lieu, Pierre dit : « vous êtes une nation sainte », littéralement : « un peuple saint ». Dans les Écritures, le mot « saint » ne veut pas dire sans péché ou pieux à l’extrême, mais simplement mis à part pour Dieu. C’est une façon de désigner les croyants parce qu’ils ont cru en Jésus et sont sauvés. Cependant, ces mêmes croyants possèdent aussi le statut de juste devant Dieu, non pas à cause de leurs mérites, mais parce que la justice de Dieu leur est imputée, attribuée du fait de leur foi. C’est un peu comme s’ils avaient revêtu une aube ou une belle robe toute blanche, mais sous cet habit d’apparat, ils sont encore bien noirs.

Quatrièmement, Pierre dit à ses lecteurs qu’ils sont un « peuple libéré ». Ce mot (peripoiésin) signifie « acheter, acquérir, obtenir ou préserver ». Les croyants appartiennent à Dieu parce qu’il les a achetés et payés au prix fort (comparez 1Pierre 1.18, 19 ; 1Corinthiens 6.20 ; 7.23 ; Hébreux 13.12 ; Apocalypse 5.9 ; Tite 2.13, 14 ; Actes 20.28 ; 1Corinthiens 6.20). Dieu appelle des personnes de toutes les nations pour qu’elles lui appartiennent. Dans le psaume 144, le psalmiste s’exclame :

Heureux le peuple dont l’Éternel est le Dieu ! (Psaumes 144.15 ; SER).

Mais si Dieu nous a libérés, écrit Pierre à ses lecteurs, c’est dans un but : « pour que vous célébriez bien haut les œuvres merveilleuses de celui qui vous a appelés à passer des ténèbres à son admirable lumière ». Le mot pour « œuvres merveilleuses » signifie « actes héroïques qui suscitent l’admiration » comme par exemple l’œuvre de la rédemption, et le fait que Dieu appelle des pécheurs misérables et sans le moindre mérite « à passer des ténèbres à son admirable lumière ».

Il existe plusieurs sortes de ténèbres. Au niveau intellectuel, c’est l’ignorance, la méconnaissance de la vérité ou de la réalité ; au niveau moral, c’est l’incapacité de faire ce qui est bien selon Dieu. Enfin, au niveau spirituel, c’est l’état dans lequel se trouvent tous les hommes qui n’ont pas reçu le pardon de leurs péchés (comparez 1Corinthiens 2.14 ; Éphésiens 2.1-2 ; 4.17-19). Le problème des non-croyants est qu’ils ne savent pas qu’ils sont dans les ténèbres, ce qui fait qu’ils s’y complaisent et considèrent même la lumière de Dieu comme une menace (Jean 3.10-20). Voilà bien une preuve supplémentaire que sans l’intervention souveraine du Saint-Esprit, il est tout à fait impossible à l’homme de sortir de ses ténèbres.

Les croyants ont été appelés à « passer des ténèbres à son admirable lumière » ou comme écrit l’apôtre Paul aux Colossiens :

Il (Dieu) nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé (Colossiens 1.13).

Verset 10

Je continue le texte.

Car vous qui autrefois n’étiez pas son peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu. Vous qui n’étiez pas au bénéfice de la grâce de Dieu, vous êtes à présent l’objet de sa grâce (1Pierre 2.10).

À une certaine époque, les lecteurs de Pierre, tant juifs que païens, étaient étrangers à la vie de Dieu (Éphésiens 4.18). Mais maintenant ils font partie du peuple de Dieu qui est au bénéfice de sa grâce. Pierre applique à ses lecteurs un texte prophétique qui fut adressé aux Israélites des 10 tribus du Nord. Dans le passage qu’il cite, l’Éternel dit au prophète Osée d’appeler sa fille : « la Non-aimée » (Lo-Rouhama) parce qu’elle personnifie Israël Nord qui n’est plus au bénéfice de la grâce divine. Dieu dit aussi à Osée d’appeler son fils : « Pas mon peuple » (Lo-Ammi) pour la même raison, parce que l’Éternel rejette le royaume des 10 tribus (Osée 1.6, 9). Cette menace n’est pas restée lettre morte puisque Israël Nord fut rayé de la carte après avoir été envahi, détruit et emmené en captivité par les Assyriens (en 722 av. J-C).

Mais un jour, continue la prophétie d’Osée […], « au lieu même où on leur avait dit : “ Vous n’êtes pas mon peuple ”, on leur dira : “ Vous êtes les enfants du Dieu vivant ” » (Osée 2.1 ; comparez 2.25). Cette promesse se réalisera à la fin des temps pour les descendants d’Abraham. En effet, d’après de nombreux passages des Écritures, quand Jésus établira son royaume de mille ans sur terre, Dieu aura compassion des fils de Jacob et il les sauvera (comparez Ésaïe 61.4-6 ; Jérémie 16.14, 15 ; Ézéchiel 37.20-22 ; Romains 11.26, 27). Mais en attendant ce jour, cette prophétie d’Osée s’est déjà accomplie pour tous les croyants, juifs et païens, qui sont entrés dans l’admirable lumière du royaume du Fils bien-aimé de Dieu, qui sont devenus son peuple et l’objet de sa grâce.