Chapitre 3

Versets 18-20

Je dois avoir un comportement schizophrénique car parfois je regarde ce que je fais afin de savoir exactement ce que je crois. C’est vrai et ça m’est utile. En effet, par rapport à nos belles paroles, nos actions en disent beaucoup plus long sur nos pensées profondes, nos croyances, ce que nous considérons important dans la vie, nos vraies valeurs et qui nous sommes. C’est aussi l’opinion que partagent tous les auteurs du Nouveau Testament. Je continue de lire dans le troisième chapitre de la première épître de Jean.

Mes enfants, que notre amour ne se limite pas à des discours et à de belles paroles, mais qu’il se traduise par des actes accomplis dans la vérité. C’est ainsi que nous saurons que nous appartenons à la vérité, et nous rassurerons (peisomen ; persuader, tranquilliser) notre cœur devant Dieu, si notre cœur nous condamne d’une manière ou d’une autre ; car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout (1Jean 3.18-20).

« La vérité » est d’une part, la perspective du monde et de la vie selon les Écritures, et d’autre part, la foi en Dieu et en Jésus-Christ comme Fils de Dieu et Sauveur (Jean 1.9, 14 ; 7.18 ; 14.6 ; 1Jean 5.20).

Tout au long de son épître, Jean rappelle qu’il ne suffit pas de dire mais qu’il faut faire ; ce sont les actes concrets qui authentifient la foi véritable.

En filigrane, on semble percevoir qu’il existe des tiraillements et des divisions dans les églises à cause de l’influence néfaste de ceux qui propagent des hérésies. Or, on doit aimer son frère même si on ne partage pas son point de vue, que ce soient les vérités spirituelles, la politique ou n’importe quoi d’autre. Les signes tangibles de notre amour pour les frères prouvent que nous appartenons bien à Dieu même si notre conscience nous accuse, que ce soit à tort ou à raison. Moi par exemple, je me sens mal à l’aise si je ne suis pas engagé dans un projet productif mais ça n’a rien de spirituel ; c’est plutôt dû à ma personnalité un peu bancale.

Il est vrai que l’idée de se tenir devant le Tout-Puissant est particulièrement intimidante et a de quoi terrifier même le plus noble des saints parce que le péché habite toujours en lui et il commet encore des fautes. Dans le livre de l’Exode (3.6), on lit que Moïse se cache le visage parce qu’il craint de regarder en direction de l’Éternel ; on lit aussi que les prophètes Ésaïe (Ésaïe 6.1-5) et Ézéchiel (Ézéchiel 1.26-28) éprouvent une grande frayeur quand ils reçoivent une vision de la sainteté de Dieu. Et Luc rapporte que après avoir jeté les filets sur l’ordre de Jésus et pris une quantité de poissons, Pierre tombe aux genoux du Seigneur et lui dit :

Éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur (Luc 5.8).

Quand les apôtres Pierre, Jacques et Jean assistent à la transfiguration de Jésus, ils sont terrifiés ; et quand on lit dans le livre de l’Apocalypse que Jean voit le Christ glorifié, il tombe, non pas à la renverse, mais comme mort (Apocalypse 1.12-18).

Tout ça pour dire que le désir d’assurance dont parle Jean n’est pas un luxe, parce que les croyants, même les plus braves et les plus consacrés, ont besoin de tranquilliser leur cœur devant Dieu.

Au vu de mon inconstance, je peux facilement me culpabiliser quand il n’y a pas lieu. Cependant, il existe un tribunal supérieur à ma conscience, car écrit Jean : « Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît tout. » Si je suis déclaré juste à cause de ma foi en Jésus-Christ, c’est que je suis juste malgré mon péché et ma culpabilité vraie ou fausse, et Dieu ne reviendra pas sur sa déclaration qui est écrite en lettres de feu dans les cieux. Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul écrit :

Il n’y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus (Romains 8.1 ; JER).

Rien n’y personne, pas même mes échecs répétés, ne peut changer ma position ou me séparer de l’amour de Dieu (Romains 8.31-39). Bien sûr, Dieu connaît tous mes manquements, égarements, du premier au dernier ainsi que tous ceux dont je ne suis pas conscient (Psaumes 103.14 ; Hébreux 4.13). Dans le psaume 103, David écrit :

Il ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant l’amour de Dieu dépasse tous ceux qui le révèrent. Autant l’Orient est loin de l’Occident, autant il éloigne de nous nos mauvaises actions. Et, comme un père est plein d’amour pour ses enfants, l’Éternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent : il sait de quelle pâte nous sommes façonnés, il se rappelle bien que nous sommes poussière (Psaumes 103.10-14).

Ce passage est l’un de mes préférés parce qu’il exprime la miséricorde divine dans toute sa majesté. Dieu regarde au-delà de mes fautes et voit les affections que le Saint-Esprit a mises en moi comme mon désir de lui plaire, même s’il reste encore de gros progrès à faire.

Quand Jésus demande pour la troisième fois à l’apôtre Pierre : « Simon, fils de Jean, as-tu de l’amour pour moi ? » le texte dit que « il fut peiné ». De même, quand le croyant se sent accablé par son péché, il peut dire avec l’apôtre Pierre : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que j’ai de l’amour pour toi » (Jean 21.17).

Verset 21

Je continue le texte de 1Jean.

Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu (1Jean 3.21 ; NEG).

Quand je suis fidèle au Seigneur et que je m’efforce d’obéir à ce que je sais être sa volonté, alors, ma mauvaise conscience désapprobatrice se tait. Je me repose sur la miséricorde divine et je sais que je peux invoquer le Seigneur avec l’assurance d’être entendu. En fait, le croyant a toujours la possibilité de s’approcher de Dieu. Dans les épîtres aux Hébreux et de Paul aux Éphésiens, on lit :

Ainsi donc, mes frères, nous avons une pleine liberté pour entrer dans le lieu très-saint, grâce au sang du sacrifice de Jésus (Hébreux 10.19). Étant unis à lui (Jésus), par la foi en lui, nous avons la liberté de nous approcher de Dieu avec assurance (Éphésiens 3.12).

Le mot « assurance »  (parrésian) que je viens de lire est le même que celui que Jean utilise. Il signifie « courage, liberté de parler, audace », et il décrit quelqu’un qui a le privilège de pouvoir se présenter devant une haute autorité dotée d’un grand pouvoir, et d’être libre de lui parler franchement. Tout croyant a le droit et même le devoir d’entrer dans la présence du Dieu Tout-Puissant parce qu’il est aussi son Père céleste. Il n’a donc rien à craindre. Aux Romains, l’apôtre Paul écrit :

Vous n’avez pas reçu un Esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la crainte : non, vous avez reçu l’Esprit qui fait de vous des fils adoptifs de Dieu. Car c’est par cet Esprit que nous crions : Abba, c’est-à-dire Père ! (Romains 8.15 ; comparez Galates 4.6).

On retrouve ce même mot « assurance » dans l’épître aux Hébreux où l’auteur écrit :

Approchons-nous donc du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. Là, Dieu nous accordera sa bonté et nous donnera sa grâce pour que nous soyons secourus au bon moment (Hébreux 4.16).

Cette exhortation est suivie de la promesse que Dieu va venir à notre aide quand il le jugera bon.

Verset 22

Je continue le texte.

Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable (1Jean 3.22 ; NEG).

Cette idée de pouvoir demander ce que nous voulons et de le recevoir est fréquente sous la plume de Jean. Un peu plus loin, il dit encore :

Voici quelle assurance nous avons devant Dieu : si nous demandons quelque chose qui est conforme à sa volonté, il nous écoute (1Jean 5.14).

Et dans son évangile, il rapporte que Jésus a dit :

Et quoi que ce soit que vous demandiez en mon nom, je le réaliserai pour que la gloire du Père soit manifestée par le Fils. Je le répète : si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai (Jean 14.13-14). […] si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez (Jean 15.7). Ce n’est pas vous qui m’avez choisi. Non, c’est moi qui vous ai choisis ; je vous ai donné mission d’aller, de porter du fruit, du fruit qui soit durable. Alors le Père vous accordera tout ce que vous lui demanderez en mon nom (Jean 15.16). […] Oui, vraiment, je vous l’assure : tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, pour que votre joie soit complète (Jean 16.23-24).

Matthieu nous rapporte aussi dans son évangile que Jésus a dit à ses disciples :

Demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe (Matthieu 7.7-8).

Ces promesses sont mystérieuses et me font penser à une patate brûlante qui sort du four et qu’on a beaucoup de mal à saisir. Si j’ose être honnête avec moi-même, je dois avouer que j’ai fait des demandes à Dieu qui sont restées lettres mortes ; il n’a pas jugé bon de me les accorder. Il est vrai que parfois, avec du recul, je me dis : « Heureusement que Dieu n’a pas prêté attention à ma requête ». Mais d’autres fois, je ne comprends pas vraiment. Par exemple, on demande la guérison de quelqu’un et il meurt, ou on prie pour avoir l’occasion de présenter la Bonne Parole à un membre de sa famille et ça n’arrive pas, on prie pour que ses enfants suivent le Seigneur et ils s’en détournent, pour que l’œuvre de Dieu avance dans une région et rien ne se passe.

Pourtant, quand j’ai lu la biographie de George Müller (1805-1898), j’ai découvert qu’il vivait en dépendant uniquement de la prière. Sans jamais rien demander à personne, il a toujours reçu, en réponse à la prière, tout ce qui était nécessaire pour subvenir aux besoins des 2000 orphelins qu’il avait recueillis. Non seulement il les nourrit mais il leur donne aussi un enseignement scolaire de qualité. On dit que durant sa vie, il s’est occupé de 100 000 orphelins.

Quand on adresse à Dieu nos requêtes, il faut bien entendu qu’elles soient sérieuses. Je ne peux pas demander à ce qu’un hélicoptère apparaisse dans ma cour. Nos prières doivent aussi être en accord avec la volonté de Dieu, ce qui n’est pas toujours évident à découvrir.

Jean écrit que Dieu répond à nos prières « parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable ». L’obéissance est une condition indispensable à remplir pour que Dieu nous écoute, mais attention il ne faut pas que cette obéissance soit une obligation légaliste ; on ne fonctionne pas sur le principe du donnant-donnant avec Dieu et on ne gagne pas des bons points ou des mérites en lui obéissant. Par ailleurs, ce n’est pas un accès d’obéissance de temps à autre qui rend notre prière efficace, mais c’est une vie entière caractérisée par l’obéissance. Il est en outre question de faire ce qui lui est agréable, ce qui va plus loin que la simple observance des commandements. La prière exaucée dépend de mon désir de plaire à Dieu parce que je l’aime, et lui répond à mes prières par oui ou par non, comme un père envers son enfant. C’est un lien d’amour et de confiance qui doit régner entre le croyant et son Père céleste. Même si je ne comprends pas pourquoi Dieu dit non, je dois lui faire confiance.

Dans la chambre haute, juste avant son arrestation, Jésus dit à ses apôtres :

Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés ; maintenez-vous donc dans mon amour. Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme moi-même j’ai obéi aux commandements de mon Père et je demeure dans son amour (Jean 15.9-10).

Il est aussi utile de remarquer que Jésus est l’exemple suprême des moyens de plaire à Dieu et donc d’être exaucé. Dans son évangile, Jean rapporte que le Seigneur a dit :

Oui, celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, car je fais toujours ce qui lui est agréable (Jean 8.29). Pour moi, je sais que tu m’exauces toujours, mais si je parle ainsi, c’est pour que tous ceux qui m’entourent croient que c’est toi qui m’as envoyé (Jean 11.42).

Cependant, Jésus n’a pas toujours reçu une réponse positive de son Père. Dans le jardin de Gethsémané, il a prié :

Ô Père, si tu le veux, écarte de moi cette coupe ! Toutefois, que les choses se passent, non pas comme moi je le veux, mais comme toi tu le veux. – Puis il s’éloigna une deuxième fois, et se remit à prier en disant : –Ô mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe me soit épargnée, s’il faut que je la boive, alors, que ta volonté soit faite (Matthieu 26.39, 42).

A tout instant de sa vie, la soumission de Jésus à son Père est totale.

La prière reste quand même un élément mystérieux de la vie chrétienne, mais le croyant qui persévère prouve par là qu’il a vraiment un cœur tendre à l’égard de Dieu et il peut être assuré que son Père céleste subviendra à tous ses besoins. Dans sa seconde épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit :

Il (Dieu) a aussi le pouvoir de vous combler de toutes sortes de bienfaits : ainsi vous aurez, en tout temps et en toutes choses, tout ce dont vous avez besoin, et il vous en restera encore du superflu pour toutes sortes d’œuvres bonnes (2Corinthiens 9.8 ; comparez Psaumes 23.1).

Verset 23

Je continue le texte de 1Jean.

Et voici son commandement : Que nous croyions au nom de son Fils Jésus-Christ, et que nous nous aimions les uns les autres, selon le commandement qu’il nous a donné (1Jean 3.23 ; SER).

« Son commandement » est ici défini en termes de foi et d’amour. Le singulier peut vouloir indiquer qu’« une seule chose est nécessaire ». Il n’y a pas de liste interminable de pénibles exigences. L’importance de l’amour et la responsabilité que nous avons les uns envers les autres, sont deux des grands thèmes de cette épître.

Le verbe « aimer » est cet amour sacrifice qui apparaît si souvent dans le Nouveau Testament. Ce n’est pas un sentiment mais une action volontaire. Jean utilise le présent pour signifier que l’amour des croyants les uns pour les autres doit être un état continuellement présent. Cet amour s’exprime envers tous les hommes (Galates 6.10), mais surtout envers les frères et sœurs dans la foi. Ici encore, Jean rappelle à ses lecteurs qu’après avoir fait confiance au Seigneur, ce que Dieu veut est qu’ils s’aiment entre eux.

La foi personnelle en la personne de Jésus et l’amour pour les autres vont de pair ; ce sont deux commandements en un seul qui résument l’enseignement du Christ. On pourrait se demander si l’apôtre n’a pas oublié de mentionner l’obéissance. En fait non, car elle est comprise dans la foi ; quand on croit vraiment en quelqu’un, on le suit et on se conforme à lui. Matthieu rapporte que Jésus à dit :

Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive (Matthieu 16.24).

Même si dans cette épître c’est la première fois que Jean parle de la foi, ce thème est pour lui essentiel parce que c’est le seul moyen pour un être humain d’obtenir la vie éternelle. La preuve est que l’apôtre conclut à la fois son évangile et cette épître en liant la foi en Jésus à la vie éternelle. À la fin de son évangile, il dit :

Ce qui s’y trouve a été écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous possédiez la vie en son nom (Jean 20.31).

Et à la fin de cette épître, il écrit :

Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu (1Jean 5.13).

D’abord, il dit qu’en croyant on a la vie, et ensuite qu’on a la vie parce qu’on croit, ce qui revient au même.

Verset 24

Je finis de lire le chapitre trois de la première épître de Jean.

Celui qui obéit à ses commandements demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Et à quoi reconnaissons-nous qu’il demeure en nous ? À l’Esprit qu’il nous a donné (1Jean 3.24).

« Demeurer » (menei de meneô) compte parmi les mots préférés de Jean (1Jean 2.6, 10, 24, 28 ; 3.6 ; 4.13, 16 ; Jean 14.10, 17, 23 ; 17.21). Étant donné qu’il écrit à des croyants, ce mot est une référence à la communion que le croyant doit entretenir avec son Père en obéissant à ses commandements et donc en menant une vie droite et pieuse, et surtout en aimant ses frères. Ce thème de « demeurer en Dieu » est important pour Jean, non seulement dans cette épître, mais aussi dans son évangile où il rapporte les paroles de Jésus qui dit :

Demeurez en moi, et moi je demeurerai en vous. Un sarment ne saurait porter du fruit tout seul, sans demeurer attaché au cep. Il en est de même pour vous : si vous ne demeurez pas en moi, vous ne pouvez porter aucun fruit. Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire (Jean 15.4-5).

La fin du chapitre trois est la première allusion de l’épître au fait que Dieu habite le croyant par son Esprit. Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul écrit :

Vous […] n’êtes pas livrés à vous-mêmes sous l’emprise de la chair, mais vous dépendez de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, il ne lui appartient pas (Romains 8.9 ; auteur).

Paul est l’auteur du Nouveau Testament qui parle le plus du Saint-Esprit. Il est pour nous un personnage énigmatique et il exerce une œuvre mystérieuse dans le monde et dans le cœur du croyant. Cependant, les effets de son action sont manifestes. Jean rapporte que en parlant de l’Esprit, Jésus a dit à Nicodème :

Le vent souffle où il veut, tu en entends le bruit, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour quiconque est né de l’Esprit (Jean 3.8).

Le vent est invisible, mais on en perçoit les effets.

C’est l’Esprit qui ouvre le cœur d’une personne à la vérité de Dieu (Actes 16.14), qui est à l’origine de la nouvelle naissance (Jean 3.5-8 ; Tite 3.5), qui fait d’un être humain un enfant de Dieu (Éphésiens 1.13-14), qui crée l’unité des croyants (1Corinthiens 12.13), qui leur donne des dons pour servir leurs frères (1Corinthiens 12.7 ; Romains 12.3-8 ; 1Pierre 4.10-11), qui leur permettent de comprendre les Écritures (1Corinthiens 2.12-13), qui les dirige dans leur vie (Romains 8.14), qui dynamise leurs requêtes (Éphésiens 6.18 ; Jude 20), qui intercède leurs prières pour eux (Romains 8.26-27) et qui leur donne l’assurance d’appartenir à Dieu (Romains 8.15). Dans le chapitre suivant, Jean va montrer que c’est l’Esprit qui suscite la foi du croyant et son amour pour les frères. Un auteur chrétien renommé a écrit :

Il plaît à Dieu que son Fils soit connu, qu’on lui fasse confiance, qu’il soit adoré et aimé ; honoré comme il devrait l’être. Vous ne sauriez déplaire au Père davantage qu’en déshonorant son Fils ; en refusant de le recevoir, de vous confier en lui, de l’accueillir à bras ouverts, de l’étreindre fermement et de compter pleinement sur lui, comme Rédempteur, Frère et Ami. Ne vous leurrez pas en imaginant qu’il pourrait y avoir un élément de grâce dans vos doutes et dans vos craintes ; dans votre esprit en proie à l’agitation et à l’incertitude ; comme si cela dénotait de l’humilité et une mauvaise estime de vous-même. Prenez garde que Dieu n’y voie qu’une mauvaise estime de son Fils Jésus-Christ (R. S. Candlish, 1John [Carlisle, Pennsylvanie : Banner of Truth, 1993], p. 339) ; cité par John MacArthur ; commentaire sur 1Jean 3.23).