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12 déc. 2023

1 Chroniques 20.1 – 21.13

Chapitre 20

Introduction

Parmi toutes les calamités qui affligent notre bas monde, les guerres sont certainement celles qui suscitent le plus de réactions émotionnelles de frustration, de dégoût et d’affliction. Les conflits armés nous scandalisent, parce qu’on croit qu’il y a toujours une autre solution entre les hommes de bonne volonté par le dialogue et la négociation. La triste réalité est que les guerres sont inévitables parce que l’homme a un cœur qui est fondamentalement méchant. C’est ce qui explique aussi pourquoi beaucoup d’êtres humains deviennent des criminels ou aiment faire la guerre. L’assassin tue son prochain et lui vole ses biens parce que cet acte ignoble lui procure un sentiment de puissance et satisfait sa convoitise. Ce n’est pas nouveau car comme l’a dit l’auteur comique latin Plaute : « (homo homini lupus est; la comédie des ânes) l’homme est un loup pour l’homme », et certains ajoutent : « et l’argent est son os ». Il en est ainsi depuis que nos premiers parents ont choisi de désobéir à Dieu. Peu de temps après cet acte de rébellion, ils furent chassés du paradis, puis Caïn, le fils aîné, tua son jeune frère Abel ; et depuis ça continue. L’Ancien Testament est rempli de meurtres et de conflits de toutes sortes. En fait, en Palestine, il y avait même une période de l’année qui était réservée à la guerre, comme chez nous il y a l’ouverture de la truite ou de la chasse. Cependant, on évitait de s’entre-tuer à cœur joie pendant les périodes de fortes pluies, de semailles et de récoltes. Il faut être raisonnable quand même.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 20 du premier livre des Chroniques.

Au printemps suivant, à l’époque où les rois ont coutume de partir en guerre, Joab mena une forte armée ravager le pays des Ammonites. Il alla mettre le siège devant Rabba. David était resté à Jérusalem. Joab conquit Rabba et la détruisit (SEM). Quant au peuple qui s’y trouvait, il le fit sortir et le soumit à la scie, aux herses de fer et aux haches ; il traita de même toutes les villes des Ammonites. Puis David retourna à Jérusalem avec tout le peuple (SER; 1Chroniques 20.1,3).

Immédiatement après la récolte de printemps, les travaux agricoles laissent quelques répits aux hommes, mais ils s’ennuient très vite et ils ont les doigts qui les démangent. Alors, ils partent vaquer aux occupations guerrières. L’année précédente, les Ammonites avaient déclaré la guerre à David. Mal leur en prit, car bien qu’ils reçurent une aide considérable de la part des Araméens de Syrie, ils subirent par deux fois, une cuisante défaite aux mains des Israélites et ce n’est pas fini.

Concernant le peuple ammonite, le texte dit que David « le fit sortir et le soumit à la scie, aux herses de fer et aux haches ». L’hébreu n’est pas clair et donc on peut comprendre cette phrase de deux manières très différentes. Soit la population a été taillée en pièces, massacrée, soit elle a été mise en esclavage. Les commentateurs sont très partagés.

L’auteur remarque brièvement que David est tout d’abord resté à Jérusalem au lieu d’être avec ses hommes; le roi ne les rejoindra que pour l’assaut final. Le chroniqueur passe volontairement sous silence que David a occupé son temps avec sa voisine Bath-Chéba alors que son mari, Urie le Hittite et l’un des vaillants hommes de David, se battait pour son roi et pour Israël contre les Ammonites. Il va également omettre l’inceste d’Amnôn, l’un des fils du roi, ainsi que son subséquent assassinat par Absalom, son demi-frère. Ce dernier sera banni pendant un temps par David, mais une fois qu’il aura réintégré la famille royale, il prendra la tête d’une révolte contre son père et provoquera un coup d’État qui déclenchera une guerre civile où il sera tué. Le chroniqueur ne mentionne pas tous ces malheurs parce qu’ils étaient les conséquences des graves écarts de conduite de David et ça fait vraiment désordre. L’auteur choisit de ne retenir que les aspects positifs de la vie de David, et de Salomon qui lui succédera, parce qu’il se place selon la perspective religieuse, et comme je l’ai déjà dit, quand Dieu pardonne le péché, il ne revient pas dessus. Oui, mais cela ne veut pas dire que le coupable échappe à une mesure de discipline de la part de Dieu et c’est bien ce qui est arrivé à David. Quand le chroniqueur a fait son travail d’édition, il avait en sa possession les livres de Samuel (2 Samuel 11-18) qui racontent en détail toutes ces sombres histoires. Le récit parallèle du second livre de Samuel (21.15-17) comporte une histoire où David, épuisé par une campagne militaire a failli être tué par un géant armé d’un javelot dont la pointe pesait trois kilogrammes. Suite à cet incident, les hommes de David ont demandé à leur roi de ne plus s’exposer à être tué à cause de sa fonction de chef du peuple. On ne sait pas pourquoi le chroniqueur n’a pas raconté cette histoire.

Versets 4-7

Le texte continue avec trois autres campagnes militaires contre les Philistins. À chaque bataille, il est fait état de la mort d’un géant descendant d’une race qui était alors en voie d’extinction et qui s’appelait les Rephaïm. Ils apparaissent la première fois dans la Genèse, le Livre des Commencements, et le premier des Textes Sacrés. Le Chroniqueur précise aussi que le second de ces géants s’appelait Lahmi et qu’il était le frère de Goliath, que David avait tué avec sa fronde. Eh bien ce Lahmi « avait une lance dont le bois était aussi gros que le cylindre d’un métier à tisser ». Le troisième géant aussi était une anomalie de la nature car en plus, il « avait six doigts à chaque main et à chaque pied, c’est-à-dire vingt-quatre en tout ».

Verset 8

Le chapitre 20 se termine disant :

Ces descendants de Rapha, nés à Gath, succombèrent devant David et ses hommes (1Chroniques 20.8).

Tous ces exploits guerriers que nous relate l’Ancien Testament laissent songeur. Mais je me dis que comme nous vivons dans un univers où le mal est présent partout et en force, il n’est pas étonnant qu’on trouve des conflits sur tous les continents, dans toutes les villes, dans chaque quartier et à un moment ou à un autre dans pratiquement toutes les familles aussi. Comme je l’ai déjà dit et répété, les agressions quelles qu’elles soient ne sont que le symptôme d’une maladie plus profonde : le cœur de l’homme ; c’est de là que proviennent tous les problèmes. C’est d’ailleurs bien ce que Jésus lui-même a dit. Je le cite :

C’est du cœur que proviennent les mauvaises pensées qui mènent au meurtre, à l’adultère, à l’immoralité, au vol, aux faux témoignages, aux blasphèmes. C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de divorcer d’avec vos épouses. Mais, au commencement, il n’en était pas ainsi. L’homme mauvais tire le mal de son mauvais trésor, car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle (Matthieu 15.19 ; 19.8 ; Luc 6.45).

À côté des conflits qui font rage dans le domaine physique, il existe aussi une guerre spirituelle que mène le diable contre Dieu, et le champ de bataille est constitué par tous les croyants. Je rappelle un passage que j’ai déjà lu.

Car nous n’avons pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les Puissances, contre les Autorités, contre les Pouvoirs de ce monde des ténèbres, et contre les esprits du mal dans le monde céleste. C’est pourquoi, endossez l’armure que Dieu donne afin de pouvoir résister au mauvais jour et tenir jusqu’au bout après avoir fait tout ce qui était possible. Tenez donc ferme (Éphésiens 6.12-14).

Chapitre 21

Versets 1-3

Nous arrivons maintenant au chapitre 21, où justement Satan entre en scène. Je commence à lire en compressant tout au long.

Satan se dressa contre Israël et il incita David à faire le recensement d’Israël. Alors David ordonna à Joab et aux chefs du peuple : — Allez recenser les Israélites aptes au service militaire, puis revenez me faire votre rapport, que je sache quel en est le nombre. Joab dit : — Que l’Éternel rende son peuple cent fois plus nombreux ! Ô roi, mon seigneur, ne sont-ils pas tous aujourd’hui déjà des sujets de mon seigneur ? Pourquoi alors, mon seigneur ordonne-t-il pareille chose ? Pourquoi chargerait-il Israël d’une faute ? (1Chroniques 21.1-3).

Le mot « satan » veut simplement dire « accusateur », mais sous la plume du chroniqueur, il s’agit d’une personne bien définie, un être angélique déchu qui va faire tomber le grand roi David. Dans les livres de Samuel, le texte parallèle à celui-ci dit :

L’Éternel se mit de nouveau en colère contre les Israélites et il incita David à agir contre leurs intérêts en lui suggérant l’idée de faire le recensement d’Israël et de Juda (2Samuel 24.1).

Ce passage suggère qu’Israël en tant que nation s’est rendu coupable de quelque faute, mais il n’est dit nulle part de quoi il s’agit. Cela dit, il se peut aussi que ce soit le péché du roi qui retombe sur l’ensemble du peuple. Quoi qu’il en soit, Dieu est fâché à la fois contre Israël et David. Mais au vu de ces deux textes, on peut se demander si c’est l’Éternel ou bien Satan qui est l’instigateur de cette très mauvaise idée du recensement. En réalité, ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre. En effet, c’est le diable qui a pris l’initiative, mais Dieu l’a laissé agir afin de punir son peuple. Ces deux passages enseignent que rien n’échappe à la souveraineté de l’Éternel qui permet à Satan d’attaquer Israël par l’intermédiaire de David.

Cet incident soulève le problème de la présence du mal dans l’univers alors que Dieu est exclusivement et fondamentalement bon. Ici et là, les Textes Sacrés répondent à cette question mais partiellement seulement. Au final, nous n’avons pas vraiment de réponse satisfaisante. Pendant sa vie et comme tout être humain, David a commis des fautes, des vertes et des pas mûres. La plus connue est son adultère suivi d’un meurtre. L’Éternel a laissé passé une année et comme David ne s’est pas repenti, il lui a envoyé son prophète pour lui demander des comptes (2 Samuel 12). Suite à cette entrevue, le roi s’est amèrement repenti et a écrit un Psaume qui est aussi une prière de repentance. Je lis quelques extraits :

Aie pitié de moi, ô Dieu, toi qui es si bon ! Efface mes torts, tu es si compatissant ! Lave-moi de mon péché ! Purifie-moi de ma faute ! Contre toi, contre toi seul, j’ai péché, j’ai commis ce qui est mal à tes yeux (Psaumes 51.2-4, 6).

La faute de David venait de sa chair ; c’était un péché qui ne mettait pas en cause ou en péril la nation d’Israël ; c’est une autre raison pour laquelle le chroniqueur le passe sous silence. Le recensement par contre est à la fois une faute de David et un jugement de Dieu contre Israël, qui aura des répercussions fâcheuses sur l’ensemble du peuple.

Pour nous, dans notre culture occidentale de ce 21e siècle, il n’est pas évident de comprendre la gravité de ce recensement dont le but était de dénombrer les forces militaires du royaume. En soi, compter les hommes aptes au combat n’est pas un péché puisque Dieu le demande de temps en temps. Seulement, voilà, à l’époque de David, tout le pays octroyé par l’Éternel à Israël a été assujetti et les frontières pacifiées. Cela veut dire que David, qui aurait dû être content de la paix qui régnait dans son royaume, est devenu gourmand. Ce qui rend ce recensement coupable est qu’il exprime de la part du roi la volonté de conquérir davantage de territoires que ceux alloués par Dieu, ce qui est une transgression notoire de l’alliance d’Israël avec l’Éternel. L’auteur mentionne ce recensement parce qu’il rompt un contrat religieux,

Comme je l’ai dit, le récit du chroniqueur a son parallèle dans les livres de Samuel, mais présente en même temps des divergences. Certaines se comprennent facilement en fonction de l’objectif de l’auteur, tandis que d’autres sont très complexes et demandent les soins de spécialistes en la matière.

Versets 4-6

Je continue le texte.

Mais le roi maintint l’ordre donné à Joab. Joab se mit donc en route et parcourut tout Israël. Puis il regagna Jérusalem. Joab communiqua à David le résultat du recensement du peuple apte au service militaire. Joab n’avait recensé ni les ressortissants de la tribu de Lévi ni ceux de Benjamin, tant l’ordre du roi lui répugnait (1Chroniques 21.4-6).

La réaction de Joab est étonnante parce que les Écritures le présentent comme un homme ayant très peu de scrupules. Cela veut dire que si ce recensement le répugne à ce point, c’est qu’il implique une faute évidente et très grave. Apparemment, lui au moins a compris que l’ordre du roi signifie une rupture d’alliance. Voilà pourquoi dans un premier temps Joab a essayer de dire à David quelque chose comme : « Écoute, l’Éternel t’a donné la victoire sur tous tes ennemis, alors ne le provoque pas en faisant ce dénombrement ». Malheureusement, David a persisté et signé. Alors le vieux guerrier ne peut que lui obéir, même si c’est de façon incomplète et à contrecœur.

Quel contraste entre l’humble petit berger qui avait entièrement confiance en l’Éternel et ce roi devenu arrogant ! Tout jeunot, David avait affronté le géant Goliath avec sa fronde et une foi inébranlable en Dieu. Maintenant, au lieu d’être satisfait avec tout ce que Dieu lui a donné, il rêve de nouvelles conquêtes. A la tête d’une armée d’un million et demi d’hommes il ne ressent plus le besoin de se confier en Dieu comme quand il n’avait qu’un malheureux lance-pierres. Il ne tient plus compte du grand principe qui gère la relation de l’homme avec son Créateur, qu’on trouve sous la plume du prophète Jérémie et que je lis :

L’Éternel dit ceci : Que celui qui est sage ne se glorifie pas de sa sagesse ; que celui qui est fort ne se glorifie pas de sa puissance ; que celui qui est riche ne se glorifie pas de sa richesse. Celui qui veut se glorifier, qu’il se glorifie de ceci : d’avoir l’intelligence de me connaître, moi qui suis l’Éternel, qui agis avec bienveillance, qui exerce le droit et la justice sur la terre ; car ce sont là les choses qui me font plaisir, l’Éternel le déclare (Jérémie 9.22-23).

Devenu arrogant, David ne s’appuie plus sur l’Éternel. Pour mettre à exécution ses idées expansionnistes, il se confie désormais en sa puissante armée. Il lorgne au-delà de ses frontières tout en additionnant des chiffres. Aveuglé par son orgueil, il n’a compris son péché que plus tard. Et pourtant, c’est bien lui qui a écrit :

Mieux vaut se réfugier auprès de l’Éternel que de compter sur les humains. Mieux vaut se réfugier auprès de l’Éternel que de compter sur les gens importants. C’est en toi, Éternel, que je cherche un refuge. Que mon attente ne soit jamais déçue ! (Psaumes 118.8-9 ; 71.1).

Tous les empires, qu’ils soient des Amériques ou d’Asie, assyrien, babylonien, grec, romain, ou européen, ont cessé d’exister depuis longtemps. Tous ont fait confiance en leur puissance militaire, tous ont fait preuve de grandes cruautés et n’ont fait aucun cas de la vie humaine. Alors, Dieu les a balayés comme des fétus de paille, de vulgaires débris.

Versets 7-12

Je continue le texte.

Cet acte déplut à Dieu et il sévit contre Israël. David dit à Dieu : — J’ai commis une grave faute en faisant cela ! Maintenant, daigne pardonner la faute de ton serviteur, car je reconnais que j’ai agi tout à fait comme un insensé ! L’Éternel parla à Gad, le prophète attaché à la cour de David, en ces termes : — Va dire à David : “ Voici ce que déclare l’Éternel : Je te propose trois châtiments ; choisis l’un d’eux et je te l’infligerai. ” Gad se rendit donc chez David et lui dit : — Voici ce que déclare l’Éternel : Il te faut choisir entre trois années de famine, ou trois mois de défaite devant tes ennemis, pendant lesquels leur épée causera des ravages dans tes rangs, ou trois jours durant lesquels l’épée de l’Éternel frappera le pays de la peste et où l’ange de l’Éternel portera la destruction dans tout le territoire d’Israël. Réfléchis donc maintenant et dis-moi ce que je dois répondre à celui qui m’envoie (1Chroniques 21.9-12).

Le passage parallèle du livre de Samuel ne mentionne pas le déplaisir de Dieu qui anticipe la suite de l’histoire avec la venue de Gad, le porte-parole de l’Éternel. Dans l’histoire d’Israël, on constate que souvent, des prophètes sont attachés à la cour du roi. Beaucoup étaient des faux qui délivraient des oracles aux goûts des monarques qui leur graissaient la patte, notamment dans le royaume des X tribus du Nord; ces vauriens faisaient du fric avec la religion, comme quoi il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Par contre, d’autres prophètes comme Nathan dont il a déjà été parlé, et Gad mentionné ici, sont de véritables hommes de Dieu. Les rois qui comme David avaient le désir sincère de demeurer fidèles à l’Éternel entretenaient à leur cour des hommes pieux et des prophètes dont ils avaient reconnu l’authenticité.

Gad était au service de David depuis le temps où il errait de caverne en refuge, poursuivi par Saül, le premier roi d’Israël. Le prophète va donc trouver son ami le roi avec une très très mauvaise nouvelle. Étant un véritable représentant de l’Éternel, il ne peut qu’obéir à son Maître céleste, même s’il en a mal au ventre. Dieu propose donc à David un choix entre trois jugements aussi terribles l’un que l’autre : la famine, la défaite militaire, ou une épidémie de peste. Ces châtiments font partie des malédictions de la Loi en cas de non-respect de l’alliance conclue par l’Éternel avec Israël au temps de Moïse.

Verset 13

Je continue.

David répondit à Gad : — Je suis dans un grand désarroi ! Ah ! Que je tombe plutôt entre les mains de l’Éternel, car ses compassions sont immenses ; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! (1Chroniques 21.13).

Bonjour l’angoisse ! David a vieilli et il se souvient sans doute encore quand il a affronté le géant Goliath avec sa fronde et une grande confiance en Dieu. Maintenant encore, malgré son péché d’arrogance, il a suffisamment de foi en l’Éternel pour choisir de s’en remettre à sa mansuétude, plutôt que de tomber entre les mains de ses ennemis. Même si l’Éternel est parfois sévère, il est aussi miséricordieux comme le dit le psalmiste :

Il ne tient pas rigueur sans cesse et son ressentiment ne dure pas toujours. Son courroux dure un instant, sa faveur est pour la vie. Toi, tu ne gardes pas ta colère à jamais, mais tu prends ton plaisir à faire grâce (Psaumes 103.9 ; 30.6 ; Michée 7.18).

C’est sur la base de sa grâce et du sacrifice du Christ que Dieu accorde la vie éternelle à tous ceux qui se confient en lui. Dans sa première épître, l’apôtre Jean écrit : Jésus-Christ le juste a apaisé la colère de Dieu contre nous en s’offrant pour nos péchés (1Jean 2.2). Il s’ensuit que pour aller au ciel, entrer au paradis, ma première démarche est de reconnaître que je suis couvert de péchés sans me chercher des excuses ou en me comparant à mes voisins qui sont pires que moi. Je dois plaider coupable devant Dieu à l’exemple du fils prodigue qui a dit :  « Je vais me mettre en route, j’irai trouver mon père et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi (Luc 15.18) », et du collecteur d’impôts que Jésus donne en exemple; je lis le passage :

Le collecteur d’impôts se tenait dans un coin retiré, et n’osait même pas lever les yeux au ciel. Mais il se frappait la poitrine et murmurait : “ Ô Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! ” Je vous l’assure, ce dernier est rentré chez lui déclaré juste par Dieu (Luc 18.13-14).

Jadis, les gens avaient encore une certaine vague notion de la grâce divine qui fait que la date du jour était précédée de l’expression : « en l’année de grâce ». C’est parce que David croit en la miséricorde divine que dans un Psaume il a écrit : Célébrez l’Éternel, car il est bon, car son amour dure à toujours (Psaumes 136.1).

Aujourd’hui est un jour de grâce car Dieu fait encore preuve de patience et de miséricorde, mais le jour vient, et je ne sais pas quand il arrivera, où Dieu tirera le rideau. Le temps de sa grâce et de sa patience sera alors terminé et l’heure du Jugement aura sonné. En attendant ce jour que les Écritures qualifient de grand et terrible, dans sa grande compassion, Dieu nous accorde encore la possibilité de venir à lui et de recevoir le pardon de nos fautes. Alors écoutons l’avertissement de l’auteur de l’épître aux Hébreux qui écrit :

Ainsi donc, pendant que la promesse d’entrer dans le repos de Dieu est toujours en vigueur, craignons que l’un d’entre vous ne se trouve coupable d’être resté en arrière (Hébreux 4.1).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 06 2023

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Jésus et Nicodème : la nouvelle naissance

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