#08 Jésus enseigne comment prier (Matthieu 5.37-6.9)

Au premier siècle, le divorce est un sujet brûlant et certains rabbins le tolèrent pour les raisons les plus futiles. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus remet les pendules à l’heure quand il dit que le seul motif valable est l’infidélité sexuelle (Matthieu 5.31-32).

Concernant les serments, les Juifs utilisaient des subterfuges hypocrites, alors Jésus ordonne :

« Dites simplement : “ oui ” si c’est oui, “ non ” si c’est non. Tous les serments qu’on ajoute viennent du diable » (Matthieu 5.37).

Houlà ! Jésus ne fait pas dans la dentelle. Il enseigne que toute parole est sacrée.

« Vous avez appris qu’il a été dit : “ œil pour œil, dent pour dent ”. Eh bien, moi je vous dis : ne résistez pas à celui qui vous veut du mal ; au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre » (Matthieu 5.38-39).

Jésus demande à ses disciples de tendre la main, quitte à se faire mordre, à faire le bien en réponse au mal. La vengeance et la rancune n’ont pas de place dans la vie du croyant.

« Si quelqu’un veut te faire un procès pour avoir ta chemise, ne l’empêche pas de prendre aussi ton vêtement. Et si quelqu’un te réquisitionne pour porter un fardeau sur un kilomètre, porte-le sur deux kilomètres avec lui. Donne à celui qui te demande, ne tourne pas le dos à celui qui veut t’emprunter » (Matthieu 5.40-42).

Le vêtement est précieux car c’est à la fois un manteau et une couverture. Cependant, face aux injustices d’un frère dans la foi, je ne dois ni résister ni chercher réparation, quitte à perdre davantage. C’est aussi ce qu’enseigne l’apôtre Paul (1 Corinthiens 6.1-7).

Au premier siècle, n’importe quel citoyen romain pouvait imposer un travail pénible à n’importe qui. Eh bien, il faut non seulement l’accepter mais même faire au-delà.

A cette époque, une multitude de démunis mendient de toutes parts. Le disciple de Jésus doit être généreux mais sans nécessairement donner tout ce qui est demandé.

« Vous avez appris qu’il a été dit : “ Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi ”. Eh bien, moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Matthieu 5.43-44).

« Haïr son prochain » n’est pas dans la Loi ; c’est un rajout des Pharisiens. Je dois aimer tous les hommes et prier même pour mes ennemis (Luc 6.27-28, 35).

« Votre Père céleste fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons. Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, allez-vous prétendre à une récompense pour cela ? Votre Père céleste est parfait. Soyez donc parfaits comme lui » (Matthieu 5.45-48).

Jésus veut corriger l’hypocrisie des Juifs et il place la barre de l’éthique personnelle très très haute. La justice de Dieu réclame la perfection de la part du croyant, dans ses actes, paroles et pensées. Devenir parfait doit être l’objectif de tout vrai disciple.

Devant l’enseignement de Jésus, qui osera plaider non coupable ? Loin des attitudes condamnables et des pratiques superficielles, nous devons manifester le christianisme en action et en vérité.

Je commence le chapitre 6.

« Gardez-vous de pratiquer votre justice pour être vue des hommes. Si tu donnes quelque chose aux pauvres, ne le claironne pas partout. Que ton aumône se fasse en secret ; ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6.1-4).

Jésus fustige les pratiques des religieux juifs, des faux jetons qui se font précéder par une sonnerie de trompette, et dans les synagogues, chacun crie à haute voix la somme qu’il donne. Ma motivation doit être de plaire à Dieu. Ce que je fais pour être applaudi perd toute sa valeur devant lui.

« Quand vous priez, n’imitez pas ces hypocrites qui aiment à faire leurs prières pour être remarqués. Quand tu veux prier, va dans ta pièce la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le lieu secret. Ne rabâchez pas des tas de paroles à la manière des païens. Ne les imitez pas, car votre Père sait ce qu’il vous faut, avant que vous le lui demandiez » (Matthieu 6.5-8).

Les maisons galiléennes n’ont qu’une ou deux pièces et un cagibi de rangement. C’est là, à l’abri des regards qu’on doit s’adresser à Dieu, simplement sans chichi et sans en faire une pratique mécanique genre moulin à prière. Quand je prie Dieu, je reconnais dépendre de lui, je participe à son œuvre et lui à ma vie. Il a créé l’homme à son image pour avoir une relation avec lui, pas pour regarder des automates qui, une fois remontés, s’agitent jusqu’à ce que le ressort soit détendu.

« Priez donc ainsi : notre Père, toi qui es dans les cieux, que tu sois reconnu pour Dieu » (Matthieu 6.9).

Pour un Juif, appeler Dieu « Notre Père » est choquant car trop familier. D’ailleurs cette conception de Dieu a scandalisé plusieurs fois les Juifs.

« Qui es dans les cieux » nous rappelle qu’un abîme sépare l’homme du Maître de l’univers et que nous devons nous approcher de lui avec crainte et respect.

« Que tu sois reconnu comme Dieu » me rappelle que mon premier souci est de lui donner sa juste place en tout et partout, lui rendre gloire et contribuer à l’avancement de son règne.

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