#07 Les Béatitudes (Matthieu 5.6-30)

Dans le chapitre 5, Matthieu énonce les règles du royaume et il commence par les béatitudes.

« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice. Heureux ceux qui témoignent de la miséricorde. Heureux ceux dont le cœur est pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5.6-8).

Le cœur pur est un cœur entier non partagé et sans hypocrisie.

« Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix » (Matthieu 5.9).

Ou « les faiseurs de paix ».

« Heureux ceux qui sont opprimés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient. Heureux serez-vous quand les hommes vous insulteront et vous persécuteront, à cause de moi. Oui, réjouissez-vous alors et soyez heureux, car une magnifique récompense vous attend dans les cieux » (Matthieu 5.10-12).

On trouve déjà ces principes de vie sous forme embryonnaire dans un psaume de David (37). Jésus les reprend, les peaufine et les applique à ceux qui veulent faire partie de son royaume. La 8e béatitude s’adresse plus particulièrement à ses disciples parce que au lieu de « heureux ceux », il dit : « heureux serez-vous » quand on vous persécutera. Être « opprimé pour la justice », c’est aussi être « persécuté à cause de Jésus ».

« Vous êtes le sel de la terre. Si ce sel perd sa saveur il ne vaut plus rien » (Matthieu 5.13).

Au premier siècle, le sel a parfois plus de valeur que l’or. Tout comme le sel, le disciple doit donner du goût au message qu’il annonce afin que ceux qui sont en contact avec lui désirent connaître le Seigneur. De plus, par sa présence, le disciple doit ralentir la corruption morale autour de lui.

« Vous êtes la lumière du monde ; qu’elle brille devant tous les hommes pour qu’ils voient le bien que vous faites et en attribuent la gloire à votre Père céleste » (Matthieu 5.14-16).

Comme le sel, la lumière est un frein à la corruption, mais elle chasse également les ténèbres, révèle ce qui est caché, réjouit le cœur, et fait vivre.

« Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5.17).

Par ces paroles, Jésus se proclame le Messie. Et en effet, il a accompli les Écritures en obéissant parfaitement à tous les commandements de la Loi et toutes les prophéties messianiques le concernant, surtout en devenant l’Agneau pascal sacrifié sur la croix. Comme Jésus est à la fois Dieu et parfait, les bénéfices de sa mort sont infinis et applicables à tous ceux qui croient en lui.

« Oui, vraiment, je vous l’assure : tant que le ciel et la terre resteront en place, pas un seul point ou un seul trait de lettre de la loi ne sera supprimé jusqu’à ce que tout se réalise. Celui qui obéira à ces commandements et qui les enseignera aux autres, sera considéré comme grand dans le royaume des cieux » (Matthieu 5.18-19).

La Loi forme un tout. On ne peut pas en prendre et en laisser. C’est tout ou rien. C’est tout ou la grâce. A vous de choisir.

« Je vous le dis : si vous n’obéissez pas à la Loi mieux que les spécialistes de la Loi et les Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Matthieu 5.20).

Grands maîtres de l’hypocrisie, les religieux juifs ont ajouté à la Loi de nombreux rites qu’ils pratiquent devant le peuple afin d’être admirés. Mais obéir à la Loi, c’est reconnaître que j’en suis incapable et que j’ai donc besoin de Jésus comme mon sauveur. Je suis alors revêtu de sa justice comme d’un manteau dont le tissu est constitué des mérites que Jésus a obtenus pour ceux qui lui font confiance. C’est ainsi que, bien qu’injuste, je deviens juste.

« Vous avez appris qu’il a été dit à nos ancêtres : “ Tu ne commettras pas de meurtre. Eh bien moi, je vous dis : Celui qui lui dit à son prochain “ imbécile ” passera devant le tribunal, et celui qui le traite de fou est bon pour le feu de la géhenne » (Matthieu 5.21-22).

L’obéissance à la Loi c’est l’obéissance à l’esprit du commandement. Je ne dois pas entretenir de haine à l’égard d’autrui ni me laisser emporter par la colère ni blesser mon prochain par mes paroles.
« La géhenne » est une dépression au sud de Jérusalem où des ordures brûlaient en permanence. Ce lieu devint alors une image de la condamnation éternelle.

« Si donc, au moment de présenter ton offrande tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, va d’abord te réconcilier avec ton frère. Si quelqu’un porte des accusations contre toi, dépêche-toi de t’entendre avec ton adversaire (Matthieu 5.23-25).

Toute offense non réglée est un feu qui couve. Comme les conflits avec autrui font obstacle à ma relation avec le Père céleste, je dois les régler avant de lui offrir mon adoration ou mon service.

Ensuite (Matthieu 5.27-28), Jésus associe le 10eme commandement : « Tu ne convoiteras pas » au 7ème : « Tu ne commettras pas d’adultère », ce dont j’ai déjà parlé. Par ces béatitudes, Jésus se proclame un législateur plus grand que Moïse et un juge habilité à sanctionner toute faute.

« Par conséquent, si ton œil droit te fait tomber dans le péché, arrache-le et jette-le au loin, car il vaut mieux pour toi perdre un de tes organes que de voir ton corps entier précipité en enfer. Si ta main droite te fait tomber dans le péché, coupe-la et jette-la au loin. Il vaut mieux pour toi perdre un de tes membres que de voir tout ton corps jeté en enfer » (Matthieu 5.29-30).

L’œil suscite les mauvaises pensées, et la main les exécute. Jésus est brutal ; cependant, ce n’est pas une automutilation qu’il demande, et d’ailleurs elle ne servirait à rien puisque la convoitise vient du cœur. Jésus veut attirer l’attention de ses auditeurs sur la gravité du péché et de ses conséquences à la lumière de la sainteté de Dieu. Tout péché nécessite un traitement radical.

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