#04 La conversion de Ninive (Jonas 3.6-4.5)

Se revêtir de toile de sac était un signe de détresse ou de repentance. Certains événements avaient créé un climat d’insécurité et les Assyriens, superstitieux, s’attendaient à une catastrophe. Alors quand Jonas arrive et crache le feu en disant que Ninive sera réduite en cendres, son message trouve un écho dans la conscience des Assyriens. Convaincus qu’un Dieu puissant est fâché contre eux, ils proclament spontanément un jeûne national de contrition, avec drapeaux en berne et commerces fermés, enfin quelque chose comme ça.

Quand le roi de Ninive apprit ce qui se passait, il se leva de son trône, ôta son manteau royal, se couvrit de toile de sac et s’assit sur de la cendre. Puis il fit proclamer ce décret : « par ordre du roi et de ses ministres, il est interdit aux hommes et aux bêtes de manger et de boire de l’eau ! Que les hommes et les bêtes se couvrent de sacs et crient à Dieu avec force et que chacun se détourne de sa mauvaise conduite et de tout acte violent ! Qui sait si Dieu ne reviendra pas sur sa décision et abandonnera son ardente colère, de sorte que nous ne périrons pas » (Jonas 3.6-9; cp Jérémie 36.3 ; 7 ; Joël 2.13-14).

Le roi (Ashur-Dan III ; 772-754 ?) entérine les ordonnances prises par les magistrats et les étend aux bêtes parce qu’ils partagent le sort de leurs maîtres. Ce peuple qui s’humilie, attend et espère la miséricorde du Dieu suprême est un spectacle émouvant. Bien que de courtes durées, la foi et la repentance des Assyriens furent sincères, ce que Jésus a confirmé (Luc 11.32).

Quand Dieu vit que les habitants de Ninive abandonnaient leur mauvaise conduite, il renonça à les anéantir (Jonas 3.10 ; cp Jérémie 18.7-8 ; Ezéchiel 33.13-14, 16).

L’Éternel a voulu montrer à Jonas et à Israël qu’il est aussi le Dieu des Assyriens. Leur promptitude à se repentir montre qu’ils n’étaient pas suffisamment dégénérés pour être jugés. Par contre, un siècle plus tard, la mesure sera comble et les Mèdes et les Babyloniens mettront fin à l’empire assyrien. Parce que Dieu est miséricordieux et toujours prêt à pardonner, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Quand Dieu renonça à anéantir les habitants de Ninive, Jonas se mit fortement en colère. Il s’adressa alors à l’Éternel en disant : il est arrivé ce que j’avais dit quand j’étais encore dans mon pays, et c’est pour prévenir cela que je me suis enfui à Tarsis, car je savais que tu es un Dieu miséricordieux et plein de compassion, lent à se mettre en colère et riche en grâce et qui renonce aux menaces qu’il profère (Jonas 4.1-2 ; cp Exode 34.6 ; Nombres 14.18 ; Néhémie 9.17 ; Psaumes 86.15 ; 103.8 ; 145.8 ; Joël 2.13 ; Nahoum 1.3).

Tout au long de ce récit, les païens sont peints sous un jour favorable, alors que Jonas ressemble à un enfant capricieux. Il est plein de contradictions. Il récite une confession de foi israélite qui justifie l’attitude de Dieu envers les Assyriens mais il est fort mécontent de constater qu’ils ont part à la grâce de Dieu. Les Israélites la veulent pour eux seuls, tandis qu’ils vouent sans pitié les païens au jugement de Dieu.

Maintenant, Éternel, prends mon âme, car je préfère la mort à la vie (Jonas 4.3 ; cp 1Rois 19.4).

Alors qu’il se noyait, Jonas a prié Dieu de le secourir, puis lui a rendu grâce de l’avoir sauvé, et maintenant il veut mourir. Fou de rage et découragé par tout ce qu’il a vécu, Jonas déprime et devient suicidaire.

L’Éternel lui répondit : fais-tu bien de te mettre en colère ? (Jonas 4.4 ; cp Luc 15.28).

Dieu est plein de sollicitude à l’égard de Jonas, comme le père de l’enfant prodigue envers son fils aîné.

Jonas était sorti de l’agglomération et s’était installé à l’est de la ville. Il s’était construit une cabane avec des branches et était assis à l’ombre, en attendant de voir ce qui se passerait dans le grand Ninive (Jonas 4.5).

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