#05 La leçon du ricin (Jonas 4.6-11)

Une fois que Jonas avait fini de faire le tour de la métropole avec son message de jugement, les habitants se sont repentis et l’Éternel a dit à son prophète qu’il renonçait à détruire le grand Ninive. À cette nouvelle, il va au sommet d’une colline d’où il peut voir ce qui se passera en plaine au bout de quarante jours car il a la tête dure et espère encore que Dieu va rayer de la carte le grand Ninive. Non seulement Jonas est fâché avec Dieu mais en plus il souffre de la chaleur torride et sans doute aussi de la solitude.

L’Éternel fit pousser un ricin qui s’éleva plus haut que Jonas et lui fit de l’ombre afin d’adoucir son mal de tête et Jonas fut rempli d’une immense joie à cause de ce ricin. Mais le lendemain, au lever du jour, Dieu fit venir un ver qui rongea le ricin, qui se dessécha (Jonas 4.6).

Le ricin porte de grandes feuilles semblables à la vigne. En une nuit, Dieu fait croître ce pare-soleil qui remplit Jonas de joie et devient son meilleur ami. Mais il n’a pu profiter de son ombre qu’une seule journée.

Et au lever du soleil, Dieu fit venir un vent brûlant (le sirocco) et le soleil tapait sur la tête de Jonas. Défaillant, Jonas demanda à mourir, disant : la mort vaut mieux que la vie (Jonas 4.8).

L’Éternel a fait venir une tempête avant de la calmer, puis il a appelé le poisson, le ricin, le ver, et le vent sirocco. La nature inanimée et le monde animal sont entièrement au service de leur créateur. Exposé à la fois à un soleil de plomb et à un vent brûlant, Jonas ne peut pas rester planté à attendre que Dieu change d’avis et détruise le grand Ninive. Toujours intolérant et furieux, il est moralement et physiquement au plus bas.

Dieu demanda à Jonas : est-ce bien de te mettre en colère à cause de ce ricin ? Il répondit : Oui, je fais bien de me mettre en colère au point de désirer la mort (Jonas 4.9 ; cp Job 31 ; 33.8-13 ; 34.57 ; 35 ; 38.2).

Jonas est entièrement centré sur lui-même, effronté et têtu comme un âne rouge. L’Éternel lui parle pourtant avec tendresse, en le raisonnant comme il l’a fait avec Job. On voit dans l’exemple de ces deux hommes que Dieu ne se fâche pas quand on lui exprime des sentiments sincères, brusques et francs. Par contre, il a horreur des formes simulées d’une piété de convention (Job 42.7).

Alors l’Éternel lui dit : Tu es affligé à cause de ce ricin que tu n’as pas fait croître qui a poussé en une nuit et a péri la nuit suivante. Et tu voudrais que moi, je ne sois pas affligé par la destruction du grand Ninive où vivent plus de cent vingt mille personnes qui ne savent pas distinguer le bien du mal, sans compter des animaux en grand nombre ! (Jonas 4.10-11).

Jonas est affligé par la perte du ricin alors qu’il ne lui appartenait pas. Mais il voudrait que l’Éternel soit indifférent à la disparition des habitants de Ninive qui sont des créatures de Dieu, surtout que parmi elles, 120 000 sont des enfants sans doute de moins de sept ans. Ce chiffre permet d’estimer la population de la métropole à environ 600 000 personnes. Une paraphrase de la réponse de l’Éternel à Jonas pourrait être :

Jonas tu es déprimé à cause du ricin qui a séché et pourtant elle ne t’a rien coûté puisque tu ne l’as ni plantée ni entretenue. Et puis c’est une plante de bien faible valeur comparée aux hommes et aux animaux qui sont dans cette grande métropole ; je les ai créés et chéris toutes ces années. Ninive est importante à mes yeux et je pourvoie à ses besoins jour après jour. Ton chagrin n’est rien comparé au mien quand j’ai envisagé de la détruire.

Le récit s’arrête brusquement, tout comme la parabole de l’enfant prodigue après la réponse du père au fils aîné. Ce récit enseigne que l’Éternel règne sur toute sa création, mais surtout qu’il se soucie de toutes ses créatures. Après avoir révélé le point de vue de Dieu, l’Écriture se tait et il appartient au lecteur de l’accepter ou de persister dans sa propre vision des choses.

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