#33 La trahison (Matthieu 26.6-46)

Pendant que les chefs juifs respirent le meurtre :

« Comme Jésus était à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux, pendant qu’il était à table, une femme s’approcha et répandit un parfum de grand prix sur sa tête. Mais les disciples s’indignèrent : à quoi bon ce gaspillage ? On aurait pu vendre ce parfum très cher et en donner l’argent aux pauvres » (Matthieu 26.6-9).

Il s’agit de Marie la sœur de Lazare que Jésus a ressuscité. Ce parfum d’une valeur de presque une année de travail, servait à embaumer les morts.

C’est surtout Judas qui s’indigne parce comme il tapait dans la caisse, il voit cet argent lui échapper.

« Jésus leur dit : pourquoi faire de la peine à cette femme ? Elle a fait une bonne action à mon égard. Vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m’aurez pas toujours. Elle a répandu cette myrrhe sur moi en vue de ma sépulture. Je vous l’assure, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, on racontera aussi ce qu’elle a fait » (Matthieu 26.10-13).

Marie prend très au sérieux les paroles de Jésus annonçant sa mort, et veut l’honorer par un acte gratuit, une onction d’huile de grande valeur en vue de son ensevelissement.

« Alors Judas alla vers les chefs des prêtres et dit : si je vous livre Jésus, que me donnerez vous ? Ils lui versèrent trente pièces d’argent. À partir de là, il chercha une occasion favorable pour leur livrer Jésus » (Matthieu 26.14-16).

Trente pièces d’argent étaient le prix d’un esclave, et c’est la pitance de misère de la trahison de Judas alors que Marie donne un parfum qui vaut dix fois plus. Quel contraste entre Marie et Judas !

« Puis les disciples demandèrent à Jésus : Où devons nous préparer le repas de la Pâque ? Allez à la ville chez untel, et vous lui direz le maître dit : mon heure est arrivée, je prendrai le repas de la Pâque chez toi avec mes disciples » (Matthieu 26.17-19).

Les disciples doivent sacrifier l’agneau au Temple entre 15 et 17 heures, le cuire et préparer les plats d’accompagnement.

« Le soir venu, il se mit à table avec les douze. Pendant qu’ils mangeaient, il dit : je vous l’assure, l’un de vous me trahira. Ils furent consternés et chacun de lui demander : est-ce moi, Seigneur ? Il répondit : c’est celui qui a trempé son pain dans le plat avec moi. Le Fils de l’homme s’en va selon ce qui est écrit, mais malheur à celui qui le trahit ! Il aurait mieux valu pour lui n’être jamais né. Judas lui demanda : est-ce moi ? Tu l’as dit ! » (Matthieu 26.20-25).

Cette scène peint par Léonard de Vinci est l’un des plus célèbres tableaux jamais réalisés. Jésus tend la perche à Judas en lui donnant l’occasion de se repentir, mais il ne l’a pas saisi.

« Jésus prit du pain, et après avoir remercié Dieu, il le rompit, le donna aux disciples en disant : prenez, mangez, ceci est mon corps. Puis il prit une coupe, et après avoir remercié Dieu, il la leur donna en disant : buvez-en tous car ceci est mon sang qui va sceller l’Alliance. Il sera versé pour beaucoup pour la rémission des péchés. Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent au Mont des Oliviers » (Matthieu 26.26-30).

Jésus donne un sens nouveau au pain et au vin. Et quand il dit : « Ceci est mon corps, mon sang », il ne s’est pas mutilé car il est devant eux bien vivant en chair et en os.

Jésus parlait en araméen, une langue qui n’a pas de mot pour dire « signifier, symboliser » ; les métaphores sont donc exprimées par le verbe être.

« Jésus leur dit alors cette nuit, vous serez ébranlés à cause de moi car il est écrit : je frapperai le berger et les brebis du troupeau seront dispersés. Mais quand je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Alors Pierre lui dit : même si tous sont ébranlés, moi je ne le serai pas. Je te l’assure, avant que le coq ne chante, cette nuit, tu me renieras trois fois. Jésus alla avec eux dans un enclos appelé Gethsémané. Il dit : asseyez-vous ici pendant que je vais prier. Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commença à éprouver une profonde tristesse et des angoisses. Alors il leur dit : mon âme est triste à en mourir. Veillez avec moi ! Il fit quelques pas, se jeta face contre terre, et pria : mon Père, si tu le veux, écarte cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux mais ce que tu veux » (Matthieu 26.36-39).

La croix jette déjà son ombre de mort sur l’esprit du Seigneur. En cette heure de ténèbres, Jésus a besoin du soutien de ses disciples intimes. L’horreur de ce qui l’attend l’accable parce qu’il va devoir boire la coupe amère de la colère de Dieu, c’est à dire porter le châtiment de tous les péchés jamais commis.

« Il revint auprès des disciples et les trouva endormis. Il s’éloigna une deuxième fois, et se remit à prier : ô mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe me soit épargnée, que ta volonté soit faite. Il revint encore vers ses disciples et les trouva de nouveau endormis. Il s’éloigna et pria pour la troisième fois en répétant les mêmes paroles » (Matthieu 26.40-44).

Les allées et venues vers les disciples montrent que Jésus a besoin de leur soutien avant d’affronter la croix et surtout la colère de Dieu. Mais selon Luc, leur profonde tristesse les avait foudroyés.

« Lorsqu’il revint auprès de ses disciples, il leur dit : l’heure est venue où le Fils de l’homme va être livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous, celui qui me trahit approche » (Matthieu 26.45-46).

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