#34 L’arrestation de Jésus (Matthieu 26.44-75)

Arrivée du traître.

« Judas survint, accompagné d’une troupe nombreuse armée d’épées et de gourdins, envoyée par les chefs des prêtres et les responsables du peuple. Le traître avait dit : celui que j’embrasserai, c’est lui, saisissez-le ! Il s’approcha de Jésus et dit : bonsoir, Maître et il l’embrassa. Ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! Alors ils s’avancèrent et le saisirent » (Matthieu 26.47-50).

Judas fait d’un signe d’intimité un geste de trahison. Il avait convenu de ce signe parce que le gros de la troupe ne connaissait pas Jésus.

« Mais l’un des compagnons de Jésus dégaina son épée, en frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille » (Matthieu 26.51).

Pierre manie mal l’épée et de toute façon, Jésus a guéri cet homme.

« Jésus lui dit : remets ton épée à sa place car tous ceux qui prendront l’épée mourront par l’épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père qui enverrait à l’instant même plus de douze légions d’anges. Mais comment s’accompliraient les Écritures qui annoncent qu’il doit en être ainsi ? » (Matthieu 26.52-54).

Douze légions ça fait 72 000 anges qui eux savent manier l’épée. Pas besoin de faire un dessin.

« Puis Jésus dit : me prenez-vous pour un bandit pour que vous soyez venus avec épées et gourdins ? J’étais chaque jour dans la cour du Temple et vous ne m’avez pas arrêté ! Mais tout ceci arrive pour que les écrits des prophètes s’accomplissent. Alors tous les disciples s’enfuirent » (Matthieu 26.55-56).

Jésus ne résiste pas mais souligne l’injustice dont il est victime. Quant aux disciples, ils ont filé comme des lapins. Envolées leurs belles paroles d’être prêts à mourir pour leur Maître.

« On conduisit Jésus devant Caïphe, le grand-prêtre, chez qui les scribes et les responsables du peuple s’étaient rassemblés. Pierre le suivit à distance, entra dans la cour et s’assit au milieu des gardes pour voir comment cela finirait. Le grand Conseil au complet cherchait un faux témoignage contre Jésus pour le condamner à mort. Finalement, deux faux témoins déclarèrent : cet homme a dit : “ Je peux démolir le Temple et le rebâtir en trois jours » (Matthieu 26.57-61).

Les paroles de Jésus sont à la fois mal comprises et faussées. Il n’a pas dit « je peux détruire », mais « détruisez » et bien sûr, il parlait de son corps qu’il relèverait.

« Alors le grand-prêtre demanda : tu n’as rien à répondre ? Jésus garda le silence. Le grand-prêtre dit alors : je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus répondit : tu l’as dit, et je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel » (Matthieu 26.62-64).

La situation est devenue critique pour les religieux car ils sont dans l’illégalité, et sans témoignage crédible pour condamner à mort Jésus. La question directe posée par le grand-prêtre selon la formule légale de l’époque, donne parfaitement l’identité de Jésus. À ce moment suprême et devant le grand Conseil de la nation, Jésus affirme sans équivoque qu’il est le Messie et « le Fils de Dieu », ce qui selon les Juifs signifie « égal à Dieu » (comparer avec Jean 5.18; 10.33). Et il en ajoute puisqu’il dit aussi qu’il est l’accomplissement de deux prophéties (Psaumes 110.1 ; Daniel 7.3).

Le grand-prêtre déchira ses vêtements, disant : il a blasphémé ! Quel est votre verdict ? Il mérite la mort ! Alors, ils lui crachèrent au visage et le frappèrent en disant : Hé, Messie, fais le prophète ! Dis-nous qui t’a frappé ! (Matthieu 26.65-68).

Ces hyènes malfaisantes deviennent livides mais jubilent car c’est plus que ce qu’elles espéraient entendre afin d’accuser Jésus de blasphème, un crime punissable de mort par la loi de Moïse.

« Pendant ce temps, une servante dit à Pierre : tu étais avec Jésus ! Mais Pierre le nia. Comme il partait, une autre servante dit : il était avec ce Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau en jurant. Puis ceux qui étaient là lui dirent : par ton accent, c’est sûr que tu fais partie de ces gens ! Alors Pierre jura : je ne connais pas cet homme. Aussitôt un coq chanta » (Matthieu 26.69-74).

Pierre répudie son Maître trois fois de suite quelques heures seulement après avoir juré à Jésus qu’il lui serait fidèle jusqu’à la mort. La crainte a eu raison de la bravoure du grand apôtre Pierre.

« Alors il se souvint que Jésus lui avait dit : “ Avant que le coq ne chante, tu m’auras renié trois fois ”. Étant sorti, il pleura amèrement » (Matthieu 26.75).

Pierre jure trois fois qu’il n’a jamais vu ce Jésus puis c’est l’horreur : le coq chante et Luc précise :

« Le Seigneur se retourna et posa son regard sur Pierre » (Luc 22.61).

Ce regard a dû être atrocement lourd. L’angoisse et la honte de Pierre sont indescriptibles.

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