#29 Huit malédictions (Matthieu 22.41-23.32)

Jésus exhorte ses ennemis à s’interroger sur sa véritable identité. Citant un psaume, il donne une ultime preuve de sa nature divine avant son jugement qui conduira à sa condamnation.

« Jésus interrogea les pharisiens : de qui le Messie est-il le fils ? De David. Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, quand il dit « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? » (Ps. 110.1). Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? Nul ne put lui répondre un mot et personne n’osa plus lui poser des questions » (Matthieu 22.41-46).

Je commence le chapitre 23.

« Alors Jésus dit à la foule et à ses disciples : les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Observez tout ce qu’ils vous disent mais n’agissez pas comme eux car ils disent mais ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt » (Matthieu 23.1-4).

Maintenant que la rupture avec les chefs religieux est définitive, Jésus ôte les gants. Par ailleurs, le peuple doit obéir à la Loi mais non pas mener le style de vie hypocrite de ses dirigeants.

« Ils font tout pour être vu des hommes. Ils portent de larges phylactères et de longues franges à leurs manteaux. Ils aiment la première place dans les banquets et dans les synagogues. Ils veulent être salués et être appelés « Maître » (Matthieu 23.5-7).

Les religieux cherchent à se montrer et aiment éloges du peuple par tous les moyens. Les fêtes religieuses sont l’endroit idéal car les places sont assignées selon le rang de chacun, et l’importance des phylactères et des franges qu’ils portent pour la prière, est supposée être proportionnelle à leur piété.

« Ne vous faites pas appeler maître car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne le titre de « Père » car un seul est votre Père, le Père céleste. Ne vous faites pas appeler chefs car un seul est votre chef, le Christ. Celui qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé » (Matthieu 23.8-12).

Les titres appliqués à des hommes sont légitimes quand ils indiquent une profession ou une charge, autrement ils dérobent à Dieu la gloire qui lui revient. Ceux qui ont une responsabilité dans l’Église doivent l’assumer en toute humilité car nul ne doit se placer avant les autres.

A partir d’ici, Matthieu rapporte huit malédictions prononcées par Jésus contre les scribes et les pharisiens à cause de leur hypocrisie (Luc en a neuf), et parce qu’ils sont aveugles sur leur condition spirituelle.

« Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites, parce que vous barrez l’accès au royaume des cieux. Non seulement vous n’y entrez pas vous-mêmes mais vous empêchez d’entrer ceux qui voudraient le faire. Malheur à vous car vous dépouillez les veuves de leurs biens, tout en faisant de longues prières pour l’apparence. Votre condamnation n’en sera que plus sévère. Malheur à vous ! Vous parcourez terre et mer pour faire un prosélyte, et quand vous l’avez gagné, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous » (Matthieu 23.13-15).

Les chefs religieux ont créé une série de rites vides qui leur sert à dominer le peuple. Rusés et impitoyables, sous de pieuses apparences, ils s’emparent des propriétés des faibles. Ils convertissent des païens pour en faire des monstres pire qu’eux-mêmes. Jésus continue à maudire ces « guides aveugles ».

Par ailleurs, les religieux font des distinctions insensées (Matthieu 23.16-22) selon qu’ils jurent au nom de l’autel, de l’or de l’autel, ou par l’offrande sur l’autel alors que tout serment doit être tenu.

« Malheur à vous ! Vous vous acquittez scrupuleusement de la dîme sur la menthe, l’anis et le cumin, mais vous laissez de côté ce qu’il y a de plus important dans la Loi : la justice, la bonté et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger le reste. Guides aveugles qui filtrez le moucheron et avalez le chameau ! » (Matthieu 23.23-24).

Les religieux juifs sont scrupuleux jusqu’à verser la dîme d’épices insignifiantes, mais ils sont sans conscience, vicieux comme la mort. Le chameau est à la fois énorme et un animal impur selon la Loi.

« Malheur à vous qui nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et les remplissez de rapines et de convoitises. Pharisien aveugle ! Nettoyez premièrement l’intérieur de la coupe ! Malheur à vous qui ressemblez à des sépulcres blanchis, beaux au-dehors mais pleins d’ossements de cadavres et de pourriture. Vous de même, à l’extérieur, vous paraissez justes, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité » (Matthieu 23.25-28).

Les religieux prennent grand soin de leur tenue et dignité extérieures mais ce sont des rapaces.

« Malheur à vous qui édifiez de somptueux tombeaux aux prophètes et aux justes et qui dites : nous ne nous serions pas associés à nos ancêtres pour tuer les prophètes. Vous attestez ainsi que vous êtes bien de la même race. Portez donc à son comble les meurtres de vos pères ! » (Matthieu 23.29-32).

En voulant mettre à mort le Seigneur, les religieux prouvent qu’ils sont de la même trempe que leurs ancêtres. Par une ironie mordante, Jésus les invite à commettre le meurtre qu’ils complotent.

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