#28 Le plus grand commandement (Matthieu 21.42-22.40)

Magnétisés, captivés par la parabole du maître qui plante une vigne, les adversaires de Jésus ne se reconnaissent pas tout de suite dans les vignerons et prononcent leur propre condamnation.

« Jésus leur dit : la pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle (Ps. 118.22). Je vous l’assure, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Celui sur qui cette pierre tombera sera écrasé. Les prêtres et les pharisiens comprennent alors que c’est d’eux que Jésus parle et veulent le saisir mais ils craignent la foule qui le tient pour un prophète » (Matthieu 21.42-46).

Enfin, les hyènes comprennent et sont fou-furieuses. Israël, le peuple de Dieu sera jugé et remplacé par l’Église.

Je commence le chapitre 22.

« Jésus dit encore : le royaume des cieux est semblable à un roi qui célèbre les noces de son fils. Il envoie ses serviteurs appeler les invités mais ils refusent de venir. Il envoie d’autres serviteurs qui disent : tout est prêt, venez aux noces ! Mais ils s’en vont, l’un à son champ, l’autre à ses affaires, et d’autres assassinent les serviteurs. Le roi furieux envoie alors ses troupes, fait périr les meurtriers et brûle leur ville. Puis il dit à ses serviteurs : les invités n’étaient pas dignes. Allez dans les carrefours et appelez tous ceux que vous trouverez. Ils partent et rassemblent tous ceux qu’ils trouvent, méchants et bons, et la salle des noces se remplie de convives » (Matthieu 22.1-10).

Le roi c’est Dieu et les serviteurs sont les prophètes. Les premiers invités représentent le peuple choisi mais ils méprisent l’invitation ou sont des meurtriers. Jésus annonce à la fois la destruction de Jérusalem, la fin d’Israël, et que l’entrée du royaume sera désormais ouverte à tous.

« Le roi entre et aperçoit un homme qui n’a pas revêtu l’habit de noces. Mon ami, comment es-tu entré ici ? Cet homme ne sait que répondre. Alors le roi dit aux serviteurs : liez-le et jetez-le dans les ténèbres du dehors où il y aura des pleurs et d’amers regrets. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus » (Matthieu 22.11-14).

L’un des invités a refusé de porter l’habit de fête, préférant les haillons de sa propre justice et de ses accomplissements. L’habit de fête est la Justice du Christ dont il faut être revêtu pour participer aux noces. Les exclus sont sans excuse car ils ont refusé le salut que Dieu leur offrait.

« Les pharisiens discutent alors entre eux dans le but de tendre un piège à Jésus. Leurs disciples avec les hérodiens lui demandent alors : est-il permis ou non de payer le tribut à César ? Jésus répondit : hypocrites, montrez-moi la monnaie ! De qui sont cette effigie et cette inscription ? De César ! Alors, rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Déconcertés, ils se retirent » (Matthieu 22.15-22).

Les hérodiens sont un parti politique qui veut que les Romains accordent un pouvoir total à la dynastie d’Hérode. Sur la pièce est gravé un portrait et la mention : « César Tibère, fils du divin Auguste ». Le piège est le suivant : si Jésus dit qu’il faut payer l’impôt, il se met le peuple à dos, mais dans le cas contraire, il sera accusé de sédition. Bien sûr, il déjoue le piège en faisant une distinction précise entre les deux sphères temporel et spirituel : les droits de César et les droits de Dieu. Le croyant doit remplir ses obligations envers l’un et l’autre. En outre, Jésus reconnaît que tout pouvoir qui existe est autorisé par la Providence divine. Mais quand César veut empiéter sur la conscience qui est un droit de Dieu, « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5 :29).

« Le même jour, des sadducéens qui ne croient pas à la résurrection, demandent à Jésus : Moïse a dit que si quelqu’un meurt sans enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère. Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria, et mourut ; et, comme il n’avait pas d’enfants, sa femme se maria avec son frère. Il en fut ainsi du second jusqu’au septième. À la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Jésus répondit : vous êtes dans l’erreur, car à la résurrection, les hommes et les femmes ne se marieront pas. Concernant la résurrection des morts, Dieu a dit : je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob. Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. La foule était impressionnée par son enseignement » (Matthieu 22.23-33).

Les sadducéens sont les libre-penseurs de l’époque tout en prétendant accepter les livres de Moïse. A peine Jésus échappe-t-il à un piège que déjà un autre lui est tendu. Les différents partis qui ont résolu sa mort ne lui laissent aucun répit.

« Les pharisiens se rassemblent et l’un d’eux, un scribe, lui demande : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Matthieu 22.34-40).

Selon Marc, ce scribe n’est pas hostile. Ces commandements renferment tous les autres car ils sont l’essence de la vie religieuse et morale. Mais qui les met en pratique à tout instant de sa vie ?

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