#26 Les ouvriers de la dernière heure (Matthieu 20.1-21.5)

Je commence le chapitre 20.

 

« Le royaume des cieux est semblable à un viticulteur qui le matin loue des ouvriers pour sa vigne. Il convient avec eux d’une pièce d’argent par jour, et les envoie à sa vigne. Il sort vers neuf heures, il en voit d’autres et leur dit : allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable. Il fait de même à midi et à quinze heures. Étant sorti vers dix-sept heures, il en trouve encore d’autres et leur dit : allez aussi à ma vigne ! » (Matthieu 20.1-7).

 

Le vignoble est le monde ; les ouvriers sont ceux qui répondent à l’appel de Dieu et s’engagent pour lui. L’argent représente le salut et les récompenses. Seuls les premiers journaliers ont un contrat oral en bonne et due forme. Les suivants acceptent de travailler dès qu’ils en ont l’occasion.

 

« Le soir venu, le viticulteur dit à son intendant : paie les ouvriers en allant des derniers aux premiers. Ceux de dix-sept heures reçoivent une pièce d’argent. Quand les premiers arrivent, ils croient recevoir davantage mais ne reçoivent qu’une seule pièce. Ils se plaignent alors en disant : ces derniers n’ont travaillé qu’une heure et tu les traites comme nous qui avons supporté la fatigue du jour. Le maître répond : je ne te fais aucun tort, n’avions-nous pas convenu d’une pièce d’argent ? Prends ce qui te revient et va-t’en. Ne puis-je pas faire de mon argent ce que je veux ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon ? Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » (Matthieu 20.8-16).

 

Le soir est la fin de la vie ou du monde. Les contestataires jaloux s’élèvent non pas contre une injustice mais contre les largesses du viticulteur qui a parfaitement rempli le contrat et qui est dans son droit de se montrer généreux et de donner la même somme à tous les ouvriers. Comme dans l’économie divine tout est grâce, le salut et les récompenses ne dépendent pas du temps ou de l’énergie passé au service de Dieu mais de ma fidélité à la tâche qui m’est confiée.

 

« Jésus prit à part les douze disciples et leur dit : nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux prêtres et aux scribes. Ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour qu’ils se moquent de lui, le battent et le crucifient, mais le troisième jour il ressuscitera » (Matthieu 20.17-19).

 

C’est la quatrième fois que Jésus annonce sa mort mais avec davantage de détails : il parle des Romains et comment il mourra. Jésus est résolu car il faut qu’il donne sa vie en rançon pour l’homme, mais les disciples ne comprennent strictement rien à ses paroles.

« La mère de Jacques et Jean se prosterna devant Jésus pour lui faire une demande : ordonne que mes deux fils soient assis dans ton royaume, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. Jésus répondit : vous ne savez ce que vous demandez. Pour ce qui est d’être assis à ma droite et à ma gauche, cela ne sera donné qu’à ceux à qui mon Père l’a réservé » (Matthieu 20.20-23).

 

La sœur de la vierge Marie, Salomé, et ses deux fils ont comploté cette requête. Bien sûr, ce n’est pas l’humilité qui étouffe ces frères, mais d’un autre côté, ils croient réellement au royaume à venir.

 

« Les dix furent indignés contre les deux frères. Jésus les appela et dit : quiconque veut être le premier, qu’il soit votre esclave ! Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon » (Matthieu 20.24-28).

 

La perspective de Jésus sur la grandeur est à l’opposé de ce qui est pratiqué dans tous les domaines de la vie où la soif du pouvoir et l’orgueil sont les moteurs de l’activité et des relations humaines. L’entrée dans le royaume de Dieu est gratuite mais ma position dépendra de mon humble fidélité à servir le Seigneur. Jésus est l’exemple suprême, car bien que glorieux de son état, il a tout laissé pour revêtir la condition d’un serviteur obéissant jusqu’à la mort.

 

« Deux aveugles entendant que Jésus passait se mirent à crier : aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ! Jésus s’arrêta, les appela, et dit : que voulez-vous que je fasse ? Seigneur, que nos yeux s’ouvrent ! Emu de compassion, Jésus toucha leurs yeux et aussitôt ils recouvrèrent la vue, et le suivirent » (Matthieu 20.29-34).

 

Ces aveugles mendient auprès des pèlerins qui vont à Jérusalem. « Fils de David » est un titre messianique, et ils font un tel tapage que la foule veut les faire taire, mais l’un d’eux, nommé Bartimée, hurle jusqu’à ce que Jésus les appelle et leur demande publiquement ce qu’ils veulent afin que leur guérison soit reconnue comme un signe messianique.

 

Je commence le chapitre 21.

 

« Arrivés vers la montagne des Oliviers, Jésus dit à deux disciples : allez au village ; vous trouverez une ânesse et un ânon ; détachez-les et amenez-les-moi. Vous direz : le Seigneur en a besoin. Ainsi s’accomplît la parole du prophète : voici, ton roi vient à toi, plein de douceur et monté sur un ânon » (Matthieu 21.1-5).

 

Tout est orchestré par le Dieu tout-puissant ; c’est ici la seule fois où Jésus se nomme « Le Seigneur ». Un roi pacifique monte un ânon tandis que le cheval est la monture du conquérant.

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