#24 La brebis égarée (Matthieu 18.1-35)

Les autres en premier mais moi d’abord. Je commence le chapitre 18.

« Les disciples demandent à Jésus : qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? Jésus appela un petit enfant et dit : je vous l’assure, si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume » (Matthieu 18.1-4).

Alors que les disciples ont soif de pouvoir, Jésus a une toute autre optique de la grandeur. Pour aller au ciel, il faut subir une transformation radicale de son cœur orgueilleux et devenir humble.

« Celui qui reçoit en mon nom un petit enfant me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache au cou une meule de moulin, et qu’on le jette à la mer. Il est inévitable qu’il y ait des scandales, mais malheur à l’homme par qui ils arrivent ! » (Matthieu 18.5-7).

On peut ajouter : malheur à celui qui exploite son prochain, surtout les faibles, qui s’enrichit sur leur dos en les prostituant ou en les forçant à travailler dans des conditions déplorables.

« Ne méprisez pas un seul de ces petits ; je vous l’assure, leur ange dans le ciel se tient constamment en présence de mon Père céleste » (Matthieu 18.10).

Luc ajoute :

« Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19.10).

C’est de ce passage que provient l’idée d’un ange gardien qui rapporte à Dieu les mauvaises actions des hommes envers les faibles. Tant qu’un enfant n’est pas responsable de ses actes, il est au bénéfice du sacrifice de Jésus et donc sauvé s’il meurt (comparer avec 2 Samuel 12.22).

« Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres pour aller chercher celle qui s’est égarée ? Et s’il la retrouve, je vous assure qu’elle lui causera plus de joie que toutes les autres. De même, votre Père céleste ne veut pas qu’un seul de ces petits ne se perde » (Matthieu 18.12-14).

Le Père céleste a un cœur tendre et il est attentif au sort du plus petit. Je dois respecter mon prochain parce qu’il a été créé à l’image de Dieu et Jésus est aussi mort pour lui.

« Si ton frère t’a offensé, va et reprends-le en tête à tête. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends avec toi un ou deux témoins afin qu’ils confirment tout ce qui est dit. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église, et s’il refuse encore, considère-le comme un païen. Je vous l’assure, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Matthieu 18.15-18).

Si je suis scandalisé par la conduite d’un frère, je dois aller lui en parler, mais avec amour et sans ébruiter l’affaire. Si cette démarche n’aboutit pas, les responsables de l’église doivent intervenir car ils doivent exercer la discipline et même exclure ceux qui refusent de se repentir.

« Si deux d’entre vous s’accordent pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18.19-20).

Deux ou trois croyants qui prient constituent la cellule de base de l’Église. Jésus enseigne l’efficacité de la prière commune dans laquelle la foi de chacun est affermie par la foi de tous. Cette efficacité est garantie par la présence du Seigneur qui est partout dans le monde où s’assemblent ses disciples en son nom, une omniprésence qui témoigne de sa divinité.

« Pierre demanda à Jésus : si mon frère m’offense, dois-je lui pardonner jusqu’à sept fois ? Pas sept fois, mais jusqu’à soixante dix fois ! » (Matthieu 18.21-22).

Pardonner n’est pas une option mais une obligation et elle est sans limite.

« Le royaume des cieux est semblable à un roi qui veut faire rendre compte à ses serviteurs. On lui en amène un qui doit soixante millions en pièces d’argent. Comme il ne peut pas rembourser sa dette, son maître ordonne de le vendre, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il possède. Le serviteur se jette à terre et dit : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout ! Pris de pitié, le maître lui remet toute sa dette. Sur ces entrefaites, ce serviteur rencontre un de ses compagnons qui lui doit 100 pièces d’argent. Il le saisit et l’étrangle en disant : paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jette à terre et le supplie : aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l’autre ne veut pas et le fait jeter en prison. Ses compagnons attristés vont raconter à leur maître ce qui s’est passé. Alors le maître le fait appeler et lui dit : serviteur odieux, je t’avais remis toute ta dette, tu devais aussi avoir pitié comme j’ai eu pitié de toi. Et son maître le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il ait payé toute sa dette. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si vous ne pardonnez pas du fond du cœur à votre frère » (Matthieu 18.23-35).

60 millions de pièces d’argent est une somme astronomique impossible à régler. Il n’y a pas d’autre solution qu’une remise de dette sur la base de la miséricorde. La disproportion entre ma dette infinie envers Dieu et l’offense que j’ai subie, souligne la disproportion entre ma culpabilité envers Dieu et la culpabilité de mon prochain envers moi.

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