#23 La transfiguration (Matthieu 16.20-17.27)

Suite à la confession de foi de Pierre,

« Jésus interdit à ses disciples de dire à qui que ce soit qu’il est le Messie » (Matthieu 16.20).

Pourquoi ? Parce que les Juifs de l’époque ont une conception politique et guerrière du Messie.

« Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour » (Matthieu 16.21).

Fini les allusions vagues et obscures. Jésus déclare ouvertement ce qui va lui arriver et il le redira même quatre fois. Jésus « doit » mourir, mystérieuse nécessité de la justice de Dieu.

« Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit : que Dieu te préserve, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. Mais Jésus dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu es un obstacle à ma mission ! » (Matthieu 16.22-23).

Le langage de Pierre et de Jésus est musclé. En un clin d’œil, le porte-drapeau des 12 passe de « pierre de fondation » à « pierre d’achoppement ».

« Puis Jésus dit à ses disciples : si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la retrouvera. Et quel serait l’intérêt pour un homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ? » (Matthieu 16.24-26).

Les disciples qui rêvaient encore de pompe et d’honneurs prennent une nouvelle douche froide. La croix précède la couronne. Celui qui veut suivre Jésus doit faire de lui la priorité de sa vie, et donc renoncer à poursuivre statut et richesses pour son gain personnel.

« Je vous assure que plusieurs ne mourront pas avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son règne. Six jours plus tard, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean et les conduisit à l’écart. Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent éblouissants comme la lumière » (Matthieu 16.28; 17.1,2).

Jésus choisit ses disciples intimes afin qu’ils assistent à sa complète métamorphose, la levée du voile qui recouvre son humanité, et qu’ils voient sa gloire.

« Soudainement, Moïse et Élie apparurent et s’entretenaient avec Jésus. Une nuée lumineuse les enveloppa et une voix se fit entendre : celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection, écoutez-le ! Lorsqu’ils entendirent cette voix, les disciples furent terrorisés et tombèrent le visage contre terre. Jésus s’approcha, posa la main sur eux et dit : levez-vous, n’ayez pas peur. Ils levèrent les yeux et ne virent plus que Jésus seul. Jésus leur donna cet ordre : ne racontez à personne cette vision avant que le Fils de l’homme ne soit ressuscité » (Matthieu 17.3-9).

Jésus ne veut pas que cet événement s’ébruite, car il nourrirait les faux espoirs de l’établissement immédiat de son règne. Mais plus tard, l’apôtre Pierre écrira :

« Nous avons vu sa grandeur de nos propres yeux. Cette voix qui venait du ciel, nous l’avons entendue nous-mêmes ! » (2 Pierre 1.16-18).

« Quand ils furent de retour, un homme se jeta aux pieds de Jésus : Seigneur, aie pitié de mon fils lunatique qui souffre cruellement. Je l’ai amené à tes disciples mais ils n’ont pas pu le guérir. Amenez-le-moi ici. Jésus parla sévèrement au démon qui sortit de l’enfant et l’enfant fut guéri sur le champ. Les disciples demandèrent à Jésus : pourquoi n’avons-nous pas pu chasser ce démon ? Parce que vous avez peu de foi. Si vous aviez de la foi comme une graine de moutarde rien ne vous serait impossible. Cette sorte de démon ne sort que par la prière et le jeûne » (Matthieu 17.14-20).

Les démons ne sont pas tous identiques et certains sont plus puissants que d’autres.

« Jésus leur dit : le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera. Ils en furent profondément affligés » (Matthieu 17.22-23).

C’est la seconde fois que Jésus avertit ses disciples et elle a l’effet d’un grand coup de massue. Cependant, leur préjugé juif d’un Messie glorieux effacera ces propos de leur mémoire.

« A Capernaüm, les agents demandèrent à Pierre : est-ce que votre Maître paie l’impôt du Temple ? Oui ! Quand Pierre fut entré, Jésus lui demanda : qui paie les impôts aux rois de la terre, les fils ou les étrangers ? — Les étrangers ! Donc, les fils n’ont rien à payer. Toutefois, pour ne pas les scandaliser, va au lac, lance ta ligne et tire le premier poisson qui mordra, ouvre-lui la bouche et tu y trouveras une pièce d’argent. Prends-la et donne-la aux agents pour nous deux » (Matthieu 17.24-27).

Au premier siècle, tous les Israélites paient une taxe pour l’entretien du temple de Dieu. Mais comme Jésus est son fils, il est exempt, cependant il se soumet et il a une façon plutôt originale de trouver l’argent dont il a besoin.

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