#21 Jésus et la tradition juive (Matthieu 14.30-15.28)

Qui n’a pas rêvé de voler comme un oiseau ou de marcher sur les eaux comme Pierre ?

« Mais quand il remarqua combien le vent soufflait fort, il eut peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : au secours, Seigneur ! Aussitôt Jésus lui tendit la main et le saisit : ta foi est bien faible ! Pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14.30-31).

Pierre détourne ses yeux de Jésus et il panique. En un instant, il oublie que le Seigneur est toujours là pour le protéger. N’étant plus amarré à lui, les lois naturelles reprennent leur droit et il commence à sombrer. Mais Jésus est instantanément à ses côtés pour le sauver. Quand la mer se déchaîne, je dois regarder Jésus et non pas la tempête.

« Ils montèrent dans la barque et le vent tomba. Les hommes se prosternèrent devant Jésus et dirent : tu es vraiment le Fils de Dieu » (Matthieu 14.32-33).

Il a fallu deux ans pour que les disciples réalisent enfin que Jésus est l’ordonnateur de l’univers. Cette conviction les soutiendra quand ils devront faire face à de sévères persécutions.

« Ils arrivèrent à Génésareth (au sud de Capernaüm). On lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur laisser toucher la frange de son vêtement. Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris » (Matthieu 14.34-36).

Je commence le chapitre 15.

« Des pharisiens et des scribes vinrent de Jérusalem et dirent : pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Ils ne se lavent pas les mains avant de manger » (Matthieu 15.1-2).

Les autorités religieuses sont très inquiètes de la popularité de Jésus qui érode la leur. Notez bien qu’on lui reproche, non pas de transgresser la Loi mais la tradition.

« Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu qui dit honore ton père et ta mère ? Mais vous, vous dites que celui qui dira à son père ou à sa mère ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition » (Matthieu 15.3-6).

Ce conflit n’est qu’un épisode dans la lutte perpétuelle que mène la religion contre la parole de Dieu. Pas de chance pour les vieux !

« Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit : ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. Il enseigne des règles inventées par les hommes » (Matthieu 15.7-9).

« Hypocrite » veut dire « acteur ». Les religieux jouent la comédie en pratiquant une adoration de façade pour cacher un cœur rebelle.

« Alors Jésus appela la foule et dit : écoutez-et comprenez. Ce qui souille l’homme, ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche, mais ce qui en sort » (Matthieu 15.10-11).

La souillure qui rend l’homme coupable devant Dieu provient du cœur. Obéir à des règles religieuses n’a aucune incidence sur la condition spirituelle ou morale du pratiquant.

« Ses disciples lui dirent : les pharisiens ont été scandalisés par tes paroles. Il répondit : toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste sera déracinée. Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; ils tomberont tous dans une fosse » (Matthieu 15.12-14).

Entendant les propos de leur Maître, les disciples ont des sueurs froides parce que les religieux sont fort respectés par le peuple ; la tournure des événements les inquiète.

« C’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà ce qui souille l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains ne rend pas l’homme impur » (Matthieu 15.19-20).

« Le cœur est tortueux par-dessus tout et méchant » écrit le prophète Jérémie (17.9). Notre âme, la personne intérieure, est empoisonnée par le péché et le siège du mal.

« Jésus se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne cria : aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon. Il ne lui répondit pas un mot, et ses disciples lui dirent avec instance : renvoie-la, car elle crie derrière nous. Il répondit : Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël » (Matthieu 15.21-24).

C’est la première fois que Jésus quitte Israël. Ayant entendu parler de lui, cette femme païenne vient implorer son aide. Non seulement les disciples ont un cœur de pierre, mais Jésus semble insensible. En fait, il veut qu’elle comprenne qu’elle n’a rien à attendre du « Fils de David », un titre réservé aux Juifs.

« Mais elle vint se prosterner et dit : Seigneur, secours-moi ! Il répondit : il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ! » (Matthieu 15.25-26).

« Les enfants » représentent Israël et « les petits chiens » sont les païens. La Cananéenne a vite compris et reformule sa demande en implorant non pas le « Fils de David », mais le secours du Seigneur de l’univers.

« — Oui, Seigneur, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.

«Ô femme, ta foi est grande ! Qu’il en soit donc comme tu le veux ! Et sur l’heure, sa fille fut guérie » (Matthieu 15.27-28).

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