#20 La Mort de Jean-Baptiste (Matthieu 13.47-14.29)

À quoi comparer le royaume des cieux ?

« Il est semblable à un filet jeté dans la mer qui ramasse toutes sortes de poissons. Une fois rempli, les pêcheurs le tirent sur la berge et trient leur prise. Ce qui est bon ils le mettent dans des paniers et ils jettent ce qui ne vaut rien. Il en sera de même à la fin du monde. Les anges viendront séparer les méchants d’avec les justes, ils les jetteront dans la fournaise ardente où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 13.47-50).

Cette histoire menaçante est un rappel de la séparation qui s’opérera à la fin des temps. Elle reprend la dernière idée de la parabole du blé et de l’ivraie. Avec calme et solennité les anges opèrent le tri. Le filet est l’annonce de la Bonne Nouvelle par les disciples. Les « méchants » sont ceux qui n’ont pas accepté Jésus comme seule et unique solution pour le pardon de leurs fautes.

« Tout scribe qui est instruit concernant le royaume des cieux est comme un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes » (Matthieu 13.51-53).

Jésus conclut les 7 paraboles du royaume qui est son troisième discours. Le père de famille, ce sont les disciples qui doivent maîtriser autant l’ancien Testament que le nouvel enseignement de Jésus.

« S’étant rendu à Nazareth, Jésus enseignait ses concitoyens dans leur synagogue. Étonnés, ceux qui l’entendaient disaient : d’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? C’est le fils du charpentier et de Marie ; Jacques, Joseph, Simon et Jude, sont ses frères ? et ses sœurs sont parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Là, il ne fit pas beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité » (Matthieu 13.54-57.

Jésus veut faire profiter ses compatriotes de son ministère mais l’enfant du pays est mal reçu. Ses concitoyens sont offensés, vexés, et envieux car ils ne peuvent accepter la supériorité de celui avec qui ils ont joué dans la rue.

Je commence le chapitre 14 de Matthieu.

« Hérode, gouverneur de la Galilée dit : Jésus est sûrement Jean-Baptiste ressuscité ! C’est ce qui explique ses miracles. En effet, Hérode fit arrêter Jean et jeter en prison à cause d’Hérodiade, femme de Philippe, son demi-frère, parce que Jean lui disait : tu n’as pas le droit de la prendre pour femme. Or, lorsqu’on célébra l’anniversaire de Hérode, la fille de Hérodiade dansa devant les invités. Hérode, envoûté, lui jura de lui donner ce qu’elle demanderait. À l’instigation de sa mère, elle lui dit : donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste. Cette demande attrista le roi, mais à cause de son serment et de ses invités, il envoya décapiter Jean dans la prison » (Matthieu 14.1-10).

Hérode avait hérité la Galilée de son père, Hérode le Grand. Selon Marc (6.19-20), il s’était attaché à Jean et aimait aller l’écouter dans sa prison (6.19-20). Jean meurt dans des circonstances absurdes, à cause d’un roi stupide qui s’est laissé piéger dans son orgueil par une tigresse sadique. De toute évidence, la droiture et la fidélité à Dieu ne garantissent pas une longue vie paisible.

« Quand Jésus apprit la nouvelle, il se retira à l’écart dans un endroit désert. Mais les foules l’apprirent et le suivirent. Aussi, quand Jésus vit une foule nombreuse, il fut pris de pitié et guérit les malades » (Matthieu 14.13-14).

Affecté par l’assassinat de Jean-Baptiste, Jésus se rend dans un endroit désert pour faire le deuil de ce courageux parent, mais forcé de renoncer, il accomplit son ministère de compassion.

« Le soir venu, les disciples lui dirent : renvoie donc ces gens pour qu’ils aillent dans les villages acheter de la nourriture. Mais Jésus leur dit : donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais nous n’avons que cinq pains et deux poissons ! Apportez-les-moi. Il fit asseoir la foule, prit les cinq pains et deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains et les donna aux disciples, qui les distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les enfants » (Matthieu 14.15-21).

De 15 à 30 mille personnes sont rassasiées. Ce miracle est le seul à figurer dans les 4 évangiles. La divinité de Jésus est clairement établie car le pouvoir de créer à partir de rien n’appartient qu’à Dieu seul.

« Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules » (Matthieu 14.22).

Dans son évangile, Jean précise que Jésus, « sachant qu’ils allaient l’enlever de force pour Le proclamer roi, se retira tout seul dans la montagne » (Jean 6.14-15).

« Pendant ce temps (dit Matthieu) la barque était battue par les flots. A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. Quand les disciples le virent ils dirent : c’est un fantôme ! … et poussèrent des cris. Mais Jésus leur dit : rassurez-vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! Pierre répondit : Seigneur, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et il dit : viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux » (Matthieu 14.24-29).

La tempête bat son plein. Tout à coup une silhouette s’avance. Bonjour les émotions fortes ! Pierre a la détente rapide, mais j’admire sa hardiesse. Il saisit au vol l’opportunité de marcher sur les eaux.

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