#18 Parabole du Semeur (Matthieu 12.46-13.11 ; 18-23)

Ennuis de famille.

« Pendant que Jésus parlait à la foule, on vint lui dire : ta mère et tes frères veulent te parler. Mais Jésus lui répondit : qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Puis, désignant ses disciples, il dit : celui qui fait la volonté de mon Père céleste, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère » (Matthieu 12.46-50).

L’évangile selon Marc dit que la famille de Jésus vint pour « se saisir de lui », sans doute pour le raisonner. Mais Jésus en profite pour dire que la relation qu’il entretient avec ses disciples est plus profonde que les liens familiaux. Il est remarquable que le Seigneur du ciel considère le plus petit des croyants comme son propre frère ou sa propre sœur.

Jésus a commencé son ministère en disant « repentez vous ». Puis le Sermon sur la montagne a énoncé les lois du royaume. Ensuite, il a envoyé ses disciples pour annoncer sa venue, les guérisons attestant qu’il est bien le Messie. Rejeté, Jésus condamne les villes impénitentes mais invite les individus insatisfaits de leur vie religieuse superficielle à venir à lui pour trouver le repos de l’âme.

Maintenant, Jésus va parler de l’Église qui occupera le temps entre sa première et seconde venue. Pour ce faire il va utiliser des paraboles, un moyen didactique qui a un double but. D’une part elles confondent les malintentionnés, et d’autre part, elles éveillent la curiosité de ceux qui aiment Jésus et son enseignement.

Je commence le chapitre 13 et la parabole du semeur avec son explication.

« Jésus sortit de la maison. Une grande foule s’étant assemblée, il monta dans une barque, et s’assit. La foule se tenait sur le rivage. Il leur parla en paraboles et dit : un semeur sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : les oiseaux vinrent, et la mangèrent. Quand quelqu’un entend le message du royaume et ne le comprend pas, le diable vient arracher ce qui a été semé dans son cœur. Tel est celui qui a reçu la semence au bord du chemin. Une autre partie tomba dans les endroits pierreux, où elle n’avait pas beaucoup de terre : elle leva aussitôt mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. Le sol rocailleux est celui qui entend la Parole et l’accepte aussitôt avec joie. Mais il ne la laisse pas prendre racine en lui, car il est inconstant. Que surviennent des difficultés et il abandonne tout. Une autre partie tomba parmi les épines qui l’étouffèrent. C’est celui qui écoute la Parole, mais en qui elle ne porte pas de fruit parce qu’elle est étouffée par les soucis de ce monde et par l’attrait des richesses. Une autre partie tomba dans la bonne terre et donna du fruit, un grain cent, un autre soixante, un autre trente. C’est celui qui écoute la Parole et la comprend. Alors il porte du fruit. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. (Matthieu 13.1-9 ; 18-23).

Cette histoire est très banale : un semeur, des oiseaux qui le suivent sur le chemin qui longe le champ, le sol pierreux, des ronces et enfin une bonne terre. La semence tombe en quatre endroits différents et une grande partie est perdue. Le problème n’est pas la qualité du produit, mais la condition du sol.

Le champ est le monde, le semeur est Jésus, et la semence est la Parole de Dieu. Elle a le potentiel de prendre racine, germer et produire du fruit. Mais elle ne grandira que dans une terre préparée.

Le chemin battu est celui de culture chrétienne pour qui Jésus est un accessoire dont l’enseignement éthique est intéressant, mais sans plus.

Les oiseaux sont les mensonges et les futilités perpétrés par Satan, qui cachent les questions essentielles : d’où je viens, qu’est-ce que je fais ici et qu’y a-t-il après cette vie ? Le diable ne veut pas que je réfléchisse et surtout pas que je pense à l’éternité et à ma vie absurde et inconséquente.

Le sol rocailleux sont les gens superficiels qui trouvent que Jésus est un personnage merveilleux, mais ce sont des girouettes et leur enthousiasme qui sont de courte durée. Dès qu’ils doivent prendre partie pour le Seigneur, ils disparaissent.

Les épines représentent ceux dont la vie est encombrée de mille et une choses. Ils sont préoccupés par l’argent qu’ils ont ou qu’ils n’ont pas. Les soucis quotidiens étranglent l’essentiel, la recherche du sens de la vie. Ces trois types de terrains que Jésus décrit représentent des faux chrétiens.

Finalement, une partie de la semence tombe dans de la bonne terre, prend racine et porte beaucoup de fruits. Ce sont ceux qui entendent la Bonne Nouvelle, la comprennent et l’acceptent après en en avoir mesuré les implications. Jésus conclut par : celui qui a des oreilles, qu’il entende ! Ou encore : « A bon entendeur, salut !

Entre la parabole proprement dite et son explication, le texte dit :

« Ses disciples lui demandèrent : pourquoi te sers-tu de paraboles pour leur parler. Il leur répondit : vous avez reçu le privilège de connaître les secrets du royaume des cieux, eux ne l’ont pas reçu » (Matthieu 13.10-11).

Ces histoires tirées de la vie courante opèrent un tri dans la foule.

< #17 Jésus, Serviteur de Dieu ou de Satan ? (Matthieu 12.16-45) [^] Revenir aux études #19 Pourquoi Jésus parle-t-Il en paraboles ? (Matthieu 13.12-46) >