#17 Jésus, Serviteur de Dieu ou de Satan ? (Matthieu 12.16-45)

Jésus agit avec autorité et miséricorde, et son ministère a mis à nu la fausse religion des Pharisiens qui bavent de haine. Apprenant que sa vie est menacée, Jésus s’en va discrètement.

« Une grande foule le suivit et il guérit tous les malades. Mais il leur défendit formellement de le faire connaître afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Esaïe, le prophète. On amena encore à Jésus un démoniaque aveugle et muet et Jésus le guérit. La foule, stupéfaite, disait : cet homme n’est-il pas le Fils de David ? » (Matthieu 12.16-17,22-23 ; comparer avec Ésaïe 42.1-4).

Le peuple commence à croire que Jésus est le Messie, ce qui est très menaçant pour les religieux qui ont la main mise sur le peuple. Il leur faut agir au plus vite car il en va de leur autorité et prestige.

« Les pharisiens, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, déclarèrent : cet homme chasse les démons par le pouvoir de Belzébul, le chef des démons » (Matthieu 12.24).

Jaloux, les religieux essaient de discréditer Jésus aux yeux du peuple mais l’accusation qu’ils portent contre lui est extrêmement grave pour eux.

« Jésus leur dit : tout royaume divisé contre lui-même est dévasté. Si Satan chasse Satan, comment donc son royaume subsistera-t-il ? Et si moi, je chasse les démons par Belzébul, vos fils, par qui les chassent-ils ? Ils seront eux-mêmes vos juges » (Matthieu 12.25-27).

Jésus relève l’absurdité des charges portées contre lui. De plus, comme les exorcistes juifs chassent les démons par la puissance de Dieu, pourquoi pas Jésus ?

« Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est venu vers vous. Comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans l’avoir lié auparavant ? Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Matthieu 12.28-30).

L’homme fort est Belzébul mais Jésus le ligote et chasse les démons. Quiconque ne se joint pas au Christ est avec l’ennemi, car dans la bataille entre les deux royaumes, la neutralité n’existe pas.

« Je vous avertis : tout péché sera pardonné, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. Quiconque s’oppose au Fils de l’homme sera pardonné, mais celui qui s’oppose au Saint-Esprit, ne sera jamais pardonné » (Matthieu 12.31-32).

Les pharisiens outragent le Saint-Esprit en attribuant à Satan le ministère de délivrance du Seigneur. Malgré les miracles de Jésus, ils rejettent obstinément et consciemment Dieu et son œuvre.

« Reconnaissez que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou bien que l’arbre est mauvais et son fruit mauvais, car c’est à son fruit que l’on reconnaît l’arbre » (Matthieu 12.33).

Jésus demande aux Pharisiens de lui appliquer le critère de jugement des prophètes qu’il a énoncé.

« Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l’êtes ? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis, au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (Matthieu 12.34-37).

Jésus sort l’artillerie lourde. Jean-Baptiste avait déjà collé le sobriquet « vipères » sur le front des pharisiens. La rupture avec eux est désormais consommée car leur profond aveuglement est sans remède.

« Quelques scribes et pharisiens dirent : maître, nous voudrions te voir faire un miracle. Il répondit : une génération mauvaise et infidèle réclame un signe ! Il ne leur en sera pas accordé d’autre que celui du prophète Jonas. Comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » (Matthieu 12.38-40).

Les religieux veulent qu’on les divertisse. Quelle insulte ! Mais Jésus en profite pour enseigner et pour établir un parallèle entre l’histoire de Jonas, et sa mort et résurrection à venir.

« Au jour du jugement, les habitants de Ninive et la reine du midi se lèveront et condamneront cette génération, parce que les premiers se repentirent à la prédication de Jonas et la reine vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon. Et voici, il y a ici plus que Jonas et plus que Salomon » (Matthieu 12.40-42).

Ninive était la capitale de l’empire d’Assyrie qui menaçait Israël. Jonas alla y prêcher le jugement de Dieu. Alors le roi et tous les habitants se repentirent de leur méchanceté. La reine de Saba fit 1 600 km pour aller écouter la sagesse légendaire du roi Salomon. Jésus annonce ici la participation des païens au jugement du peuple élu. Ces paroles ont dû faire l’effet d’une bombe car les pharisiens croyaient l’inverse, que les Juifs jugeraient les païens.

« Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides. Alors il dit : je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti ; et il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va et prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante » (Matthieu 12.43-45).

Le démoniaque représente Israël. Suite au message de Jean-Baptiste et de Jésus, les pharisiens ont d’abord bien réagi en reconnaissant leur culpabilité mais ce fut de courte durée. La repentance n’est utile que si elle provoque un changement intérieur permanent, sinon elle conduit à l’endurcissement, une situation pire que la première. Le démon revient en force parce qu’il n’a pas été remplacé par quelqu’un de plus fort que lui, c’est à dire par Jésus-Christ. Mais en le rejetant, les pharisiens conduisent la nation au royaume de Satan et à sa destruction.

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