#15 La question de Jean-Baptiste (Matthieu 10.28-11.19)

On craint la mort mais il y a bien pire. Jésus dit à ses disciples :

« Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps. Craignez plutôt celui qui peut faire périr corps et âme dans la géhenne » (Matthieu 10.28).

Au pire, les persécutions détruisent le corps, mais la mort éternelle est une catastrophe sans nom. Voilà pourquoi nous devons craindre Dieu.

« Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Et pourtant, pas un seul ne tombe sans la volonté de votre Père. Même les cheveux de votre tête sont comptés. N’ayez donc aucune crainte ; car vous valez plus que beaucoup de moineaux » (Matthieu 10.29-31).

Comme rien n’échappe à la volonté de Dieu, nous devons lui faire confiance en toute circonstance.

« Tous ceux qui se déclareront pour moi devant les hommes, je me déclarerai pour eux devant mon Père céleste. Mais celui qui me reniera, je le renierai aussi » (Matthieu 10.32-33).

Voilà un avertissement sévère. Je dois mépriser le « qu’en dira-t-on » et l’approbation des hommes.

« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je suis venu apporter l’épée. Je suis venu opposer le fils à son père, la fille à sa mère ; on aura pour ennemis les membres de sa famille. Celui qui aime son père ou sa mère, son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10.34-37).

Être disciple du Christ a un coût élevé car il exige la priorité sur toutes les relations humaines.

« Celui qui ne se charge pas de sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui cherche à conserver sa vie la perdra, et celui qui la perdra à cause de moi la retrouvera » (Matthieu 10.38-39).

« La croix » représente toutes les formes de persécution et « Sauver sa vie » c’est vivre pour soi. Jésus me demande de mourir à moi-même.

« Celui qui vous accueille, c’est moi qu’il accueille ainsi que celui qui m’a envoyé. Celui qui accueille un juste parce que c’est un juste aura la même récompense que lui. Si quelqu’un donne ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche, au plus petit de mes disciples parce qu’il est mon disciple, je vous l’assure, il sera récompensé » (Matthieu 10.40-42).

Celui qui soutient le ministère d’un serviteur de Dieu recevra la même récompense que le serviteur car Dieu tient compte de toutes les bonnes actions faites à ses représentants.

Je commence le chapitre 11 de Matthieu.

« Du fond de sa prison, Jean-Baptiste ayant appris tout ce que faisait le Christ, lui fit demander par ses disciples : es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » (Matthieu 11.2-3).

Jean-Baptiste avait reconnu le Messie, mais alors qu’il s’attendait à ce qu’il exerce un jugement et prenne le pouvoir, il a un ministère de guérison, et en Galilée, loin de Jérusalem et du Temple. Comme tous les prophètes, Jean ne connaît pas la chronologie des événements arrêtés par Dieu.

« Jésus répondit : rapportez à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les paralysés marchent normalement, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! » (Matthieu 11.4-6).

Pour seule réponse, Jésus cite une prophétie messianique d’Ésaïe (35.5,6 ; 61.1). Beaucoup rejettent le Christ parce qu’il ne correspond pas à ce qu’ils voudraient qu’il fût.

« Jésus saisit cette occasion pour parler de Jean-Baptiste à la foule : qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau, agité par le vent (c’est à dire un bouffon) ? Un homme vêtu d’habits précieux ? Un prophète ? Oui, et même plus qu’un prophète, car c’est celui dont il est écrit : j’enverrai mon messager devant toi, il te préparera le chemin. Vraiment, je vous l’assure, parmi tous ceux nés d’une femme, il n’en a pas paru de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, celui qui est petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui » (Matthieu 11.7-11).

Voulant élever Jean au regard de la foule, Jésus lui rend un éloge sans pareil. Mais il ajoute que les croyants sous la grâce sont plus grands que lui parce qu’ils ont une relation filiale avec le Père.

« Depuis Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux se force un passage, et ce sont les violents qui s’en emparent » (Matthieu 11.12).

Malgré l’opposition, le royaume avance, mais seuls y pénètrent ceux qui vont à contre-courant du traditionalisme religieux et qui acceptent les dures conditions imposées par Jésus.

« Jusqu’à Jean, tous les prophètes et la Loi l’ont annoncé. Si vous voulez le croire, c’est Jean, cet Élie qui devait venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende » (Matthieu 11.13-15).

Le prophète Malachie avait annoncé que le précurseur du Messie serait un homme semblable au prophète Élie (Malachie 3.1 ; 4.5). Luc rapporte (1.17) que l’ange qui est apparu à Zacharie lui a dit qu’il aurait un fils qui « accomplirait sa mission … avec l’esprit et la puissance d’Élie (Luc 1.17). Voilà pourquoi Jean est le plus grand des prophètes.

« Jean est venu ; il ne faisait pas bonne chère et ne buvait pas de vin, et ils ont dit : il a un démon en lui ! Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : c’est un bon vivant, un ami des publicains et des pécheurs notoires ! » (Matthieu 11.18-19).

On a dénoncé Jean à cause de sa vie austère, puis Jésus à cause de son anticonformisme et de ses fréquentations douteuses.

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