#01 Introduction- (Matthieu 1.1)

Matthieu, l’auteur de l’évangile est un péager. Il travaille pour le compte de Rome. Il s’enrichit sur le dos de ses compatriotes qui le haïssent, mais un jour Jésus lui dit : « Suis-moi ! ». Il obéit sur le champ, et abandonne tout pour une vie de nomade. L’évangile selon Matthieu fait la transition, le pont qui traverse les 4 siècles de silence entre l’Ancienne et la Nouvelle alliance. Un jour, un ange interrompt le moment de prière du prêtre Zacharie pour lui annoncer que sa femme donnerait naissance à un fils qu’il nommera Jean-Baptiste, et qui sera le précurseur du Messie.

Il faut savoir qu’à cette époque, la classe dirigeante juive est formée par les Sadducéens, des humanistes épicuriens, et environ six mille Pharisiens légalistes ascètes dont beaucoup de scribes. Ayant élaboré une tradition faite de 613 règles de vie, ils sont constamment à couteaux tirés avec Jésus, une animosité qui est la toile de fond de tout son ministère. A côté de ces deux groupes d’influence, il faut aussi tenir compte des Zélotes qui veulent renverser Rome par la force. Enfin, il y a les Hérodiens qui soutiennent le roi Hérode parce qu’ils profitent de ses largesses.

Entre le troisième et le deuxième siècle avant Jésus-Christ, à Alexandrie en Égypte, l’Ancien Testament est traduit en grec par 72 membres des 12 tribus d’Israël, six de chaque et pour arrondir prend le nom de « Septante ». La plupart des auteurs du Nouveau Testament et Jésus l’utilisent.

Les quatre évangiles révèlent Dieu en la personne de Jésus mais sont destinés à des auditoires différents.

Matthieu s’adresse aux Juifs. Il montre que Jésus est l’accomplissement des prophéties messianiques et il fait référence 129 fois à l’Ancien Testament. Il utilise des termes juifs ; son style, ses tournures de phrases et sa manière de penser sont hébraïques, et il mentionne les coutumes juives alors en vigueur. Il a probablement rédigé son évangile entre les années 50 et 70, avant la destruction de Jérusalem. C’est Matthieu qui utilise le plus de termes financiers dont trois mots qui lui sont propres pour parler d’argent. Lui seul fait mention de talents, une somme très importante que peu de gens avaient vue. Il est le seul à parler de comptabilité et des changeurs de monnaie.

Matthieu présente Jésus comme le Messie, le Fils de David attendu par son peuple et le roi. « Royaume » est mentionné 51 fois ; la royauté de Jésus-Christ et son règne sont les fils conducteurs de cet évangile qui contient trois discours sur ce sujet : le Sermon sur la Montagne qui est la charte constitutionnelle du Roi, une série de paraboles et l’entretien sur le Mont des Oliviers. Sans introduction, Matthieu cite une liste de noms.

« Voici la généalogie de Jésus-Christ, de la descendance de David et d’Abraham. » (Matthieu 1.1).

Le mot Christ est la traduction de l’hébreu Messie et veut dire celui qui est oint, autrement dit, consacré. Il peut paraître étrange que le Nouveau Testament commence par une généalogie. On se lasse très vite d’une douche froide. Par contre, pour le lecteur averti, ce document est de la plus haute importance parce que pour les Juifs pieux qui attendaient le Messie, sa lignée était primordiale. Tous les prophètes annonçaient que le Messie serait de la postérité d’Abraham et de David, et « Fils de David » est un titre messianique.

Les généalogies ont toujours été importantes pour les Juifs, car elles leur permettaient de remonter à leurs ancêtres et de faire valoir leurs droits. Elles étaient soigneusement établies par les archivistes au service du temple et chacun y avait accès. Jésus n’est pas arrivé en inconnu venu de nulle part mais il est de la lignée d’Abraham et du roi David. C’est ce que d’emblée, Matthieu veut souligner. La généalogie est certes barbante, mais indispensable pour établir l’identité de Jésus, son état civil et sa légitimité.

La crédibilité du Nouveau Testament dépend de l’exactitude de la généalogie établie par Matthieu car la foi en Jésus-Christ s’appuie sur des faits vérifiables.

Voici la généalogie de Jésus-Christ est une expression propre à Matthieu qui n’apparaît nulle part ailleurs, sauf au 5e chapitre de la Genèse où il est écrit : voici la généalogie d’Adam. Matthieu veut, par là, faire un rapprochement entre Adam et Jésus-Christ car il n’y a que deux généalogies importantes, celle du premier homme, et celle du nouvel homme, le Fils de Dieu descendu du ciel et venu sur terre pour réparer le mal fait par Adam. Nous entrons tous dans la généalogie d’Adam par la naissance physique. Mais à côté de la généalogie d’Adam, il existe la lignée spirituelle de Jésus-Christ dans laquelle on entre par la nouvelle naissance.

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