#02 Jonas fuit l’Éternel (Jonas 1.3-2.1)

Ninive a été fondée par Assur, un petit-fils de Noé. Jonas est le seul prophète qui ait été envoyé auprès d’un peuple païen pour l’avertir d’un jugement imminent. S’il parcourt 30 km par jour, son voyage va durer au moins un mois. L’Éternel veut punir les Assyriens à cause de leur cruauté (Esaïe 10.12-14 ; Nahoum 3.1). Leur coutume était de garder les belles jeunes femmes et de massacrer les autres, ainsi que les hommes et les enfants. De plus, les Assyriens sont très idolâtres, débauchés et orgueilleux. Pourtant, au lieu de simplement les effacer de la surface de la terre, l’Éternel désire qu’ils se repentent (Ezéchiel 33.11 ; Actes 17.03-31).

Jonas se mit en route pour s’enfuir à Tarsis loin de la présence de l’Éternel. Il descendit au port de Jaffa, où il trouva un navire en partance pour Tarsis. Il acheta un billet et descendit dans le bateau pour aller à Tarsis, loin de la présence de l’Éternel (Jonas 1.3 ; cp Psaume 139.7-10).

Alors que, par définition, un prophète se tient devant l’Éternel, Jonas s’éloigne le plus possible de lui, ce qui est répété deux fois. Au lieu d’aller vers le nord-est, il part dans la direction opposée. Il veut se rendre à Cadiz, une ville proche de Gibraltar, fondée par les Phéniciens de Tyr. Il croît que dans une contrée païenne où l’Éternel n’est pas invoqué, il pourra renoncer à son ministère prophétique.

Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer et déchaîna une si grande tempête que le navire était sur le point de se disloquer. Les marins furent saisis de crainte, et chacun se mit à implorer son dieu. Puis ils jetèrent la cargaison par-dessus bord pour alléger le navire. Pendant ce temps, Jonas était descendu dans la cale et dormait profondément. Alors, le capitaine vint le trouver et lui dit : debout et prie ton Dieu. Peut-être qu’il nous sauvera ! (Jonas 1.4-6 ; cp Psaumes 104.4 ; 148.8).

La répétition du mot « grand » accentue le caractère dangereux de la tempête déclenchée par l’Éternel et qui met en grave danger le navire et les marins. Jonas est descendu au port, puis dans le bateau et enfin dans la cale où, épuisé par l’angoisse, il sombre dans le sommeil qui est son dernier refuge. Le serviteur de l’Éternel est descendu plus bas que les païens, et c’est un idolâtre ignorant qui lui rappelle son devoir d’intercesseur.

Les matelots décident alors de tirer au sort pour savoir qui leur attire ce malheur et Jonas fut désigné. Ils lui demandent : dis-nous qui nous attire ce malheur, quelles sont tes occupations, de quel pays viens-tu et quel est ton peuple ? (Jonas 1.7-8).

Les matelots croient que la violence de la tempête est d’origine surnaturelle pour punir l’un d’entre eux qui a commis un méfait, une idée qui se trouve chez certains auteurs de l’Antiquité. Il s’ensuit que tirer au sort était devenu une pratique habituelle pour dénicher un coupable. Jonas, qui voulait être le plus discret possible, est maintenant sous le feu des projecteurs et bombardé de questions.

Je suis Hébreu et je révère l’Éternel, le Dieu du ciel qui a fait la mer et la terre et je m’enfuis loin de Lui. Ces hommes furent alors consternés et lui dirent : mais pourquoi as-tu fait cela ? (Jonas 1.9-10).

Jonas rend témoignage à l’Éternel comme Créateur et manifeste sa fierté de le connaître alors qu’il lui tourne le dos. Les matelots sont horrifiés par son action parce qu’ils pensent qu’involontairement ils sont complices puisqu’ils l’aident à fuir. Ils découvrent aussi que le Dieu de Jonas étend sa souveraineté sur la mer en furie et qu’ils risquent fort de partager le châtiment de leur hôte indésirable.

Comme la tempête allait en augmentant, ils lui dirent : que devons-nous te faire pour que la mer se calme ? Il leur dit : jetez-moi à la mer et elle se calmera, car cette grande tempête est de ma faute (Jonas 1.11).

Très altruistes, les marins laissent à Jonas le soin de prononcer lui-même sa sentence. Bien que rebelle à Dieu, Jonas n’est pas endurci et il est courageux. Il est prêt à mourir pour sa faute afin de sauver les matelots.

Ces hommes se mirent d’abord à ramer de toutes leurs forces pour regagner la côte mais ils ne le pouvaient pas car la mer se déchaînait toujours plus contre eux. Alors ils crièrent à l’Éternel : Ô Éternel, nous te prions de ne pas nous faire périr à cause de cet homme et ne nous tiens pas responsables de sa mort, car toi, ô Éternel, tu fais ce que tu veux (Jonas 1.13-14).

Alors que Jonas a mis la vie des marins en danger, eux respectent la sienne. Ne pouvant hisser les voiles à cause du vent, les marins rament de toutes leurs forces mais en vain. Alors, ils invoquent le Dieu de Jonas qui a voulu la tempête et fait tomber le sort sur Jonas. Puis ils confessent d’avance l’acte désespéré de jeter le prophète à la mer. Ici encore, les païens ont un comportement honorable qui contraste avec celui de Jonas.

Puis ils jetèrent Jonas par-dessus bord et aussitôt, la mer en furie se calma, Alors ils furent saisi d’une grande crainte envers l’Éternel ; ils lui offrirent un sacrifice et s’engagèrent envers lui par des vœux (Jonas 1.15-16 ; cp Matthieu 8.23-27).

La mer est comme un animal affamé qui fait le gros dos, dès que Jonas, lui, est jeté en pâture. Cette démonstration de la puissance du Dieu de Jonas a un profond impact sur les matelots qui, pour le moment, abandonnent leurs faux dieux, offrent un animal en sacrifice à l’Éternel, et promettent de le servir.

L’Éternel fit venir un grand poisson pour avaler Jonas et il resta dans son ventre trois jours et trois nuits (Jonas 2.1).

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