Chapitre 8

Introduction

Tout le monde ou presque est contre l’esclavage, mais c’est un fléau qui est très difficile à vaincre. Suite à la guerre de Sécession, son abolition fut légalement et officiellement proclamée sur l’ensemble du territoire américain. Cependant, cette déclaration n’a pas automatiquement entraîné la mise en liberté immédiate des pauvres noirs. En effet, certains puissants propriétaires terriens ont simplement refusé d’obéir à la nouvelle loi. L’émancipation des Américains d’origine africaine n’est devenue effective que lorsque l’autorité de l’État a obligé les propriétaires rebelles à se soumettre. C’est un peu pareil pour le croyant. Par son union avec le Christ en sa mort et résurrection, il est juridiquement libéré de la culpabilité et de la puissance du péché. Mais ce dernier, tel un tyran esclavagiste, refuse de lâcher prise. Voilà pourquoi, à la fin du chapitre 7 de l’épître aux Romains qui traite de la marche chrétienne, Paul s’est écrié : « Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps voué à la mort ? » Jusqu’à présent, l’apôtre a mentionné sa volonté de mettre la Loi de Dieu en pratique, mais sans résultat. Ce désir de Paul montre bien que les préceptes divins sont bons, mais cette constatation ne change rien au problème parce que la bonne volonté ne libère pas pour autant le chrétien des tenailles du péché qui l’asservit. Seul Dieu peut l’en délivrer.

Le chapitre 8 de l’épître, que je commence maintenant, explique comment le croyant peut connaître la victoire sur le mal et le péché qui l’habitent encore.

Au tout début de cette Épître aux Romains, l’apôtre Paul a parlé comment le Dieu créateur s’est révélé dans la nature. Ensuite, il a été question de l’œuvre du Fils de Dieu pour le salut de l’humanité. Et maintenant, le sujet traité est l’action du Saint-Esprit dans la vie pratique de tous les jours des croyants. Alors que jusqu’ici Paul n’a mentionné le Saint Esprit que deux fois, il va faire référence à son action 19 fois dans le chapitre 8, un chapitre considéré comme le point d’orgue de l’épître. Il y décrit les conséquences merveilleuses de la délivrance qui est en Jésus-Christ, c’est-à-dire le renouvellement complet de la nature humaine, et un jour, celui de toute la création ; et enfin, il célèbre par un chant de triomphe, l’assurance du salut fondée sur l’éternel et immuable amour de Dieu.

Le chapitre 8 est très encourageant du début à la fin car il commence par : Il n’y a plus de condamnation pour les croyants », et finit par : « Rien ne peut nous séparer de l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ ». Paul a déjà répondu aux objections possibles concernant l’œuvre de la grâce et le rôle de la Loi. Maintenant, il répond à une  interrogation qui a tout naturellement surgi dans l’esprit de ses lecteurs, suite à son discours du chapitre précédent. Cette question est : « Le croyant doit-il passer toute sa vie sur terre dans un état de frustration à cause des défaites continuelles d

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 8 de l’Épître aux Romains.

Maintenant donc, il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ (Romains 8.1).

Paul commence donc par rassurer ses lecteurs en leur disant que parce qu’ils n’ont plus à répondre à la loi morale de Dieu, ils sont affranchis des conséquences de leurs péchés. D’une certaine manière, l’apôtre revient donc sur ce qu’il a déjà dit au chapitre 5 et que je rappelle.

Comme une seule faute a entraîné la condamnation de tous les hommes, un seul acte satisfaisant à la justice, et le don de la grâce, a obtenu pour tous les hommes la possibilité d’un acquittement qui leur donne la vie (Romains 5.18).

Aucun châtiment n’attend plus le croyant parce qu’il est uni à Jésus-Christ par la foi. Dorénavant, il est gracié et déclaré juste ; il n’est plus sous la colère divine et possède la vie éternelle. Le Christ est la sphère de sécurité pour tous ceux qui se confient en lui. Soit dit en passant que le texte grec appelé « texte reçu » ou « texte byzantin » qui est la base des traductions françaises porte une explication en marge du texte qui est  : « pour ceux qui, en Jésus-Christ, marchent non selon la chair, mais selon l’Esprit ». En d’autres mots, selon cette critique malveillante contre la gratuité du salut, il n’y a plus de condamnation pour ceux-là et uniquement pour eux.

Verset 2

Je continue le texte.

Car la loi de l’Esprit qui nous donne la vie dans l’union avec Jésus-Christ t’a libéré une fois pour toutes de la loi du péché et de la mort (Romains 8.2).

Paul établit ici un contraste entre les deux principes qui opèrent dans l’univers : d’une part, la loi de l’Esprit qui donne la vie, et d’autre part, l’esclavage du péché dont il a longuement parlé (Romains 7.7-25) et qui conduit à la mort physique et spirituelle, c’est-à-dire la séparation d’avec Dieu. Jusqu’au moment où quelqu’un se confie en Jésus-Christ, il est sous l’autorité du mal qui le conduit immanquablement à offenser Dieu et à la mort.

À partir d’ici, Paul va expliquer comment l’absence de condamnation du croyant a été rendue possible et comment elle se vit dans les actes quotidiens. La libération de la culpabilité et de la puissance du péché est opérée potentiellement par le Christ et actualisée dans la vie du croyant par le Saint-Esprit; encore que cette façon de voir n’est pas tout à fait exacte puisque les trois personnes divines n’agissent jamais indépendamment l’une de l’autre. Cela dit, c’est plutôt le Saint-Esprit qui grâce à son autorité et sa puissance, permet au chrétien authentique de triompher du mal qui est en lui. Par la foi, le croyant est uni au Christ ; il dispose ainsi d’une nouvelle nature. C’est alors qu’intervient le Saint-Esprit qui lui donne l’énergie et le pouvoir de se libérer des chaînes que constitue la puissance du péché en lui.

Cette section de l’Épître aux Romains est l’accomplissement de certaines prophéties de l’Ancien Testament qui annonçaient le régime de la Nouvelle Alliance et plus spécifiquement que l’obéissance à la volonté de Dieu ne serait plus imposée de l’extérieur, comme c’est le cas avec la Loi de Moïse, mais qu’au contraire, le croyant désirerait lui-même en son for intérieur obéir à Dieu. Je cite quelques passages :

Mais voici quelle alliance je vais conclure… Après ces jours, déclare l’Éternel, je placerai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes, je la graverai dans leur cœur ; moi, je serai leur Dieu, eux, ils seront mon peuple. Je mettrai en vous mon propre Esprit et je ferai de vous des gens qui vivent selon mes lois et qui obéissent à mes commandements pour les appliquer. Je mettrai mon Esprit en vous et vous revivrez (Jérémie 31.33 ; Ézéchiel 36.27 ; 37.14).

Verset 3

Je continue le texte.

Car ce que la Loi était incapable de faire, parce que l’état de l’homme la rendait impuissante, Dieu l’a fait : il a envoyé son propre Fils avec une nature semblable à celle des hommes pécheurs et, pour régler le problème du péché, il a exécuté sur cet homme la sanction qu’encourt le péché (Romains 8.3).

Littéralement, le texte dit : « il a envoyé son propre fils en ressemblance de chair de péché ». Cette tournure remarquable évite, d’une part, de n’attribuer à Jésus que la seule apparence d’un être humain, et d’autre part, de le rendre participant de la nature corrompue de l’homme pécheur. L’apôtre enseigne par là que le Fils de Dieu a vraiment pris notre chair, avec ses besoins multiples, ses infirmités diverses, sa sensibilité, sa capacité de souffrir et de mourir, mais sans participer au péché.

Cela dit, Paul affirme ici et pour la n’ième fois, qu’il est impossible à l’homme d’être affranchi du péché en obéissant à la Loi de Moïse. Pourtant, elle est bonne en elle-même, mais à cause de la corruption de la nature humaine et de son état moral et spirituel décadent, la Loi ne peut rien faire pour me tirer de mon état de pécheur, même si j’essaie de toutes mes forces de lui obéir. En réalité, le légalisme n’est qu’un moyen pour l’être humain de satisfaire un vice, celui qui consiste à faire quelque chose de lui-même, c’est à dire à fonctionner indépendamment de son Créateur. Les gens religieux font très bonne impression à première vue. Ils sont charmants derrière leur apparente moralité, mais ce sont souvent les pires cancaniers de la région. La loi est totalement incapable de susciter en l’homme quoi que ce soit d’acceptable devant Dieu. Précédemment, Paul a déjà dit :

Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ce que je suis par nature. Vouloir le bien est à ma portée, mais non l’accomplir (Romains 7.18).

L’être humain est totalement corrompu ; je ne parle pas seulement de l’homme de la rue ou des voisins d’à côté qui sont particulièrement pénibles, ou encore de ceux qui remplissent les prisons. Non ! La décadence concerne des gens très bien, comme vous et moi par exemple. C’est pourquoi Dieu a envoyé son Fils doté d’une nature humaine semblable à la nôtre avec cependant une grosse différence. Jésus fut préservé du principe du péché qui habite en chacun de nous et qui afflige tous les êtres humains depuis Adam. Cela fut possible parce qu’il fut engendré non par un homme, mais par le Saint-Esprit selon ce que dit l’Évangile. Je lis le passage :

L’ange dit alors : — N’aie pas peur, Marie, car Dieu t’a accordé sa faveur. Voici : bientôt tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils ; tu le nommeras Jésus. Marie dit à l’ange : — Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? L’ange lui répondit : — L’Esprit Saint descendra sur toi, et la puissance du Dieu très-haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu (Luc 1.30-31, 34-35).

Un autre texte du Nouveau Testament exprime la similarité entre Jésus-Christ et l’être humain. Je le lis en le résumant :

Ainsi donc, puisque les enfants des hommes sont unis par la chair et le sang, lui aussi, de la même façon, a partagé leur condition. Il l’a fait pour réduire à l’impuissance, par la mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable. Voilà pourquoi il devait être rendu, à tous égards, semblable à ses frères afin de devenir un grand-prêtre plein de bonté et digne de confiance dans le domaine des relations de l’homme avec Dieu, en vue d’expier les péchés de son peuple. Jésus est donc bien le grand-prêtre qu’il nous fallait : il est saint, pleinement innocent, indemne de tout péché, séparé des pécheurs et il a été élevé plus haut que les cieux (Hébreux 2.14, 17 ; 7.26).

Dans le texte adressé aux Romains, Paul précise aussi que la raison de la venue du Christ était de régler le problème du péché en prononçant une condamnation judiciaire sur lui. La mort de Jésus sur la croix exprime l’attitude de Dieu vis-à-vis du péché; il l’a damné dans un corps semblable au nôtre. Jésus-Christ a ainsi joué un rôle de substitut en encourant la colère de Dieu afin que moi-même je n’ai pas à la subir. En condamnant le péché dans la chair de son Fils, Dieu a établi que la vraie nature de l’homme est exempte du péché. Dès lors, la vie humaine et sainte de Jésus-Christ s’impose comme l’idéal à ceux qui ont placé leur foi en lui.

Verset 4

Je continue le texte.

Il l’a fait pour que la juste exigence de la Loi soit pleinement satisfaite en nous qui vivons, non plus à la manière de l’homme livré à lui-même, mais dans la dépendance de l’Esprit (Romains 8.4).

La Loi m’ordonne d’être juste, elle demande une vie de sainteté absolue. Cette exigence m’envoie directement aux oubliettes, car je suis totalement incapable de mener une telle vie. En fait, même en tant que chrétien je ne peux pas satisfaire les demandes de la Loi morale de Dieu. Mais heureusement pour moi, à ma place, par sa vie sainte, Jésus a parfaitement accompli toutes les exigences de la Loi, et par sa mort, le Seigneur a subi le jugement de mon péché.

L’affranchissement de la puissance du péché dans la vie du croyant est réalisé par le Saint-Esprit; c’est uniquement grâce à son intervention que je peux effectivement connaître la victoire sur le péché qui m’habite. Lui seul peut accomplir l’impossible chez le plus vil des pécheurs repentis. Permettez-moi d’illustrer cette vérité à l’aide d’un incident très simple et somme toute fort banal. Supposons qu’une maîtresse de maison mette un rôti dans le four de bonne heure le matin avec l’intention de le servir au repas de midi. Et puis voilà que le téléphone sonne. Elle décroche et l’une de ses amies engage la conversation disant : « As-tu entendu et bla-bla-bla ». Non, cette chère dame n’était pas au courant, mais elle voudrait bien savoir. Alors, elle cherche une chaise pour être plus à l’aise tout en apprenant les dernières nouvelles. Son amie a beaucoup à dire et lui tient la jambe un long moment. Finalement, notre maîtresse de maison s’exclame : « Ah, je te prie de m’excuser, mais je sens le brûlé ; j’avais oublié mon rôti qui est en train de brûler ». Elle raccroche, se précipite et ouvre le four d’où s’échappe un nuage de fumée. Elle prend une fourchette à deux dents et l’enfonce dans le gigot pour le soulever. Rien à faire, elle ne fait que déchirer la viande. Elle essaie à nouveau en la plaçant sous l’os, mais pas moyen. C’est le même scénario et la viande commence à tomber en lambeaux. Alors, elle fouille le tiroir, en tire une spatule, la place sous le rôti et parvient ainsi à décoller le rôti. Ce que la fourchette à deux dents ne pouvait faire, parce qu’elle n’était pas adéquate, la spatule y est parvenue. Bien que cette fourchette ne présente aucun défaut, ce n’était pas le bon outil pour soulever un rôti trop cuit.

La Loi, qu’elle soit de Moïse, tirée du Sermon sur la Montagne ou qu’elle vienne d’ailleurs, est comme la fourchette; elle ne fait que déchirer la chair parce que celle-ci est fragile et faible. De la même manière, la Loi ne peut pas me tirer d’affaire, me sortir du four. Par contre, le Saint-Esprit est comparable à la spatule. Il a la capacité de me soulever, de m’entraîner à la suite du Christ, et à devenir petit à petit semblable à lui. Ce n’est donc pas en essayant de suivre la Loi que je parviendrais à remporter la victoire sur le péché qui m’habite, mais en me soumettant au Saint-Esprit.

Verset 5

Je continue le texte.

En effet, les hommes livrés à eux-mêmes tendent vers ce qui est conforme à l’homme livré à lui-même. Mais ceux qui ont l’Esprit tendent vers ce qui est conforme à l’Esprit (Romains 8.5).

Paul répond maintenant à la question sous-entendue : « Que signifient vivre pour soi, et selon l’Esprit ? » L’homme livré à lui-même est celui qui suit les penchants de son cœur mauvais. Comme je l’ai déjà dit, le ver est à l’intérieur de la pomme. C’est notre âme qui est noire encre et qui est mise en cause par le mal que je fais. Jésus a dit à ses disciples :

Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, c’est du cœur de l’homme que proviennent les pensées mauvaises qui mènent à l’immoralité, au vol, au meurtre, à l’adultère, l’envie, la méchanceté, la tromperie, le vice, la jalousie, le blasphème, l’orgueil, et à toutes sortes de comportements insensés. Tout ce mal sort du dedans et rend l’homme impur (Marc 7.20-23).

Dans une autre Épître, Paul décrit ce que vivre pour soi-même signifie. Je lis le verset :

Nous vivions selon nos désirs d’hommes livrés à eux-mêmes et nous accomplissions tout ce que notre corps et notre esprit nous poussaient à faire. Aussi étions-nous, par nature, destinés à subir la colère de Dieu comme le reste des hommes (Éphésiens 2.3).

Le choix m’est donc donné de me soumettre, soit à l’Esprit soit à mes pensées charnelles, à ce que j’ai envie de faire, moi. C’est par un acte de ma volonté que je décide. Les non-croyants s’intéressent à leurs intérêts personnels, à ce qui flatte leur chair, ce qui les distrait, les amuse, sans tenir compte de leur Créateur. « la crainte de l’Éternel n’est pas devant leurs yeux ». Mais ceux qui s’affectionnent aux réalités spirituelles cherchent à plaire à Dieu. L’ancienne et la nouvelle nature, qui toutes deux habitent dans le croyant, sont en conflit perpétuel. Jésus a dit au chef religieux juif qui vint le voir de nuit :

Ce qui est né de la chair reste de la chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit (Jean 3.6).

La chair dont parle Jésus, c’est l’homme livré à lui-même, l’homme non régénéré, et selon la version Second, c’est « l’affection de la chair » (Romains 8:6,7), « être dans la chair » (Romains 8:9), « être redevable à la chair » (Romains 8:12), et « vivre selon la chair » (Romains 8:13).

Le vieil homme ne peut pas être sanctifié, il faut qu’il soit crucifié. Dieu, voyez-vous, n’a rien prévu pour réformer cette vieille nature corrompue que je traîne comme un boulet en moi. Je l’ai héritée d’Adam et elle demeurera mauvaise jusqu’à la fin de mes jours. Et je ne l’emmènerai pas au paradis, mais elle disparaîtra à tout jamais car elle est clouée sur la croix. En attendant, cette mauvaise nature sera mon ennemie. Je trouve ça humiliant, mais c’est la vérité. L’Esprit doit donc soutenir une lutte perpétuelle contre la chair et ses convoitises. C’est un peu comme le petit garçon qui revient de l’école et qui s’est fait agresser en route par un jeune voyou du coin. Alors qu’il subissait les coups, écrasé par la brute, il a vu du coin de l’œil arriver en courant son grand frère. Ce dernier a infligé une bonne leçon au voyou tandis que le petit garçon se relevait tout en frottant ses blessures. Je suis ce petit garçon ; le voyou est mon ancienne nature et le grand frère est le Saint-Esprit.

Versets 6-8

À ce stade de l’Épître, les lecteurs peuvent se demander : « Mais quelle différence cela fait-il de s’affectionner aux choses de la chair ou à celles de l’Esprit ? » Paul anticipe cette question et y répond dans la suite du texte que je lis.

Car ce à quoi tend l’homme livré à lui-même mène à la mort, tandis que ce à quoi tend l’Esprit conduit à la vie et à la paix. En effet, l’homme livré à lui-même, dans toutes ses tendances, n’est que haine de Dieu : il ne se soumet pas à la Loi de Dieu car il ne le peut même pas. Les hommes livrés à eux-mêmes ne sauraient plaire à Dieu (Romains 8.6-8).

La personne, qui aspire aux réalités spirituelles qui concernent le Dieu des Écritures et la venue de son royaume, est sur le chemin qui mène à la vie éternelle. Mais une disposition d’esprit, qui a pour but de satisfaire ses penchants, ses passions et ses pulsions, conduit à la mort, à la séparation d’avec Dieu. De naissance, l’être humain est ennemi de son Créateur. Si par quelque miracle il était emmené au paradis, il y organiserait une manifestation de protestation et tenterait un coup d’État avant le coucher du soleil; bon, j’exagère un peu !

Tout ce que l’homme naturel fait de lui-même est d’une odeur nauséabonde insupportable à Dieu, et ses œuvres religieuses le font vomir. Car voyez-vous, on peut très facilement haïr son Créateur tout en fréquentant l’Église régulièrement même chaque jour de la semaine. En effet, si j’y vais par obligation, je ne manquerai pas d’éprouver du ressentiment à devoir accomplir cet exercice que je me suis fixé, et je grincerais des dents, tout au moins en mon for intérieur.

Les gens qui fonctionnent selon le principe des bonnes œuvres croient dur comme fer que Dieu est leur débiteur, qu’il leur doit quelque chose. Cette attitude est insensée, car à moins d’avoir été régénéré, c’est-à-dire être passé par la nouvelle naissance et avoir été placé en Jésus-Christ, il est tout simplement impossible de se rendre présentable devant Dieu et de lui être agréable. Tout être humain qui n’a pas mis sa confiance en Jésus-Christ, qu’il soit athée ou religieux, est totalement dépourvu de capacité spirituelle réelle ; ce que je dis est un postulat posé par les Écritures. Je reconnais que ce jugement est terrible à l’encontre de la nature humaine, mais plus tôt je l’admettrai et plus tôt j’accepterai aussi le remède divin. C’est le Seigneur seul qui peut nettoyer l’écurie de mon cœur. Toute l’eau des mers et tout le savon de la terre en sont incapables. Il n’y a que le sang de Jésus-Christ qui peut me purifier.